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On serait tenté de dire que ce — alors
d'heureuses fautes.
On 1e pardonnera ces longueurs qui paraîtront peut-être hors de cadre à certaines personnes:;:mais moi, j'ai cru qu'il valait mieux, au commencement de ‘“ l'Histoire des Trois- Pistoles,” faire des réserves et montrer le rôle de l'écrivain qui ne doit rien cacher et mettre tout sous un vrai jour.
On sait que c’est une tâche bien ingrate
que celle d'écrire l’histoire des paroïsses ca-
. nadiennes, et s’il faut qu'à ce fardeau déjà lourd on vienne ajouter les reproches san-
glants et les critiques mal à propos cela deviendra un martyre.
* Une fois le lecteur mis én garde et bien averti, quand on aura compris les nécessités qu'il y a d'ouvrir, de raviver certaines blessures, eh! bien on devra être moins sévère
et pardonner alors plus facilement à celui sé accomplit son davoir. ER ne
lui commandent les règles élémentaires —
Et l'historien fidèle accomplissant ce que |
mettre en tête de son travail, qu ot humble qu'il soit, © connue : Le
Fais ce qnedois Man
DANS Re
+ - Il ést impossible de parler des Tr A ‘oles sans en donner au moins tout d abord une idée aux lecteurs, afin qu'ils puissent se
former un pian des lienx où se sont déroulés les événements que nous allons raconter.
jui des md: le long du fleur ve, sur de rire sud, rencontre s sur sa: route, à
He. 19 Le
son chemin jusqu’à la rivière à deux milles
plus bas. Aujourd'hui, uous gravissons cette
côte et sur son sommet commence les Trois-
Pistoles. Nous sommes à l'endroit appelé la Pointe à la Loupe.
De cette hauteur le plus beau panorama qui ser t se déroule au regard. À gauche, perdu au pied de la colline, le village de l'Isle-Verte se repose dans sa monotone tranquillité, tandis que l'île en face, toujours sombre, toujours aride à ses extrémités, dessine sur les flots verts du fleuve une ligne épaisse et noire. À droite et presqu'en face, l'île aux pommes se recueille et semble attendre vainement uu maître qui y amènera un peu d'activité et de vie. Plus bas l’île aux Basqtes, connue dans l’histoire du- pays par ses rendez-vous des penples du nord qui venaient jusque là y faire la chasse à la baleine et la traite.avec les sauvages ; l'ile aux Basques où du temps de Charlevoix l’on
trouvait encore d'immenses fournaux à chaux,
des débris calcinés, tout ce qui revèle l'indus- - trie de ces pirates des premiers jours, se dresse majestueuse, défiant l'oubli et le temps.
de 1e
milles En arrièe ce sont les concessions de St is cette Eloi, St Paul, St Clément, qui vont s’éche- Trois À Jonnant du coté des lignes américaines : des pelé la centres d'avenir si l’on est prudent.
TL Après avoir franchi un mille ou deux, lé à pee voyageur se trouve au bord du ravin au fond ;
auche, duquel coule la rivière dés Trois-Pistoles. Ses ge de . eaux sont limpides et vienneut'des hauteurs > tran- qui avoisinent le grand et superbe lac Téajours D miscouata. C'est par là que passèrent les
, des- maléchites de M.J. CO. Taché dans son récit
ligne du “ massacre du Bic ”, C'est par cette rivière face, que les sauvages d’Acadie, du Maine, du aiten- : . Nouveau-Brunswick venaient à la mer, en à UN À passant par la rivière St Jean, le lac Téinis- AK > | couata et da rivière Abouabouscäche, et c’est SPar À élle qui donna son nom à la seigneurie, puis
AUD àla Paroisse. Elle a vu ses beaux jours de x ba- ee à draves et de chantiers , des moulins pleins AUX À d'activité y mettaient.do l'entrain et.de la
lon + vie autrefois ; il y avait. là les magasins ou AUX, D entrepôts des MM. Têtu, et tout un monde dus- £ de travaillants. Aujourd’hui le mouliu mar-
résse D che encore quatid il y a de l'ouvrageet le
. silence et le recueïllement planent là où na-
di
guère retentissaient les joyeux cris des travaillants, des hommes -de: chantiers et des marins. «
Descendons la côte qui aboutit au pont jeté sur la rivière, montons l’autre versant de la rivière et nous voilà bientôt.en plein village des Trois-Pistoles, et la route se continue jusqu'à St Simon l'espace de trois ou quatre milles encore.
