La sagène est de 2 mètres 133 millimètres
Abrités par elle, les moines soutinrent, au xvn e siècle, un véritable siège contre les Polonais. L'église de la Trinité, la plus importante de toutes, contient les reliques de saint Serge et une image peinte sur le couvercle de son ancien cercueil représente l'apparition de la Vierge au saint. Cette image a été plusieurs fois confiée aux troupes partant en campagne ; sous Pierre le Grand, contre les Suédois, en 1812 contre les Français et en 1855, pendant la guerre de Crimée.
Dans le sanctuaire principal de l'église de l'Assomption est un aigle russe en bois, ciselé, dit-on, par Pierre le Grand.
Ces églises, toutes richement ornées, sont bâties à quelque distance les unes
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des autres ei surmontées de coupoles brillantes. Au milieu du couvent, sur une sorte de place, s'élèvent un clocher d'une hauteur prodigieuse, un obélisque de pierre sur lequel ont été relatées les époques malheureuses de la Russie — la domination des Tartares et les incursions des Polonais, poussés par le pape et les jésuites, — dit l'inscription, etune fontaine en forme de croix, par les bras de laquelle s'écoule l'eau.
C'est aujourd'hui la fête de l'Ascension et les pèlerins sont nombreux. Ils viennent de toutes les parties de la Russie pour demander à Dieu de bénir leurs récoltes ou de guérir leurs maladies. Pauvrement vêtus, les jambes entourées de bandelettes, ils ont aux
Trois semâmes a Moscou. 125
pieds des chaussures bizarres en écorce de bouleau. C'est un spectacle étrange que de les voir par petits groupes, les uns assis sur les marches d'une église, les autres couchés à l'ombre, d'autres buvant ou se lavant la figure à la fontaine, qui a la réputation de guérir les maladies d'yeux. Ils nous dévisagent avec la même curiosité que nous mettons nous-mêmes à les examiner. Ces pèlerins sont nourris au couvent. Assis à de longues tables, ils plongent leur cuiller de bois dans de grandes écuelles, autour desquelles dix d'entre eux mangent ensemble, tandis que debout, derrière, d'autres attendent avec impatience qu'une place devienne libre. Les couleurs de leurs vêtements, toujours
voyantes quoique ternies par l'usure, sont bien orientales, et donnent à celte scène l'aspect le plus original.
On nous montre le trésor; des richesses innombrables y sont accumulées. On y voit notamment un grand vase rempli de perles, des ornements d'église offerts par les tsars, et, à côté, des vêtements plus humbles ayan t appartenu à saint Serge. Au moment où nous sortons, nous nous croisons avec une bande de pèlerins qui vont à leur tour visiter le trésor. Ils ouvrent leurs grands yeux doux et fixes sur toutes ces merveilles amoncelées.
Le sentiment religieux est toujours très vif dans le peuple russe et l'on est frappé de voir les marques extérieures de profonde dévotion prodi-
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i,: guées par les moujiks devant les
* églises ou les images saintes. Les
â. prêtres sont moins édifiants; je ne
veux pas dire par là qu'ils aient l'air i de ne point croire à ce qu'ils prati-
quent, mais il leur manque l'aspect respectable des prêtres catholiques.
L'instruction de ces derniers est, du reste, bien supérieure à celle des popes.
Nous sommes ensuite introduits dans le réfectoire des moines qui, contrairement aux popes, prononcent les vœux de chasteté. Les moines d'ordre inférieur sont assis devant deux tables placées le long du mur.
En travers et à l'extrémité de la salle, une autre table est réservée aux principaux de la communauté. Au centre,
debout devant un pupitre, l'un d'eux lit un passage de l'Écriture sainte, pendant le repas qui nous parait frugal.
A côté du réfectoire est la cuisine où l'on nous a préparé des assiettes pleines d'une soupe aux choux que nous aurions peut-être trouvée bonne, sans les morceaux de poisson dont elle était mélangée et dont l'excellente eaude-vie qu'on nous a donnée ensuite n'a pu chasser le goût insupportable.
