LES MÊMES, COUPEAU
COUPEAU, passant la tête à travers la porte.
Peut-on entrer?
Tiens! c'est monsieur Coupeau, le zingueur.
GERVAISE
Entrez donc, monsieur Coupeau.
COUPEAU
Je ne vous dérange pas, ma voisine... En descendant l'escalier, pour me rendre au travail, j'ai vu votre clé sur la porte. Alors, je me suis dit : J'vas souhaiter le bonjour aux voisins, en ami... Hein! ça pique, ce matin !
MADAME BOCHE
N'est-ce pas? C'est ce que je disais à madame Lantier.
Fermez donc votre fenêtre, (a Coupeau.) Et qu'y a-t-il de nouveau dans le quartier?
COUPEAU
Ma foi, vous vous adressez bien mal! Je vas dès le matin chez mon patron, j'en reviens le soir, quand ma journée est finie. Puis, après avoir soupe, je me couche, et en voilà jusqu'au lendemain.
GERYAISE.
C'est vrai, monsieur Coupeau. Vous êtes un bon ouvrier, vous! Vous travaillez.
COUPEAU
Dame! on a des bras, c'est pour s'en servir! L'ouvrage ne me fait pas peur, je n'engendre pas la mélancolie et je n'ai guère le temps de m'ennuyer.
MADAME BOCIIE.
C'est comme moi ! Mais je m'attarde. . . A tout à l'heure, madame Lantier... Votre servante, monsieur Coupeau.
Elle sort.)