‹ Troisième anniversaire de "La Patrie" [microforme]Chapitre 11 sur 18 · HONORÉ MERCIER · texte numérisé non relu

HONORÉ MERCIER

ressioft, rant cet près de ron., En 1814, le inq mil-

les lote- »,000 où

peut-être 1 passion tte folie i remplit

’espéran:

a fortune 1 satisfait différents

LE REBOÏSEMENT

Le voyageur qui arrive d'Europe est toujours désaps pointé, en trouvant si peu de beaux arbres dans nos cam: pagnes. À de rares exceptions près, il ne verra pas d'arbres, pour jeter leur ombre bienfaisante sur nos chemins pou: dreux et nos pacages desséchés où le bétail haletant se couche, à l'abri des clôtures, pour se protéger contre les ardeurs du soleil: pas de verdure pour encadrer nos mai: sons blanc hes ; bien Join, à l'horizon, une longue ligne, triste et noire, d'arbres néglivés, qui ne doivent leur existence qu'à la rigueur des hivers, le colon ayant été obligé, malgré lui. de les épargner; c’est là qu'il prend son bois de chauffage, un objet de première nécessité pour lui, sous un climat comme Île nôtre.

Si chaque arpent de terre, ainsi dénudé, rapportait un profit raisonnable au cultivateur, l'on se consolerait de la destruction des arbres, en s'inclinant devant la loi inexorable de notre siècle, qui convertit tout en argent, Mais que la proportion de ce terrain cultivée avec profit est faible ! Combien y a-t-il, partout, de coins de terre qui ne peuvent être utilisés qu'en y faisant croitre les arbres forestiers, Ceux-ci ne sont pas seulement le plus bel ornement de nos campagnes, ils ne sont pas seulement le produit le plus utile de la nature, donnant le bois de chautffase, de construction, l'ombre, l'abri contre les vents, retenant l'humidité, empéchant les grandes sécheresses, ete. ete; au point de vue strictement commercial, leur culture esl de placement le plus productif el le plus shr que l'on puisse faire.

C'est une tàche difficile que celle d'engager les habitants de notre Province à planter des arbres forestiers. Pendant des générations ils ont vieilli avec l'idée que l'arbre de la forêt était leur ennemi naturel, dont il fallait

rene LE

ee à eu

se débarrasser à tout prix; mais, dans leur propre intérêt, ils doivent voir, aujourd'hui, que le temps est venu d'oublier ces vieilles rancunes.

Le fait est que ce n’est plus une question de sentiment, mais de nécessité. Le gaspillage de nos bois, qui date de loin, puisqu'en 1696 les hommes prévoyants attiraient déjà l'attention du gouvernement français, sur la nécessité de protéger le bois, ce gaspillage a produit les résultats inévitables que l’on devait en attendre, Combien n'y a-t-1il pas de vieilles terres, dans la province, sur lesquelles il ne reste pas un morceau de bois de construction ? Il yen a beaucoup qui n'ont même plus de bois de chauflage. Cette disette de bois a obligé plus d'un habitant à vendre le bien dont il avait hérité de ses ancêtres, et elle est responsable de l'émigration, d'un plus grand nombre de nos compatriotes qu'on ne le croit généralement.

. Ici la terre n'est pas d'un prix trop élevé pour en consacrer une petite partie à la culture du bois; en Europe, où il y a beaucoup moins de terrain disponible, et où il a beaucoup plus de valeur qu'ici, l'on plante, chaque année, des milliers d’arpents en arbres forestiers.

L'on me dira : “C’est bon pour les vieux pays, mais non pour un jeune pays comme le nôtre.” La Nouvelle Zélande, les Colonies australiennes, les Indes Orientales même et l'Algérie (relativement à leur colonisation par les Européens) sont des pays plus jeunes que le nôtre, et cependant l’on y travaille sérieusement à planter les arbres forestiers sur une grande échelle Dans les Etats-Unis, le vouvernement fédéral et les gouvernements des différents États encouragent la culture des arbres forestiers, au moven de concessions de terres, de récompenses en argent et d’exemption d'impôts ; et des sociétés puissantes coopèrent avec énergie et libéralité à cette œuvre bienfaisante.

Le gouvernement du Canada à fait un pas dans la inème voie, en offrant des concessions gratuites de terres à ceux qui planteront une certaine quantité d'arbres dans les prairies de l'Ouest; mais je crois qu'il faudra des mesures plus énergiques pour donner l'élan, —comme l'établissement de pépinières, où l’on pourra se procurer les Jeunes arbres et Ha graine d'au moins une plantation, pour donner

re 1

nutérét, 1 d'ou-

iment, late de nt déjà sité de ; inévit-il pas s 1l ne ÿ en à

Cette adre Île sponsacompa-

| CONSA- 0p6; où où il a année,

s, mais ouvelle entales par les btre, et s arbres Inis, le Hérents moyen et d’exnt avec

lans la erres à Lans les hesures sement s arbres donner

19 Po

l'exemple, et démontrer d'une manière pratique que la culture des arb'es forestiers est à la portée de tous.

