DEUXIÈME PÉRIODE
C'est encore par le journalisme, mais pus abondant et plus éclairé, que s'ouvre celle nouvelle période. Québec a créé un véritable centre intellectuel en fondant son Université Laval (1852). Des périodiques a, paraissent qui ont une vérilable valeur littéraire : les Soirées cana-
français (1888),
: ), el, de nos jours, la Nouvelle l'rance el la Revue f'anco-américaine, A Montréal
lilléraire se manifestant par la fondation du Journal : publique (1857), l'Echo du Cnbinet de le
evue canadienne (1861), l'Opinion publique (1870), la Montréal (1877). Quelques-unes des meilleures
patriolique et religieuse encore, se fail ee ‘ariée. L
de la poésie d'alors, c'est la Légende d'un peuple, nalionale où l'auteur, Louis Fréchette,
es plus dramatiques de notre hisloire,
est plus fanlaisisle el moins traditionnelle
L'hisloire devient plus scientifique, s'attache davantage aux détails.
Elle ne dépasse pas toutefois l'œuvre de Garneau, elle la complète
plutôt, l'explique et l’agrandit, L'histoire restreinte à des époques particulières et à des Personnages spéciaux, les monographies vont se mullipliant. L'abbé H.-R. Casgrain (1831-1904) publie : Histoire de la
i Mère Marie de l'Incarnation (1864). Biographies canadiennes, Pèle- | rinage au pays d'Évangéline (1885), Montcalm et Lévis (1891), son meilleur ouvrage; Une seconde Acadie (1894), etc. L.-P, Turcotte
écrit le Canada sous l'Union (1871); T.-P, Bédard, l'Histoire de Cinquante ans (1791-1841); Gérin- joie, Dix ans d'Histoire du Canada (1840-1850), ouvrage qui n'a paru qu'en 1888. M. Benjamin Sulle est un érudit. 11 faut surtout citer son Histoire des Canadiens-
is, publiée en 1882. Parmi! les autres historiens ou annalisies mentlonnons seulement : MM. L.-0. David, N.-E. Dionne, Jos.-Edmond Roy, l'abbé Auguste Gosselin, Alfred Decelles, Thomas Chapais, ele, Quelques écrivains français, la plupart très sympaibiques à notre Pays, ont également éludié certaines périodes de notre hisioire : Ciluus Rameau de Saint-Père, Xavier armier, l'abbé Faillon, H, de Lamotte, MM. re À Harrisse, Salone, Siegfried, Albert Métin, Maurice Dewavrin, elc.
Le roman, genre nouveau et peu varié, s'esl enfermé presque exclusivement dans l'histoire nalionale. P.-J.-0. Chauveau, dans Charles Guérin (1863); Gérin-Lajoie, dans Jean Rivard, le’ dépri. cheur, et Jean Rivard, l'économesle, traitent la question vitale de la colonisation. Philippe Aubert de Gaspé, le plus populaire de nos romanciers, a écril un délicieux roman de mœurs, les Anciens Canadiens, qu'il a complété par des Mémoires. Joseph Marmetle, Edmond Rousseau, M. Napoléon Bourassa, Laure Conan ont publié de bons romans historiques. Arthur Buies, Oscar Dunn, Hector Fabre, Hubert Larue, J.-C. Taché, P.-J,-0. Chauveau, Joseph Tassé, Charles Ducharme, Napoléon Legendre, MM. Ernest Gagnon, Lemoine et A.-L. Routhier, ont écrit des ouvrages d'imaginalion ou autres qui consliluent une bibliothèque variée et instructive. D'humbles et patients travailleurs ont contribué pour une large part au rès cette lillérature d'érudition ou de fantaisie, en compulsant les archives, en fondant des bibliothèques, en répandant le goût de l'archéologie et des éludes bibliographiques, Voici les noms des pl; aclife et des plus judicieux : Jacques Viger, l'abbé Laverdière, Mer Gyprien Tan-
uay, l'abbé H.-A, erreau, enfin M. Pierre-Georges Roy directeur dopals de longues années du Bulletin des Recherches historiques. La géographie est entrée dans la littérature avec Aribur Buies, l'un de nos écrivains les plus personnels, Faucher de Saint-Maurice, Ms’ Taché et quelques auteurs de récits de voyages.
L'économie sociale et litique a déjà donné de bons ouvrages, dus surtout à J.-P. Tardivel, Edmond de Nevers, M. Errol Bouchette. Crémazie, l'abbé Casgrain, Edmond Lareau, M. l'abbé Camille Roy, ont réussi dans la critique littéraire. L'éloquence politique et l'éloquence académique ont produit quelques bonnes is On a publié les Discours de George-Etienne Cartier, Honor Mercier, Adolphe Chapleau, sir Wilfrid Laurier, les Conférences religieuses de l’abbé Holmes. Notre lilléralure dramatique ne comple qu'un petit nombre de pièces. L'abbé Provencher et Me Laflamme se sont appliqués à vulgariser les sciences naturelles.
n résumé, on peul affirmer que la littérature Canadienne-française existe. Le nombre et la valeur de ses œuvres, son 4 go élevée, son identification avec la vie du peuple, sa fidéliié à nos traditions nationales, son inaltérable respect pour la foi calholique, lui assigne la meilleure place dans la biblioth que de tout vrai Canadien, I] ya
lus. Elle offre ce précieux avantage, qui lui est tout à fait particu- Le, de pouvoir être mise, sans danger pour la foi et les mœurs, entre toutes les mains.
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TABLE ALPHABETIQUE