‹ Trois pièces tirées des romans et précédées chacune d'une préface de Emile ZolaChapitre 94 sur 239 · ET ARA · texte numérisé non relu

ET ARA

Et le soir où je me suis sauvée de chez nous!... Ce n'était pas gai tous les jours, chez nous. Une sainte n'aurait pas pu y rester.

MADAME LERAT

Oui. de vilains souvenirs, des choses à ne pas remuer souvent. Mais le passé est le passé... Et, maintenant, il n'y a plus que nous deux. Je suis ta seconde mère, puisque la vraie est allée rejoindre ton pauvre père.

NANA, très émue.

Ma bonne tante ! (Elles s'embrassent de nouveau. MADAME LERAT.

Je ne te demande pas ta vie. Dans noire famille, les femmes ont toujours su ^e conduire. (Avec émotion.) Il n'y a pas de ta faute si tu as mal tourné, j'en fais le serment! Ce monsieur si comme il faut, avec son paletot noisette, qui venait t'attendre à la porte de notre atelier, nous a bien trompées toutes les deux. Un noble, le marquis de Ghouard!... [Curieusement,] Tu le revois?

WANA.

Non. Je sais qu'il est devenu raisonnable, forcément... Voyons, ne causons plus de ces choses-là. J'ai un service

à te demander. [Elles s'assoient à gauche.)

MADAME LERAT, inquiète.

Ce n'est pas de l'argent au moins?

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