‹ Trois-pistoles [microforme]Chapitre 9 sur 56 · CHAPITRE Il · texte numérisé non relu

CHAPITRE Il

L'ile aux Basques.—Ancien poste d'observation el rendez-vous des pirates.—Ce qu'on y voyait au temps de Charlevoix.—L'ile uux Basques

de nos jours.

Il est impossible d'entreprendre une his-

{1} Nous devon Poneriaments à M. Philéns Gaee le bibliophile " St Roch, Rue les renseignements sos sur l’origine du nom des Troi -Pistoles, ‘an qu'à Desjardins et Trudelle de la Bibliothèque Parle-

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toire des Trois-Pistoles sans parler de l'ile aux Basques qui en fait partie. Située à une lieue de la côte, elle tait face à cette partie des Trois-Pistoles qui s'étend depuis la rivière jusqu'à l’anse des Rioux. La rivière se jette vis-à-vis la partie d’en haut de l'ile et elle est entourée de larges battures qui se découvrent à la mer basse et où l’on voit foule de loups-marins prendre leurs joyeux ébats.

Comme l’ile-verte, à plus d’une lieue en amont, l’île aux Basques a son histoire et ses légendes qu’il convient de ne pas laisser dans l'oubli et rien de ce qui touche à son passé ne saurait être indifférent aux personnes qui l'ont parcourue aux jours joyeux de l'été, où qui y sont allées camper pour le rare plaisir d'y faire une chasse abondante au printemps et à l’automne.

Longtemps avant l’arrivée de l’illustre pilote de St Malo dans les eaux du Saint- # Laurent, des caboteurs de la Rochelle, de !

Dieppe et de Honfleur poursuivaient dans ces endroits les baleines géantes dont on ne rencontre plus que de rares échantillons qui ne sont que l’ombre de leurs aïeux de temps # immémorial. .

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Lescarbot nous dit que les Basques de Guienne ont trouvé, à la pêche des baleines, le moyen de parcourir le vaste océan parlongitudes et latitudes, de sorte que cent ans avant les navigations de Christophe Colomb, ils ont découvert le Canada où c'est que les mers sont abondantes et foisonnent en baleines ”

C'est un fait reconnu que les baleines abondaïent dans le fleuve St Laurent, surtout aux alentours du-port de Tadoussac, et il n’est pas un historien qui ne parle des succès des Basques à leur faire une guerre à mort.

Pour arriver à ces succès très difficiles, vu la somme de travail qu'exigeait une pareille chasse, il fallait avoir un poste ou endroit de rendez-vous, pour se ravitailler, faire fondre la graisse, emmagasiner l'huile et la mettre à l'abri. Trois endroits s’offraient aux Bas: ques pour y établir leurs quartiers : l’île- = verte, l’île aux pommes et l’île aux Basques ; : c'est cette dernière qui l’emporta, et voilà

Basques, et qu’elle fut habitée cent ans avant

la découverte de l'Amérique par Colomb le —

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Les Basques se mirent à l'œuvre et, en peu de temps, on eut élevé des fourneaux monstres pour y faire tondre l'huile des baleines, des morses et des requins que l'on réussissait à captiver dans les eaux du fleuve, en face et aux environs de Tadoussac. On en prenait jusque dans une baie qui est près des Escoumains, dit Lescarbot. Cette anse s’appee, de nos jours, l'anse aux Basques.

Les Basques ne pouvaient choisir d’endroit plus convenable pour leur poste d’observation, car, de l'île, le regard s'étend sur toute cette étendue du fleuve qu'ils exploraient chaque j jour, et rien ne pouvait y paraître d’un peu anormal sans que cela leur sautât aux yeux immédiatement.

Plus tard, lorsque les français vinrent s'établir au port de Tadoussac et y firent la traite exclusive des pêcheries, les Basques, aventuriers et pirates de nature, voulurent

frustrer la compagnie en se permettant d'en-.

lever secrètement. de Tadoussac toutes les pelleteries qu’ils pouvaient trafiquer avec les

sauvages. Mal leur en prit, car ordre leur.

fut donné par de Pontgravé, en 1608, d'avoir

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à cesser touttrafic avec les sauvages. On sait leur réponse à cet ordre précis et formel. Furieux, ils tirèrent sur les vaisseaux de Pontgravé, lui tuèrent un de ses hommes et en blessèrent deux.

Exclus du commerce, ils organisèrent un système de contrebande qui donna beaucoup de mal aux français, et, à cette fin, ils eurent leur poste d'observation sur l’îile-verte et l’île aux Basques. De là rien ne leur échappait, et devinant que le port de Tadoussac leur paraissait sans garde, libre de tout vaisseau Français, ils s’empressaient d’embarquer et envahiseaient le port, échangeant des armes à feu, de la poudre et du plomb pour les plus belles fourrures qu'apportaient les sauvages, | à

En 1621, on résolut de les exterminer. M.

de Caën et de Mont s’arimèrent en course dans le port de Tadoussac et vinyent à l’ile-verte pour les y surprendre dans dans leur poste d'observation. Les pirates s'étaient enfuis, laissant à la merci des vainqueurs un fort en pieu, cspèce de retranchement en palissade que ces

‘derniers brûlèrent. Les oiseaux, à la faveur

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de l'ombre, s'étaient sans doute sauvés jusqu'à leur tle, en face des Frois-Pistoles, là où il était impossible de les surprendre.

En 1705, alors que Trois-Pistoles commençaient à se défricher, Charlevoix nous dit avoir vu sur l'île aux Basques des restes de fourneaux et des côtes de baleines, preuves irréfutables d’une industrie établie là, de temps reculés, par les premiers chasseurs de baleines venus dans les eaux du fleuve St Laurent : les Basques.

L'fle aux Basques fut co..-“lée à Denis

Vitré en 1687et échangé en 1696, en même temps que la seigneurie des Trois-Pistoles, pour les terres que J'ean Rioux possédait dans l'île d'Orléans. Puis elle passa successivement entre les mains de Nicolas Rioux, Etienne Rioux père, Etienne Rioux fils. Jcseph Rioux, Eloi Rioux tous seigneurs de la Grande maison,

En 1872, elle appartenait à Magloire Dubé, ancien marchand des Trois-Pistoles, décédé il y a plusieurs années. Aujourd’hui elle est la propriété de M. Lavigne.

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ue ST L'ile aux Basques a toujours été fertile en naufrages qui sont devenus légendaires.

Combien de pauvres matelots, par des temps de désastres, y ont trouvé une mort horrible et étrange ! Leurs corps reposent dans le sable de la grève où chaque jour monte le flot amer ! Que de navires aux larges voiles, de bateaux à vapeur, de goëlettes désemparées sont venus s’y échouer avec des pertes totales ! Le lendemain des nuits de brumes ou de tempêtes désolantes, on était certain de voir des mâts en détresse se découper, rigides, sur le ciel, le long des falaises mornes du rocher de l’île aux Basques.

Hélas ! qui nous dira les sombres drames des flots, tous les mystères que savent ces rochers perdus au sein du fleuve. (1)

) Il ya unan le une Docteur Edge des Trois- Pistoles trouvait la mort à l’île aux Basques, en voulant manœuver un Canot renversant, On était paritibien de pour aller s'amuser à l'île et on en revenait bien attrist empor+ Vant le corps du pauvre jeune homme!

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