Trois-Pistoles comprend donc deux par- -
\ tles: celle qui va de la Pointe à la Loupe à la Rivière des Trois Pistoles et la partie à {| compter depuis la rivière jusqu'à St Simon Cette dernière est la plus importante parce qu’elle renferme tout le beau et grand vil
lage des Trois-Pistoles.
Trois-Pistoles. éomme l’'Isle-Vertes a compagre du passé son émule ou sa rivale d’aujourd'hui, est bâtie sur une élévation de terrain, sorte de platéau formant un arc et faisant face de toute part’à la mer.
A l'extrémité: de droite. un cap, aux con- À tours réguliers, semble se. diriger vers le %
es traet des |
A pont ant de in vilcontidis ou
X par- pe”à la lie à
M ps
fleuve qui le baigne aux pieds à l'heure des hautes maré»s : c'est le cap Marteau servant presque de borne seigneuriale entre Trois- Pistoles et St Simon...
À l'extrémité de gauche ane langue de terre s’ävance parrallèlement au fleuve, formant uue baie assez spacieuse au fond de “aique'le on voit se j:ter, venant des hauteurs du village, une petite rivière active qui est un ornement de lendroit Ceite langue de terre est légendaire et on l'appelle la Pointe des Trois-Pistoles. C'est là que furent crées les premiers établissements, bâtis les premières églises.
: À l'entrée de la baïe, comime pour enfer- |
. mer Je passage, de jolis ilots se découpent
agréat ment sur les flots et attirent le regard des voyageurs en excursion qui ne man- -quent pas d'y aller se délasser
Plus bâs, deux rochers sortent Fe l'eau hérissant leurs falaises mornes et désoléss.
Sur l'un d'eux, une croix apparaît, paisible,
solitaire. Nous verrone pourquoi, plus tard, elle est là dressée en plein fleuve qui ne la. Tapas j pas mienx que le temps.
Sur les hauteurs du plateau le village est assis, traversé dans toute sa longueur par le chemin de fer Intercolonial. Ici, la gare majestueuse et imposante avec sa salle de première classe pour le diner des “oyageuts.
Là l’église en pierre, véritable monument de bon goût qui dit beaucoup plus des parois-
siens zélés et du curé que nous n'en pour- :
rions dire nous-mêmes. Tout à côté le presbytère neuf qui attire le regard par une architecture sobre et un plan très bien exécu-
té ; en arrière, un. peu caché par les deux
dernières constructions, le couvent, en piene aussi, dresse majestuensement ses trois étages ajourés de fenêtres multiples : et à droite, à
gauche, partout ds jolies maisons, d'élégan-
tes villas jropres, confortables, respirant l'ai.
sance et le bien être. Elles forment comme
une haie élégante et fleurie de chaque côté
du chemin royal qui est aussi uni que les chemins à barrières près des villes.
Le cimetière neuf, large et b‘en sites à au
sud-ouest du portail de l'église, se partage par lots de famille où l’on voit déjà de snperbes et d’humbles monuments re le
le village
œueur par Ï, la gare , Salle de oYageuts.
ament de - S Parois:
en pouré le prespar une
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les deux
n pierie is étages droite, à ’éléganant l'ai.
comme.
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itué au .
partage
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place d'êtres chers, trop tôt enlevés à l’affection de touie une asperee de toute une famille.
