‹ Trois stations de psychothérapie (volume 2)Chapitre 4 sur 4 · COSMOPOLITE · texte numérisé non relu

COSMOPOLITE

Aux Néo-Catholiques.

Certains lieux fameux dans l'histoire de la sensibilité humaine portent nos âmes au delà de nos propres émotions et nous communiquent les fièvres qui les remplirent un jour.

Telle la plage d'Elseneur où l'obscur Hamlet lamentait la mort de son père et ses chagrins personnels, telles les chambres trop étroites d'Auxonne, de Dole et de Seurres où le jeune Bonaparte essayait en

Mais ctiaque generauo sitses lieux de dévotion p c'est même dans ces élec se révèlent les variations d bilité. Qui de nos jeunej plus récents songerait à s

*^^m0^ ^lé^^é^ a4

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plaindre de cette froideur, et, malgré toute leur compréhension, ils suspecteront notre bonne foi, si j'ajoute qu*indififérents à la dernière demeure de Victor Hugo, nous sommes émus par certain petit hôtel du quartier Monceau ! Certes, le sens de la mesure nous garde d'opposer notre goût à leur culte ; simplement, nous sommes de ces dévots qui s'émeuvent dans une chapelle étroite mieux qu'à l'église cathédrale. Au 6i de la rue de Prony vécut quelques années et mourut mademoiselle Marie Bashkirtsefî, bien faite pour passionner ce millier d'esprits compréhensifs et dégoûtés dont le ton attirant et irritant depuis quelques années intéresse la critique. Leur trait principal e>t peut-être que, froissés par toute inélégance, ils sont cependant plus soucieux d'éthique que d'esthétique ; ils

des détails de sa vie que nourrissent leur culte. ( fille, en effet, en dépit d( de peintre, en dépit d cruelle à vingt-six ar même de ses dons d\ passionne uniquement sibilité particulière dor les moindres circonst " — ''^tf^nce c

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lectuels d'aujourd'hui. Offert par une jeune fille et précisément par une fille parée de ce charme russe, brutal et raffiné qui, seul, nous émeut à cette heure, un tel état d*âme devait acquérir sur des jeunes gens un prestige particulier, et, en vérité, il leur inspire ce sentiment voisin de l'amour, sans lequel il n'est pas de féconde méditation.

Sans doute, cette façon de concevoir la vie qu'expose mademoiselle Bashkirtseff, vingt autres l'ont affichée. Mais avaient-ils de cette enfant élue la souplesse, la spontanéité et toute la sève vivifiante? A aucun des plis de sa robe, je ne retrouve cette poussière de bibliothèques dont les plus vivants de nos contemporains sont enlaidis. Et telle est la force dont une beauté sincère dispose pour nous révéler le sens de nos propres sentiments que nulle part je n'ai mieux approché la

ment Bastien Lepage, apprenant h fatale nouvelle, cacha ses pleur.' contre les coussins où Iui-mêaa( n'avait plus que trois mois i attendre la mort. Mademoisell Bashkirtseff fut victime de ce miasmes terribles qui volent épar dans Paris ; j'ai vu sur son burea Kant et Fichte ouverts à des page :^««o«i.nc Hnnf la mort inter

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objets d'un usage familier, et son image à tous les âges font de ce petit hôtel un touchant oratoire où la piété maternelle continue à servir, comme elle fit pour la jeune vivante, l'âme élégante et d'infinie ressource qui s'est eôacée.

L'hôtel de la rue de Prony, la villa de Nice pleine des roses qu'elle aimait et le tombeau du cimetière de Passy, c'est à madame BashkirtsefiF qu'il appartient de les maintenir, mais celte émouvante jeune fille, nous sommes quelques-uns de sa race spirituelle qui la maintenons dans notre imagination et, s'il est permis, près de notre cœur.

