‹ Trois voyages au CanadaChapitre 26 sur 35 · DE LEURS MEDECINS · texte numérisé non relu

DE LEURS MEDECINS

Tjes anciens Egyptiens avaient accoutumé d'user de vomitifs pour guérir les maladies du corps, et de sobriété pour se conserver en santé ; car ils tenaient pour maxime indubitable, que les maladies corporelles ne procédaient que d'une trop grande abondance d'humeurs, et par conséquent qu'il n'y avait aucun remède meilleur que le vomissement et la sobriété.

Nos sauvages ont bien la danse, la sobriété et les vomitifs, qui Leur sont utiles à la conservation de la sanlé; mais ils ont encore d'autres préservatifs dont ils usent souvent, c'est à savoir les étuves et sueries, par lesquelles ils s'allègent et préviennent les maladies. Mais ce qu'il y a encore de très utile à leur santé, c'est la concorde qu'ils ont entre eux, 1 absence de procès, et le peu de soin qu'ils prennent pour acquérir les commodités de celte vie pour lesquelles nous nous tourmentons tant, nous aulres chrétiens, qui sommes justement repris de notre trop grande cupidité par leur vie douce et la tranquillité de leur esprit.

Il n'y a néanmoins, corps si bien composé, ni naturel si bien morigéné qu'il ne vienne à la fin à se débiliter ou succomber par divers accidents auxquels l'homme est sujet. C'est pourquoi nos pauvre- sauvages, pour remédier aux maladies ou blessures qui leur peuvent arriver, ont des médecins et maîtres de cérémonies qu'ils appellent Oki, auxquels ils croient fort. Les Oki servent de médecins et chirurgiens, et portent toujours avec eux un plein sac d'herbes et de drogues pour médeciner les malades. Ils ont aussi un apothicaire à la douzaine, qui les suit en queue avec ses drogues, et la tortue qui sert à la chanterie ; et ils ne sont point si simples qu'ils ne sachent en faire accroire au menu peuple par

LES HURONS. 191 leurs impostures, pour se mettre en crédit et avoir meilleur part aux festins et aux présents.

S'il y a quelque malade au village, on l'envoie aussitôt quérir. Il fait des invocations à son Démon, il souffle sur la partie dolente, il fait des incisions, suce le mauvais sang et fait tout le reste de ses inventions, n'oubliant jamais, s'il le peut honnêtement, d'ordonner toujours des festins pour premier appareil, afin de participer lui-même à la fête, puis il s'en retourne avec ses présents. S'il est question d'avoir nouvelles des choses absentes, après avoir interrogé son Démon, il rend des oracles, mais ordinairement douteux et bien souvent faux, mais aussi quelquefois véritables; car le Diable parmi les mensonges leur dit quelques vérités. ■

Un honnête gentilhomme de nos amis, nommé le sieur du Vernet, qui a demeuré avec nous au pays des Hurons, nous dit un jour que, comme il était dans la cabane d'une sauvagesse vers le Brésil, un Démon vint frapper trois grands coups sur la couverture de la cabane; la sauvagesse, qui connut que c'était son Démon, entra aussitôt dans la petite tour d'écorce où elle avait accoutumé de recevoir les oracles et entendre les discours de ce malin esprit. Ce bon gentilhomme prête l'oreille et écoute le colloque ; il entendit le Diable se plaindre grandement à elle qu'il était fort las et fatigué : il venait de fort loin guérir des malades, et l'amitié particulière qu'il avait pour elle l'avait obligé de la venir voir pour l'avertir qu'il y avait trois navires français en mer qui arriveraient bientôt. Ce qui fut trouvé véritable ; car à trois ou quatre jours de là, les navires arrivèrent.

Un de nos Français étant tombé malade en la nation du Pélun, ses compagnons qui s'en allaient à la nation Neutre le laissèrent là en la garde d'un sauvage, auquel ils dirent : Si notre compagnon meurt, tu n'as qu'à le dépouiller de sa robe, faire une fosse et l'enterrer dedans. Ce bon sauvage demeura tellement scandalisé du peu d'état que ces Français faisaient de leur compatriote, qu'il s'en plaignit partout, disant qu'ils étaient des chiens de laisser ainsi leur compagnon malade et de conseiller encore qu'on l'enterrât nu s'il venait à mourir. « Je ne ferai jamais cette injure à un corps mort, bien qu'étranger, disait-il, et me dépouillerais plutôt de ma robe pour le couvrir, que de lui ôter la sienne. »

L'hôte de ce pauvre garçon, sachant sa maladie, partit de Quieuvindohian, d'où il était, pour l'aller guérir. Assisté de ce sauvage qui l'avait en garde, il l'apporta sur son dos jusque dans sa cabane, où enfin il mourut, après avoir été confessé par le père Joseph. Il fut enterré en un lieu particulier, le plus honorablement et avec le plus de cérémonies ecclésiastiques qu'il nous fut possible ; ce dont les sauvages restèrent fort édifiés. Ils assistèrent eux-mêmes au convoi avec nos Français. Les femmes et tilles ne manquèrent pas non plus en leurs pleurs accoutumés, suivant l'ordonnance du capitaine et du médecin, auquel néanmoins on ne permit pas d'approcher de ce pauvre garçon pour faire ses folies ordinaires.

