‹ Trois pièces tirées des romans et précédées chacune d'une préface de Emile ZolaChapitre 202 sur 239 · LES MÊMES, HORTENSE · texte numérisé non relu

LES MÊMES, HORTENSE

HORTENSE, entrant.

Berlhe !

BERTHE, quittant la caisse.

Ah! c'est toi, Hortense... Est-ce que maman descend?

HORTENSE

Elle est là qui nous attend, dans le vestibule... Elle a craint que, si elle se montrait, ton mari ne t'empêchât de sortir.

BERTHE

Auguste n'est pas rentré... Partons vite. Aide-moi à mettre mon manteau.

HORTENSE, en l'aidant.

Écoute, je voulais le dire...

BERTIÏE.

Dépêchons, tu me diras ça dans la rue.

HORTENSE

Non, c'est un service que j'ai à te demander... N'aie pas l'air surpris, si maman te parle des deux heures que j'ai passées avec toi, cette après-midi.

BERTHE, étonnée.

Les deux heures que tu as passées avec moi?

HORTENSE

Tu ne m'as pas vue, je sais bien... Tu diras que tu m'as vue, voilà tout!

BERTHE

Il s'agit de Verdier encore?

BORTENSE, embarrassé.'.

Oui... Comme il ne veut pas venir à la maison, il m'a donné rendez-vous aux Tuileries... Dame! il faut bien que je me marie à mon tour, et si je laisse maman s'en mêler!

BERTHE

Mais c'est très grave! Je ne veux pas être ta complice.

UORTENSE.

Tu me feras de la morale demain, pourvu que tu dises comme moi ce soir... Viens vite, maintenant!

BERTHE, remontant.

Monsieur Mouret, la vente me paraît finie. Remplacezmoi à la caisse, si des clientes se présentaient encore.

Bien, madame... N'aurai-jc rien à dire à monsieur Yabre?

BERTHE

Non... Je vais à Saint-Roch... Dites-lui que je suis

sortie avec ma mère. (Elle sort par la porte du vestibule. Mouret remonte et va se planter à la porte de la rue. Fifi et mademoiselle Menu sont revenues devant le comptoir de gauche.)

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