Or, après six années, quand elle a pris dans la mort un recul suffisant, ne convient-il pas que, pour parfaire cette figure exceptionnelle et pour en dégager toute la valeur symbolique, nous lui organisions sa Légende ?

a refusés aux sollicitation!

d'étrangers — des Améric tout, passionnés plus qu'au cette étrange jeune fille — un grand sens de la nature COUD de bonté. On le const

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Tempêcha jamais de percevoir ce qu^il y a d^immortel dans les plus humbles fragments de Tunivers.

Elle possédait le don précieux d'être pénétrée par la douce lumière qu'il y a dans le regard des chiens interrogeant leur bon maître. Mais précisément sourions qu'elle ait prêté de l'importance au talent, elle qui possédait la chose essentielle et si rare : une intelligence indulgente.

Et s'il faut la goûter de ce qu'elle jie méprisait pas tous ces gens de Tatelier Julian où elle étudiait la peinture, s'il est vrai qu'elle se diminuerait et nous irriterait en montrant à leur égard les mêmes sentiments qu'en ont, pour d'insuffisantes raisons, des notables mal cultivés, du moins^ affirmons que le goût qu'elle leur montra était compréhension, mais non pas identité. Elle les appréciait, mais en se gardant. C'est pourquoi nous ne

Par quelle délicieuse naïveté s ati dait-elle à rivaliser avec maden selle Breslau ? En vérité, il eût fort opportun qu'on indiquât à j demoiselle Bashkirtseff la doct; qu'elle était autorisée à pratiq la doctrine «du suffisant dédair Le suffisant dédain eut ense Marie Bashkirtseff à considère --:^»„«„ i^p <^^ri vains, les artl

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leur sensibilité qu'ils méritent qu'on les classe avec honneur. Quant au don qu'ils possèdent de traduire et de fixer leurs sentiments avec des couleurs, des phrases ou du marbre, cela les désigne comme des utilités agréables, nécessaires dans toute maison réellement bien montée, mais ne peut, en aucun cas^ les placer dans la hiérarchie plus haut que les âmes de leur qualité. Or, telle est, pour sa profondeur et son étendue, la qualité d'âme de mademoiselle Bashkirtseff que nos talents les plus fêtés ne sont à ses côtés que petites flûtes près d'une partition complète. Parce qu'en cette âme, toute jeune et toute faible qu'elle tut, retentissait après tout la sensibilité humaine, je dis qu'aucune de nos meilleures tlûtes ne pourrait l'exprimer entière et qu'elle les possédait toutes. Elle eut dans sa petitesse le sens de l'uni-

sister sur i eniantiiiage qu'elle avouait pour dcî au salon, de la réclame d garo^ et de la vogue dai sons où Ton dîne. Cela sa conception momentan C'étaient les conditions tence qu'elle désirait pou N'est-ce pas un des trai

sensibilité ardenfp dont

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complets, de ne vouloir rien laisser sans y participer ? Paris méritait assurément d'être une des stations de sa sensibilité, et c'est cela seulement qu'il lui fut. M. Theuriet, qui a édité ce que possède le public du « Journal de Marie Bashkirtseff », a insisté de préférence sur ces années d'atelier, de concours, et tous ces petits soucis parisiens ; nous projetons de publier in extenso ce Journal, et il nous donnera de Marie Bashkirtseff vingtattitudes pour une que nous lui vîmes d'abord.

Marie Bashkirtseff avait, en effet, toute jeune, amalgamé cinq ou six âmes d'exception dans sa poitrine trop délicate et déjà meurtrie. Quand elle mourut dans cet atelier de la rue de Prony, elle possédait dans son cerveau les livres de quatre peuples, dans ses yeux tous les musées et les plus beaux paysages, dans son cœur la coquetterie et l'en-

gaiv^uw OUI Aw i3auM.\, lauiiv.

au long de l'Adriatique dés zac, dans une chambre S( milieu du Paris nocturr s'échauffe méthodiquemei cis d'argent et de grandio!

gie ; mais de Marie Ba quelle image, quelles mœi patrie ? Cette cosmopolit ni son ciel, ni sa terre, ni

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viaire des idéologues, pour exprimer son bohémianisme moral, si étrangement compliqué de délicatesses, faudra-t-il pas que par un trait un peu grossier, mais significatif, nous rinscrivions sous le vocable de Notre-Dame dusleeping, car?

