REPRISE PE L’ENSEMBLE
(Blanchard et Dumartel sortent.)
Bcivi VIII.
BLICOURT, seul.
Plus de donte! l’homme que j’ai provoqué en duel cette nuit, h l’Opéra, avec qui je me battrai ce malin à neuf llrures, c’est M. Dumarlei, et ton témoin est M. Mathieu ! Quel malheureux concours de circonstances t On va savoir que c’est moi par ta carte que j’ai donnée; on va savoir que c'est Didier, puisqu'il est mou second dans ce duel... Pauvres femmes ! Cependant i ien ur me semble de^opérê pour elles; cet odieux Dumarlei ignore quelles sont les deux dames qu’il a suivies jusqu ici. N'importé I
mon Inquiétude «Si brûlante!... fatalité! n’avoir p« les ramener avant le jour! Nous expions, Di. lier et moi, la joie de les avoir vues un instant heureuses. Quel rêve et quel réveil ! Je ne le crains pas pour moi quel qu il soit, mais pour lo.i.hmc Mathieu Cl madame Blanchard, quoique je ne doive pas me dissimuler que ma carrière diplomatique se trouvera gravement rompront tse s’il y ascamide. Dans quelques minutes, M. Blanchard va remonter, et mes doutes cesseront; le choc sera peut-être mde. Ohl ma vie entière pour sauver ces deux pauvres victimes du danger qu’elles ronreut. Du bruit derrière celle poiiel (La porle de droite t'ouvre.) Madame Blanchard !Eii bien)
icirn ne.
BLICOUnT, HÉLÈNE
HÉLÈNE
Rassurer -tous, notre conduite imprudente n’aura pas les suites funestes que vous avez dû redouter pour nous.
BLICOURT.
Est-il possible?
HÉLÈNE
Mon mari n’est pas monté depuis hier dans ma chambre; rien n'est dérangé, rien n'indique qu’il y soit venu... Que je vous remercie, mou Dieu, pour tant de hontes I
BLICOURT.
J« n’ose croire encore à ce miracle.
HÉLÈNE
Mais que je suis punie de ma légèreté par la mortelle peur que j’ai ressentie jusqu’au moment où je suis rentrée djns nia chambre... Monter cel escalier en plein jour... mes jambes fléchis saienl... me figurer que mon mari allait m’ouvrir In porte delap parlement el me dire... oh ! tenez rien que d’en parler, ma vut •e trouble, ma voix s’éleint, j'ai froid là sur le errur... ce n'est rien... oh! pourquoi, vous ci votre ami. êtes-vous venus nous trouver à l'Opéra?... nous serions rentrées plus lot...
BLICOURT.
C'était pour M. Didier la seule occasion de vous parler en liberté, la seule oit il lai ait été permis de vous dire...
HÉLÈNE
Quittez l’nn et l’autre celte maison... créez un prétexte pour vous en éloigner dans quelques jours... vous écouterez ma prière, j’en suis sûre. Nous sommes, Laure et moi, deux pauvres provinciales que tout éblouit, fascine el enivre, mol surtout, mon Dieu. Je ne m en détends pas: j’écoute avec ravissement quand un me parle de liberté, de fêtes, de hais, de plaisirs; et mon cœur méridional suit aisément mon imagination, là où l'on veut la conduire. Un enfant, un oiseau, une feuille, ont plus de volonté que moi; mais parce que je suis Branche, votre uroi serat-il méchant? parce qu'il m’a une, f tut-il que je me perde?
BLICOURT.
Qu’elle est ravissante de »ai veto !
HÉLÈNE
Demain, quand il le voudra, il pourra m’entraîner dans le tour biliun où, cette nuit, je n'aifait au'avancerle pied; niait du bord de cciahime qui me plaît, qui ru attire, j'ai aperçu le fond, et le fond, c’est le malheur, la honte, le désespoir pour moi. le déshonneur pour mon mari. Dites cel a à votre ami, diles-lui : Vous n'avez qu'à la prendre par la main cette pauvre jeune femme, pour la précipiter dans le gouftre, cela dépend de vous... Elle n’y peut rien, mais rien. Allons! soyez bons tous les deux, dites, et cela vaut mieux, dites à votre auii de ne plus me voir; ne vovez plus Laure, monsieur dp Blicourt; n’ayons tous les quatre qu'une pensée, qu'un sentiment, la joie, l'inexprimable joie d’être sauvés du plus grand péril que nous ayons pu courir. (Lu porte de l'appariement de Mathieu l'ouvre 'brusquement, Laure parait.)