‹ Trois pièces tirées des romans et précédées chacune d'une préface de Emile ZolaChapitre 82 sur 239 · BIBI, BEC-SALÉ, GERVAISE · texte numérisé non relu

BIBI, BEC-SALÉ, GERVAISE

(Au lever du rideau, on entend la musique d'un quadrille dans l'Elysée- Montmartre. Des passants traversent le boulevard, enveloppés jusqu'au nez. Gervaise en guenilles, la tète enveloppée dans un vieux fichu, méconnaissable, regarde à travers les vitres du marchand de vin.)

BIBI, battant la semelle.

Gredin de froid! il va en tomber tout à l'heure, une sacrée neige!

BEC-SALÉ

Ça n'empêche pas qu'il y en a qui s'amusent.

BIBI, montrant Gervaise qu'il ne reconnaît pas.

Pas celle-là, toujours! Y'ià une demi-heure qu'elle regarde les gens boire et manger chez le marchand de

vin; ça doit la creuser. (GenraUe s'en va lentement. Dis donc, Bec-Salé, est-ce que tu rentres chez toi?

BEC-SALÉ

On m'a mis à la porte de mon garni.

BiBI.

Moi aussi.

BEC-SALÉ

Et, comme il y a une noce là, il va y avoir besoin de voitures.

BIBI

Mon vieux, la vie tourne mal pour nous... Je n'ai pas un sou d'économie et ça me fait rudement réfléchir.

BEC-SALÉ

C'est comme moi... Je crois qu'il va falloir travailler.

BIBI

Je n'osais pas te le dire... Oui, je crois qu'il est temps de travailler.

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