L*ÉTAT CIVIL DE TURGOT
écoutez Dupont : « Destiné par ses parents à la carrière ecclésiastique, M. Turgot, écrit-il, borna sa déférence pour les projets qu'on avait sur lui à Tétude de la théologie ; il en fit un cours avec distinction, on peut même dire avec une véritable piété. Élu prieur de Sorbonne en décembre 1749, il prononça, en cette qualité, un discours le 13 juillet 1750, et un autre le 11 décembre de la même année. Il quitta Thabit ecclésiastique au commencement de 1751 *. » Détail d'ailleurs notable et qu'il importe de rappeler I Dupont n'a pas manqué de nous apprendre que les principaux condisciples de Turgot en Sorbonne, les abbés de Cicé, de Brienne, de Véri, de Boisgelin, s'efforcèrent cordialement de s'opposer, dès qu'ils le connurent, à son dessein d'abandonner la voie qu'ils suivaient eux-mêmes. Or, parmi toutes les considérations qu'ils mirent en avant pour dissuader Turgot de quitter les rangs du clergé, on ne voit pas qu'aucun d'eux, si le récit de Dupont est complet, eût cru devoir lui parler de liens qu'il lui aurait été impossible de rompre '. Il est vrai que le caractère ecclésiastique n'eût pas été un obstacle à la carrière parlementaire qu'au sortir du collège de Sorbonne, Turgot semblait vouloir embrasser. Ne comptait-on pas, en effet, au Parlement^ des conseillers-clercs? Et Terray lui-même ti'avaitil pas figuré parmi eux ? Gondorcet, de son côté, se montre ici plus explicite encore. « Le goût de M. Turgbt pour l'étude, dit Gondorcet, la modestie et la simplicité de ses manières, son caractère réfléchi, une sorte de timidité qui l'éloignait de la dissipation, tout semblait le rendre propre
1» Œuvres de Turgot^ Mémoire sur la vie de M» Turgéty t; I, pi lli 28.