L'N MATHÉMATICIEN APOTRE
caractère, mais ce fut en oulie un saint, un ange de pureté et de cliarité, et sa mémoire sera éternellement bénie. » De tous les éloges, n'est-ce pas le meilleur que l'on puisse faire ?
Pasleur est une des gloires de la France les plus brillantes, la plus brillante à coup sûr du xix" siècle, dont il a rempli toute la seconde moilii' du bruit de son nom et des bienfaits de ses découvertes. Il est allé à la recherche d'un monde nouveau et il nous en a révélé toute la richesse et la fécondité.
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l^ien que ses découvertes aient révolutionné la médecine et la chirurgie, ce ne fut ni un médecin ni un physiologiste, ce fut avant tout et uniquement un chimiste, mais un chimiste de génie qui sut grandir cette science à sa taille et lui ' ouvrir des horizons si vastes qu'elle a envahi et vivifié beaucoup d'autres sciences jusqu'alors en dehors de sa portée.
Xè à Dôle (Jura), en 1822, élève, puis préparateur à l'Ecole Normale, il débute par une découverte remarquable sur la constitution des cristaux et leur action sur la lumière. Professeur de chimie à Strasbourg, où il se marie, puis doyen de la Faculté des sciences de Lille à trente-deux ans, il revient à Paris en 18.j7, cl ne quitte plus la capitale que pour aller quelque temps étudier la maladie des vers à soie à Alais (1865).
Partout, il poursuit avec une rare^ persévérance le développement de l'œuvre qu'il a commencée et (pii comprend deux parties bien distinctes, dont l'une est le développement de l'autre, comme le fruit est le complément de la fleur : ferments et fermentations, maladies et microbes.
11 démontre d'abord que toutes les transformations et décompositions organiques qui parais-
seni se l'aire spontanément et sans cause apparente : fermentation du vin et de la bière, vinaigre, lait tourné, beurre rance,^ etc., sont le résultat de l'action de milliers d'Organismes microscopiques, infiniment petits, dont les semences flottent nom- .breuses dans l'air et qui se multiplient avec une rapidité' phénoménale. •
Ce sont encore des bactéries microscopiques qui produisent l'inflammation des plaies, la gangrène, et la chirurgie apprend de lui à empêcher leur développement. Puis, Pasteur découvre que ces microbes se développent aussi dans les organismes vivants, décomposent ou empoisonnent les tissus et occasionnent ainsi les maladies infectieuses et épidémiques. Après la cause, il trouve le remède. En cultivant ces microbes, il arrive à leur faire perdre la mauvaise habitude de distiller des poisons nuisibles et leur fait produire, au contraire, des substances, dites vaccinantes, dont l'action , empêche précisément le développement de ces mêmes microbes dans l'organisme et, par conséq4.ient, guérit ou empêche la maladie. . • '
Pasteur découvrit ainsi le vaccin du choléra des poules, celui du charbon (1877), celui du rouget du porc. Puis' en 1885, c'est la rage qlii est vaincue.
Une souscription nationale lui apporte deux millions et demi et il fait construire l'Institut qui porte son nom. Enfin, il meurt en 1895, après avoir dirigé les recherches qui aboutirent à la découverte du vaccin du choléra et du sérum de la diphtérie. Après sa mort, ses élèves ont découvert les sérums de la peste et de la fièvre jaune et chaque jour de nouveaux succès, de nouvelles découvertes viennent compléter l'œuvre du maître.