‹ Trois savants chrétiens au XIXe siècleChapitre 34 sur 45 · UN MATHÉMATICIEN APOTRE · texte numérisé non relu

UN MATHÉMATICIEN APOTRE

empire en décrépitude. La question morale des peuples asservis" à la loi du Coran, le triomphe de l'Evangile autour du berceau et du sépulcre de Jésus-Christ, était la seule compensation acceptable pour ces flots de sang versé. »

C'est pourquoi la charité et le patriotisme de Cauchy voulurent profiter de l'alliance de nos armes avec cette nation infidèle pour y faire pénétrer le christianisme et l'influence française, et c'est dans ce but qu'il fonda l'œuvre des Ecoles d'Orient.

Selon son habitude, il s'adresse pour cela aux membres de l'Institut et à la haute société, et la situation des fondateurs lui concilia dès le début de chaudes sympathies, lui attira de riches aumônes, et, aujourd'hui encore, après un demisiècle écoulé, elle continue à répandre la lumière et les bienfaits du christianisme dans cet empire du fanatisme et de l'ignorance.

Mais c'était là, hélas ! la dernière grande œuvre de sa vie toute de charité et de dévouement. Il n'avait plus que deux années à dépenser au service de la religion, de la science, de la charité. Usé par un travail acharné, auquel venaient s'ajouter toules les occupations que son zèle savait décou-

vrir pour le bien de tous, il fut enlevé presque subitement par une simple fièvre catarrhale, le 22 mai 1857, dans sa campagne de Sceaux. Il avait soixante-huit ans.

Jusque dans la mort il fut le modèle du parlait chrétien : « Cauchy est mort comme il a vécu, écrit M. \'alson, avec la simplicité d'une âme- droite, d'une conscience qui se tient toujours prête à paraître devant Dieu, et qui, par conséquent, envisage sans effroi l'approche du dernier moment. Dès qu'il connut la gravité de son état, il fit avec générosité le sacrifice de sa vie et ne pensa plus qu'à se recueillir une dernière fois pour mourir saintement : Le savant avait disparu, le chrétien seul restait. Sur ses lèvres, pas un mot de regret pour ôes travaux interrompus pas un retour sur ses travaux passés, sur ses belles découvertes, dont l'éclat devait perpétuer sa mémoire. Il avait accompli avec honneur sa mission, et il laissait à Dieu le soin de la récompense. Et, d'ailleurs, qu'étaient ses travaux et combien ils devaient lui paraître peu de chose en présence de l'éternité !»

L'abbé Moigno a résumé ainsi en quelques mots tout ce que l'on peut dire sur Cauchy : « Ce fut un puissant génie, une vaste intelligence, un grand

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