‹ Trois rois trois dames comedievaudeville en trois actes par m. Leon GozlanChapitre 40 sur 53 · ACTE II, SCÈNE XI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE XI

a tout fait, que nous vous avons entraînées, que nous sommes allés à votre insu vous trouver à l’Opéra. (^4 Laure.) Madame, il lira dans mon sang, s’il le faut, votre justification.

LAURE

Merci de ce dévouement, mais j'en attends de vous un autre; mon parti est pris, ma résolution fermement arrêtée. Je sais le sort qui m’attend : l’humiliation, si je cède, l’outrage, si je résiste. Monsieur de Blicourt, vous lirez la lettre que je viens de vous écrire sous l’impression du coup terrible qui nous frappe.

BLICOURT.

De m’écrire... à moi?...

LAURE

Je n’ai rien voulu devoir à l’irréflexion de la pitié ou de l’entrainement.

Hélène , à pari, remontant.

Qu’est-ce donc?

LAURE , à Blicourt.

Dans quelques heures vous m’apporterez la réponse.

BLICOURT.

J’obéirai, madame.

Hélène, près de la porte du fond.

On vient!... c’est mon mari...

LAURE

Retirons-nous, Hélène. [Laure et Hélène s’en vont par la porte de gauche.

SCÈNX XI.

BLICOURT, BLANCHARD*.

BLANCHARD

Nous sommes seuls, occupons-nous vite de notre affaire, mon cher monsieur de Blicourt. [Il va chercher le mémoire sur le bureau de droite.)

blicourt, d part.

Quel langage!... pas un mol de colère .. Monsieur Mathieu ne lui a rien dit...

BLANCHARD

C’est à dix heures, ce matin, nous en sommes convenus hier, que vous devez porter ce mémoire à votre oncle, qui l’attend, pour enlever la question et le vole de la chambre. Vous m'obligerez de le lui lire vous-même, afin qu’il en retienne mieux les raisons. Cela vous prendra jusqu’à midi, mais la chambre n’ouvrant guère la séance qu’à une heure, vous aurez tout le temps nécessaire si vous apportez quelque activité, et vous m’avez ha* bitué à votre zèle.

BLICOURT.

Une affaire des plus importantes m’oblige à vous prier de charger un autre que uni de porter ce mémoire à mon oncle,

* Blicourt, Blanchard.

blanchard, à part.

Son duel !... [Haut.) Y songez-vous? Si je lui envoyais ce mémoire par une autre personne, votre oncle croirait que vous me relirez votre confiance.

BLICOURT.

C’est une prière.

BLANCHARD

N'insistez pas , il m'est impossible d’y faire droit ; votre zèle suffira à tout. (Il lui remet le mémoire.)

blicocrt, à Blanchard.

Monsieur!.,. (En s'en allant, à part.) Mon duel! mon duel!... (Il sort.)

Page 1