LES MÊMES, HORTENSE
HORTENSE, entrant.
Berlhe !
BERTHE, quittant la caisse.
Ah! c'est toi, Hortense... Est-ce que maman descend?
HORTENSE
Elle est là qui nous attend, dans le vestibule... Elle a craint que, si elle se montrait, ton mari ne t'empêchât de sortir.
BERTHE
Auguste n'est pas rentré... Partons vite. Aide-moi à mettre mon manteau.
HORTENSE, en l'aidant.
Écoute, je voulais le dire...
BERTIÏE.
Dépêchons, tu me diras ça dans la rue.
HORTENSE
Non, c'est un service que j'ai à te demander... N'aie pas l'air surpris, si maman te parle des deux heures que j'ai passées avec toi, cette après-midi.
BERTHE, étonnée.
Les deux heures que tu as passées avec moi?
HORTENSE
Tu ne m'as pas vue, je sais bien... Tu diras que tu m'as vue, voilà tout!
BERTHE
Il s'agit de Verdier encore?
BORTENSE, embarrassé.'.
Oui... Comme il ne veut pas venir à la maison, il m'a donné rendez-vous aux Tuileries... Dame! il faut bien que je me marie à mon tour, et si je laisse maman s'en mêler!
BERTHE
Mais c'est très grave! Je ne veux pas être ta complice.
UORTENSE.
Tu me feras de la morale demain, pourvu que tu dises comme moi ce soir... Viens vite, maintenant!
BERTHE, remontant.
Monsieur Mouret, la vente me paraît finie. Remplacezmoi à la caisse, si des clientes se présentaient encore.
Bien, madame... N'aurai-jc rien à dire à monsieur Yabre?
BERTHE
Non... Je vais à Saint-Roch... Dites-lui que je suis
sortie avec ma mère. (Elle sort par la porte du vestibule. Mouret remonte et va se planter à la porte de la rue. Fifi et mademoiselle Menu sont revenues devant le comptoir de gauche.)