ET ARA
Et le soir où je me suis sauvée de chez nous!... Ce n'était pas gai tous les jours, chez nous. Une sainte n'aurait pas pu y rester.
MADAME LERAT
Oui. de vilains souvenirs, des choses à ne pas remuer souvent. Mais le passé est le passé... Et, maintenant, il n'y a plus que nous deux. Je suis ta seconde mère, puisque la vraie est allée rejoindre ton pauvre père.
NANA, très émue.
Ma bonne tante ! (Elles s'embrassent de nouveau. MADAME LERAT.
Je ne te demande pas ta vie. Dans noire famille, les femmes ont toujours su ^e conduire. (Avec émotion.) Il n'y a pas de ta faute si tu as mal tourné, j'en fais le serment! Ce monsieur si comme il faut, avec son paletot noisette, qui venait t'attendre à la porte de notre atelier, nous a bien trompées toutes les deux. Un noble, le marquis de Ghouard!... [Curieusement,] Tu le revois?
WANA.
Non. Je sais qu'il est devenu raisonnable, forcément... Voyons, ne causons plus de ces choses-là. J'ai un service
à te demander. [Elles s'assoient à gauche.)
MADAME LERAT, inquiète.
Ce n'est pas de l'argent au moins?