BERTHE. HORTENSE
BERTHE, sombre.
Pourquoi suis-je revenue ici?... Ah! sans mon père, comme je serais loin ! (Elle se levé.)
HORTENSE, le suivant.
Il faut rester, toi... Écoute, Berthe, j'hésite depuis hier ; mais, au dernier moment, je préfère te dire tout.
bertiie. Quoi donc?
nORTENSE.
Moi aussi, je vais causer un grand chagrin à notre père.
BERTHE
Toi?
HORTENSE
Quand il rentrera, il trouvera une lettre dans sa chambre... Reste aujourd'hui au moins, pour le consoler.
BERTIIE, effrayée.
Tu quittes la maison?
1I0RTENSE.
Celui que tu sais part dans une heure. Je l'accompagne... Je ne puis faire autrement.
BERTHE
Oh! malheureuse, réfléchis ! (Elle veut la retenir.) IIOBTENSE, se dégageant.
Il est trop tard... Adieu! (Eiie sort.)
BERTHE
Hortense, par pitié!... (Redescendant et tombant sur une chaise.)
Que lui dire? Est-ce que je peux parler, moi! Est-ce que j'ai le droit d'empêcher sa fuite? Et puis, si elle est perdue, la douleur en serait-elle moins forte pour notre père... Ah! misérables que nous sommes! (Elle pleure, josse-
rand entre en chancelant. Brusquement, elle se retourne et laperçoit.)