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On plaidait avec un acharnement sans égal ; on se faisait mourir à la peine dans ses voyages de misères qu'il fallait entreprendre pour aller plaider, evit à la cour de Québec, soit au grand conseil à Rimouski ; les terres restaient incultes, l'argent allait en dehors et
l'on se ruinait pour deïvaines questions de parti.
Malgré tout, la population ne faisait qu'augmenter aux Trois-Pistoles. Des con!
cessions se défrichaient rapidement et bientôt l’on put voir le quatrième rang ouvrir ses ter. res, et compter bon nombre d’habitants destinés à devenir à l’aise en peu d'année. Al rivière M. M. Casgrain et Têtu, à la tête de! vastes chantiers, amenèrent la vie. active du! commerce dans cette partie de la paroisse et l’on vit se presser, autour du poste de la socié-! té, une foule d'habitations qui augmentaient, | d'autant, la population des Trois-Pistoles.
Le recensement s'étant fait en 1844, on voit que Trois-Pistoles possédait alors 2525! âmes, contre 1638 en 1825. Cet accroissement rapide, nous l’avons déjà dit, avait pour cause: l'excellente qualité des terres et l’exploitation. du bois au chantier de la rivière des Trois:
Pistoles. Et tout ce monde là était divisé, en: lutte, sans cesse sous les armes, faisant flèches de tout bois. |
C’est ainsi qu'en 1845, Philippe Renou,
stions de!
un Jersiais établi depuis plusieurs années aux Trois-Pistoles, près de la petite rivière qui por-
1e faisait. te son nom, et traverse le village, en haut de
Des con.! l'église, pour aller se jeter dans la baie à la et bientiti Pointe, fit signifier un bref de mundamus à rir ses ter. Mons le curé Mâlo, prétendant que l'élection ants desti-! des marguillers Godefroid et Etienne Rioux née. À 1: était nulle et irrégulière. On plaida de part la tête de et d'autre et Philippe Renouf réussit dans son active du action. La fabrique paya les frais, l'élection paroisse et A fut renouvelée et les mêmes marguillers fude la socié- rent réinstallés dans le banc d'œuvre, ce banc mentaient W d'œuvre qui devait être la cause de la mort, de etoles. l'un d'eux, Etienne Rioux.
1844, on De la fabrique, on tomba au conseil. Cetalors 252%. té fois, point n’était besoin d'aller plaider à oissementS Rimouski, car le 14 juillet 1845, Trois-PistopourcausÆ les devenait municipalité indépendante et ploitationS choisissait ses premiers conseillers pour fordes Trois S mer un conseil local, en vertu de l’acte 8 Vict.
divisé, 1%. chap. 40. ‘Il y eut réunion des électeurs mu-
antflècheÆ nicipaux à la salle publique du presbytère, pour procéder au choïx des sept premiers conseillers. Mons. Benjamin Rioux étant nom-
uf ! » # + er . ù 0 . + .
ve Renoui, mé président, les électeurs choisissent unani-
De
mement Philippe Renouf, Edouard Durette, Joseph Godbout, Jean Bt. Lavoie, fils, Louis Caron, Maurice Martel, père, et Lambert Ga.
gnon &it Belzile.
Quand le conseil fut régulièrement établi avec Mons. Renouf comme maire, on fila requête sur requête demandant l'ouverture d'un chemin à partir de l’église sur la côte, gagnant St Simon par le travers des terres.
Audelà de quarante cultivateurs signaient ces requêtes qui ne demandaient, après tout, que
lgscontinuation du chemin de front établi sur :
le haut des terres à partir de la rivière, à ve-
nir jusqu’à l’église en opposition sur la côte. condamnant ainsi le chemin trop fameux |
côtoyant le fleuve.
Parmi les signataires on remarque F, X.
Rioux, Jean .(ousseau, Benj. Rioux, Julien
Damour, Stanislas Martel, Ignace Gagnon, | Paul Turcot, Noël Rioux, Magloire Dubé, J. !
Bt. Rioux, sous-voyer, et autres.
C'était recommencer l’ancienne lutte pri- 1 mitive, alors qu'il s'agissait d'avoir le chemin | sur les côtes du côté, sur-ouest de l’église, lutte’.
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Durette, 8, Louis bert Ga.
nt établi fila reuverture la côte, s terres.
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la côte. !
fameux !
te FE. X. !
Julien !
Gragnon, Dubé, J. !
