‹ Trois souvenirs [microforme]Chapitre 9 sur 22 · ES · texte numérisé non relu

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et par les sentiers tortueux et noyés d'eau, les provisions qu’il achète chez le marchand, qui demeure à deux et trois lieues de chez lui ; là, c’est un autre

| défricheur, qui, au milieu de ses pénibles

travaux, est obligé de charger sur ses épaules un sac de blé destiné au moulin et de le rapporter à sa demeure ; encore si ces trajets ne devaient se répéter que quelquefois dans l’année !...”

Lorsque, pendant plusieurs années, on a été, comme moi, témoin des difficultés journalières que le manque de bons chemins présente dans les nouveaux établissements ; quand on a souvent parcouru ces routes à peine ouvertes, à pied, à cheval, ou dans de misérables charrettes toutes délabrées et dont les roues semblaient plutôt sauter que rouler de roche en roche, de racine

Len racine, on comprend parfaitement les

paroles de cet ami sincère de la colonisation que je viens de citer. Oui, que

l'on donne moyen d'ouvrir des chemins 2K si

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dans nos terres incultes, et on les verra se couvrir de braves et paisibles cultivateurs, rendant, avec gros intérêt, ce qu'on aura fait pour eux, et l’on verra cesser cette fièvre d'émigration chez nos voisins, qui fait gémir tous les vrais amis de notre nationalité.

L'établissement des Bois-Francs n’en est-il pas une preuve évidente ? Tant qu'il n’y eut point de chemins, malgré le courage des premiers colons et la richesse du sol, ces cantons firent peu de progrès ; mais à peine le magnifique chemin provincial d’Arthabaska fut-1 fait, que tout alla à pas de géant dans la voie de la prospérité.

Peu de temps après la mort de M.

Bélanger, sir Dominique Daly, dont le nom ne sera jamais oublié dans les cantons de l'Est, passant la même savant avait dit à ceux qui l’accompagnaient :

“ Je ne serais pas Irlandais si je n travaillais de toutes mes forces à vous

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ide la province, fut fait et terminé en 1848. M. Daly avait eu la leçon de l’expérience, la plus propre à faire comprendre ce qu’on ne veut pas comprendre, ou que l'intérêt empêche quelquefois de [voir clairement. C’est à ce propos qu’un intelligent habitant de ces contrées me disait un jour :

“ Ni j'en avais le pouvoir, je ferais passer dans nos affreux chemins ce qu’on appelle le char de l'état, bien persuadé que ceux qui le conduisent tomberaient d'accord avec nous en tombant dans les nêmes ornières. ”

Ce chemin, qui traverse Inverness, omerset, Stanfold, Arthabaska, Warvick et une partie de Kingsey, mit fin aux misères endurées dans la savane de

à VOUS tanfold. Six paroisses, pleines de vie et

d'activité, brillantes du plus bel avenir, sout échelonnées sur ce chemin, que l'on regarde comme le bord de l'eau des autres cantons situés plus au sud.

Une autre voie de communication, bien plus importante en elle-même, mais en réalité et dans la pratique d’une utilité moins grande que le chemin dont on vient de parler, est la voie ferrée du

Grand-Tronc, qui traverse les cantons!

de l'Est et a donné la dernière impulsion à l'élan qu'ils avaient déjà vers la prospérité ; car c'est le propre des che.

mins de ler de répandre la vie partout où passent les chars que la vapeur entraine sur leurs lisses vers les grands centres d’affaires.

Quel changement ! Il fallait autrefois, pour descendre des Bois-Francs à Québec,

passer des journées entières à compter les roches et les ornières de l’ancienne etennuyante route Grosford. Aujourd’hui,

après avoir mis ses effets dans de petits

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d'une du n dont Cependant le manque de chemins, ée dub; que le plus grand obstacle contre an tons $ lequel eurent à lutter les courageux ulsion colons des Bois-Francs, n’en fut pas le ers RM, Le prix souvent trop élevé des »s che: terres, et les conditions onéreuses impoartoutÆss pour leur vente, furent aussi la APE use de bien des chagrins et le sujet des grand rs d'un orand nombre de familles.

]ne importante partie des terres des trefois,

antons de l'Est, antérieurement à leur établissement, avait été cédée, par le ouvernement, à de riches propriétaires, jue la cupidité a souvent engagés à spéculer sur les besoins et les sueurs des colons.

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Ceux qui, les premiers, allèrent prendre des terres dans les Bois-Frances, souvent ne connaissaient pas et ne pouvaient

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raisonnatlement connaitre si ces terres

appartenaient au gouvernement ou à quelqu'un des grands prepriétaires. Ils s’y fixèrent cependant et travaillèrent &e bonne foi, espérant pouvoir acquérir

un jour, à un prix raisonnable, les lots Æ de terre qu'ils arrosaient de leurs sueursk

et dont leur travail doublait la valeur.

Mais ils fureut souvent trompés dansk leurs justes espérances ; cer, après s'être

épuisés pour les ouvrir, ces riches

bourgeois venaient à eux avec de cruelles exigences et les forçaient quelquetois à les abandonner presque sans rémunéra-

spectacle de pauvres families, quittant leurs biens et leurs maisons, le cœur

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navré de douleur. Heureuse encore, dans leur malheur, lorsqu'elles conservaient assez de courage pour aller recommencer

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ailleurs les pénibles travaux du défrichenr ; car souvent, cédant au désespoir,

| on les a vu prendre tristement le chemin

de lexil, chez nos voisins, après avoir fait un dernier adieu, à leur patrie, à laquelle elles étaient tentées d'adresser le sanglant reproche d'ingratitude.

Mais il n'entre pas dans le plan que

je me suis tracé d’insister plus longue-

ment sur les fâcheuses conséquences d'un ordre de chose si préjudiciable à l'établissement des cantons de l'Est. Des

a voix éloquentes se sont, d’ailleurs, fait

s'être riches

{entendre bien des fois en faveur de : ces malheureuses victimes d’un sordide

intérêt, et pour flétrir l’odieuse conduite

| de ces ennemis de la colonisation. Grâce

à ces voix amies, peut-être le fléau dont il est question va disparaissant sensiblement tous les jours.

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