‹ Troisième monographieChapitre 18 sur 35 · BU TISSU CELLULAIRE · texte numérisé non relu

BU TISSU CELLULAIRE

quelquefois jaunâtre, a la peau, par exemple, comme si ce tissu était mêlé d'un peu de tissu jaune-, ils sont plus ou moins fermes et élastiques; ils peuvent se résoudre en gelée par l'eau bouillante, se ramollir ou s'indurer, se rétracter, s'ossifier dans les maladies et même dans l'état sain. Ils se montrent au microscope, composés de fibrilles fines, comme les fils d'un écîieveau de soie vus à l'œil nu.

Du tissu cellulaire.

Le îîssu cellulaire étant répandu par toute l'ëconomie, et jouant un rôle très-important dans les maladies des organes du mouvement, je ne puis omettre de dire quelques mots de ceiui des organes du mouvement. C'est d'abord celui qui enveloppe les fibres charnues dont j'ai parlé, et celui qui revêt le tissu ligamenteux, puis les jointures, les synoviales et les os eux-mêmes, comme les muscles. H sert de lien à tous ces organes, à une foule de tissus. A l'œil nu etinsufflé, il paraît composé de lames entre-croisées en tous sens, et embrassant des cellules de formes trèsvariées dans leurs aréoles; mais sans insufflation, il semble formé d'une matière molle comme le miel, comme une résine molle, é'.astiqtie, visqueuse dans ses parties constituantes, mais sans adhérer aux doigts qui !a touchent. Il est d'une extensibilité et d'une contractilité de tissu admirables qui luipermettent de prendre toutes les formes. C'est donc une substance protéiforme, singulière et bizarre. Examiné à un grossissement de trois cents fois, le tissu cellulaire est parfois filamenteux comme une chevelure de femme; qu'est-il en réalité physiquement? Je n'en sais en vérité rien. Chimiquement, c'est un composé de gélatine, d'albumine, etc.

Il est d'ailleurs doué d'une contractilité vitale lente

lô MALADIES DES ORGANES DU -MOUVEMENT.

continue, sa contracfilité de tissa siigraente par le froid et diminue d'action par la chaleur. Il est trèssujet aux inflammations aiguës et chroniques, au ra- ■ mollissement, à la suppuration, à la rétraction et à i'induraîion ; nous en aurons des exemples multipliés dans les maladies articulaires, et ces faits nous donneront, je crois, la clef de phénomènes morbides jusqu'à présent incompris. Ce tissu forme d'aiileurs plusieurs modes fort distincts : 1° le tissu cellulaire dense sous-cutané du crâne, du pavillon de l'oreille, etc.; T le tissu cellulaire lâche, extensible et non graisseux par lequel l'aponévrose épicranieone glisse sur les os du crâne, la peau de la verge sur les corps caverneux, etc.-, 3° le tissu cellulaire iâehe mêlé de tissu graisseux que Ton trouve sfsus la peau. dans riiitervalle des m?jscles, dans l'abdomen, ia région des lombes, etc.; 4" le tissu cellulaire interstitiel qui s'observe enîre les fibres, les lamelles, les flocons ou les granulations du parenchyme des organes.

Du tissu ligamenteux des muscles.

C'est l'ensemble des parties du tissu ligamenteux qui se rattachent aux muscles et les lient aux os, à quelques cartilages, et même parfois à la peau. Ces parties sont : i° des faisceaux ; 2° des gaines; 3* des tendons internes; h° des rubans; 5° des aponévroses ; 6° des arcades; 7" des anneaux ligamenteux; 8° les aponévroses d'enveloppe commune; 9° les iatersections de quelques muscles.

Quoique toutes ces parties conSieunentpeu de vaisseaux, elles jouissent de bien plus de vitalité qu'on ue croit, car elles sont très-sujettes à l'inilanimatioK rétractive, comme on l'a déjà vu par ce que nosîs avons dit de celte phlegmasie, t. il, p. 61, et comme on le comprendra mieux encore plus bas.

DU TISSU liga.miï:nteux des muscles. 11

~ Les faisceaux ligamenteux sont des faisceaux de fibres blanches, non arrondis, que Ton voit en une foule d'endroiîs, à plusieurs des attaches du masseter, du ptérigoïdien interne, du j?rand pectoral au sternum; du sternomastoïdien au temporal, à l'occiput, à la clavicule; du grand fessier au sacrum; du deltoïde à la clavicule, à l'épine du scapulum, à l'acromion , etc. ; et les fibres de ces faisceaux sont généralement fasciculées, < t non isolées, comme les fibrilles de la surface du velours.

Les gaines ou tendons externes sont des étuis ligamenteux arroridis à trois ou quatre côtés, comme les parois de nos appartements. Elles sont complètes ou incomplètes : complètes, tous les côtés de la gaine sont ligamenteux; incomplètes, les uns sont ligamenteux, les autres celluleux ou osseux, c'est-à-dire formés par du tissu cellulaire ou par un os; et comme ces gaines sont placées les unes devant les autres et à côté des autres, leurs parois forment souvent des cloisons communes qui les séparent les unes des autres, absolument, pour reprendre ma comparaison, comme celles des différentes pièces d'un même appartement. Les parois ligamenteuses ou osseuses étant fermes et solides, fournissent des attaches et des appuis aux fibres charnues des muscles; mais il n'en est pas de même des parois celluleuses. Il résulte aussi de là qu'indépendamment des fibres charnues qui naissent de la surface des os, il y en a une innombrable multitude qui viennent des parois ligamenteuses des gaines. Cet ingénieux artifice multiplie ainsi prodigieusement ie nombre des fibres charnues et la puissance des muscles. Comme ces gaines se fixent quelquefois plusieurs ensemble à une tubérosité osseuse par un pédicule unique, par un faisceau commun, on les a prises pour des tendons massifs, tandis que ce

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