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homérique, ésespérée, où le parti d'en bas fit une opposition formidable avec l'aide des hommes de la valeur de N. Tétu, Celestin Rioux, Paul Rioux, J. B. Rioux, Eloi Rioux le seigneur de la Pointe, aidés du curé Mâlo, du Dr Dubé et des deux notaires Tuellet et Fournier. Les raisons d’oppositions fournies par ces derniers étaient que le chemin d'en bas existait depuis les premiers temps des colons aux Trois-Pistoles et que nombre d’ha:bitants, (environ 70) y avaient fixé leur demeure, que ce serait injuste de les obliger à se rcbâtir sur la côte auprès du chemin neuf, leur causant par là des dommages considérables, que l’église était sur la Pointe, près du chemin d’en bas, et qu'il serait trop coûteux, dans les circonstances, d’obliger les paroissiens à rebâtir sur la côte, de démenager le curé, et d’éloigner des gens d’en bas, les écoles du village.
Ces raisons ne tinrent pas devant la volonté formelle du conseil, qui fat unanime à décider l'ouverture du chemin sur les côtes en gagnant St-Simon. C’est alors que Céles-
tin Rioux et le Capitaine Eloi Rioux portèrent
a cause à la cour du Banc de la Reine, à Québec, qui rejeta leur demande leur ôtant tout moyen d'opposition dans la suite.
Si l’on continuait les luttes ardentes du passé sur un autre terrain, on n’en faisait pas moins, au conseil, des démarches qui sont tout à l'honneur des gens des Trois-Pistoles. Autrefois l'étendue du terrain, depuis Kamouraska jusqu’en bas de Rimouski, portait le nom de Cornwallis pour les fins électorales et n’a° vait droit qu’à un seul député. Le 17 Août 1829, l’acte Provincial, 9 Greorge IV, fit de nouvelles divisions de comtés. Kamouraska fut détaché de cette partie-cei du pays et, le nom de Cornwallis ayant été aboli, on appela comté de Rimouski toute cette lisière de seigneuries depuis la Rivière-du-Loup inclusivement jusqu'au bas de Matane, une distance de plus de quarante lieues. Telles étaient les dispositions pour les fins électorales. Restaient les districts judiciaires ; il y en avait deux: celui de Kamouraska et celui de Rimouski, les chefs-lieux étant fixés à Rimouskiet à St Louis de Kamouraska.
AOn ne se figure pas la misère pour avoir
L'accès aux cours de justice, dans un temps sur-
tout où les procès de toute nature étaient à l’ordre du jour. 11 fallait que les intéressés élevassent la voix. Aux Trois-Pistoles, il fallait aller plaider à Rimouski. Ce qui entrainait une perte de temps exigeant de grands sacrifices pécuniaires. Le conseil des Trois-Pistoles fut le premier à se plaindre d’un pareil état de chose, et dans une adresse aux ‘“ Honorables Communes du Canada-Uni asseniblées en Parlement provincial ” on demanda de former un nouveau district judiciaire avec les paroisses de Rivière du Loup, Cacouna l'[sle- Verte, Trois-Pistoles et Saint-Simon, et de placer lechef-lieu au centre, afin de diminuer les distances qu’il fallait parcoarir pour aller aux chefs-lieux éloignés. Cette adresse était signée par Philippe Renouf, maire, Edouard Durette, Joseph Grodbout, J. Bt.
Lavoie et Maurice Martel, conseillers.
En 1849, on fit droit à la requête des gens de Trois-Pistoles en établissant un bureau d'enregistrement à l’Isle-Verte, et en 1858, on construisait une cour de Circuit à cette dernière place, avec L. N. Gauvreau comme pre-
dues
mier Greffier. Honneur aux Trois-Pistoles qui n’est jamais en arrière quand il s'agit de progrès.
Au plus fort des querelles, à propos des 1 chemins, querelles qui primaient toutes les autres au sujet des églises, voilà qu'un incendie se déclare, à la Pointe, dans la vieille cha- ! pelle abandonnée en 1844, et qui avait été !
dépouillée de tout le bois dont on pouvait se : servir pour l’église neuve, en 1845. L’émoi fut indescriptible dans le parti d'en bas et l'on cria à l’incendiaire, au malfaiteur sans découvrir l’auteur présumé de ce crime atroce. 4 On fit des prodiges de valeur pour sauver ts l’église neuve, sachant bien que si les flam- & 01 mes dévoraient tout, il n'y aurait plus qu'à Bpl faire son sacrifice des revendications du passé et se joindre au parti d'en haut avec une église toute prête à recevoir les fidèles des deux partis. On ne douta pas un instant que le parti d'en haut ne fut la cause de ce désas. BR tre, qui aurait mis fin aux querelles de partiet 1 donné gain de cause aux gens sur la côte, s’il eût été complet. Heureusement pour les intéressés de la Pointe, l'église neuve n'eut que
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Lson perron d'endommagé tandis que la vieille
chapelle devint un amas de ruines désolantes, qu'il fallait faire disparaître au plus vite afin de ne pas obstruer les alentours de l’église en
DE construction.
