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CHAPITRE VI

Les missionnaires:et leurs travaux aux Trois-Pis-

toles —Le Père Ambroise.—Mort de Nicolas Rioux, deuxième Seigneur.—Le Père de la Brosse.

Celui qui étudie l’histoire des paroisses canadiennes se trouve toujours en face de ce fait cent fois mis en pratique : “ on commençait à défricher au bord du fleuve, au lieu de s’enfoncer dans les terres où le sol était meilleur.” Pourquoi cette commune idée, cette même tendance de tous les premiers colons fondateurs de centres CHE ? Laïssons parler Grarneau : (1)

‘ On a reproché aux canadiens de s'être mal placés sur le sol, de s'être trop étendus,

(1) Histoltre du Canada. p. 147. Vol, 1.

d’avoir mis leurs habitations à une telle distance les unes des autres qu'ils se trouvaient sans communication ensemble et hors d’état de se soutenir contre les attaques des sauvages, mais le premier besoin du cultivateur n'est-il pas un chemin facile pour transporter ses denrées au marché ? Le fleuve St- Laurent se trouva pour lui une route toute prête sur les bords de laquelle le sol est en outre d’une extrême fertilité. Les établissements, au lieu de s'étendre dans toutes les directions autour d’un centre commun, se disséminèrent le long 1e ce fleuve ; et l’expérience a démontré qu’en général, ce système était le meilleur et que plus on a dispersé les établissements dans un vaste cercle plus leurs progrès ont été rapides parcequ'une fois les noyaux faits ils grossissaient ensuite simultanément et en peu de temps. ”

Un autre sentiment portait les colons à se placer au bord du fleuve : c'est par là que leur devait venir les missionnaires voyageurs et par là aussi que devaient passer les ennemis du pays. Il leur serait donc facile et de

recevoir les premiers et de surveiller les au-

tres. Prenez la Rivière-du-Loup : sa première

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auvarateur \SpOT re Sttoute st en olissees les in, se k l’exsystèispercercle cequ'nt en-

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chapelle est sur la grève comme pour attirer les regards des missionnaires de la côte ; à l'Isle- Verte, la première chapelle est au bord de la rivière, en pleine grève, comme pour éviter la longueur du chemin à celui qui leur apporte les consolations de son saint ministère. Aux Trois-Pistoles, la chapelle est sur la Pointe, tout près du fleuve, à l'entrée de la baie, invitant le prêtre, qui vient de Graspé ou de Rimouski, à s’arrêter en route ou du moins à la saluer en passant d’une bénédiction pour le petit troupeau qui s’est mis à l’abri sous la garde de sa croix.

Le missionnaire ! On ne songe pas assez à ce que renferme d’abnégation et de zèle, ce mot que l’on ne sépare pas du premier colon de nos paroisses de 1700 et de 17- 50. Sait-on ce que coûtaient alors de misère de toute sorte ces voyages pénibles à travers la forêt ; ces courses sur le fleuve au printemps et à l'automne ; ces portages, ces montagnes, ces rivières à passer ? Et ‘ hiver venu, voit-on dans la neige, dans la tempête, sur les grèves désertes ou les battures gelées, voit- : on cet homme seul, s’avancer d’un pas alangui soit par la fatigue soit par la maladie ?

Il va aux malades, il s'en va en missions, il Æ ratio s'empresse d'accomplir ses devoirs ! Oni,il va Æ de ci vers les affligés pour les réconforter, les sou- Æ et le lager, leur ouvrir les portes de l'éternité bien- Æ se cc heureuse en leur portant les sacrements de & sera l'heure dernière. Il se dévoue par amour Æ nirs. pour les hommes, et c’est quand il court por-

ter la vie qu’ii trouve la mort, la mort horri-

Le à ble, affreuse, soit au fond du fleuve, soit en à 4 pleine forêt. Fi

Oh ! devant cet héroïsme obscur dont à sem nos annales abondent, devant ces grands Æ ger cœurs courageux que Je sordide intérêt ne conduisait pas, en face de ces sublimes enfants de l’église, qui ne sent son âme tressaillir d'admiration et d'enthousiasme ! Ok ! il est facile de jeter en passant une note admi- | rative au courage viril et chrétien de ces pieux d’un autre âge, nous qui ne connaissons des privations et des misères des premiers missionnaires que ce que les relations et les écrits nous en disent ! Mais qu'importe : admirons les ces vaillants, ces s humbles des premiers temps ; que notre admiration sonne À haut et ferme et que nos paroles se moulent dans la sincérité du cœur, afin que les géné-

hs, il À rations à venir, ne perdant pas le souvenir ,il va & de ces héros martyrs, fassent comme nous ; sou- Æ et leur admiration, chaîne non interrompue, bien- Æ se continuera aussi longtemps que le monde ts de & sera monde et vivra encore de grands souvemour À uirs.

t porhorripit en

Qu'il y a loin de ces généreux propaga-

‘hi teurs de la foi, aux égoistes du genre de Pou-

let qui se renferment dans le cercle étroit d’un

mutisme absolu, et dont tout le désintéres-

dont Æ sement consiste à penser à soi avant de sonrands à cer aux autres.

