‹ Troisième voyage de Cook, ou Voyage à l'océan Pacifique [microforme] (volume 2)Chapitre 16 sur 82 · ECLAIRCISSEMENS SUR LE CAP DE LA CIRCONCISION · texte numérisé non relu

ECLAIRCISSEMENS SUR LE CAP DE LA CIRCONCISION

Pour servir de suite à ce qu’on en dit a la page 20 de Introduction.

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PREvVES que le Capitaine Cook a cherché le Cap de la Circoncision sous son véritable méridien , et que les Objections qu’on lui a faites, a cet égard , ne sont pas bien fondées.

Par M. Wales, quia accompagné M. Cook dans son second Voyage.

M. LE Monnier a publié, dans les Mémoires de l'Académie Royale des Sciences de Paris, imprimés en 1779, des observations d’où il résulte que M. Cook s’est mépris sur la position de la terre ordinairement : appelée Cap de la Circoncision, et qu’au-lieu de la cherche sous le méridien de 9 degrés et demi ou ro degrés de longitude orientale, il auroit dû la chercher sous un méridien qui n’est qu'à 3 degrés ou 3 degrés et demi à l'Est de celui de Greenwich; que par conséquent elle eut exister, malgré tout ce qu'on a fait vainement pour a retrouver. Le volume de l’année 1779 offre de plus deux nouveaux Mémoires , auxquels des objections faites à sou premier Mémoire, devant l’Académie , semblent avoir donné lieu. J’ignore les raisons qui ont déterminé l’Académie à ne pas imprimer les objections os produites l'hypothèse de M. /e Monnier, et cet Académicien n'en parlé pas avec assez de detail, dans ses deux répliques, pour que je puisse juger de leur importance ; j'y

( 80 ) vois seulement qu’elles présentoient des raisons contre la quantité de déclinaison que M. le Monnier suppose à io degrés de longitude et 54 degrés de latitude Sud : incident qui me semble avoir peu de rapport avec l’objet de la dispute. ,

Il est peu intéressant pour la Géographie de savoir si la terre appelée Cap de la Circoncision existe ou n'existe pas; car ceux qui soutiennent son existence avec le plus de chaleur, doivent convenir que c'est une Tsle peu considérable , et qu’elle n’est d'aucune utilité. La question en elle-même ne mérite donc pas qu’on la discute ; mais, en soutenant son système, M. le Monnier (je suis fâché de le dire) s’est efforcé, sur-tout dans son second morceau, de critiquer avecun peu d’aigreur l'opinion et la conduite de M. Cook, dont j'ai toutes les raisons possibles de défendrela mémoire: les Officiers et les Observateurs qui l’accompagnoient ayant d’ailleurs pensé comme lui, je veux exposer les motifs qui ledéterminèrent à ne pas souscrire aux argumens que fait M. le Monnier en faveur de sa supposition. Ce qu'on lit à la page 286 du tome IT de l'original du second Voyage de Cook, montrera à M. Ze Monnier que M. Cook examina ces argumens. Ilconyientde faireobserverici que M. Cook n'a point voulu, dans ce qui lui est échappé sur cette ques= tion, diminuer la gloire de M. Bouvet, dont il estimoit beaucoup les talens : on peut , en conservantune opinion favorable des travaux d'un Navigateur, avoir aussi une opinion favorable des siens; et lorsqu'on ne se trouve point d'accord avec un rival , s’efforcer de prouver qu’on ne s’est pas mépris soi-même. M. Ze Monnier a donc eu tort de s'exprimer comme il l’a fait en plusieurs endroits de son second Mémoire.

Les argumens de M. le Monnier se réduisent à ceci. En 1739, époque de la découyerte de M. Bouvec, les méthodes pour déterminer la longitude en mer, étoient très-défectueuses , et le méridien des terres vues alors par les Navigateurs étoit également incertain. M. le Monnier » présumant qu'il en est ainsi du Cap de Za Cire concision , recherche quelle a été la quantité de la déclinaison de l’aimant observée par M. Bouvet à cet endroit; il rappelle les observations de la méme espéce, faites a d’autres endroits des environs, à- peu-près à la même

quan lutic

époque, avant et après ; et ayant comparé ces observations, il conclut qu'au temps où M. Cook parcourut ces mers , la déclinaison de l’aiguille aimantée au Cap de /a Circoncision, doit avoir été de 10 degrés Ouest, tandis qu'au point le plus occidental de la route de ce Navigateur, point où il étoit assez près du 54° parallèle Sud

our voir la terre située à cette latitude, la déclinaison ut de 13 degrés et demi Ouest. La différence de 3 degrés et demi dans la déclinaison, répondant à environ 7 degrés de longitude dans cette partie du 54° parallèle Sud, M. Cook auroit été 7 degrés trop à l'Est pour voir la terre en question. M. le Monnier finit par dire: « Il » n'est donc pas étonnant que ce Navigateur n'ait pas » découvert le Cap de Ja Circoncision, puisque c'est » à 21 degrés et demi environ de longitude à l'Est de » l'Isle de Fer, et non à 28 degrés et demi, qu'il falioit » le chercher ».