Je me suis informé d'eux des principales plantes et racines desquelles ils se servent pour guérir leurs malades ; mais entre toutes les autres ils font état de celle appelée Oscar, qui fait merveille contre toutes sortes de plaies, ulcères et autres incommodités. Ils en ont aussi d'autres très venimeuses qu'ils appellent Ondachiera ; c'est pourquoi il s'en faut donner garde et ne se point hasarder de manger d'aucune sorte de racines que l'on ne les connaisse, de peur des accidents inopinés.

Nous eûmes un jour une grande appréhension d'un Français qui, pour en avoir mangé une, devint tout en un instant grandement malade et pâle comme la mort: il fut néanmoins guéri par des vomitifs que les sauvages lui firent avaler. Il nous arriva encore une autre seconde appréhension qui se tourna par la suite en risée : certains petits sauvages avaient des racines nommées Ooxrai, qui ressemblent à un petit navet ou une châtaigne pelée; ils venaient de les arracher pour les porter en leurs cabanes. Un jeune garçon fi ançais qui demeuraitavec nous, leur en ayant demandé, en mangea une ou deux, et leur trouva au commencement un goût assez agréable: il sentit peu après tant de douleur dans la bouche, comme d'un feu très cuisant, avec grande quantité d'humeurs et de flegmes qui lui distillaient continuellement de la bouche, qu'il pensa mourir. En effet nous n'en savions que penser, ignorant la cause de cet accident, nous craignions qu'il eût mangé quelque racine venimeuse ; mais ayant demandé l'avis des sauvages, ils se firent apporter le reste des racines pour voir ce que c'était, et, les ayant vues, ils

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se prirent à rire, disant qu'il n'y avait aucun danger ni crainte de mal, mais plutôt du bien, n'étaient ces poignantes et par trop cuisantes douleurs de la bouche. Ils se servent de ces racines pour purger les flegmes et humidités du cerveau des vieilles gens et pour éclaircir la face. Mais pour éviter ce cuisant mal, ils les font premièrement cuire sous des cendres chaudes, puis les mangent sans en ressentir aucune douleur. Cela leur

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fait tous les biens du monde. Je suis marri de n'en avoir apporté pardeçà pour l'état que je crois qu'on en eût fait. On dit aussi que nos Montagnets et Canadiens ont un arbre appelé Annedda, d'une admirable vertu. Ils pilent l'écorce et les feuilles de cet arbre, puis font bouillir le tout dans de l'eau. Ils la boivent ensuite, tous les deux jours et mettent le marc sur les jambes enflées et malades. Ils s'en trouvent tôt guéris, comme de toutes autres sortes de maladies intérieures et extérieures.

Pour se rendre plus souples et plus dispos à la course et pour purger les mauvaises humeurs des parties enflées, nos Hurons s'incisent et découpent le gras des jambes, avec de petites pierres tranchantes. Ils se tirent ainsi du sang de leurs bras, pour rejoindre et coller leurs pipes et pétunoirs de terre rompus. C'est une très bonne invention et un secret d'autant plus admirable, que les pièces recolées de ce sang sont, après, plus fortes qu'elles n'étaient auparavant. J'admirais aussi les voir brûler eux-mêmes, par plaisir, de la moelle de sureau sur leurs bras nus. Ils l'y laissaient consumer et éteindre, de sorte que les plaies, marques et cicatrices y demeuraient imprimées pour toujours.

Quand quelqu'un veut faire suerie (qui est le remède le plus propre et le plus commun qu'ils aient pour se conserver en santé, prévenir les maladies et leur couper le chemin), il appelle plusieurs de ses amis pour suer avec lui; car lui seul ne le pourrait aisément faire. Ils font donc rougir quantité de cailloux dans un grand feu et les mettent en monceau au milieu de la cabane, ou à l'endroit qu'ils désirent dresser leur suerie ; car étant par les champs, en voyage, ils en usent quelquefois. Ils dressent tout à l'entour des bâtons fichés en terre à la hauteur de la ceinture, puis repliés par-dessus, comme une table ronde, laissant entre les pierres et les bâtons, un espace suffisant pour contenir les hommes nus qui doivent suer, les uns joignant les autres, bien serrés et pressés tout autour du monceau de pierres, assis contre terre et les genoux élevés au devant de leur estomac. Comme ils y sont, on couvre toute la suerie par dessus et tout autour avec de leurs grandes écorces et une grande quantité de peaux. Ainsi, il ne peut sortir aucune chaleur ni aucun air de l'étuve. Pour s'échauffer encore davantage et s'exciter à suer, l'un d'eux chante et les autres disent et répètent continuellement avec force et