êt ne FR s PRE Es Les missionnaires n'étaient pas de cette TE trempe, aussi avec quelle joie se voyaientb!il ils reçus lorsque le temps de la mission était dmi venu. Du plus loin qu’on le voyait venir, on courrait au-devant de lui pour l’escorter le ces à. ; ë Te, k jusqu'au rivage et là lui aïder, l’entounnais- re rer et le féliciter. s s preations Et le bon apôtre sentait la joie l’envahir!

porte ! Oh ! quelle bonne et douce récompense cela s des Bétait pour tous ses maux, ses misères, ses prisonne Æ vations. Il les remerciait, il les interrogeait, rulent Met le soir venu, lorsqu'on avait bien prié et bien chanté ensemble sous les voûtes noires

et vieilles, dans la chapelle au bord des flots, on se réunissait chez le seigneur et c'était une joyeuse soirée, attristée un instant lorsqu'on avait à énumérer la liste de ceux qui avaient fait des trouées dans les rangs, et augmenté} le nombre des départs irrémédiables.

Et le lendemain, c'était la grande messe, les confessions, les communions générales, les: baptêmes, les mariages, et les sépultures, si lai mort en surprenait quelques uns durant la mission. Puis venait l'heure des encouragements. Le missionnaire, à qui rien n’é:

chappe, voyait bien si les affaires allaient

prospérant ou bien si le progrès marchait de reculons, et alors il avait soin de donner des conseils à qui de droit, des félicitations à ce-| lui-ci, des réprimandes à celui-là : tous. en avaient leur large part. Et quand le mission-k naire partait pour. d’autres rivages, c'était à} qui lui presserait la main.

Voit-on d'ici cette scène attristante ? Sur la grève un canot d’écorce, et deux conducteurs attendent. Voici le prêtre que tout lel village accompagne : il y a des vieillards, des hommes mûrs, des femmes et des enfants ; un

des flots, ; . pe ; ras A dernier mot, le missionnaire s’embarque avec était une RUN

. Mason bréviaire sous le bras, et le canot orsqu'on * pousse au large. On salue de toute manière, | avalenthà , - ,

M on pleure et l’on prie. Seul, l’homme de

ugmentéf

à Dieu garde son calme. Il bénit son peuple, Nil le recommande là haut et il s'éloigne, non le messe, sans essuyer à la dérobée une larme furtive.

rales, les re. :

ÿ Sans les missionnaires, combien de colons res, si lai : ; k : , se seraient découragés à tout jamais, abanurant la à |donnant l’œuvre commencée et comprometencoura- Dre ie k ., M tant ainsi les intérêts les plus chers dela race rien n’é- a QU datent canadienne française ? Aux heures d'épreuves qui sont plus pénibles lorsqu'elles sonnent rchait de à 6 à , or dans l’isolement, le colon se disait : patience ! , le bon père va venir et tout ira pour le mieux ; ons à Ce- | ti sé oil et le bon père venait et tout disparaissait

à devant son tegard serein et sa parole encou-

missionrageante.

c'était À

Aux Trois-Pistoles, les missionnaires ont joué le rôle bienfaisant qu’ils ont accompli partout. Dès que Jean Rioux est établi à la © Pointe, on voit accourir M. Auclair, ce saint CRT prêtre, curé de Kamouraska qui ptndant seize

* Mannées ne s’est pas lassé de venir à son poste fants ; un! ot: Fa \

Mbaptiser les enfants des premiers habitants,

nte ? Sur conduce tout le

enterrer les vieux et les jeunes, et marier ceux qui voulaient se fonder un foyer et commencer doublement l’œuvre de la colonisation. i

D'après les Régistres, M. Auclair ne venait pas chaque année faire la mission, mais seulement tous les deux ans, et Nicolas Rioux, en homme patriote et sage, faisait baptiser un enfant tous ies deux ans. Il en était ainsi de son frère Vincent lorsque ce dernier fut marié.

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Après M. Auclair, ce sont successivement le père Barbel et le père Luc qui font la mission des Trois-Pistoles où il y avait peu de colons encore, où les Rioux formaient, à eux seuls, toute la population.

En 1736, apparait le père Ambroise, cette belle figure qui est un des plus fuaves orne-| ments de l'église primitive au Canada. Pendant près de quarante ans il s'attache à ses missions du bas du fleuve, de Kamouraska à Gaspé ; c’est lui le généreux serviteur de tous, le sympathique récollet que tout le monde vénère et affectionne. Il se plait à demeurer. aux Trois-Pistoles chez le seigneur Rioux de! la grande maison. C’est là qu’il reçut ce goblet d'argent qu'il devait remettre de la ma“

er ceux pmnienation.

ne ven, mais s Rioux, tiser un ainsi de it marié.

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À — 119 — nièré que l’on verra dans le chapitre qui va suivre ; c'est de là au’il partit, lorsque en 1769, il se rendit à Rimouski où il se noya.

C’est lui qui vint rendre les derniers devoirs à Nicolas Rioux, deuxième seigneur des Trois- Pistoles, enterré le même jour que son fils Nicolas, dans le cimetière paroiïssial, le 6 janvier 1756.

