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CHAPITRE VI

Troisième concession.— Nicolas Rioux agrandit la seigneurie des Trois-Pistoles.—Pourquoi tl demande de nouveaux octrois de terrain.— Nouveaux colons.—De 1750 à 1786.—Les Baucher dit Morency à la Rivière.—Le père Augustin.

En 1750, Trois-Pistoles n'avait pas donné les espérances qu’on aurait été en droit d'attendre. La famille des Rioux y avait fait souche ; Nicolas et Vincent, mariés de bonne heure, élevaient des familles pour la plus grande gloire du défrichement, et Nicolas LeBlond et Alexandre D’Amour de Plaine avaient à leur tour fait reculer la forêt ; en cela consistait l’œuvre de plus de cinquante ans de trayail. Mais l’émigration devait

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venir changer la face des choses. T/Isle-Verte prenait de l'essor, Rimouski faisait tranquillement son nid au bord du fleuve, et la Rivière-du-Loup, du haut de son promontoire escarpé, regardait sans crainte à l'horizon.

L'heure était trop incertaine pour que l’on se donnât tout entier à la culture, au défrichement. Toujours sur pied de guerre, la population du Canada respiraïit à peine. Inquiet du lendemain, toujours à l'affût de nouvelles démarches de la part des ennemis, le colon n’avait pas de repos, et c’est aux heures de calme et de recueïllement que mürissent les projets de colonisation et c’est dans la quiétude qu'ils s’accomplissent et portent fruits.

Mil sept cent cinquante-neuf allait sonner par tout le pays ; le Canada, abandonné par un roi lâche traînant aux pieds d'une courtisanne le manteau de St-Louis, allait voir ses destinées, qui paraissaient pourtant si brillantes, changer tout à coup ; et les colons, libérés du service actif, rentrés dans leurs foyers, verront à réparer les pertes causées par la guerre : c’est alo"s que l’agriculture fleurira partout, plus vivace, plus généreuse que jamais.

Eu attendant, Nicolas Rioux s'adresse à

is 86 — l'intendant Bigot, de funeste mémoire, et lui demande la concession de toute cette étendue de terrain compris entre la concession de Rimouski et du Bic, et celle des Trois-Pistoles.

Voici l'acte de concession : |

“ Vu la Requête à nous présentée par Nicollas Rioux propriétaire en partie de la Seigneurie des Trois-Pistoles, contenant que n'ayant pour tout bien pour le faire subsister et une famille nombreuse dont il est chargé, que cette partie de seigneurie, il nous supplie de vouloir bien lui accorder et concéder l’étendue de terre qui se trouve nonconcédée entre la dite seigneurie des Trois- Pistoles en descendant le long du fleuve et les terres appartenant aux représentants de Monsieur Auber de la Chenai ce qui peut faire environ trois lieues de front sur quatre lieues de profondeur. ‘“ Nous en vertu des pouvoir à nous accordés par Sa Majesté, avons concédé et concédons au dit Nicollas Rioux l'étendue de terrain qui se trouve entre la Seigneurie des Trois-Pistoles et les terres appartenant aux représentants M. de la Chenale, avec droit de chasse, pêche et traite avec les sauvages dans la dite étendue de terrain,”

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Dans cette concession nous trouvons une clause que nous n’avons pas remarquée dans d’autres titres qui nous sont tombés sous la main. Nous allons la donner telle qu'elle est, car elle servira peut-être à expliquer pourquoi il y avait un dépot d'armes chez le seigneur Rioux vers le tenps de la conquête.

Voici : “ En cas que Sa Majesté aye besoin “dans la suite d'aucune parue du dit terrain “pour y faire construire des forts, Batterie, pla- “ce d'armes, magasin d'ouvrage public Sa Ma- “ jesté pourra les prendre aussi bien que les ‘arbres nécessaires pour les dits ouvrages et “le bois de chauffage pour la garnison du fort “sans être tenue d'aucun dédommagement ”.

Faït et donné à Québec le sixième jour d'avril mil sept cent cinquante un.

(Signé).