Et pourtant mademoiselle Bashkirtsefif, tandis qu'elle mène de prairie en prairie l'élégant troupeau de ses curiosités et bien vite épuise les beautés qui l'avaient attirée, nous livre deux ou trois images où Ton peut profiter. Assurément, elles ne valent pas plus que des photographies instantanées. Nous ne prétendons pas saisir une des attitudes momentanées de cette inconstante, la donner comme son portrait et nous en contenter. Mais ces « instantanés 9 fournissent des cotnpo-

les visitâmes que d'it

Sous les brouillards qu'y

ignorance, elles font bat

tesse et d'impatient a

cœurs. Dans ce là-bas ■.

beauté où, j'en suis sûr, :

ce sentiment informe qui

plit tous, jeunes gens,

torrents de la métaphy -j- -.1 î-^ i«

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cette vigueur d'esprit et de sensualité qui nous restitueront le sens de l'amour, à nousautres dequi les pères ne savaient plus que comprendre.

Mon imagination l'évoque encore qui fréquente les villes d'eaux de Bohême, verdoyantes et pleines d'une musique qui, le soir, assombrissait les âmes sans amour. Puis elle fut à Nice, fringante sous le soleil et portant au corsage des anémones, des mimosas mêlés aux brins de tamaris.

Mais ces cadres, très suffisants pour emprisonner à jamais dans notre souvenir tant de jeunes étrangères élégantes et romanesques, ne sauraient contenir celle qui fut en outre passionnée de Spinosa. Si mademoiselle Bashkirtseff doit être dite cosmopolite, c'est moins encore pour sa vie errante que pour son intelligence. Elle put bien se prêter aux hivers du littoral, aux printemps

devaient être également médi et vains. De là son perpétuel ' bondage, fait du désir que son fût la somme des enthousiasn aggravé de Pinsuffisance de t les émotions où elle avait parti de là aussi notre conviction rs née qu'après tout la ville où jeunesse inquiète et magnifiq

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Rome, en effet, malgré son caractère éminent, est moins un lieu particulier que le plus complet abrégé de la culture européenne. Elle est faite des plus graves fragments de Thumanité. Marie BashkirtsefF, élégante et nerveuse, et qui n'avait que vingt ans, ne pouvait certes s'identifier à ce colossal Panthéon, mais elle s'y sentait à Taise parce que cette atmosphère lui offrait un peu de toutes les poussières qui, à travers le monde, avaient délicieusement desséché sa bouche de jeune pèlerine. Elle n'y était privée d'aucune des ardeurs qui l'usaient, mais faisaient pour elle tout le prix de la vie.

Oui, Rome qui fut à tous les siècles le cœur de l'Europe est encore telle du point particulier d'où nous l'envisageons, et s'il faut à notre ima-

parcelles de Tesprit humj grandit singulièrement, prend sa pleine intensité e de l'harmonie, tout ici j soi sa cause. Cest au poir pourrait dire qu'à Ron mouvement de 1 ame se moins sous une forme in que sous forme de loi. Là î

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Ja civilisation européenne. Certains de mes soirs romains, enivré de cette forte éducation, je fus tenté de croire que les plus amples fragments de Tunivérs civilisé ne valaient que comme détails agrandis de la fresque humaine que Rome nous présente.

L*art de se servir des hommes, l'art de jouir des choses, Tart de découvrir le divin dans le monde, qui sont, n'est-ce pas, les trois amusements, le jeu complet d'un civilisé, Rome les enseigne, et d'une maîtrise incomparable!

