‹ Trois rois, trois dames comédie en trois actes, mêlée de chantChapitre 7 sur 36 · I-.lIe fera bien des jalouser · texte numérisé non relu

I-.lIe fera bien des jalouser

MATHIEU

Madame Mathieu, veuillez reprendre votre travail.

( Laure blessée obéit. ) DUMARTBL.

Madame Dumarlel ne vient pas au bal avec moi ce soir.

HÊLbJIB.

Et à quel bal va-l-elle?

DUMARTBl.

Je l'ignore.

MATHIEU

Comme nous ne devons pas le savoir, occupons-nous de nos affaires. Votre bureau vous attend, madame Dlauchard.

IiCi.ê.ve, piquée.

J’y vais, monsieur. ( Elle va d sim bureau à droite. )

Mathieu, à Dumarlel .

Tu ignores, dis-tu, le bal uù va la femme ce soir, madame Dumnrtcl. une des plus jolies personnes de Pat il? Tu veux sa us doute t'amuser de nous?

DUMARTBL.

Pas le moins du monde.

MATHIEU -

Mais c'est là une monstrueuse indifférence.

DUMARTBL.

Allons «lotie! madame Dumurtrl, que j’aime beaucoup, dont je suis très-sim ••ivinent aimé, va de son côté, taudis que je vais du mien. {Les femmes écoutent.)

Admirable système ! ( Il * inquiète de savoir si les deux femmes n'écoutent pas. )

DtUARTKL.

E'!e a sou monde, j’ai ma société; elle a ses amis, j’ai les «Icns au>*i; l’été, elle va aux eaux de Bade, moi à celles des

Pyrénées, sans qu’elle y trouve à redire.

Mathieu , s'apercevant que Laure et Hélène prêtent attention. Plus bas, plus bas!...

DUMARTBL.

Loin d’en souffrir, noire autour se rajeunit, se retrempe dans cette liberté salutaire.

MATHIEU

Et c'e&t là ta méthode?

DUMARTBL.

C’est la meilleure. Je prétends, en général, que la femme soit libre d’aller où bon lui semble. C’est un goût qui est dans son droit.

MATHIEU

Dis plutôt que c’est un droit qui est de son goût. ( Il surprend encore les deux femmes écoutant. ) Eli bien, madame Blanchard... { Hélène s’est levée et va rejoindre Laure à ion bureau en lui portant son travail. Ils gagnent à droite.) La laisser «Hcr où bon lui semble!... mais. Sans toi. malheureux?

DUMARTBL.

Sans moi, si je la gène.

MATHIEU

Et si un autre lui plaisait?

DUMARTBL.

C’est impossible.

MATIUBU.

Fat!

DUMARTBL.

La loyauté du mari doit toujours accompagner l’indépendance de la femme.

HATntEU.

Oui, comme le gendarme doit toujours accompagner le voleur. Duiuaricl, prend* garde à toi!

DUMARTBL.

Gendarme , pi ends garde à lot t

Mathieu.

Dumarlel, ion immoralité me révolté.

DUMARTBL.

Mathieu, la moralité m'épouvante.

MATHIEU

Le mari est roi.

DUMARTBL.

Sans doute; mais il y a trois espèces de royauté: la royauté absolue , la royauté ( indiquant les deux femmes), avec le» deux chambres , et la royauté qui n'en est pas précisément une, comme celle du président des Etats-Unis. Il s’agit doue de savoir quelle espece de royauté conjugale tu veux adopter.

La royauté absolue.

DI. MARTEL

Diable! et les révolutions?

MATHIEU

AhI bab! vois-tu, Dumarlel , si ma femme avait seulement la

F ieoséc d'aller, sans me le dire, ‘C promener aux Tuileries... je a punirais... je... Dumarlel, assez sur ce chapitre.

DUMARTBL.

Soit. Je vous quitte, mesdames, tuais en vous remerciant du précieux suffrage que vous avez daigné accorder au choix de ce costume, que vous seules porteriez avec autant de grâce que la personne à laquelle il est destiné. Adieu, Mathieu, je reviendrai demain avant mut le monde chercher mes actions pour les négocier à la Bourse. {Il tort.)

sc rsns ir.

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