Le marquis DE LA JONQUIÈRE BIGAUT, Par Monseigneur St Sauveur, et Par Monseigneur Duchesneau (1)

(1) Cette seigneurie prit le nom de ‘Seigneurie Nicolas Rioux ” et forme aujourd’hui partie de St Simon. Elle appartient aux héritiers Drapeau, ces derniers l’ayant achetée On ne sait pour quel montant de la famille Rioux il y a plusieurs années. C'est cette Seigneurie que réclament les

ioux de Lagesse de France,

Maintenant Nicolas Rioux ne devait plus craindre de manquer de terre pour y établir ses enfants ; aidé de son fils Nicolas, il ne lui restait plus qu'à ouvrir des terres nouvelles et travailler d’un commun accord à donner de l'élan à l’agriculture, afin d'y attirer les colons fuyant les abords de Québec où l’on pressentait avant peu une lutte désespérée et définitive.

L'heure allait venir où les colons ne feraient pas défaut. Une fois le courant mis en marche, il est rare que ‘bon nombre ne le suivent pas. Du moment que Trois-Pistoles fut reconnue comme un poste avantageux, une place d'avenir, un centre important, on ne tarda pas à s’y diriger et en peu d’années on vit une population considérable se donner le trouble de livrer à l’agriculture les plus belies terres qu’il soit possible de trouver.

Voici le mouvement des colons :

En 1750 ou 1751 Joseph Dépré s'établit aux Trois-Pistoles. Il était marié à Margue-

rite Bellavance. Le 17 mai 1752 le père Ambroise baptisait leur fille, Reine Dépré.

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Les Dépré étaient de St Jean,ile d'Orléans.

Presque tous les premiers colons des Trois- Pistoles venaient de là. ”

En 1754 et 1755, les régistres mentionnent les noms de deux nouveaux colons:

Antoine Lepage et Jean Gerbert.

En 1666, il y avait des Lepage à l'ile d'Orléans. Il y avait les seigneurs Lepage à Rimouski en 1735. En cette dernière année, .

Catherine Rioux fille de Nicolas, dont le baptêème en 1713 est le premier mentionné au récistre des Trois-Pistoles, mariait Paul Lepa-

| e dit Lamolaie, fils de Réné Lepage de Ste à Claire, seigneur de Rimouski, et en 1749,

Véronique Rioux, quatrième fille de Nicolas, baptisée en 1731, mariait Pierre Lepage, fils du second seigneur de Rimouski.

Cet Antoine Lepage devait appartenir aux Lepage de l'ile d'Orléans, paroisse Saint François.

En 1756 un nommé Vautour était à trois

MPistoles. Ce Vautour étaitsun acadien. Nous que trouvons plus de trace de cette famille

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dans les Trois-Pistoles, ainsi que des Dépr Il y a encore desBellavance, et la femme d Dépré était une Bellavance.

: Basile- Dion. Leur nom primitif ét ie Ils étaient originaires de Mortague d Perche, et vinrent:s'établir à Ste Famille il d'Orléans, en 1656. Ils étaient quatre Guyon Claude marié à Catherine Collin, Françoi Michel et Denis.

Les missionnaires écrivaient indifférenÿs ment ; Guyon, Hion, Zion et Dion ; c’est € dernier qui a prévalu et: qui existe encot aujourd'hui. : |

Ce Basilé Dion devait venir de VJs!

Verte où Ange Dion, allié à la famille Côl qui venait de l'Isle d'Orléans, avait fixé demeure.

En 1760, apparaît Joseph Thériaux m rié à Josephte Girouard. C'était un acadic que ce Thériaux. |

En 1761 Louis Micteau. Cette famili est'disparue* En 1768, Joseph St Laurez Louis Gauthié et Louis Assélin. F

5 Dépr Il y avait les Laurens et les Huot dit St mme dMuurens, ces derniers venant de Bourgogne. y avait aussi des St Laurent à Rimouski.

n 1763 le père Ambroise marie Ambroise

del amours à Marie Laurens, et en 1768, M. Tru: ile saut, baptisant Je premier né de cette famille > GET Mit dans le régistre : “ Nous avons baptisé Prado oseph Maxime fils d’Ambroise Damours et Marie S/-Laurent.” On signait donc indifféemment Laurens et St Laurens.

différer

Les Gauthier venaient aussi de l’ile d’Orlans, Ste Famille, où Charles Gauthier se Exa en 1663, et Helie Gauthier en 1666. Il y ait aussi les Gauthier de la Rose, originais du Poitou et fixés à St Laurent de l'ile ‘Orléans.

