BERTHE, JOSSERAND
BERTHE
Toi!... Qu'as-tu donc?
JOSSERAND
Je me suis senti plus mal au bureau. Alors, j'ai pris une voiture...
BERTHE
Mais tu chancelles... Appuie-toi sur moi. Viens là. (Elle
l'assoit sur le canapé.) Es-tU mieux?
JOSSERAND, respirant fortement.
Oui, merci.
BERTHE, à genoux devant lui.
Pauvre père! Nous te le disions bien, que tu avais tort de sortir.
JOSSERAND
Oh! un simple malaise... J'ai un peu le sang à la tète.
m TROIS PIECES.
Le repos me remettra... La serrant contre lui.) Et puis, tu es là. ma petite fille. C'est encore ce qui me fait le plus de bien... Voyons, à quoi allons-nous employer la journée, puisque vous voilà parvenue à vos fins, madame, et que nous resterons ensemble jusqu'à ce soir?
BERTHE, souriant.
Veux-tu que je te lise ton journal?
IOSSERAND.
Oh! non. ça ne t'amuserait pas... Quand vous étiez petites, ta sœur et toi. vous saviez toutes sortes de jeux, vous me grimpiez sur les épaules, vous faisiez autour de moi un bruit à me casser la tète. C'était gentil... Tâchez donc de vous souvenir. Appelle Hortense. pour qu'elle eu soit.
BERTIIE, embarrassée.
Hortense... Elle est avec maman, je crois.
JOSSKRAND.
Nous resterons tous les deux, alors... A moins que tu n'aies réfléchi et que tu ne veuilles descendre à ton magasin, ce qui serait plus sage... Tout à l'heure, je m'étais proposé d'y donner un coup d'œil, pour voir si monsieur Mouret était bien à son poste.
BERTUE, terrinée.
Tu es entré?
JOSSERAND
Non. je me sentais si faible!... Je n'ai vu personne.