Les compagnies de chemin de fer de l'Ouest ont com: mencé la culture des arbres pour leur propre compte ; on dit que la compagnie du chemin de fer de Naint-Paul, Minneapolis et Manitoba, compte maintenant parmi ses employés un surintendant spécial de la culture du bois, qui vient de faire un contrat pour trois cent mille plants d'arbres ; la plupart des chemins de fer à l'ouest du Mississipiet du Missouri ont commencé à planter des arbres, pour s'assurer, dans Bavenir, un approvisionnement suffisant de traverses et autres bois indispensables

“Nous ne vivrons pas assez longtemps pour en retirer du profit,” est la réponse que l’on reçoit bien souvent, lorsque l’on conseille de planter des arbres forestiers.

On ne pense pas ainsi en Europe : même du temps du bon Lafontaine : “ Un octogénaire plantait.” l'ermettez-moi de vous rappeler sa réponse aux jeunes gens, qui se moquaient de ce qu'il plantait des arbres à son âge :

. La main des Parques blèmes

De vos jours et des miens se joue également.

Nos termes sont pareils, par leur courte durée. Qui de nous des clartés de la voûte azurée Doit jouir le dernier ? Est il aucun moment Qui nous puisse assurer d'un second seulement ? Mes arrière-neveux me devront cet ombrage :

Eh bien ! défendez vous au sage De se donner des soins pour le plaisir d'autrui ? Cela même est un fruit que je goûte aujourd'hui; J'en puis jouir demain, et quelques jours encore ;

Je puis enfin compter l'aurore

Plus d'une fois sur vos tombeaux.

Je ne prétends pas que toutes nos terres doivent être plantées en arbres forestiers: cela serait absurde. Elles sont généralement trop étendues pour les forces de ceux qui les cultivent. Ïl y a toujours quelque coin isolé, quelque angle informe, quelque côteau rocheux, quelque fond humide que l'on ne cultiverait qu'à perte et que l'on n'a pas le moyen d'améliorer; commencez à planter des arbres sur ces terrains qui n° vous donnent maintenant aucun profit; choisissez l'arbre d’après la nature du sol ; vous en trouverez pour chaque espèce @e terrain.

Une fois plantés et bien repris, ils demanderont peu de soins et augmenteront annuellement de valeur dans une proportion beaucoup plus rapide qu'on ne le pense généralement, comme j'aurai l’occasion de le démontrer au sujet du noyer noir.

En choisissant les arbres que l'on se propose de eultiver, la première considération doit être la nature au sol où l'on veut planter Ni ce sol n’est pas favorable à une certaine espèce d'arbres, ne perdez pas votre temps en les v plantant:; vous trouverez d'autres arbres auxquels ce sol conviendra. .

Après avoir dûment considéré Ja nature du sol et du climat, les considérations qui doiven’ vous guider dans le choix des espèces d'arbres sont les suivantes :

10 La valeur du bois.

20 Le degré de facilité avec leque! ies arbres reprendront.

8o Le temps qu'ils mettront à atteindre leur maturité.

Le prix du noyer noir est si élevé (un dollar le pied cube) aujourd’hui, et il devient si rare, qu'il m'a semblé plus digne qu'aucun autre d’être introduit et cultivé avec soin, d'autant plus qu'il est facile à cultiver et qu'il croit très vite. Il est vrai qu'il ne pousse pas spontanément dans la Province, mais'cela n’est pas une raison suflisante pour conclure qu'il ne pourrait pas y réussir. Voyez le lilas, ce n'est pas un arbre canadien ; il vient de la Perse et cependant sa végétation est plus vigoureuse que celle de l’érable, l'arbre canadien par excellence ; il ouvre ses bourgeons au printemps, avant l'érable, et conserve ses feuilles, en automne, plus tard que lui. Nos grands froids ne m'ont pas paru devoir être un obscacle fatal, car dans l'Ouest, la patrie du noyer noir, le thermomètre descend souvent aussi bas qu'ici, quoique pour moins longtemps à la fois.

Contrairement à l’opinion générale, même de ceux qui manient et qui travaillent le bois tous les jours, le noyer noir et le chêne augmentent leur diamètre beaucoup plus rapidement que le pin et l'épinette. Comme de raison, les résultats doivent varier considérablement suivant la qualité du terrain où les arbres ont poussé, leur exposition et les circonstances dans lesquelles ils se trouvent placés : dans le même arbre l'on ne trouvera pas deux années où

ni peu is une énérau sujet

, culti- 1 sol où ne cern les y

ce sol

»l et du dans le

repreli-

iaturité.

le pied

semblé vé avec vil croit ent dans 1te pour lilas, ce > cepenl'érable, geons au +, EN aln'ont pas la patrie ussi bas

ceux qui le noyer oup plus aison, les it la quiosition el

placés :

années où

SE ee la croissance ait été absolument la même. Le noyer noir donne un bois plus précieux que le pin et l’épinette; il pousse plus vite qu'eux et il reprend beaucoup plus facilement; il n'y à pas à hésiter entre le choix de ces arbres, lorsqu'on à de bon terrain ; mais ne plantez pas le noyer noir dans une terre pauvre: "il mérite d’être bien traité.