L'empereur et l'impératrice ont fait une retraite au couvent avant le couronnement. On nous laisse pénétrer dans les appartements fort modestes qu'ils ont occupés. Quelques petits ronds de papier ayant servi a entourer le dessert, dont les moines n'ont sans doute pas coutume de faire usage,
collés aujourd'hui par la pluie sur le balcon de la salle à manger, indiquent seuls le passage de ces hôtes illustres.
Comme de vrais pèlerins nous achetons avant de partir des croix et des médailles. Les croix sont en bois; d'un côté est le portrait de Notre-Seigneur, de l'autre celui de saint Serge. Les médailles sont en métal, comme celles que Ton vend dans tous les pèlerinages de France, mais la tête et les mains du saint y sont peintes en creux.
Vendredi 8 juin/27 mai.
Moscou possède un hospice d'enfants trouvés qui passe pour être la plus
vaste maison de bienfaisance d'Europe.
Les murailles blanches et les jardins qui l'entourent, la propreté qui y règne ne donnent pas à cet établissement ce cachet triste et sombre qui est le propre de nos hôpitaux. Trois fois aujourd'hui le directeur a accompagné des visiteurs; il veut bien parcourir encore avec nous J'hospice pour nous le montrer dans tous ses détails.
Cet établissement fut fondé en 1763 par l'impératrice Catherine II et n'avait alors pour but que de recueillir quelques enfants destinés à rester à Moscou et à y apprendre un métier.
Les épidémies qui sévirent à différentes époques rendirent nécessaire leur envoi à la campagne. Ce système a
prévalu et aujourd'hui l'administration ne conserve à l'hospice que des enfants légitimes, orphelins d'officiers et de fonctionnaires. Cette institution nouvelle fut créée par l'empereur Nicolas après le terrible choléra de 1830. Nous voyons quelquesuns de ces pauvres petits êtres, fort propres et fort bien élevés, qui ne seraient pas à plaindre sans les tristes circonstances qui motivent leur présence en ce lieu. Ainsi restent seuls et définitivement à l'hospice les enfants dont je viens de parler. Les autres, presque tous illégitimes, sont d'abord allaités à la maison, puis envoyés à la campagne pour être dispersés dans le gouvernement de Moscou et dans les gouvernements limi-
trophes, où ils sont confias à des nourrices scrupuleusement surveillées par des inspecteurs.
Les .nouveau-nés sont reçus, jour et nuit, sans la moindre formalité, tandis que les enfants qui comptent déjà quelques mois doivent être munis d'un certificat de baptême. Ceux ayant plus d'un an peuvent être admis jusqu'à l'âge de cinq ans, mais par faveur spéciale. Dès son arrivée, l'enfant est lavé, pesé, enregistré, et l'on délivre a la personne qui l'a apporté un cachet indiquant le numéro sous lequel il a été inscrit. Les mères qui désirent allaiter leurenfanlsont admises comme nourrices, mais, au bout de six semaines, le nourrisson est envoyé a la campagne. Quelquefois aussi, mais
seulement lorsque l'enfant est muni d'un certificat de baptême, l'administration le confie à sa propre mère qui reçoit un subside pendant trois ans.
Les garçons, placés à la campagne chez des paysans, sont occupés pour la plupart à la culture ; mais l'administration a soin de faire apprendre différents métiers à beaucoup d'entre eux; ils sont alors placés soit dans les chefs-lieux de district, soit même dans des ateliers à Moscou. Quant aux filles, le séjour de cette ville leur est interdit, et c'est par exception que la maison des enfants trouvés en utilise quelques-unes comme bonnes, dans les sections d'allaitement. A seize ans, elles peuvent se marier à leur gré et reçoivent une dot de cinquante
13ù Trois semaines à Moscou.
roubles. Les filles non mariées et les garçons touchent à vingt et un ans, les unes trente roubles, les autres trente-cinq et cessent, à dater de ce jour, d'être à la charge de l'hospice.
