ACTE II
Même décor qu’au premier acle ; feu dans l’Aire. Deux domesliqura eotrenl, enlèvent les flambeaux, plient |« paravents et ou»rent les ralcaux. — Pendant te baisser du rideau, remplacer les grandes bougies par d'autres près de tiuir. — Musqué à l'orchestre.
SCÈNX Z.
MATHIEU, BLANCHARD, à la même place od on les a eus à la chute du rideau.
MATHIEU
J’ai fait assez de chiffres pour découvrir une planète.
Je suis fatigué, je l'avoue... Si nuus prenions quelques minutes de repos ?
MATHIEU
Sybarite! (Il examine un écrit» qui est sur »on bureau.) Blanchard!
blanchard, r'a tan fan! fera Mathieu.
Que tiens-tu là?
MATHIEU-
Tu le vois, un écrln. (Il ouvre /Vertu.)
BLANCHARD
Dieu! que c'est beau! pour qui re9 diamants?
MATHIEU
Ne le devines-tu pas?
BLANCtlARD.
Si tu étais Dumartcl, je te dirais... pour quelque maîtresse.
MATHIEU
N'ai- Je pas ma maîtresse aussi; celle pour qui mes yeux n’ont p.*s assez de regards, mes regards a-sez d’admiration; n’ai-je pas li plus belle de toutes les m.ihrcsses. ma femme, Laure pour qui J’ai autant d'amour que de sévérité?... Mes principes n'dteal rien à ma ter, drosse. * ^
BLANCHARD
Qui le sait mieux que moi?
MATHIEU
C’est mon trésor, je le surveille, je le défends, mais je l’aime Lanrc ne nie conn»ti pas. Si ma Imuche, si mon visage, lui exprimaient, quand je la contemple, loin ce qu'eprouve mon coeur, je oc serais plus ma lire de mon amoiité sur elle. Je ne vois pas chez tou» ces marchands de merveilles, dont Pari» abonde, une é io(Te nouvelle, une laniai-ie a peine étalée, sans me dire : Ceo fera plaisir à madame Mathieu; c’esl cinquante louis, cent louis parfois à débourser... moi qui calcule tant!.,, eh! bien, je les donne et je porte le présent à Laure. Si elle est content* , je me n ois trop payé. Je me dis loui bas : Pour acquit, un souriic. Ainsi. ces diamants te plaisi nt?
BLANCHARD
Ils sont magnifiques, mais ta leu. me, j’en suis sûr, aimerait mieux qu'il* fusse n i beaucoup moins beaux et que tu lui permises d'aller les montrer quelque peu dans le monde. Tu vas, du reste . m'oblig'T d’:o licier demain une semblable parure à Hclrm- ; douce obligation, dont je le remercie, Kl le est vraiment superbe; veux-tu me permettre d aller lu lui montrer?
MATllttCU.
Fais mieux, mon ami. si celle parure lui plaît, laisse-la-lni ; le bijoutier en a cm or* une exactement pareille, que je lui prendrai pour Laure. Mais lu va-. l'interrompre dan» son sommeil?
BLANCHARD
Une femme à qui l’on apporte des diamants n’est jamais fichée d’etre éveillée.
MATHIEU
Va donc!
BLANCUARD.
Je reviens sur-le-champ, (il rentre à droiu.)