DES HURONS. i95 véhémence, comme en danse : « Het, Het, Het. » N'en pouvant plus de chaleur, ils se font donner un peu d'air en ôtant quelque peau de dessus. Parfois, ils boivent encore de grandes potées d'eau froide et puis se font recouvrir. Ayant sué suffisamment, ils sortent et vont se jeter à l'eau s'ils sont proches de quelque rivière : sinon ils se lavent d'eau froide et puis festinent.

Pendant qu'ils suent, la chaudière est sur le feu ; et pour avoir aussi bonne suerie, ils y brûlent parfois du pétun, comme en sacrifice et offrande. J'ai vu quelques-uns de nos Français en ces sueries avec les Sauvages, et je m'étonnais comme ils la voulaient et pouvaient supporter et que l'honnêteté ne gagnât sur eux de s'en abstenir.

Il arrive parfois que le Médecin ordonne à quelqu'un de ses malades de sortir du bourg et de s'en aller cabaner dans les bois ou en quelque lieu écarté pour qu'il y observe, pendant la nuit, ses diaboliques inventions. Je ne sais pour quel autre sujet il le ferait, puisque, pour l'ordinaire, cela ne se pratique point, sauf pour ceux qui sont souillés de maladie sale ou dangereuse. On les contraint seuls, et non les autres, à se séparer du commun jusqu'à complète guérison. C'est une coutume et ordonnance louable et très bonne, et qui même devrait être observée en tout pays.

A ce propos et pour confirmation, je dirai que, comme je me promenais un jour seul, dans les bois de la petite nation des Quieunontateronons, j'aperçus un peu de fumée ; et, désireux de voir ce que c'était, j'avançai et tirai du côté où se trouvait une cabane ronde, faite comme une tourelle ou pyramide, très élevée, avec un grand trou ou soupirail par où sortait la fumée. Non content, j'ouvris doucement la petite porte de la cabane pour savoir ce qui était dedans, et je trouvai un homme seul, étendu de son long auprès d'un petit feu. Je m'informai de lui, pourquoi il était ainsi séquestré du village et de la cause qu'il se deuillait. Il me répondit, moitié en huron, moitié en algoumequin, que c'était pour un mal qu'il avait aux parties naturelles, qui le tourmentait fort et dont il n'espérait que la mort. Pour de semblables maladies, ils avaient l'habitude entre eux, de séparer et éloigner du commun ceux qui en étaient atteints, de peur de gâter les autres par la fréquentation.

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Néanmoins, on lui apportait ses petites nécessités et ce dont il avait besoin. Ses parents et amis ne le pouvaient pour lors, à cause de leur pauvreté.

J'avais beaucoup de compassion pour lui, mais cela ne lui servit que d'un peu de divertissement et de consolation en ce petit espace de temps que je fus auprès de lui. Lui donner quelque nourriture ou rafraîchissernent était bors de mon pouvoir, puisque j'étais moi-même dans une grande nécessité.

Le truchement des llonqueronons me dit un jour que, comme ils furent longtemps pendant l'hiver sans avoir de quoi manger autre chose que du pétun et quelques écorces d'arbre, il en devint tellement faible et débile qu'il en pensa mourir. Ses Sauvages, le voyant en cet état, touchés et émus de compassion, lui demandèrent s'il voulait qu'on l'achevât pour le délivrer des peines et langueurs dont il souffrait, puisqu'aussi bien faudrait-il qu'il mourût misérablement par les champs, ne pouvant plus suivre les troupes ; mais il fut d'avis qu'il valait mieux languir et espérer en Notre Seigneur que de se précipiter à la mort. Ainsi avait il raison ; car quelques jours après, Dieu permit qu'ils prirent trois ours, qui les remirent tous sur pieds, après quatorze ou quinze jouis passés en jeûne continuel.

Il ne faut pas s'étonner qu'ils aient offert de si bonne grâce la mort à ce truchement, puisqu'ils ont cette coutume entre eux de tuer leurs pères et mères et les plus proches parents déjà trop vieux, pensant en cela leur rendre de bons services.

J'ai quelquefois été curieux d'entrer au lieu où l'on chantait et soufflait les malades, pour en avoir toutes les cérémonies; mais les sauvages n en étaient pas contents et m'y souffraient avec peine, parce qu'ils ne veulent pas être vus en semblable action. Pendant qu'on chante, il y a des pierres qui rougissent au feu ; le médecin les empoigne et les manie avec ses mains, puis mâche des charbons ardents, fait du Diable déchaîné et de ses mains ainsi échauffées frotte et souille les parties malades, ou crache sur le mal de son charbon mâché.

