GERVAISE, MADAME BOCHE
MADAME BOCHE, à part.
Au contraire, je vais lui en parler tout de suite... (Haut.) Madame Gervaise, faut que je vous prévienne. Ce matin il est venu un vieux monsieur. C'est Boche qui m'a conté la chose. Je n'y étais pas; sans ça, il aurait été bien reçu !... Il s'est informé de Nana. Enfin, méfiez-vous !
GERVAISE
Mon Dieu ! il ne manquerait plus que ça ! C'est bon, je veillerai.
MADAME BOCHE
Alors, vous ne pouvez rien donner au propriétaire? Pas même un acompte?
GERYAISE, pleurant.
Mais puisque je vous répète que je n'ai pas un sou!
MADAME BOCHE
Ne vous désespérez pas. Il y aurait peut-être un moyen de vous en tirer.
Comment ça?
MADAME BOCHE
En vous adressant à des amis.
GERYAISE.
A qui vmilez-vous que je m'adresse?... Aux Lorilleux, peut-être?
MADAME BOCHE
Oh! non. Ils sont trop durs à la détente, ceux-là!... Mais, enfin, vous avez d'autres connaissances. Madame
Poisson, par exemple.
GERYAISE.
Non, pas celle-là! Jamais!... Elle triomphe trop, dans mon ancienne boutique! On dirait même que plus je souffre, plus ça lui fait plaisir.
MADAME BOCHE
Ne croyez donc pas ça! Quelle vilaine idée !... Mais il y a d'autres personnes encore.
GERYAISE.
D'autres personnes... Oui. il y a madame Gouget. Je ne les vois plus, ni elle ni son fils... JPaimerais mieux cent fois mourir sur le pavé que de recourir à eux.
Ah! si vous êtes fière ! Enfin, arrangez-vous... Je reviendrai ce soir. (Elle sort.)