‹ Trois saisons d'activité, 1905, 1906, 1907Chapitre 34 sur 36 · THÉÂTRE. — CONCOURS DRAMATIQUE BELGE · texte numérisé non relu

THÉÂTRE. — CONCOURS DRAMATIQUE BELGE

œuvre. La salle de spectacle, les décors et accessoires seront mis à sa disposition.

Les auteurs doivent être belges.

De quelque façon qu'on en apprécie les résultats, ce concours a marqué une étape dans l'évolution des Lettres belges. Il a fourni à un mouvement de production dramatique dont on était loin de soupçonner l'intensité, l'occasion de se manifester publiquement.

L'activité productrice dont l'initiative à." Osteiide-Centred'Art a fourni le témoignage — 49 pièces ont été envoyées au jury — montre, en dehors de toutes considérations de qualité, que l'effort de nos jeunes écrivains commence décidément à s'orienter vers une forme d'art qu'ils avaient paru négliger d'abord, soit que la méfiance du public pour le théâtre national les ait découragés, soit que l'esprit belge n'ait pas trouvé, jusqu'à ces derniers temps, au théâtre, le mode d'expression qui lui convenait.

Le jury a rangé dans une catégorie particulière deux œuvres qui, tant par leur mérite intrinsèque que par la personnalité de leurs auteurs, lesquels comptent parmi les maîtres de notre littérature, lui ont semblé mériter plutôt un hommage public qu'un encouragement : Savonarole, d'Iwan Gilkin, et L Imposteur mapianime, de Georges Eekhoud.

Les organisateurs du concours ont attribué un prix « au théâtre de plein air».

Ils ont entendu par ces mots un théâtre qui se puisse jouer dans un site rustique — décor naturel — le distinguant ainsi du «théâtre de verdure» qui, dressant des tréteaux dans un jardin, ne se distingue du théâtre ordinaire que parce que les spectateurs prennent place sous des festons naturels et non sous des festons de plâtre.

Ils ont décerné ce prix à MM. Valère Gille et Henry Liebrecht pour leur légende nationale Le Sire de Binche.

Td Un E. — GOiNCOURS DRAMATIQ.UE BELGE 41

Ces trois œuvres mises à part, le jury a retenu sept ouvrages. MM. Horace van OlTel, pour L'Oiseau mécanique ; Edouard de Tallenay, pour Vii^ia Perpétua; Félix Bodson, pour Le Conflit; des primes à MM. Gaston Heux, pour La Cariatide; Léon Paschal, pour He'lie; Léon Ryckx, pour Que ton rcsçne arrive; Auguste Joly, pour Le Sang.

Certains ouvrages d'un réel mérite littéraire ont été écartés du concours, parce que, malgré leur forme dialoguée, ils présentaient plutôt le caractère d'une fantaisie philosophique que d'une véritable pièce de théâtre. Tel Adam de M. Joseph Bossi.

Enfin, cinq primes ont été attribuées sans désignation publique des œuvres. Soit quinze en tout.

Le jury eut la conviction que des initiatives comme celle dont il a été l'instrument peuvent être infiniment fécondes, car si, de toute la production dramatique qui lui fut soumise, une impression d'ensemble se dégage, c'est que ce qui manque à nosi auteurs, ce sont les qualités qui s'acquièrent par le travail, l'expérience et révolution normale de l'ajl littéraire et non celles que l'on tient de nature et que l'on doit à son peuple, à sa race, à la civilisation dont on est issu.

Tout ce qui concerne le concours a été exposé dans un excellent rapport de M. L. Dumont-Wilden, tiré à dix mille exemplaires en vue d'une propagande sérieuse pour développer la Littérature dramatique belge et la faire connaître à l'étranger.

Page 1