Ils ont aussi entre eux des obsédés ou malades de maladie de furie, auxquels il prendra bien envie de faire danser les femmes et filles toutes

DES HURONS. 197 ensemble, avec l'ordonnance de l'Oki. Mais ce n'est pas tout; car lui et les médecins, accompagnés de quelques autres, feront des singeries et des conjurations, et se tourneront tant qu'ils demeureront le plus souvent hors d'eux-mêmes. Puis il paraît tout furieux, les yeux étincelants et effroyables, quelquefois debout et quelquefois assis ; aussitôt une quinte le reprend, et il fait du pis qu'il pourra, puis il se couche et s'endort quelque espace de temps, et se réveillant en sursaut, rentre dans ses premières furies, renverse, brise et jette tout ce qu'il rencontre en son chemin, avec du bruit, du dommage et des insolences nonpareilles. Celte furie se passe par le sommeil qui le reprend. Après il fait suerie avec quelqu'un de ses amis qu'il appelle ; d'où il arrive que quelques-uns de ces malades se trouvent guéris, et c'est ce qui les entretient dans l'estime de ces diaboliques cérémonies.

Il y a aussi des femmes qui entrent en ces furies, mais elles sont moins violentes que les hommes, qui sont d'ordinaire plus tempestatifs. Elles marchent ù quatre pattes comme botes et font mille grimaces et gestes de personnes insensées. Ce que voyant, le Magicien commence à chanter ; avec quelque mine, il la souillera, lui ordonnant d une certaine eau à boire et qu'aussitôt elle fasse un festin, soit de chair ou de poisson, qu'il faut trouver, encore qu'il soit rare pour lors; néanmoins le festin est aussitôt fait.

Le cri fait et le banquet fini, chacun s'en retourne en sa maison; jusqu à une autre fois qu'il reviendra la voir, la soufflera et la chantera derechef avec plusieurs autres, et lui ordonnera encore deux ou trois festins tout de suite. Et s'il lui vient en fantaisie, il commandera des mascarades et qu'ainsi accommodé on aille chanter près du lit de la malade, puis qu'on coure par toute la ville pendant que le festin se prépare ; et après leur course on reviendra pour le festin et souvent bien las et affamé.

Lorsque tous les remèdes et inventions n'ont servi de rien, et qu'il y a quantité de malades en un bourg, ou du moins qu'un des principaux d entre eux est atteint d'une grave maladie, ils tiennent conseil et ordonnent Lonovoiroya, qui est l'invention principale et le moyen le plus propre pour chasser les Diables et malins esprits de leur ville ou village.

Le soir donc, les hommes commencent à casser, renverser tout ce qu'ils rencontrent par les cabanes ; comme des forcenés, ils jettent le feu et les lisons allumés par les rues, crient, hurlent, chantent et courent toute la nuit par les rues et à l'entour des murailles du bourg sans se donner aucun relâche. Ils ruminent en leur esprit quelque chose qui leur vient premier en la fantaisie; puis le matin venu, ils vont de cabane en cabane et s'arrêtent en chacune un petit espace de temps, chantant doucement : « Un tel m'a donné ceci, un tel m'a donné cela... » et telles ou semblables paroles en la louange de ceux qui leur ont donné. El en beaucoup de ménages on leur offre librement, qui un couteau, qui un pétunoir, qui un chien, qui une peau, un canot ou autre chose, qu ils prennent sans en faire semblant, jusqu'à ce qu'on vienne à leur donner la chose qu'ils avaient songée ; et celui qui la reçoit fait alors un cri en signe de joie et s'encourt en toute hâte de la cabane; tous ceux du logis en le congratulant font un long frappement des mains contre terre, avec cette exclamation ordinaire: Héééééé... Et ce présent est pour lui ; quant aux autres choses qu'il a eues et qui ne sont pas de son songe, il les doit rendre après la fête à ceux qui les lui ont baillées. Mais s'ils voient qu'on ne leur donne rien, ils se fâchent; et tel de fort méchante humeur sortira en colère hors de sa maison, prendra une pierre, la mettra auprès de celui ou celle qui ne lui aura rien donné, et sans dire mot s'en retournera en chantant: ce qui est une marque d'injure et de reproche.

Cette fête dure ordinairement trois jours entiers, et ceux qui pendant ce temps-là n'ont pu trouver ce qu ils avaient songé s'en affligent et croient qu'ils mourront bientôt. H y a même des pauvres malades qui s'y font porter, sous espérance d'y rencontrer leur songe et par conséquent leur santé et guérison.

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