Toutefois, les filles qui se marient dans le courant de l'année reçoivent un supplément de trente roubles, réduit a quinze si elles épousent un pupille de la maison.
Grâce à ces mesures, l'infanticide est inconnu à Moscou, par la raison que la mère accouchant clandestinement peut cacher sa faute en déposant immédiatement l'enfant a l'hospice, où, grâce au cachet qu'elle emportera, elle pourra toujours avoir de ses nouvelles, et le reprendre plus tard si bon lui semble. Cette façon de pro-
céder, moins inhumaine que le tour et cependant fort simple, présente, à mon sens, un seul inconvénient, celui de rendre possible aux femmes mariées l'abandon de leurs enfants et de nuire ainsi à l'esprit de famille; mais ce fait ne se produit que dans des cas d'extrême misère. Je crois que l'administra tionfrançaise,toujoursatlardée dans la routine, ferait bien d'étudier le fonctionnement de la maison de Moscou dans laquelle, s'il y a un peu à laisser, il y a surtout beaucoup à prendre.
En ce moment le nombre des pupilles de l'hospice est de quarantedeux mille. Le chiffre des nourrissons soignés à la maison, avant leur départ pour la campagne, varie de huit à treize cents.
Nous parcourons successivement les dix-neuf vastes pièces où sont alignés les berceaux. Derrière chaque berceau se tient une nourrice bien vêtue et coiffée d'un kakochnik dont la couleur change suivant les sections. Sur une table, à l'extrémité de la salle, est une balance où Ton pèse les enfants pour surveiller leur développement. Tout cela est propre et bien tenu. On nous fait voir la cuisine, Fétable des vaches destinées à la vaccine, et enfin le bureau de réception et d'enregistrement. Cinq ou six femmes tenant un enfant sont assises attendant leur tour; presque toutes vieilles, elles ne sont pas les mères ; celles-ci viennent rarement elles-mêmes. Trois jeunes femmes attachées à la maison dirigent
ce bureau ; Tune enregistre l'enfant et donne le reçu, une autre le lave, une troisième pèse le nourrisson, qui est immédiatement envoyé dans les seclions d'allaitement pour y être confié à une nourrice. Ce spectacle cause une impression pénible à des étrangers; mais en y réfléchissant on surmonte bientôt cette répugnance, et l'on comprend la tranquillité de parents rassurés, par l'organisation de l'asile, sur l'avenir de leurs enfants, et certains de pouvoir les retrouver quand ils le voudront.
Samedi 9 juin/28 mai.
En Russie comme en Allemagne, les revues n'ont jamais lieu le dimanche.
La parade qui doit clore les fêtes du couronnement est fixée à dix heures pour éviter aux troupes la grande chaleur. On ne pense pas ici, en effet, que les solennités militaires fassent partie des réjouissances du peuple, et cependant la foule qui encombre la route nous montre que les habitants de Moscou, friands de ce spectacle, ont trouvé moyen, malgré l'heure matinale, de s'y transporter.
A la porte du palais Petrowski sont les chevaux destinés aux officiers étrangers. Aussitôt arrivés, aussitôt
en selle. Nous nous plaçons à gauche devant la grille, tandis qu'à droite sont rangés les aides de camp de l'empereur. Chacun de nous porte la croix qu'il a reçue la veille. A peine sommesnous tous placés que l'empereur paraît à cheval, suivi du grand-duc héritier, ataman général des cosaques, vêtu de l'uniforme bleu que portent ceux de son régiment. L'impératrice est dans une voiture de parc traînée par quatre chevaux attelés à la Daumont.
Sur le siège de devant, M me la grandeduchesse Marie et M me la duchesse d'Edimbourg; derrière, l'impératrice et M me l'archiduchesse Marie-Thérèse.
Le cortège se forme et nous suivons le tsar devant le front de la première ligne, pour aller nous placer ensuite
IZiO Trois semaines à Moscou.
au pied des tribunes, tandis que l'empereur, trottant à hauteur de la voiture de l'impératrice, suivi des princes et de son état-major, passe successivement devant tous les régiments.