C’est lui aussi qui enterra l'enfant de Nicolas, fils de Nicolas Rioux, deuxième seigneur, décédé deux jours après l'enterrement de son père et de son grand-père.

C’est encore lui qui rendit les derniers services à Catherine LeBlond, femm2 du premier seigneur Jean Rioux, qu'il enterra dans la chapelle des Trois-Pistoles, le 1er Décembre

La mort du deuxième seigneur et de son fils dut faire couler bien des larmes aux Trois- Pistoles et c’est lui, le père Ambroise, qui dut consoler toutes ces infortu es et les réconforter de cette douce parole qui est le secret des grandes âmes charitables.

Pauvre petite chapelle des Trois-Pistoles que le temps n'épargna pas plus qu'il ne sait

respecter tout ce qui est digne et bien, com- :

me il t’affectionnait d’une manière toute particulière. C’est là qu’il aimait à aller prier, lui le plus humble des humbles, qui ne signait jamais autrement que : “ frère Ambroise, récollet.’ C’est le propre du véritable mérite de toujours s’ignorer, tout comme c'est naturel à la nullité réelle de s'afficher et de se mettre de l’avant.

Voici une autre belle figure de l’église du Canada : J. Bt. de LaBrosse, missionnaire à l’Isle-Verte et Trois-Pistoles de 1770 jusqu’à 1782. Nous ne pouvons nous empêcher de donner ici quelques phrases détachées de l’œuvre de notre ami J. Edmond Roy : —“ Voyage au pays de Tadousac”. Ily a des noms qu'il suffit d'évoquer pour faire naître aussi- ‘tôt comme une rumeur glorieuse. Ils vibrent, a dit quelqu'un, sonores, comme des clairons de combat.

Si les Micmacs d’Acadie ont garaél ’éternelle mémoire du patriarche Maillard, si les

distoles ne sait

An, COM- :

te parprier, ne simbroile mée c'est et de

l'église nnaire usqu'à ner de ses de —"“Vo-

noms aussi- (brent, airons

l’éter-

siles :

Mpésie et du Nouveau-Brunswick.

icheur en relevant ses filets, le bûcheron qui

anciennes tribus abénaquises du Maine «e souviennent encore du martyr Rasle, si les, planteurs des bayous de la Louisiane se découvrent toujours religieusement au nom du

imissionnaire Aubry, la forte race qui habite

le St-Laurent inférieur n’a pas oublié le jésuite Jean Baptiste de LaBrosse.

De tous les missionnaires qui ont exercé l'apostolat sur la terre saguenayenne et dans les régions du Golfe, c'est lui qui a laissé les souvenirs les plus vivaces et les plus vénérés. On entend mentionner son nom partout, dans les profondeurs du lac St-Jean, sur les rives désolées du Labrador, dans les villages florissants qui bordent le fleuve depuis Cacouna jusqu'aux confins éloignés de la Gras- Le pé-

rentre accablé par le rude travail du jour, la nère auprès du bz:rceau de son enfant, le basseur peudant les longues soirées de ses h1ltes de chasse, racontent du bon père des h5ses merveilleuses. Tous, dans l’infortune Du quand la tempête bat furieuse au large, 'invoquent comme un saint. Auchevet des

malades, les vieilles femmes indiquent sou:

vent les remèdes qu'avait enseignés à leurs * aïeux l’apôtre aimé et populaire.

“ Dernier Jésuite qui ait prêché l'évangile

aux populations vigoureuses du.Grolfe, lé P.

de LaBrosse forme comme la clef de voûte de

l'édifice auquel les disciples de Loyola ont si laborieusement travaillé pendant près de

deux siècles. ‘

00000008 20000000 40000000: Ein AD REA RS PA RS LLLLLLLLI)

Longtemyz:, longtemps, encore, les bra-k

ves paysans d:s Trois-Pistoles montreront

aux étrangers sar un rocher au bord de la mer,k

l'empreinte du genoux et de la raquette du missionnaire populaire. Longtemps, longtemps, encore ceux de l’Ile-Verte parleront

des miracles qu’il accomplit au milieu d'eux!

Heureux les peuples qui croient encore aux douces et saintes légendes !—”

Le P. de LaBrosse disparu, Trois-Pisto:

les ne restera pas longtemps dans les pleurs.

L'heure sera venue pour elle qui a pris del

l'essor et de l’avancement, d'avoir un prêtre,

sinon résident, du moins tout à sa portée

pouvant l'avoir et l'utiliser au besoin,

nt sou Mais avant d'en arriver là, avant de dire à leursS l'œuvre de M. Leclaire, nous n'avons pas voulu laisser dans l'ombre la mort tragique du père Rottillard et la merveilleuse légende du . syangile : nn | fs: lé P. goblet d'argent. Le nom du père Rouillard est trop intimement lié à la vie des premiers habitants des Trois-Pistoles, pour que nous ne disions pas ici sa mort pénible et les pleurset le deuil qu’elle causa.

roûte de la ont si près de

RRRLILLLLLL

les bra-k ntreront le la mer,Ë 1ette du 8, long- >arleront u d'eux !

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