‹ Trois pièces tirées des romans et précédées chacune d'une préface de Emile ZolaChapitre 4 sur 239 · GERVAISE, MADAME BOCHE · texte numérisé non relu

GERVAISE, MADAME BOCHE

MADAME BOCHE, entrant.

Bonjour, madame Lantier.

GERVAISE, se retournant.

Ah! c'est vous, madame Boche.

MADAME BOCHE

Vous prenez l'air de bien bonne heure; il fait pourtant un peu frisquet, ce matin... Et monsieur Lantier, est-ce qu'il est déjà sorti?

GERVAISE. embarrassée.

Oui. Il avait un rendez-vous avec un maître chapelier, pour une affaire.

MADAME BOCHE, à part.

C'est bien ce que je croyais! Il n'est pas rentré. (Haut.) Ah ! dame ! quand on est dans les affaires, on n'est pas maître de son temps. C'est ce que je répète à Boche, qui voulait se lancer dans l'industrie. Je lui dis : « Restons concierges ! Nous avons une bonne loge, et les raccommodages nous rapportent assez pour nous offrir des douceurs. » Le seul désagrément, c'est que nous ne pouvons aller ensemble dans le monde : il faut toujours que l'un de nous deux soit en faction... Et c'est moi qui sors. (Voyant

Gervaise se remettre à la fenêtre. Mais que TCgardeZ-VOUS dOllC

comme ça, dans la rue? Est-ce qu il s'y passe un événement ?

GERVAISE

Non. madame Boche.

MADAME BOCHE, à part.

Elle guette son mari, bien sûr. (Haut.) C'est ce matin que vous allez au lavoir, n'est-ce pas?

GERVAISE

Oui, en effet.

MADAME BOCHE

Moi aussi. Je vous garderai une place à côté de moi, et nous jaboterons un peu.

GERVAISE

Certainement, avec plaisir, madame Boche.

MADAME BOCnE, voyant Gervaise se remettre à la fenêtre.

Dites donc, ma petite, vous feriez mieux de ne pas rester là, vous prendrez du mal.

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