LES MÊMES, LAURE
LAURE
Tu te trompe*.
HÊLÈNB.
Quc dis-tu ?...
LACBE.
Oui, cette nuit, dans quelques instants... nous irons toutes deux au bal de l’Opéra, accompagnées de Marcel, que j'ai mis dans la confidence...
blicourt.
Le projet est hardi.
LAURE
Pour qu’il s'accomplisse avec le moins de danger possible pour nous, je viens d'acheter des dominos gris d'une simplicité délicieuse et des masques à dérouter l'iuquisiüon des regards les plus indiscrets.
BLICOURT.
Conspiration masquée comme à Venise.
LAURB.
Oui, monsieur de Blicourt... c'est une conspiration vénitienne... une protestation coutre la tyrauuie du doge... faite à l'occasion d'un bal...
BLICOURT.
Les poignards sous les fleur*, le bruit des instruments couvrant la voix des conjurés... c'est terrible ci charuuut...
Hélène. passant au milieu.
Oh! monsieur de Bticmui. vous encourageriez...
BLlOMlKT*
Non, madame... Madame Mathieu, avez-vous en effet songé à tous li s dangers?...
Laure, revenant au milieu .
A inn*. Depuis quelque* jours uns niaiis travaillent ici jusqu'au matin : cette nuit» et ils vont bientôt commencer, ils ont à écrire nu mémoire qui doit éi»e présenté à l.i chambre de*. député*. Nous sommes donc sûres que M. Milium et M. Blanchard ne quitteront pas la place «vaut le jour. Ainsi toutes tes difficultés sont prévues.
HÉLÈNE
Moins la plus grande de toute*.
LAURB.
Laquelle?
HÉLÈNE
L’escalier de service n'est praticable que dans le jour, et la nuit on ne peut prendre le grand escalier, le seul par oh l’on sorte, sans traverser cette pièce.
LAURB.
Grand Dieu!... je n'y avais pas pensé...
BLICOURT.
Renoncez donc I celle tentative.
LAURE
Y renoncer!
Le péril est certain.
LAURB.
Le courage sera plus grand que le péril. Le silence... l'adresse... la deml-obvcurite... l'espoir... le désir!...
HÉLÈNE
Laurel
LAURE
Puis, ta volonté ferme et résolue. Ils ne nous entendront pas sortir.
■ÉLÈNÏ.
J'hésite encore...