C'est ( e encoi

de lJs lille Côl it fixé s

D Louis Asselin, fils de Jean Asselin et

écile Trépagné de St François ile d'Orléans, aux mipariait le 20 juin 1768 Françoise Dion, fille n acadidM Ange Dion de l'Isle-Verte.

Les Trepagné venaient de Normandie.

e familiis s’appelèrent tout d'abord D'Estrepagny et - LaurenMujourd’hui ils signent Trépanier.

En 1767 Pierre Rioux, fils de Jean Rioux

et de Reine Bouchet (Boucher) est bal] Le par le père Rouillard. Les Boucher vent h par les uns du Perche les autres de RouË

Normandie. Il y a des Bouchers qui sell Cett

établis à l’île d'Orléans en 1666, y aP] en Cy

Vincent Rioux marie Julienne Dr

de l'Ile d'Orléans. Les Drouin, origir à la du Perche, vinrent au pays vers 1641. (re 6 me les Guyon, ils habitaient MortaguBt ba Perche. Bstin

En 1767, apparait Jean le Petit, origile pi

‘ re de l'ile d'Orléans. Ses parents veni d’Auneil en Picardie. Ils se fixèrert Mes E Pierre vers 1658. Il y avait la famille LAS de

tit originaire du Gué d'Allère en Aunisllirez n’y a plus de réprésentants de cette fai Le

dans Trois-Pistoles. Les D

En 1770 Louis Micheud apparait @e 0

les régistres. emid tiles

Les Michaud viennent de Kamo É

ka comme les Soucy. , e Il y avait des Michaud et des Soud;

la Rivière Ouelle en 1770. Les Mich ( étaient originaires de Notre-Dame de Fo ;u

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est ball Les Soucy de la Rivière Ouelle venaient

% Rou h paroisse de Québec.

qui sell Cette même année les Baucher dit Mo- Ay apparaissent dans les Régistres. Les

ency étaient établis depuis quelques an-

nne Dre ue EG À À 1 la Rivière des Trois-Pistoles.

origin 1641. (Le 6 septembre 1770, Augustin Baucher [ortagut baptiser son enfant qui fut appelé Butin. Sa mère était Josephte Dion.

tit, origiie père LaBrosse écrit Zion au lieu de ts ven: os xèrert Mes Baucher dit Morency étaient origimille LS de Montmorency, ile de France. Ils AunisMlirent à Ste Famille, ile d'Orléans, vers ette fan Leur ancêtre s'appelait Guillaume.

Les Baucher ou simplement ‘“ Morency ” le on les appelle de nos jours, sont bmiers colons qui ont défriché les. tertiles de la Rivière des Trois-Pistoles.

parait (

Kamoi s vieillards de l'heure présente se rap-

encore le père Augustin Morency, Lui fut baptisé par le père LaBrosse en C'était l'homme le plus charitable puisse rencontrer. Toujours prêt, il

les Sou 3 Mich sd ri

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ne refusait jamais une demande, d’où qu'’e vint; s’il fallait aller au large en chaloupe,

y allait ; le demandait-on pour aller cherchi

le missionnaire, de suite il se rendait à demande. à

Un jour les habitants des paroisses d'4 haut furent étonnés de voir un cavalier pot

dreux traverser leur village sur un petit cl

val canadien, n'ayant pour tout attelas qu'une bride et des guides—; le cavali

était monté à poil.

C'était le père Augustin Morency q s'en allait à Québec.

Il avait ainsi franchi cinquante lieues cheval, le corps droit comme un chène et pieds ballants. Quels hommes vigouret alors !

En 1738, paraissent les Larrivée, les L duc, les St-Laurent, les Dubé, les Rousses

les Métayé, les Poidevin, les Plourde, 14

Turcot et les Symon (Cimon).

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Les Larrivée venaient de St Etienne Beaumont, car au régistre de 1787, on voit qi

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ù qu’elli Claude Larrivée, fils de J, B. Larrivée, de aloupe, Bt Etienne de Beaumont, marie Reine Pinolt cherchälleuve d'Ambroise D'amour.

pi À Reine Pinolt était la deuxième femme

‘M'Ambroise D'amour qui avait épousé Mad isses d'Ait Laurent en premières noces.

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Larrivée doit venir de Arrivée. Il y Lait des Arrivé à Ste Famille, ile d'Orléans h 1656.