La garde, presque au complet, et quelques régiments de ligne sont là sous les armes. L'infanterie de la garde, qui ne se distingue de la ligne que par un liséré rouge au vêtement et par la plaque qui remplacSs^ur le bonnet l'aigle à deux lêtes, comprend la vieille et la jeune garde et aussi \ garde polonaise qui tient garnisons dans la province de la Vistule, et dont \ les parements sont jaunes, aux couleurs de la Pologne. Sa cavalerie se compose de cuirassiers, de grenadiers,
de hussards, de uhlansetde cosaques.
La cavalerie de la garde n'a pas de dragons, qui sont aujourd'hui avec les cosaques les seuls cavaliers de l'armée proprement dite. Ils ont à peu près l'uniforme de l'infanterie et portent le sabre pendu à un baudrier dont le point d'appui est sur l'épaule droite.
C'est ainsi, du reste, que le porte toute l'armée à l'exception de la cavalerie de la garde.
Après avoir parcouru le front des troupes, l'impératrice prend place dans la tribune où se trouve déjà le corps diplomatique. Devant cette même tribune est l'empereur ayant à droite son état-major, à côté duquel nous nous trouvons nous-mêmes.
Alors commence ce que nous appelons
1Ù2 Trait semaines à Moscou.
en France le défilé. Les iroupes passent devant nous en marchant de la gauche vers la droite. En tête les deux écoles militaires, puis l'infanterie de la garde au port d'arme, marchant d'une allure un peu moins rapide que la nôtre, mêlée de ses chasseurs a pied qui défilent au pas gymnastique. En passant devant l'empereur, ces hommes le saluent de la voix, et, lorsqu'il leur répond en les félicitant sur leur belle tenue, tous répondent à leur tour par la formule consacrée : « Nous sommes heureux de faire notre devoir ». La plupart des régi inents de la garde sont commandés par un général. Le grade de major n'existant pas dans ce corps, chaque bataillon est conduit par un colonel.
Dans l'infanterie, les officiers subal* ternes portent sur le dos un sac plus léger que celui des hommes, et pouvant néanmoins contenir des vêtements de rechange. Je crois que si Ton autorisait nos officiers à faire l'essai de ce sac pendant les grandes manœuvres, ils le trouveraient plus commode que la sacoche dont ils font usage.
Nous remarquons surtout Préobrajenski, dont le grand-duc Serge commande le 1 er bataillon, et Semenovski, déployant tous deux les huit drapeaux qu'ils ont reçus le jour de leur fête ; puis Pavloski — de l'empereur Paul — où tous les hommes doivent avoir le nez retroussé, ce qui leur donne un air de famille. Ils portent sur la tête
ihli Trois semaines à Moscou.
la mitre, ancienne coiffure des grenadiers du grand Frédéric', iongbonnet pointu dont le devant est formé d'une plaque triangulaire. Pavlovski ne met que dans les circonstances solennelles ces mitres qui sont soigneusement conservées. La plupart d'entre elles sont percées. Une balle est passée par là, et à l'intérieur on peut lire le nom de ceux qui furent frappés en les portant. Vieux souvenirs, traditions qui contribuent à développer l'esprit de corps et à entretenir chez les hommes une émulation salutaire. Quoiqu'ils ne
1. Un officier du 1" régiment à pied de la garde prussienne a légué tous ses biens à ce régiment, à condition qu'il porterait à perpétuité la mitre au moins deux fois par an. Les revenus de ce legs, sur lesquels sont prélevés les fonds destinés à l'entretien de cette coiffure, constituent pour ce corps une fortune considérable.
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soient pas noircis et déchirés seulement par les batailles, ces vieux drapeaux, dont plusieurs n'ont plus que leur hampe, inspirent un profond respect. Bien des générations ont servi autour d'eux, et ceux à qui ils sont aujourd'hui confiés auront à cœur de se rendre dignes de leurs devanciers.