À la Pointe-où s'élevaient naguère deux églises face à face, on ne. voit plus que des champs alignés où l’on aura avant peu un magnifique hôtel dû à l'initiative de Monsieur Lavigne, et un quai à eau profonde que le gouvernement fait construire.
Dans ce petit village des Trois-Pistoles tout se donne la main pour attirer les voyageurs, les touristes, ceux qui aiment les beautés de la grande nature, le calme et le repos ue nos campagnes paisibles et si belles au bord de la mer. o
Voilà pour le fond du tableau.
Il reste pour décor une nature luxuriante où Divu s’est-plu à semer les plus riches couleurs de sa palette d'artiste divin : une mer large de dix-huit milles tantôt pai-
sible et calme comme le ciel d’an beau jour, tantôt tourmentée et pleine de rumeurs et-de ps a can aux bois ee où à l'onrgus
Le'ab i
vient de passer. Des hauteurs du village le regard se perd à l’horizon où les Laurentides semblent se mouvoir au gré du fleuve, découpant sur le ciel de larges échuncrures où flottent-parfois de légers brouillards pareils à ure mer d’ouate. Parfois le fleuve est désert ; rien n'apparait à la vue si ce n'est le dos blancs et gris des marsouins, ou le petit nuage sombre que forme, en rasant l’eau, un voilier de sarcelles ou-de canards sauvages
À d’autres heures.ce sont de larges voiles blanches tendues an vent qui l’animent et lui donnent une note de vie ; ce sont de gros
bateaux à vapeur qui passent, soulevant l’'écume des flots et portant vers les vieux pays la foule des touristes empressés ou le
trop plein de nos greniers et de nos de a pôts.
Un jour, ce sera le plus beau spectacle qu'il soit donné à l'homme de contemplet ici-bas qui frappera les yeux : un coucher de soleil par un beau soir d’été. Lesoleil rouge, ensanglanté, s'effäcera derrière les rochers du
nord, illuminant toute la côte sud, l'embra- . sant comme dans un incendie mi Lo paie. à. |
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l'ombre se fèra peu à peu, et les dernières lueurs du jour s'entasseront à l'horizon qui se confond avec le gris des murailles dentelées de la côte nord, et le fleuve s’apaisera, ét les voiles disparattront on se refermeront pour la nuit et là-bas, les feux des tours al. lumeront dans l'ombre du soir leur grand œil de feu, véritable boussole lumineuse guidant les marins, et l’homme en face de ce tableau de grand-mattre, sentira son âme tressaillir sous le souffle caressant d’une prière, prière de reconnaissance pour tant de merveilles accumulées.
Oui, le village des Trois-Pistoles est bien assis pour donner à ceux-là qui veulent voir et sentir, toutes les émotions qu'offre une belle nature dans toute sa simplicité. Tout s'y ligue pour captiver l’âme et plaire aux yeux,
depuis l’humble réduit abritant le pauvre et
sa nudité, jusqu'au temple superbe où l’art a prodigué les conceptions les plus harmonieu-
ses et où se coudoient, dans une égalité que
l'Eglise catholique a‘sanctifiée, les déshérités d’ici-bas et les favorisés de la fortune, les
petits et les grands ; depuis les capricieux Le
Lt
désordres d'une rivière qui fuit .nvs bois et. monte se perdre dans l’intérieur des terres, jusqu'aux grandes et sublimes voix d’une mer tantôt sans ride et tantôt bouleversée :
depuis l'ombre silencieuse des bosquets semés ça et là, jusqu'aux beautés pittoresques et pleines d'inattendus des ilôts qui s'éten: dent mollement comte pour fefmer l'entrée de la baie et prémunir le village contre les surprises de la mer et des vents furieux.
Et tout cela s’embrasse d’un coup d'œil, et c'est ce qui fait le charme de ce coin de terre d’une beauté non pareille et toute de simplicité. En effet, tout y est sobre, net, régulier et d’un ensemble parfait où toutes les parties concourent à former un tout complet auquel rien né manque.