Horace, Epist 1, r
2. Œuvres complètes, Paris, î 875-1877, 20 vol. in-8% t. III, p, 323. « Sénèque dispense encore le sage de l'administration, s'il manque d'autorité, de force et de santé. Un homme s'est montr de nos jours plus intrépide que le Stoïcien ne l'exige. C'est Turgot qui, goutteux, refusa de se marier, pour ne pas transmettre celte maladie à ses enfants; qui, sachant que, dans sa famille, on ne dépassait point soixante ans, mit ordre à ses affaires quand il eut atteint la cinquantaine et mourut à cinquante-trois ans, et qui, malgré ces obstacles, essaya d'employer le temps de son ministère aux plus utiles réformes. »
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riage d^s obstacles légaux insurmontables. Et c'est ici que la question de savoir pourquoi Turgot ne s'est pas marié cesse d'apparaître non seulement une question impertinente et naïve, mais encore une question oiseuse. Car, manifestement, elle revient à se demander quel était, en définitive, l'état civil de Turgot.
D'un seul mot, Turgot, en sortant de la maison de Sorbonne, n'avait-il pas retenu, par son engagement dans les ordres sacrés, le caractère indélébile d'ecclésiastique, ce qui, en droit, eût incontestablement rendu pour lui tout mariage irréalisable? Chacun sait, en effet, que l'Église confère à ceux qui ont charge de la représenter, des ordres qui se distinguent en mineurs (portier, exorciste, lecteur, acolyte) et majeurs (sous-diaconat, diaconat, prêtrise) . Personne n'ignore davantage que si les premiers n'emportent pas d'engagement irrévocable, il n'en est pas de même des seconds qui forment notamment un empêchement dirimant pour le mariage. Supposez, par conséquent, que Turgot ait été diacre ou simplement sous-diacre, et l'énigme de son célibat est résolue en même temps que son état civil pleinement fixé.
On le doit d'abord constater. Les contemporains de Turgot n'ont jamais témoigné croire qu'il fût resté homme d'Église, même après avoir abandonné l'état ecclésiastique. Jamais effectivement on ne les a entendu dire : l'abbé Turgot, comme ils disaient, par exemple, l'abbé de Mably, quoique Mably n'eût reçu pourtant que le sous-diaconat. Ce n'est pas tout; les biographes attitrés de Turgot, Dupont de Nemours et Gondorcet, se sont comme appliqués à éloigner de l'esprit de leurs lecteurs toute idée que Turgot eût, à aucune époque, contracté avec TÉglise d'inviolables engagements. Ainsi