‹ Trois rois, trois dames comédie en trois actes, mêlée de chantChapitre 15 sur 36 · MATH1B · texte numérisé non relu

MATH1B

Oui. allons!

blanchard, ar’ fiant Mathieu, et à demi-voix pour rCétre pas entendu de Bbrourt, qui est à examiner des papier» sur le bureau

de gauche

Tu sais que ce soir tout Paris est en fêle ?

MATHIEU

Tauiaienx pour Paris.ce grand fainéant.. . quel ranrirt vo»*-tu?

BUÜJUT.

BLANCHARD

Le* boulevards «ont remplis *lr {.-en* qui s’amusent à voir passer les masque*. U* trmp*e*i beau; une soirée d'automne; les croisées répondent aux provocations joyeuses des < bariols enflammé* qni ploient snu* |:i charge grotesque de mille parodies divertissantes. Ce soir Paris est masqué eu Venise.

Mathieu.

Eli bien ! Dons prendrons les rues pour éviter l'encombrement... partons I

BLANCHARD, toujours à demi-voix.

Si nous faisions bien, mon ami, puisque nous avons tout Paris à traverser» nous prendrions nos femmes dans notre voiture cl nous leur donnerions le plaisir de ce spcxtacle.

MATHIEU

Y penses-tu T

BLANCHARD

Nous leur devons bien quelque dédommagement.

■atiiiiu.

Blanchard ! Blanchard ! depuis quelque temps je surprends chez toi certaine faiblesse... Je ne souscrirai pas à ta dangereuse fantaisie... I.c$ affaires I i ou jours les affaires et rien que les affaires! courons terminer la nôtre...

BLANCHARD, en i'rtï allant.

Hélène eût été pourtant bien heureuse de venir avec nous.

MATHIEU

A chacun sa tâche : les hommes doivent enrichir la maison, les femmes h garder. Viens, nous avons déjà trop lardé; viens! (// entrain e Blanchard.)

blanchard, le suivant.

U a peut-être raison. (Ile eortent par le fond.)

SCÈNl VIII

BLICOURT , seul.

J’ai pensé à nos pauvres délaissées ; leurs maris ont dû recevoir la lettre d'imitation que je leur ai fait adresser par mon ami, le

F irinre Motirakin. Didier est invité aussi. Ce soir lui et moi, nous e< verrons donc heureuses. Ce soir, la joie leur rendra la vivacité. Tahun-lon, la charmante folie de Irur pays. Quelle délicieuse nuit I Elb-s seront à nous par le droit sacre de la polka, à moins que M. Blanchard et II. Mathieu ne veuillent la dau»er avec elles, ce qui est peu probable. Madame Mathieu s'appuiera sur ce bras: j’aurai à moi seul sa grâce, son regard, son sourire. Didier ne sera pa> moins heureux. Madame Blanchard sera avec lui. Mais soyons prudents tous les deux; nous perdrions ces deux pauvres prisonnières, si leurs mai i* f-oiipconnaient seulement... Blanchard a une peuetiatbn calme à laquelle rien M'échappe... Mathieu est

J 'ahuu comme un tigre; il est brutal, féroce dans ses colères... e le sais, mais rien n'est capable d'etouffer mon amour pour madame Mathieu. Je l'aiine au point que 6i j'eusse accepté de partir demain pour le Mexique, au lira de n'obiemr que le simple emploi de chancelier que j'irai occuper dans deux mois, j'aurais eu celui de vice-consul. J'ai préféré un grade inférieur et rester deux mois de plus ici, auprès de madame Mathieu. Il me semble

Î ue cette femme est le dernier lien qui m'attache à la jeunesse, e sens qu'une fois entré dans l'aride carrière diplomatique, l’uni- Linon m- glacera le emur. Aimons donc encore une fois, aimons doue beaucoup, puisque je ne dois plus aimer bientôt.

Vous n’avet pas b candeur du jeune âge,

, Dernier arnour, qui valez le premier;

Vous n'avez pas ces minutes d'oraçe,

Faciles pleurs qu'un mol vient essuyer :

Mais voua laissez, dernrer amour ceteste.

Au fond du cteur pour le purifier,

Un doux regret, comme un encens qui reste.

Et qui survit aux cendres du foyer,

Dernier amour, voua valez le premier.

BUCOUnT, HÉLÈNE.

BlICOORT.

Comme vous êtes triste, madame I

HÉLÈNE

J'ai lieu de l'étre.

Bit COU RT.

Ce n'est pas tout à fait ainsi que je m'attendais h vous voir... N'av*-/.- vous pas reçu une lettre d invitation pour le » al du prince lâourukin?

HÉLÈNE

C’est parce que nous l'avons reçue que vou6 me voyez si désolé». II. Mathieu ne vent pas que nous allions à ce bal.

C’est de la tyrannie.

I1ÉLÈNE.

Si vous connaitsiex la réponse qu'il a fait écrire au prince par cette pauvre Laure... « Nous somme* reconnaissants de sa puli- • tes*e... mais le* occupation* modeste*... les denrée* du Midi... « Notre bonheur est de rester tin z nous... nous élèverons un a jour de nombreux enfants... » Oh! ce n'est pas moi qui aurais écrit cette odieuse lettre. Laure a eu la faiblesse...

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