Voulant à tout prix donner suite à des recherches, afin de trouver les coupables, M. Mâlo s’adressa au ‘touvernement pour qu’une enquête fut faite Le réponse ne se fit pas
attendre. Voici la proclamation qui fut impri-
mée alors et distribuée dans les campagnes.
C’est un souvenir à conserver, e 18us en de-
[vons le contenu à M. Napoléon Rioux qui est vraiment conservateur ….....des choses qui
ont touché au passé de sa paroisse, qu’il aime plus que tout autre. |
PROVINCE DU CANADA Elgin et Kincardine.
Victoria, par la Grace de Dieu, Reine du Royaume Uni de la Grande Bretagne et d’Irlande, Défenseur de la Foi, ete, etc, etc.
À tous ceux que ces présentes verront,
Proclamation L. H. LAFONTAINE Proc. Grenl.
Attendu que dans la nuit du 2 juillet, l’ancienne église paroissiale des Trois-Pistoles a été détruite par le feu ; et attendu qu'il y a raison de croire que le dit feu n’est pas le résultat d’un accident, mais est le fait d’un incendiaire ou d’incendiaires actuellement inconnus. Maintenant sachez que l’on paiera une récompense de cinquante livres, argent légal de notre dite Province, à toute personne qui ne sera pas le vrai coupable, qui donnera des informations qui pourront conduire à la découverte, arrestation et conviction de la personne coupable ou des personnes coupables de la dite félonie.
Témoin, Notre Très-Fidèle et Bien-Aimé Cousin James, Comte d'Elgin et Kincardine, Gouverneur-Général, etc., etc., etc.
A Montréal, ce vingt-huitième jour de juillet, mil huit cent quarante-huit.
Par ordre, R, B. SULLIVAN, Secrétaire.
juillet, -Pisto- \ qu'il pas le t d'un lement paiera it légal ne qui ra des
la déla perpables
- Aimé ardine,
ur de
N, aire.
Le coupable ne fut pas trouvé, et comme le sourdes menaces avaient été faites contre l'église nouvelle, on fut obligé de faire monler, jour et nuit, une garde de quinze hommes mtour de l'église.
Ce devait être une chose étrange que de wir ces quinze habitants de la paroisse se relevant de faction, et faisant la patrouille autour d’une église en construction. Comme ks circonstances changent! Cent ans aupaavant, en 1744, les habitants des Trois-Pistols montaient la garde autour des feux de Bignal, à l'approche de l'ennemi qui menacçait d'envahir le Canada, et en 1848, les descendants de ces braves miliciens montent la varde à leur tour, mais c’est pour prévenir ls incendiaires, et conserver sur la Pointe la
hapelle qu’on y est à construire. La crainte de voir leur dernière planche de salut s’enxoler, faisait faire des prodiges de valeur aux gens d’en bas.
En 1848, les gens sur la côte envoyèrent, à léyvèque de Québec, une requête portant la signature de deux cents personnes, et demanlant le rappel de Monsieur Mälo, celui qui
disait un jour : la mère du prêtre qui dira messe dans une église sur la côte n’est pa encore née.” Mgr. refusa leur commandant l'o: béissance.
L'année suivante, on ne fut pas lent À faire assurer l’église neuve pour une somme de deux mille louis. C’est la première fois qu'il est fait mention d'assurance sur l’église} en la paroisse des Trois-Pistoles. C’était une sage précaution afin de pouvoir rebâtir immé: diatement en cas d'incendie. Les chicannes et les luttes rendent prudents, et les gens des! Trois-Pistoles apprenaient à se défier, si non des uns des autres, du moins des circonstances fortuites qui pouvaient leur jouer de mauvais! tours.
Au mois de juin de 1849, Mgr. Turgeon,Æ du . qui venait à peine d’être nommé coadjuteur@ der de Mgr Signay, descendait faire la visite aux ® des Trois-Pistoles. Les gens de la Pointe ayant appris que Mgr: voulait passer par le chemin! Tre sur les côtes au lieu de suivre le fleuve pour arriver à la Pointe, ils accoururent, à l'Isle Verte, l’avertir que les habitants des côtes, croyant que l’évêque passerait dans le chemin: