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AMPERE A PARIS
r\ MATIIEMATK IFA DEVENU' PHILOSOPHE ET REDEVENU IXCRÉDULE, — 'ANGOISSES d'eSPRIT ET DE CŒUR
Les travaux mathématiques du professeur de Bourg avaient attiré sur lui' l'attention de l'Académie. A peine était-il revenu à Lyon depuis un an (1804) qu'il est appelé à Paris comme répétiteur et bientôt professeur d'analyse à l'Ecole poly- Icclmique.
Il avait à peine trente ans et déjà, devant lui, - ouvrait un brillant avenir professoral. Il en eut vite gravi tous les échelons. Quatre ans après (1808), Napoléon, en créant l'Université, le nommait inspecteur général. En 1814, il entre à l'A- ( adémie, et, en 1S24, après ses magnifiques travaux sur le magnétisme et l'électricité, il est nommé professeur de physique expérimentale au
TROIS SAVA^•TS ClinKTIENS. 5
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Collège de I rance, place qu'il occupa jusqu'à sa mort (1836).
Tel est, en deux mots, tout le cadre et l'enchaînement de celte vie si bien remplie i)ar le travail, si féconde par les découvertes.
Ampère arrive à Paris la veille du sacre de 1 Empereur. Ces fêtes brillantes et grandioses le laissent froid. Le fascinateur couronne ne l'a pas attaché à son char. Ce génie froid et autoritaire ne réussira pas à s'attacher cet amant de la liberté, cet homme au cœur si bon. Il écrira négligemment à sa belle-.sœur : « T"ai-je dit que j'avais été présenté à l'Empereur il y a quinze jours ? J'ai vu tout à loisir cet homme qui t'inspire, à toi, do l'admiration. Que n"a-t-il autant de sensibilité que de génie ! Quel homme ce serait ! »
Malgré la position brillante dont il jouit à Paris, il ne se trouve pas heureux. La solitude lui i>r-e i)lu- (]ue jamais. 11 avait espéré par son départ .faire inie diversion à ses ennuis. Mais les travaux scientilîques laissent son cœur sec et son àme \iilc. ■ Le monde parisien lui semble frivole on indiflVient. cl. i)ar contraste, lui fait sentir plus \iveinent le prix de ses anciens amis. Enfin, les souvenirs de son doux et cher foyer sont plus
que jamais présents à son esprit et empruntent une force nomellc à l'isolement (1). »
Sa seule consolation est décrire à son ami Bredin : « Mon ami, je l'ai reçue, cette lettre attendue si impatiemment. Elle m'apporte les plus véritables consolations que j'aie ressenties depuis que je suis à Paris. \^os peines, je les partage, et vos joies aussi. Soyez toujours plus heureux, comme vous devenez chaque jour meilleur que la veille... Après ce que. j'avais perdu, il me restait à Lyon, des amis qui me chérissaient, qui élevaient mon âme, exaltaient en moi les sentiments du beau et du bon. Li. tout me rapelisse. tous me paraissent dépourvus d'enthousiasme. J'ai aperçu quelques exceptions, mais je n'ai presque- aucun rapport avec ceux chez lesquels j'ai cru les découvrir... Xe soyez pas longtemps sans m'écrire. .Mon cœur est si froid quand vos lettres ne viennent pas le réchauffer ! »
11 faudrait du nouveau pour attirer et enthousiasmer cet esprit ardent. ]\tais que lui reste-t-il à essayer ? La littérature ? sa jeunesse en a goûté les charmes Les mathématiques, la physique. hi chimie ? depuis c'\th\ ans. il a parcouru le