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RHUMATISME MUSCULAIRE

solution, par délitescence, par suppuration ou par la mort. La résolution est plus comuiune. La délitescence a lieu dans lous les cas où le rhumatisme se déplace soudainement, et nous venons de voir, par ce que nous avons dit, que ce phénomène n'est point rare. Quant à la suppuration , elle €st niée par un certain nombre de médecins, et il est au moins certain qu'elle est fort rare.

Quoique nous l'ayons rapproché de la carnite, nous ne regardons point le rhumatisme comme une affection de imture inflammatoire, c'est, pour nous, une simple myodlnie, une simple douleur, et lorsqu'il présente quelques caractères inflammatoires, à nos yeux i! en est compliqué, et rien de plus. Mais il forme pour nous différents modes, 1° suivant qu'il est causé par efî"orts, par suppression d'actes vitaux, par le froid; 2" suivant qu'il est aigii, chronique, et compliqué ou non d'inflammation.

Diagnostic dn rhumatisme musculaire. îl est fondé d'abord sur ce que la douleur a son siège dans la portion charnue, s'exaspère surtout par les efl"orts, est ordinairement sans altération matérielle appréciable pendant la vie comme après la mort, et, le plus souvent, sans fièvre. On en distingue les différents modes à leurs causes, à leur marche et à leurs terminaisons. On le distingue de la carnite à ce que celle-ci tient le plus souvent à des violences extérieures qu'au froid, qu'au déplacement brusque d'un rhumatisme précédent, à ce qu'elle n'en a pas la mobilité, est plus souvent accompagnée de fièvre et se termine moins souvent par résolution et plus fréquemment par ramollissement et suppuration.

On le distingue des névralgies régulières et évidentes, en ce qu'il ne suit point le trajet et les ramifications des nerfs comme celles-ci ; des névralgies irrégulières et

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douteuses, parce que ceiks-ci ne se montrent pas dans les fiijres charnues, ne son! pas augmeniées par la contraction de ceiies-ci, et ne l'empêchent point. Celles-ci sont elles-mêmes des rhumatismes des nerfs ou peut-être des tissus blancs qui en font partie.

Pronostic. — Le rhumatisme musculaire est en général peu grave, si ce n'est par sa délitescence, par son déplacement sur un organe important, dont il enraye on gêne considérablement les fonctions.

Les ontolopkobes crieront probablement avec leur maître Broussais, à l'ontologie! mais je persiste à croire le mot déplacement nécessaire pour exprimer le développement successif ou la génération d'une maladie secondaire par une première, avec laquelle elle offre des anaioi^ies de nature par sa mobilité, et des liaisons de famille par sa succession.

Traitement général indiqué t. 2, p. G90 , et plus particulièrement pour le rhumatisme musculaire circonscrit : briques chaudes, vésicaloires volants ou entretenus quelques j(mrs et renouvelés; quelquefois acupuncture avec aiguille d'une à vingt, ce qui ne laisse pas que d'être douloureux. Quand le mai est étendu, étuve sèche de 50 à 80, 90", suivant la force du malade. Quand il y a complication d'inflammation et de fièvre, anîiphlogistiques loeaux par ventouses scarifiétes et sangsues. Quand il est dû à une suppression, à une suspension d'acte vital, rétablissez cet acte, par exemple les transpirations des pieds, de fa iête, de la poitrine ou du ventre. S'il tient à la suppression dsa rhumatisme d'une autre région, rappelez-le par des synapismes, des vésicaLoirco, s'il gêne moins dans la première région, etc.

DÉGÉiXér.ATlONS BES MUSCLES. 27

DÉGÉNÉRATIONS DES MUSCLES.

Dêgénéraîions celhikuses, graisseuses, Mgaînejiteuses .

Causes : Eepos prolongé des muscles par suile d'inaction, de paralysie, de pied-bot, d'incurvations Tcriéhraies; j)lus souvent, suivant M. Dachenne, efforts de contractions continues, ce qui ne me paraît pas suffisamment prouvé ( voy. Etude comparée de l'atroph. musc, graisseuse, etc., p. 33, 3â, etc.); affectitms convulsives antérieures des muscles malades, suivant Deîpech {Orthomorphie , i. I, p. 83,84); ankilose, rhumatisme chronique, qui paralysent l'action musculaire (Lieutaud, Hist, anat., t. iï, p. 3â6;; héréditT'. (Duchenne, loc. cit. p. 35, 36). •

Ca?-. anat. — Diminution de volume des muscles dont le tissu cellulaire est augmenté ou devenu fibreux, ligamenteux, plus résistant, moins extensible, plus court ou graisseux, et dont la fibre charnue est plus pâle, plus ou moins atrophiée, et peu ou point contraclile. Ordinairement la graissa, occupe la partie cellulense des fibres charnues et paraît remplacer ces fibres, en même temps qu'elle les atrophie.