Quels sont les profits que donne sa culture ? En jugeant d’après les cercles annuels, dans le bois coupé, et d’après la croissance d'arbres maintenant vivants, je n'hésite pas à dire que le noyer noir, dans des conditions favorables. atteindra vingt pouces de diamètre en quarante cinq ans: (j'ai reçu l'assurance que, dans l’ouest d'Ontario, dans des terrains d’alluvion, il atteint ce diamètre en moïtié moins de temps). Il contiendra alors environ quarante pieds cubes, dont le prix actuel est d’un dollars.

Combien d'arbres de cette dimension peuvent pousser à la fois sur un arpent en superficie ? Il est difficile de trouver au Canada une plantation régulière d'arbres de cette taille, et la manière irrégulière dont les arbres sont groupés dans la forêt ne laisse qu'une vague impression, qui varie suivant l'expérience de chaque personne.

D’après l'honorable F. B. Hough, chef du département des Forêts au ministère de l’Agrie ulture, à Washington, un acre de terre peut supporter six cent quatre vingts arbres de l’âge de cinquante-et-un ans; d’après les auteurs forestiers français, ce même terrain ne supporterait qu'environ quatre cents arbres de quarante à quarante cinq ans. En prenant ce dernier chiffre, l'on réaliserait, au bout de quarante cinq ans, avec des noyers noirs de vingt pouces de diamêtre (donnant l'un dans l'autre quarante pieds cubes, à un dollar du pied) la somme énorme de seize mille dollars pour un acre (un peu plus qu'un arpent) en superficie ; diminuons ce résultat de moitié, et l'on verra quel immense profit cette culture peut rapporter.

La valeur de cette plantation augmente régulièrement de jour en jour, à partir du moment où les arbres ont pris racine ; c’est une valeur négociable longtemps avant l’'échéance, Dans tous les cas c’est une fortune à laisser à vos enfants, c'est une assurance sur votre vie en leur faveur, avec cette différence que vous n'avez pas de prime à payer chaque année, Vous vous procurez quelques poignées de

jioix : vous mettez un arpent ou deux à part, et une fois les arbres bien repris, vous n'avez pas d’autres soins à leur donner que de veiller aux clôtures, de travailler la terre, au pied 4 arbres tant qu'ils sont jeunes, et d'éclaircir la plantation.

Ïl vaut mieux semer les noyers assez dru, de quatre pieds en quatre pieds dans tous les sens, [ls se protégeront mutuellement dans leur jeunesse et on les éclaircira à mesure que le besoin s'en fera sentir. On doit rechercher autant que possible pour les nouvelles plantations quelque abri contre le vent qui souflle ordinairement avee le plus de violence, le voisinage d'une colline où d'un grand bois. Les branches du noyer noir sont tendres, c'est le seul inconvénient que j'aie remarqué jusqu'ici ; mais il n'est pas fatal : inême les plus jeunes arbres perdent sotivent plusieurs branches et reçoivent de larges blessures sans en mourir. C’est un arbre extraordinairement vivace, et depuis sept ans que je le cultive, les plus grands froids de l'hiver n’en ont pas fait périr un seul. Pour éviter les retards dans Ha croissance et les risques de Ja transplantation, il vaut mieux semer de suite le noyer noir (et tous les arbres à racine pivotante) là où ils sont destinés à croître, lorsqu'il est praticable de le faire.

Les résultats de cette culture m'ont paru si encouraœeants que fai semé, cet attomne, environ dix mille noix de noyer noir. Il est facile de se procurer les noix dans la partie ouest de la province d'Ontario.

Il y a plusieurs autres arbres utiles qui peuvent être eultivés avec facilité et profit, dans la Province : le nover tendre, le chêne, l'orme, l'érable, ke frêne, le tamarac. le pin, l'épinette, etc. ete. Tls poussent dans nos forêts, à l'état sauvage: la culture les fera croitre beancoup plus rapidement. Nous avons des arbres pour tous les terrains et toutes les expositions. Tout homme qui veut s'en donner la peine peut entreprendre leur culture en toute confiance. Les déboursés sont presque nuls ; il faut du soin et de la patience ; mais les profits sont hors de toute proportion avec la dépense et la valeur de Ja main d'œuvre.

H.-G., Jorx.

‘que plus bois.

1confatal :

sieurs ourir.

s sepl x n’en ans la vaut bres à rsqu'il

courae noix ans la

nt être noyer

race, le rêts, à p plus Yrains u don-

te contu SOIN TOpOr-

OLY;

Page 1