Les Dubé étaient originaires de La chaelle d'Arer, évêché de Luçon. C'étaient onc des Vendéens. Mathurin Dubé, venu Canada vers 1667, s'établit à St Jean tle Orléans. Il était marié à Marie Campion.

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te lieues 1ène et vigouret

Des Rousseau venaient de Surennes, ans l’tle de France. Symphorien Rousseau nt au pays vers 1668 et fixa sa demeure à , Ste Famille île d'Orléans. Sa femme se

ée, les L ommait Jeanne Sinnalou.

Roussea ourde, ID Les Leduc venaient de l'Anjou. Le preler qui soit venu au Canada s'appelait Réné educ. Ily avait aussi Jean Leäuc d’Ige,

Etienne | à Perche, venu au Canada vers 1650,

on voit qi

Nous croyons que cette famille n'existe plus aux Trois-Pistoles. Il y en a encore quelques membres à l'Isle-Verte Ils s’appellent tantôt Leduc et tantôt Duc tout court.

Louis et Bénoni Métayé, Jacques Métayer. Ils sont connus primitivement sous le nom de Métayé dit Cupidon. Leurs ancétres devaient habiter l'ile d'Orléans où on les voit s'établir en 1666. |

Les Plourde venaient de la Rivière-Ouelle. C'est ce que l’on constate par le régistre de 1787. !

Les Turcotte étaient originaires de Moulleron, évêché de Mallais et s’établirent à l'ile d'Orléans, Paroisse de la Ste Famille, en

Les Symon venaient de Vernis, près de Paris, île de France, Hubert Symon est le premier de ce nom venuen Canada, vers 1660, Nous ne sachons pas qu’il y ait des représentants de cette famille aux Trois-Pistoles. Il y en avait à St Simon et à l'Isle-Verte il y a quelque cinquante ans.

Les Symon (Cimon) + l'Isle-Verte 4

existe encore s S’AD- . court.

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étaient les ancêtres de l’Honorable juge Cimon, et de Mr. Simon Cimon. M. P. pour Charlevoix.

En 1784, Charles Gentil fils de Jacques Gentil et Barbe Fauvel de St Per, évêché de Contans en Normandie, se mariait aux Trois- Pistoles à Angélique Vincent fille de François Vincent et Josephte Doiron.

Les Vincent étaient d’origine acadienne.

Il n’y a plus de famille du nom de Gentil aux Trois-Pistoles.

Les Godhout venaient de Berneval, près de Dicppe en Normandie. Nicolas Grodbonut, venu au Canada vers 1660 s'établit à St Laurent de l’tle d'Orléansen 1666. Ilétait marié à Marie Bourgoin. |

Les Langlois venaient de l'île d'Orléans ; originaires de Normandie. Les Ouellette étaient aussi de l’île d'Orléans où ils: s'établissaient en 1673. Il y en avait à la Rivière- Ouelle en 1680. Les Lévesque étaient origi.

naires de Rouen. Les premiers Lévesque s'établirent, croyons-nous, à la Rivière-Ouelle.

Les Godbout vinrent s'établir aux Trois

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Pistoles vers 1788; les Lévesque vers 1784; les Langlois en 1786. pé

On ne rencontre plus parmi les familles qui composent à l’heure actuelle Ja paroisse des Trois-Pistoles celles des Godebout qui sont maintenant de St Eloi. Les Simon, comme nous l'avons vu, sont de la paroisse de St Simon aujourd’hui ; les Plourde sont de St Eloi ; mais on rencontre encore aux Trois- Pistoles beaucoup de membres des, familles Rousseau, Métayer, Levésque, Turcotte, Larrivée, Michaud, Dion, Morency, Côté, Damour et Leblond, sans parler des Rioux.

Voilà les premiers colons des Trois-Pistoles, cette race courageuse, héroïque ani a été comme un rempart pour nous protéger: contre l’'envahissement de tout ce qui énerve et tue un peuple. | |

C’est d'eux que Virgile Rossel disait un jour en vers bien frappés :

L'âme des paysans est une âme sereine, :

Vieille comme le monde elle n’# pas d'histoire: La paix étant l'amour de tous les paysans, Et pour elle toujours la meilleure victoire, Sera le foin bien sec et les blés bien pesants.

s 1784; # Nous ne pourr'ons pas en dire autant peut-être de plusieurs de ceux qui ont habi-

Lilide té Trois-Pistoles de 1835 jusqu’à nos jours.

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