SCÈNE XV
LES MÊMES. MADAME JOSSERAND. JOSSERAND, HOR- TENSE, DULAURIER, MADAME DULAURIER, puis OCTAVE. MADAME BÉDOUIN, CAMPARDON. GASPARINE.
MADAME JOSSERAND, entrant d'un air indigne.
Monsieur Vabre ! (A part, ravie.) Ça y est !
JOSSERAND
Qu'est-ce donc ?
MADAME JOSSERAXD.
Monsieur Vabre vient de se permettre une mortelle
offense. 11 a embrassé ma fille... Berthe se jette dans ses bras.)
Ma fille est perdue! Oî malheureuse mère!
BERTHE
Maman ! maman ! Peu à peu, les invités sont entrés. Les Dulaurier Tiennent Auguste dans le coin de droite.
DULAURIER, à Auguste pétrifié.
Vous êtes donc fou, Auguste?
AUGUSTE, bégayant.
Parole d'honneur ! je ne sais pas comment ça s'est l'ait... Elle chantait le rêve sur la grève... C'est ma migraine. J'ai perdu la tète... Prenant son front.) Oh! malête! ma tète!
MADAME JOSSERAND, à Auguste.
J'espère, monsieur, qu'une réparation prompte et complète... 0 ma fille !... (Bas à son mari.) Allez donc !
JOSSERAND, à Auguste.
Mais parlez, monsieur! Tout le monde attend. Les Duiau-
rier et Auguste se consultent.)
AUGUSTE, bas. '
Vous croyez qu'il faut que j'épouse? Quelle extrémité! Je n'étais pas décidé encore. J'ai très peur.
MADAME DULAURIER, bas.
Je t'avais prévenu. Tu as été assez niais pour te laisser
prendre au piège. (Auguste proteste tout bas; et. béant, sans être décidé encore, il écoute son beau-frère faire la demande.)
DULAURIER, haut, s'avançant.
Monsieur Josserand, j'ai l'honneur de vous demander la main de mademoiselle Berthe, votre fille, pour mon beau-frère, monsieur Auguste Vabre.
POT-BOUILLE. ÎOo
JOSSERAND, ému.
Bien, bien, monsieur... Je désire qu'ils soient heureux ensemble.
MADAME JOSSERAND
Ma fille, tu peux maintenant relever le front... (Appelant. Auguste!... Voici votre femme, embrassez-vous honnêtement.
AUGUSTE, effleurant la joue de Berthe.
Soyez persuadée, mademoiselle, qu'il n'y a rien de ma faute.
BERTHE
Je vous pardonne, monsieur.
CAMPARDON, gaîment.
Eh bien ! c'est très gentil, de finir la soirée par un mariage... (Bas, à octave.) Vous l'avez échappé belle, vous!
OCTAVE, riaut, bus.
Elle est mariée, je la trouve charmante, maintenant.
rLes invités s'apprêtent à se retirer.)
DULAURIER, aux Josserand.
Nous viendrons demain causer d'affaires. Les chiffres sont les chiffres.
MADAME JOSSERAND
Oui, à demain... Ma fille a une promesse formelle de son oncle, et puis nous avons placé une somme sur sa tète... (a josserand.) N'est-ce pas, mon ami?
JOSSERAND, embarrassé.
Oui, autrefois.
AUGUSTE, joyeux.
Vraiment !
MADAME DULAURIER, aimable.
Cette Chère enfant ! (Elle embrasse Berthe.) DULAURIER, expansif.
Vous nous vovez ravis de cette union... A demain.
iiir. TROIS PIECES.
MADAME DULAURIER
Bonsoir, Chère madame. Les Josserand accompagnent Augusttj
et les Dulaurier jusqu'à la porte, avec de grandes amitiés. Les autres invites l<'s suivent..
MADAME JOSSERAND
Adèle, les manteaux de ces dames. Tous sont à la porte et
échangent des poignées de main, lorsque Trublot rentre effaré par la salle kmanger.