La manie d'égalité, dont les effets se sont étendus chez nous jusque sur l'armée, en uniformisant les tenues sous prétexte de faciliter la mobilisation, a effacé bien des anciens souvenirs, que les quatre noms de bataille inscrits sur les drapeaux de nos régiments ne peuvent qu'imparfaitement remplacer.
L'un des régiments de grenadiers a pour chef titulaire l'empereur Guil-
Ifl6 Trois semaines à Moscou.
la ume. L'usa gedeconférer lecommandement honoraire d'un corps à un souverain étranger, très fréquent aussi en Autriche et en Allemagne, a provoqué pendant la campagne de 1866 un incident singulier. Le régiment autrichien qui avait pour chef le roi de Prusse, et le régiment prussien de l'empereur d'Autriche, se sont trouvés face à face sur le champ de bataille de Kœniggrœtz.
L'artillerie défile ensuite. Son uniforme entièrement noir lui donne un aspect sévère. Les pièces, remarquablement alignées, ne sont pas suivies de leur caisson. Sur le coffre d'avanttrain sontassis trois servants; celui du milieu tient verticalement l'écou villon, deux autres servants sont surdes sièges
entre les roues de l'affût et la pièce.
Puis vient la cavalerie. Chevaliersgardes, gardes à cheval, cuirassiers de l'empereur et cuirassiers de l'impératrice, tous vêtus de blanc, passent en soulevant derrière eux un nuage de poussière au travers duquel on ne distingue bientôt plus que leurs casques et leurs cuirasses; les cosaques de la garde, les grenadiers, dont la coiffure rappelle la mitre des Pav* lôvski. La chenille qui donne à cette mitre l'apparence d'un casque est placée en travers ; derrière pend une queue de drap rouge et blanc, terminée par un pompon. Les hussards rouges du tsar passent devant nous au galop de charge, ce qui rompt complètement leurs lignes ; puis les
uhlans qui, grâce à une allure m dérée, obtiennent un alignement d< plus réguliers; les hussards verts t Grodno, les cosaques du Don dai leur blouse bleu foncé, le pantalon bande rouge dans les bottes ; et enfi les dragons suivis eux-mêmes de batteries à cheval.
La revue est terminée, l'éiat-majc et les officiers étrangers se grouper autour de l'empereur à qui des sou officiers apportent tour à tour la stuation de leur régiment.-Au mêm moment, dans la tribune de l'impér trice, un sous-oflicier du régiment d cuirassiers qui porte son nom e:
venu lui présenter un semblable dt cument.
Le cortège retourne alors au palai
Petrowski et, tandis que les généraux prennent place à la table de l'empereur, nous trouvons dans les salles du rez-de-chaussée un déjeuner que nous prenons debout. Ce repas terminé, nous nous réunissons, groupés par nation, dans la grande rotonde du palais. Bientôt l'empereur et l'impératrice arrivent au milieu de nous et, s'arrêtant tour à tour devant chaque groupe, ils expriment le désir que chacun emporte de la Russie et de son hospitalité un bon souvenir.
Ce souhait de haute courtoisie répond au sentiment que chacun éprouve au fond de son cœur.
Membres de la mission française, nous avons à nous louer de l'accueil particulièrement sympathique , fait
par l'empereur à notre amhass et, pour mon propre compte, j'ai contré chez tous les Russes, avec quels je me suis trouvé en rela la plus gracieuse cordialité.
Ce peuple doux et intelligei peine encore éclairé par une civ lion tardive, cette élégante ar cratie qui laisse néanmoins pei par moments, sa rudesse primi ce souverain, maître absolu, ent d'une cour qui a conservé pre intacts les usages du temps passé fêtes dont le luxe asiatique est a< tué par la physionomie tout 01 taie de la ville où elles ont été brées, laisseront un souvenir ir çab)e à l'esprit de ceux auxquels été donné de les voir dans ces cir
stances solennelles. En quittant ce grand empire, je fais des vœux sincères pour que Dieu veille sur les destinées du peuple russe et sur celui qui le gouverne.