CANTIQUE
Ad major em ver ce Dei ecclesiœ gloriam.
Au sujet de la conversion à la religion catholique, apostolique et romaine du sieur Jean Molines dit Fléchier, ministre de la R. P. R., pris au lieu de Massillargues, diocèze de Nismes, le i6 mars 1752, conduit en la ville de Montpellier où il a fait abjuration et profession de foi, le 30 avril suivant, entre les mains de M' l'Evèque de Montpellier, dans la chapelle de la citadelle de la même ville et reçu successivement tous les sacrements de l'Eglise catholique, apostolique et romaine.
Sur le chant joyeux O filii et filiœ.
Allelu/a, Allelu/a, Allelu/a,
Réjouissez -vous, bienheureux (i), De ce qu'avec vous, dans les cieux, Fléchier quelque jour chantera Alleluya !
(i) On lit dans l'Evangile qu'on se réjouira dans les cieux pour un pécheur qui se convertira (Saint Luc, ch. XV, v. 7).
}02 PIÈCES JOSTIFTCATIVES.
Trois évaogC-liques ouvriers (i] Ont «u l'arracher des sentiers De rh^rt^sic qu'il prêcha^ Allduya!
Ouvrez lt:$ y^ux^ lui ont-ils dit^ Ainïà» qu'en usa Jésus-Clirist Envers Tapâire qui douLa (z), Alloluya I
De la fsusse religion Rec^nnai^sanL riUusîoàt Fléchier avoue qu'il erra.
ADeluya I
Pénétré de conirîtton, ]1 a fait abjuration De$ faux dogmes qu'il enseigna.
AI tel uy a î
Vous qui des sectaires divers ,
Suivez les senliments pervers, Imitez ce ministre-là, AHèluya I
Un exemple si éclatant Serait-il pour vous Impuissant, Réformés qu'il dogmatisa?
AUcluya !
Il a scmè dans votrt; cœur Le grain funeste lic Terreur; Venc£ tous, il vous le dira.
Alleluyûî
Af, FUchm aux proksianh.
Mes chers auditeurs du Désert^ Quittez ce chemin qui vous perd,
(0 Messiro François de VlIEl: neuve, évoque do Montpellier, M. Ricard, curé de la paroisse Notre-Dame- dcs-Tables, Rh P, Goût, de la Compaj^^nie de Jésus.
(î) SainL Thomas.
J'ai reconnu qu'il m'égara, Aileluya !
Apprenez que toutes les fois Que j'y fis entendre ma voix, L'erreur par ma bouche parla.
Alieluya !
La douleur de mon cœur contrit Vient de vous y avoir conduits.
En me suivant, guérissez-la.
Aileluya !
Réunissez-vous à ce chef Qui des cieux a reçu les clefs (1), Et son Eglise chantera Aileluya î
C'est l'Eglise que Jésus-Christ Pour votre salut établit.
Hors de son sein nul se sauva.
Aileluya !
C'est ce que son antiquité (2) Apprend à la chrétienté.
Quelle autre d'aussi loin data } Aileluya !
Elle n'a jamais disparu, Comme vous l'avez prétendu (3). , Toujours visible elle resta.
Aileluya !
(i) Vous êtes Pierre, dit Jésus-Christ, et sur cette pierre ji; bâtirai mon Eglise. Je vous donnerai la clef du royaumii Ja^ cieux (Saint Matthieu, ch, XVI, v. 18 et 19).
(2) Signe de la véritable religion chrétienne.
(3) Les protestans se vantent que, dans le quatorzième siècli;^ la véritable religion disparut, qu'elle se sauva dans le disert où elle resta cachée jusqu'au quinzième siècle, que Luther et Calvin la retirèrent des ténèbres où elle était comme enscVL^lic. Divers empereurs payens n'ont rien négligé pour l'étouffer dans sa naissance. Plusieurs autres puissances ont, plus d'une iaiîs, saccagé Rome, massacré ou chassé les papes ; le fer et lii fCM n'ont point été oubliés pour renverser le Saint-Siège.
A cette visibilité Se |ûint sa perpétuité (i), Malgré les coups qu'elle essuya.
Alleluya !
Lii promesse que Dieu nous fit Oans son effet nous établit L'universalité qu'elle a.
Alleluya !
Quoi ! cette ville, ce flambeau (2) Toujours brillant d'un feu nouveau, Comme un nuage s'éclipsa !
Alleluya !