On observe la dégénéralion graisseuse surtout dans les jumeaux, le soléaire dans les muscles des gouttières vertébrales. Cependant, on l'a vu dans les muscles du pied (Vicq-d'Azyr, Mém. des Sav. étr., t. VI55), de la face (Jsenflamm dans Lobstein , p. 365), de la cuisse (Letual, Journal de méd. et cliir., etc, t. XXXV, p, 1770;. M. Duchenne l'a rencontrée dans une foule de muscles disséqués et la regarde comme certaine sur le vivant quand le muscle ne se contracte plus sous l'influence d'u7i courant d'induction électrique au maximum.

Sympt, et marche. — Ordinairement indolence des muscles altérés, contractions affaiblies ou nulles (Du-

chenne, Valeur de l'électris.)^ diminution de la sensation de l'électricité, mouvements bornés ou empêchés par le raccourcissement et quelquefois par Tinextensibililé de certains muscles, par leur résistance, lorsqu'on essaie de les étendre et de les allonger, phénomènes qui vont d'abord en augmentant, puis finissent par rester stationnaires; enfin atrophie plus ou moins considérable du membre lui-même.

On reconnaît, et surtout on soupçonne ces dégénérations aux caractères anatomiques extérieurs, coïncidant avec les symptômes. Le pronostic est sérieux, parce que l'aflection mutile parfois les membres. Le traitement comisle, à exciter, à réveiller la contractilité et la vie dans les muscles malades par félecli icité, et, suivant M. Duchenne de Boulogne, par l'électricité faradique; par des frictions ammoniacales plus ou moins actives, des vésicaloires, des douches de vapeur et d'eaux chaudes, par la flagellation, l'urtication, l'acupuncture, quoiqu'on ne doive pas s'en promettre de grandes espérances.

Suivant M. Duchenne, lorsque les muscles commencent à s'atrophier, qu'ils ont des contractions fibrillaires, il faut agir pour arrêter le mal (Frt/ew de félectrisaiion ou faradisation localisée , p. 67. Ballet, thérap., 1853); mais l'atrophie héréditaire est bien plus difficile a guérir que celle qui est due à des efforts continus et excessifs (p. 18-19). 11 ne faut pas d'abord perdre son temps à électriser des muscles graisseux qui ne se contractent plus. Mais il faut commencer par les muscies les plus malades et les plus utiles. Il faut des appareils de très-grande force et à intermittences très-rapides. La sensibilité des muscles, d'abord obtuse, augmente en général très- Tite ; diminuez alors l'intensité du courant tout en agissant à une dose aussi élevée que possible, pen-

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dant huit à dix minutes au plus, sous peine d'achever la ruine des muscles. Le traitement étant en général très-long, il convient d'alterner, avec l'emploi des eaux hydro-sulfureuses, naturelles, artificielles; d'user de ferrugineux, des toniques à l'intérieur, p. 23. A l'appui de ces principes, l'auteur ripporte plusieurs observations dont voici l'extrait :

Obs. de Bernot, marchand des quatre saisons, atrophie du grand dentelé droit, des trapèzes, des rhomboïdes, et de plusieurs autres muscles de l'épaule et du tronc; atrophie moins avancée dans d'autres avec contractions librillaires : après cinq mois d'électrisation (p. 5), guérison du grand dentelé, plus de contractions librillaires par l'électrisation locale, développement de quelques muscles qui étaient en voie d'atrophie; persistance de la cure, malgré la reprise d'un travail fatigant, et l'exposition aux intempéries de l'atmosphère.

Obs. de Bonnard (p. 6), mécanicien, âgé de 25 ans, .de bonne constitution, ayant souffert et fatigué beaucoup en 18/i8, est d'une maigreur alTreuse. — Exploré par l'électrisation, quelque intense que soit le courant de l'appareil d'induction, à peine y a-t-il des contractions fîbrillaires très-rares dans les pectoraux, les 2/3 inférieurs du trapèze, dans les grands dorsaux, etc., dans ceux du membre supérieur gauche (p. 8). Sensation diminuée proportionnellement dans les muscles atrophiés, normale dans la peau. Contractions fîbrillaires dans des muscles non atrophiés ou à peine; faiblesse musculaire extrême; gêne de la respiration ; électrisation des nerfs phréniques répétée 3 ou h fois par semaine, rétablissement de la respiration. Même opération pour les muscles du membre supérieur gauche, pendant 10 minutes à chaque fois, pour que le malade puisse travailler promp-

teraent; mais il falluf. six mois d'élecLFisafion : alors augoieotation de volume des muscles atrophiés. En général les malades ne doivent pas reprendre vite leor travail, et surtout se livrer continuement à des efforts de peur des rechutes déjà plusieurs fois observées (p. 10).

Obs. de Gaulard, âgé de 31 ans, porteur au marché à la volaille, qui a couché souvent an froid humide, et attribue son mal à ce que, depuis quelques années, il a été forcé de porter des fardeaux sur sa tête, les bras en Fair, an lien de les porter sur le dos. Alors, suivant lui, amaigrissement de certaines parties , c'est-à-dire atrophie musculaire des sacro-épineux, deltoïdes, sous-épineux, trapèzes, de quelques interosseux des mains, contractions fibrilîaires dans une foule de points, et que le malade ne sent pas, sensibilité cutanée, noroiale,^ muscles atrophiés, anestéésiés; guérison rapide par i'éîecîrisatiou locale; rechute à la suite d'un nouveau travail forcé, guérison nouvelle (Voyez en outre Y Histoire de l'aiwpkie musculaire progressive, par M. x\ran, BuUet. tliérav., t.XXXlX,p. /Î73).

