‹ Trois quarts de siècleChapitre 35 sur 66 · II · texte numérisé non relu

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notre navire, mais non sans difQculté, car il était très corpulent. J'ai mentionné sa personnalité dans mes souvenirs de 1867, II a rencontré beaucoup d'ingrats, car s'il a employé des sommes gigantesr[ues à faire construire des bâtiments somptueux, ce qu'on a pu lui reprocher avec raison, d'autre part il a créé une flotte de guerre très respectable, cette flotte dont on n'a pas su se servir convenablement plus tard. On a dit qu'il s'était ouvert les veines avec des ciseaux qu'on avait placés dans sachambre de^ bain ; mais néanmoins, l'opinion générale est la vraie, c'est quau lieu de s'être suicidé il avait été suicidé^.

On ne gagna pas grand'chose à son éloignement. Mourad, dont nous avons fait la connaissance à Vienne, où il faisait partie do la suite du sultan, et qui était alors parfaitement sain de corps et d*esprit, quoique d'un caractère un peu sombre, ne parvint mi^me pas i\ s'introniser solennellement, car un clou très doulounnix TempiVlia de ceindre le sabre d'Osman, et plus tartl il devint, iKMil-i^lro lo rendit-on, hypocondriaque. Ce fut sous son sua^^sseur que fui commise la plus grande faute que la Turquie ih\1 commettre : on diminua de moitié les intérêts des emprunts ottomans, ce qui mécontenta l'étranger et notamment r.Vngleterr^ -.

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^ous voyions le Sultan à table deux fois par jour ; l'empereur éull à sa droite; Ali, qui faisait fonction d'interprète, car le SviUan ne savait pas un mot de français, était à sa gauche. Le Sultan avait beaucoup de goût pour la musique. Nous entendîmes plusieurs fois une marche très originale qu'il avait composée.

La réception eut lieu dans le magnifique palais de Dolma- Bagdjé. Ce palais, dont l'installation était excessivement élégaule, et qui avait vue sur la mer, servait alors de résidence au Sultan. C'est là que l'empereur avait ses appartements ; le prince Hohenlohe et le comte Bellegarde y avaient aussi les leurs. Les ministres étaient logés dans une annexe également décorée du nom de palais {lucus a non lucendo) mais dépourvue de perspective, de confortable et d'élégance. Andrassy trouva qu'avecde l'imagination on pouvait voir des houris et entendre des mandolines ; toutefois, les hôtes qui nous rendirent visite pendant la nuit, et qui nous laissèrent de cuisants souvenirs, n'é-

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