‹ Trois pièces tirées des romans et précédées chacune d'une préface de Emile ZolaChapitre 56 sur 239 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

LES MÊMES, POISSON, puis VIRGINIE POISSON.

Où est donc madame Coupeau?

MADAME BOCHE

Elle est à la cuisine, je vais l'appeler... Madame Coupeau! madame Coupeau !

GERVAISE, une cuillère a la main.

Me voilà, me voilà !

POISSON, lui offrant un des pots.

Permettez-moi de vous souhaiter une bonne fête.

(Il l'embrasse.)

GERVAISE

Merci!... Oh! les belles fleurs!

POISSON, galamment.

Vous en êtes la reine.

GERVAISE

Monsieur Poisson, vous êtes d'une galanterie!

POISSON, lui présentant l'autre pot.

Et, maintenant, voici le cadeau de ma femme. Elle vient derrière moi.

VIRGINIE, entrant essoufflée.

Je ne SUis pas en retard, au moins? (Embrassant Gervaise

avec une effusion affectée.) Toutes les prospérités, chère amie. (Bas.) J'ai un mot à vous dire.

GERVAISE

A moi?

VIRGINIE, l'entraînant dans un coin.

Oui. (Les autres personnages placent les chaises pendant les répliques suivantes.)

GERYAISE.

Qu'est-ce que c'est?

VIRGINIE

Il ne faut pas vous effrayer... Une personne, une personne que vous connaissez bien, est revenue à Paris.

GERVAISE, frissonnante.

Lautier! Vous voulez parler de Lantier!

J'hésitais à vous causer de ça; mais, comme je viens de le voir au bout de la rue, j'ai pensé qu'il valait mieux

vous prévenir.

GERYAISE.

Ah! mon Dieu!

VIRGINIE

Il est à croire qu'il n'osera pas se présenter ici.

GERVAISE, effrayée.

Coupeau le tuerait.

LORILLEUX

Est-ce qu'on ne va pas bientôt se mettre à table?

GERVAISE

Dans un instant, on n'attend plus que le patron.

MADAME LORILLEUX

Alors, la soupe a le temps de se refroidir.

CLÉMENCE, à la porte de la rue.

Le voici.

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