10 Est-ce la mélancolie des souvenirs, ses trésors d'art entassés ou les intérêts religieux, mais Rome présente une variété de nations, un mélange de sociétés, un concours de politiciens, d'aristocrates et d'artistes, en même temps qu'une diversité de luxe, de poésies et de douleurs telle que, pour pénétrer les cœurs rares, les grandes intri-

fait une complète éducî que loin de surgir au monde, comme ces fleu logues que sont les arts * de Venise et de Flandre de Rome sont compo* riches échantillons de occidentale. En décon familiaux des œuvres

--x- at navs class

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de résumer dans une formule essentielle et avec une émotion communicative des états psychiques et de nous y faire participer, pour nous dédommager que nous n'ayons pas la puissance ou l'occasion de les vivre. Dès lors cette ville, ^de laquelle j'indiquerais aisément la faiblesse, qui est tout de même de ne voir dans la nature que la dignité humaine, — en appelant tous les arts à réducation de Thomme fait l'homme du moins plus complet.

Peut-être, à ce que je dis du caractère d'universalité de l'art à Rome, objectera-t-on que Michel- Ange semble bien exprimer le génie particulier de cette ville avec autant d'étroitesse que Tiepolo la fête mélancolique de Venise, — Sodoma l'ardente passion de la ville où sainte Catherine eut ses extases, — Botticelli la grâce cérébrale de Florence— et Vatteau legénie indulgent

comme les niies uc vvaii Botticelli, de Sodoma, de rhumanité raffinant à drc gauche, elles sont tout poussant plus avant se; l'homme plus virilisé.

30 Au reste, les églises, q été le goût de Marie Ba pour les salons et pour —««-onf le véritable rei

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nité a le mieux témoigné sa recherche du divin, et par cette antique consécration elles attirent ceux-là mêmes de nos modernes qui ont perdu le sens des dogmes. Or quelle ville opposerait ses basiliques à Rome? Notre-Dame et la Sainte- Chapelle, la cathédrale de Cologne, Saint-Marc de Venise, Sainte-Sophie de Constantinople, dans leur éclatante diversité apparaissent chacune comme la fièvre mystique particulière au pays qui les éleva. Mais Rome rassemble toutes ces fièvres pour en faire une force harmonieuse, et, appuyée sur trois cent quatrevingt-neuf églises, elle fait voir à notre imagination la chrétienté entière, r Eglise.

Le catholicisme! Voilà où tendent et s'expliquent tous les mouvements de notre cœur, qui n'est obscur et mal à Taise que pour avoir accueilli les fièvres de cinq ou six

Quadri, elle prit le fra

de saint Marc, elle s'y

née d'un rêve sensue

une part d'elle sou]

J'ai connu ces insuffis;

nobles stations, mai:

mai, vers les cinq h

chêne de San Onofru

sentit sa piété, comi

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car je compris que de ceux qui Pont foulée, j'ai hérité toutes mes chères façons de souffrir et de jouir.

Qu'à saint Pierre d'autres discutent ces froids espaces et cette pompe architecturale, pour moi j'y distinguais seulement les confessionnauxqui tapissent cette immense enceinte et où Ton parie toutes les langues. C'est ici le point mathématique où tous les soupirs civilisés se confondent pour former la sensibilité chrétienne. Tant d'émotions qui furent apportées sous cette coupole des points extrêmes de la chrétienté, en se réalisant dans une âme, la formeraient la moins marquée de particularités qu'on puisse imaginer et la plus capable de s'accommoder sans froissement des milieux les plus divers. L'âme qui serait faite de tous les péchés, inquiétudes et scrupules qui vinrent ici chercher la paix, serait exactement celle que nous nous

Marie BashkirtsefF se fû qu'on confondît son cosmo avec le sentiment des catho ceux-ci de même se pourrs quer. Chez les uns et chez 1 ne serait-ce pas connaissar fîsante des besoins oui les

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faits pour s'entendre. Les uns et les autres, en effet, ne se satisfont de rien; ils ont à un degré tourmentant le sens du précaire, le désir de la perfection. Oui, cosmopolites et catholiques sont de la même famille, et simplement nous devons nous étonner qu'à une même époque on puisse mener par des sentiers si différents la même poursuite du divin.