Dégénérations cartilagineuse, osseuse.

Je n"ai pas vu îa première, mais d'autres l'ont rencontrée, et je n'ai pas de raisons pour la nier. J'ai vu îa seconde sur le biceps d'un bras déposé dans le musée Dapuytreo, et bien que l'ossification corresponde au tendon inférieur du muscle, elle est si volumiueuse que les fibres charnues paraissent s'y être eliesmèmes ossifiées en partie. On conçoit qu'il n'y a guère de traitement pour une pareille altéralion.

Productions morbides ou morbifomiations des muscles.

Des kistes, des hydatidcs, des cancers s'y dévc-

DIATIlliSES, Ôl

{'oppeot sans donner îien à des symptômes spéciaux et sans exiger de traitement spécial.

Obs. J'ai extirpé, en IfsSS, du bras de Virginie Cobecen,âgéededix-septans,îe26foai,à iliôpital Saint- Louis, une tumeur de la grosseur d'un œof de poule, fjni s'était développée dans ie biceps brachial. Elfe adhérait en même teoîps d'une manière si intime à l'artère huméralc, que je crus devoir laisser une portion du kiste adlîércnî.e au vaisseau, plutôt que d'essayer lï l'en séparer. Jjn éryslpèle trausEatique menaça un moment la guérisoï! : l'élévation du bras et; des coojpresses irabihées d'eau blanche l'arrèlèrent, et la malade sortit guérie le 10 juin, quinze jours après î'opératJGn.

Diallicses.

Les muscles participent ans aïTccl.ions raulliples des ciiaîkcses. Dans îe scorbut il s\y produit au moindre eôbrt des déchirures et des épancheiïîenls sanguins,

au rapport de M. Gruveiîbier. {Musc!. Dict. en 15 v., L 11, p. 565.)

Diathèse syphilinnue. — Les muscles sont îe théâtre de lésions syphiiitjïjoes plus remarquables encore. Des phîegœasiGs locales, des dorileurs rhiisiiafoïdes, des contractures, des tumeurs, et conséeutivement des dégénérations fibreuses ou ligameatenses, cartiîaginlformes et raérae osseuses s'y font remarquer. Âstruca depuis longtemps signalé les douleurs rhanaatoïdes sous ie nom de rhomatismales, et les tumeurs syphilitiques, qu'il expliquait par l'infiltration au virus vénérien. (Trad. franc,, t. lY, p. hQ.) Petit- Badel parle aussi de ce rhuffiatisme syphilitique et des rétractioQs rebelles qni en sont la suite. (Cours de ■inaL syph.^ t. Il, p. 78.) M. Lagneaa a vu quelques exemples de rétractions. (Loc« cit., î. î, p.. kàh.)

M. Ph. Boyer en a observé deux de son côté, (Traité de la syph.^ 1836, Paris.) M. Ricord en a vu d'autres après, {Gaz. des Hôp.^ l8/i2, p. 98.) Mais B. Bell ne trouve pas les maladies vénériennes des muscles aussi communes qu'on le dit. (Loc. cit., t. II, p. 186.) Les observations du professeur Bouisson ne laissent pas de doute sur l'existence de ces aflections; aussi j'en parlerai surtout d'après lui. {Gaz.méd. de Paris, 18Zi6, p. 211.)

Les douleurs musculaires syphilitiques tiennent surtout à une syphilis ancienne et invétérée, et se montrent le plus souvent après les symptômes tertiaires des os et des tissus Hj^amenteux, en quatrième ordre. Elles suivent la direction du corps charnu des muscles, augmentent par la contraction, sont moins profondes que celles des os, et ee font senîir la nuit surtout. A la longue elles peuvent être suivies de rétraction et de tumeur musculaire, mais elles ne s'accompagnent pas ordinairement de symptômes locaux inflammatoires et ne donnent pas de fièvre, à ce qu'il paraît. Cependant Astruc les décrit comme s'accompagnant dans certains cas de tension, de pulsations avec gonflement inflammatoire manifeste.

Les rétractions de la partie charnue des muscles succèdent aux douleurs, et surtout, suivant M. Lagneau, h des phlegmasies chroniques de ces organes, qui déterminent des flexions permanentes, désignées sous le nom de contractures syphilitiques. Ce fait rentre dans la doctrine des rétractions.

Obs. de M. Ph. Boyer. Il en a vu deux cas dans le biceps brachial, chez des malades qui présentaient simultanément des syphilides ulcéreuses et des afl'ections du système osseux.

Obs. de M. Ricord. Il en a vu d'autres dans les muscles de l'avant-bras. Voici un de ces faits. Un malade

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