ACTE III, SCÈNE V
BLICOURT.
Il ôtait convenu que vous seriez à neuf heures chez moi pour celle affaire...
DUMARTEL.
Pour l’affaire du chemin de fer?
BLICOURT.
Non, monsieur, pour l'affaire de l’Opéra.
DUMARTEL.
De l’Opéra, dites-vous?... Je l’aurai oublié... totalement oublié...
BLICOURT.
On n’oublie pas ces sortes d’affaires-là.
DUMARTEL.
C’est possible... mais enfin, pourquoi devais-je me trouver chez vous à neuf heures?
BLICOURT.
Pour nous battre, monsieur.
DUMARTEL.
Nous battre !
BLICOURT.
Auriez-vous si vite perdu le souvenir de l'explication que nous avons eue la nuit dernière à l’Opéra, par suite de vos inconvenantes plaisanteries adressées à deux jeunes femmes? ..
DUMARTEL.
Mais alors, vous êtes donc ce que j’avais ignoré jusqu’ici, M. Dupont?
BLICOURT.
Monsieur, cette nouvelle moquerie...
DUMARTEL.
Je ne me moque pas, je croyais trèr-sériensemenl qu’on vous nommait monsieur de Blicourt.
BLICOURT.
Trêve à ce quiproquo... c'est là mon nom... d’ailleurs, monsieur, ma carte...
DUMARTEL.
Je n’ai jamais eu de carte à vous.
BLICOURT.
Comment?...
DUMARTEL.
Je vous assure que je n’ai eu en main, après l’explication dont vousparlez, que la carte de M. Dupont, cité Vindé, chez qui mou témoin est encore en ce moment, et ce témoin est M. Mathieu.
BLICOURT.
M. Dupont cité Vindé?,.. N êtes-vous pas M. Dumartel?
vous demanderai-je à mon tour?
DUMARTEL.
11 ne m’est pas permis d’en douter.
BLICOURT.
Monsieur a eu peut-être deux affaires celle nuit à l’Opéra?
J’en ai eu beaucoup.
BLICOURT.
Comme j’affirme que la mienne est du nombre, malgré l’obscurité qui plane sur tout ceci, je vous dirai que les deux femmes dont vous avez blessé l’honneur par vos propos portaient comme déguisement un domino gris.
DUMARTEL.
Ah!... j’y suis.... mais c’est bien moi.... oui, deux femmes, dont j’ai blessé l’honneur et qui étaient allées au bal de l’Opéra sans leurs maris.... avec leurs.... avec vous et votre ami.... deux dominos gris qui sont entrés dans celte maison.... que ne le disiez-vous tout de suite?
BLICOURT.
Eli bien oui, les deux jeunes gens qui les protégeaient, c'était M. Didier et moi... et c’est avec moi, M. de Blicourt, avec moi, qui vous ai donné ma carte, que vous avez pris rendez-vous à neuf heures, ce matin pour vous battre
DUMARTEL.
Mais alors, qu’ai-je à démêler avec M. Dupont, dont j’ai remis la carte à Mathieu, mon témoin?
BLICOl’RT.
Peu impoile !... .
DUMARTEL.
Cependant?....
BLICOURT.
Monsieur, tout ceci pourrait bien n’èlrc à la fin qu’une fable.... comme votre courage....
Monsieur!
blanchard, mirant par oû il est sorti.
Le voici!... c’e»t lui... je viens de le voir descendre de voiture courons à sa rencontre
dcmartel, remontant.
Mathieu ! nous allons savoir...