Afin que mademoiselle Bashkirtseff touchât en quels points ses sentiments s'accordaient avec le plus exalté catholicisme, et pour illustrer d'une anecdote romaine le tableau que je trace de la vertu surhumaine de cette ville, j'eusse aimé lui proposer un idéal de désintéressement auquel elle était bien digne d'atteindre. Connaissez-vous l'histoire d'Alexandrine d'Alopéus et d'Albert de la Ferronays. telle que nous la raconte le Récit d'une sœur et dont nous sommes quel-

réservé pour l'ordinaire aux jeunes femmes un peu timorées de province. « Ne souriez pas, lui répliquerais-je, le goût que j'ai pour Albert de La Ferronays part des mêmes préoccupa tionsqui m'attirent vers vous. L'étrange importance que vous attribuez au talent! Et quand, à les juger de notre point de vue

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à ma violente sympathie! Je les aime parce qu'ils ont eu de l'exaltation désintéressée.» Ils ont éprouvé Tamour pur dont Lcibnitz a donné une définition que je veux rapporter, car, avec leur sécheresse, ces esprits, tels encore Comte et Spinosa, passent singulièrement les gentillesses des artistes. « L'amour pur, dit-il, c'est d'être porté à trouver du plaisir dans les perfections ou dans la félicité de l'objet, et par conséquent à trouver de la douleur dans ce qui peut être contraire à ces félicités. Cet amour a proprement pour objet les substances susceptibles de la félicité, mais on en trouve quelque image à l'égard des objets qui ont des perfections, sans les sentir, comme serait, par exemple, un beau tableau. Celui qui trouve du plaisir à le contempler et qui trouverait de la douleur à le voir gâté, quand il appartien-

amours, devenu par lintei son vœu d'idéaliste son lit c une parcelle de l'hostie q être son viatique fut lapreml munion de sa jeune amant bien il m'humilie déjà cet singulier assez désintére3sép haiterla mort entre les bras qui l'enivre, afin qu'elle soi

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vois celle qui prit sur les lèvres refroidies du mort un don si fort de mépriser les choses périssables qu'elle s'éleva jusqu'à dire : « Lorsque j'ai été dépouillée de tout, c'est alors que mon bonheur et mes délices et mon amour ont commencé. »

Le voilà ce sentiment du précaire et cet élan vers la perfection, par quoi sont emportés, aussi fort que les catholiques, ces cosmopolites qui se pressent de pays en pays, de passions en passions, enthousiastes et jamais possédés, renonçant chaque jour et désirant toujours, les yeux fiévreux et les mains sans prise, parce qu'aucune des formes passagères qui emplissent l'univers ne leur livre le non-périssable, le divin. Hautain idéalisme où communient, sans se reconnaître, le cosmopolite qui ne veut plus ni ciel ni patrie, ni foyer, et le catholique

lique restitue leur sens compl même temps qu'elle leur une haute allure. A sa lue dégoûts et notre ardeur n raissent ce qu'ils sont en réa sentiment religieux. Mader

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Paris, par sa coquetterie et sa bonne grâce, Londres, par Thospitalité solide et digne de ses cercles et de ses petites maisons, Venise, par sa fièvre romantique, se font accepter du premier abord. Mais Rome est une acquisition si lourde qu'une âme de vingt ans défaille.

Cette ville -là, tout épurée de vulgarité, n'est pas une jolie maltresse qui accueille et caresse nos habitudes, c'est une impérieuse qui froisse et rompt en nous ce qu'elle estime indigne. Plus tard Marie Bashkirtseff s'y fût plu ; qu'y fûtelle devenue ?

Sans qu'on puisse en douter, son bohémianisme, qui n'était d'abord que l'agitation d'une petite personne de race jeune et sensuelle, et que Paris transforma jusqu'à être un sentiment désintéressé, la re cherche du beau, Rome l'eût élevé au point qu'il fût devenu le mal

soucieux de l'univers qu'ils rer ferment en puissance et du m< supérieur qu'ils ne sont pas encon Maintenant que je lui ai con; titué toute sa valeur légendair celle que je saluais du nom bass( ment moderne de (x Notre-Dame c Sleeping-car » nous apparaît une r présentation de la force éternelle q

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