Non, l'ouvrage de Jésus-Christ, L'zisite de son Saint-Esprit N'eut point cet événement-là.
Alleluya !
C'est de son sein que sont sortis Tant de sectaires pervertis (3), Mais de Dieu seul elle émana.
Alleluya 1
f£klu est, sans interruption, Des pasteurs la succession, DL'puis que Dieu l'institua.
Alleluya !
C'est la seule que la clarté Pu flambeau de la vérité
(1} Je te donnerai, dit Jésus-Christ, par le prophète, les nations pour héritage, et ton domaine s'étendra jusqu'aux extrémités de la terre.
(2} Jésus-Christ dit, dans l'Evangile, que l'Eglise est une ville sur ufic haute montagne, qui ne peut être invisible ni cachée, qu'elles est un flambeau allumé, mis sur le chandelier, dont on ne pçuL éteindre les flammes (Saint Matth., ch. XIV, v. 15).
(j) Simon le Magicien, premier hérésiarque, s'étant fait baptiser, était dé la religion de saint Pierre. Arius était prêtre de la religion romaine, Nestorius était évêque, Luther, moine, Calvin, çhanoiop de la même Eglise, Zwinglc, archidiacre.
Dans tous les siècles éclaira.
Alleluya !
Tous ceux qui osent se porter A ne vouloir point Técouter, Dieu les anathématisa (i).
Alleluya !
Abstinences, austérités, Sont des préceptes usités Par tous ceux que Rome adopta.
Alleluya !
Mais la mortification Est dans notre religion Un chef que Calvin réforma (2).
Alleluya !
Toujours constante dans sa foi, Toujours rigide dans sa loi, Jamais Rome ne varia.
Alleluya I
Les sectaires qui ont été (3) N'ont fait voir que variété.
Quel signe divin est cela !
Alleluya !
De sa créance l'unité Fait voir que la divinité
(1) Jésus-Christ dit, dans son Evangile: Si quelqu'un n'écoutai point l'Eglise, regarde-le comme un payen et comme un publîcain (Saint Matth., ch. XVIIl, v. 17).
(2) Les réformateurs, dont Calvin est du nombre, ont retranché, comme des superstitions, les austérités du corps, la mortification de la chair, les jeûnes, les abstinences, le célibat, Jet; conseils évangéliques (Le P. Comprin, jésuite).
(5) Ils n'ont jamais été unis ni d'accord sur leurs points fondamentaux. Les uns n'en voulaient que quatre, les autres six* d'autres dix. Les luthériens ont soutenu que Jésus est dans l'Eucharistie. Zwingle disait qu'il n'y était qu'en figure. Calvin & paru contrarier ces deux avis en disant que Jésus est véritablement dans l'Eucharistie par la foi (M. de Meaux).
J06 PrkCÊS JUSTIFICATIVES,
Dans tous les siècles Tassista.
Alleluya !
Ruconnaissez, à tous ces iraits^ Les vrais caractères parfaiis De l'Egltsc que Dieu fonJa.
Alleluya f
Les trouver -vous, répondez- moi, Chcrs riiformés de bonne foi.
Dans celle que Calvin forma } Alleluya l
Vpui> m'avez fait, du haul des deux.
Tomber Jes écailles des yeux tT)i Seigneur, que je persécuta.
Alleluya î
Hors de votre sacré bercail, Jo naviguais sans gouvernail.
Quel bnnKeur quand on m'arrêta !
Alleluya î
MilUûire, que le Seigneur Choisit pour mon restaurateur, LMieurcux ordre qu'on vous donna, Alleluya 1
Digne prêtre, docte curèj Religieux très éclairé.
Par vous ta grâce me pressa, Alleluy& î
Mon coïur, à son effort divine SentiL les erreurs de Calvin^ Le poison qui le corroda.
Alleluyii !
L*afitidote de vos leçons E\ de vos démonslratlons Grâces à Dieu en triompha.
Alleluya l
(i) Le sieur Fléchser, dans celte strophe, est l'image de Saul, dont il est parlé dans les Actes des apôtres, ch, IXjV, l, jusqu'à 8.
PIÈCES JUSTIFICATIVES. }0y
Témoins de mon égarement, Soyez-le de mon changement, Rien d'humain ne le décida.
Aileluya 1
Divin Sauveur, mon âme croit Tous les chefs dont elle doutoit.
De votre amour remplissez-la.
Aileluya !