' Je montrerai, 1.° qu’en donnant aux observations faites en mer, sur la déclinaison de l'aimant, toute la confiance que leur dpnne M. le Monnier, cet Académicien a rapporté d’une manière très-inexacte la quantité de déclinaison observée à bord de Ja Résalution; ,

2°. Je prouverai, sans réplique, qu’on ne peut compter sur les observations relatives à la déclinaison de l’aimant, faites en mer, dans le cas où il les applique;

Et enfin qu'il ne s’étoit glissé aucune erreur essentielle dans la longitude estimée de M. Bouvet, et que, s'ils’ est glissé quelqu’erreur, elle est en sens contraire de sell que suppose M. /e Monnier.

Premièrement, M. Ze Monnier a rapporté d'une manière inexacte la quantité de déclinaison observée à bord de Ja Résolution. Le 16 Février, à midi (*), ce vaisseau éloit par 54 degrés 31 minutes et demie de latitude Sud, c'est-à-dire ,assez près du 54° parallèle, pour voir une terre élevée, dont l'extrémité Nord se trouveroit au Sud de cette hauteur; nous étions alors 6 degrés à l'Est du

(*) Je suis ici les dates rapportées dans les « Original Astronomical Observations », imprimées par ordre du Bureau des Langitudes , lesquelles, après le 14 Février 1755, différent d’un jour ds colles du Capitaine Cook. FA à

méridien de Greenwich, ou 23 degrés trois-quarts à l'Est de l'Isle de Fer, c’est-a-dire, 4 degrés trois-quarts moins que ne le dit M. le Monnier. Le soir du même jo la Résolution Etant par 54 degrés 24 minutes de atitude , et 6 degrés 30 minutes de longitude, ou 24 degrés un quart à l'Est du méridien de V'Isle de Fer, la déclinaison de l'aimant ne fut que de 12 degrés 7 minutes Ouest, c'est-à-dire, encore un degré et demi moins que ne le dit M. le Monnier, lorsque nous arrivâmes à la hauteur d'où l’on pouvoit voir le Cap de la Circonctsion. Il est vrai que le lendemain aumatin, par 54° 21/3 delatitude Sud, et 8 degrés 6 minutes de longitude Est, la déclinaison fut de 13 degrés 42 minutes vers l'Ouest ; mais ce futaprès que nous eûmes fait plus de deux degrés à peu de distance du 54° parallèlé Sud. Il est de plus extrémement probable que’ces deux déclinaisons étoient trop grandes ; car le 17 au soir, par 54 degrés 25 minutes de latitude Sud, et 9 degrés 20 minutes de longitude Est, c'est-à-dire, 1 degré un quart plus à l’Est, et dans un femps où nous avions parcouru 8 degrés et demi sur le parallèle où nous nous trouvions, la déclinaison ne fut plus que de’ 13 degrés 16 minutes vers l'Ouest. Il faut aussi remarquer que le 14 au soir, par 56 degrés 14 minutes et demie de latitude Sud, et 4 dégrés 50 minutes de longitude Est, c’est-à-dire, un degré seulement à l'Ouest du point où a Résolution atteignit, pour la première fois, une position d'où-nous pouvions découvrir une terre située à 54 degrés de latitude Sud, la déclinaison ne fut que de 6 degrés 50 minutes Ouest. J’ajouterai encore que, le 1.4 mars 1774, I’ dventure n’observa pas plus de 32 degrés trois-quarts de déclinaison Ouest , quoiqu’elle fat alors considérablement au Nord et à l'Est de notre position du 17 Février au matin, et que ces deux circonstances du Nord et de l'Est eussent dû la rendre plus

rande , au-lieu de la donner moindre d'un degré plein.

| paroît donc sûr que nos deux déclinaisons du 16 et du 17 Février furent trop grandes, ou que la déclinaison

au point où da Résolution se trouva pour la première

fois, assez près du 54° parallèle Syd pour voir une, terre dont l'extrémité septentrionale est située à cettélatitude, ne pouvoit être de plus de 11 degrés et demi Ouest; au-lieu de 13 degrés et demi, comme M. fe Monnier l'a rapporté.

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Je puis dire ici que, quoique /a Résolution fat trop au Sud du 54° parallèle méridional , lorsqu'elle coupa le méridien de 21 degrés et demi à l'Est de l'Isle de Fer, ou de 3 degrés trois-quarts à l'Est de Greenwich, où M. le Monnier suppose le Cap de la Circoncision, cependant |’ 4venture, sa conserve, s'est vue à plusieurs degrés de chaque côtéde ce méridien, sur-tout lorsqu'elle trouva 10 degrés et demi de déclinaison Ouest, c’est-àdire, presqu'aussi près du 54° parallèle Sud que l'étoit M. Bouvet de la terre lorsqu'il l'aperçut (1); et qu’enfin le jour où elle passa ce méridien, elle eut un ciel : très-clair (2). Je ne chicanerai point M. le Monnier sur ses preuves, dans lesquelles j'ai néanmoins démontré des erreurs : lors même que je supposerois avec lui que les observations faites en mer sur la déclinaison de l'aimant peuvent indiquer la longitude d’une manière exacte, il est absolument impossible que /a Résolution et l'Aventure aient dépassé le Cap dela Circoncision sans le voir; maisje vais prouver que les observations sug la déclinaison sont sujettes à bien plus d'erreurs que ne l’assure cet Académicien.

De peur d’encourir la disgrace de M. le Monnier, je ne révoauerai point en doute l'exactitude des observations de M. Bouvet; je conviendral de tous les éloges qu'on croira dûs aux instrumens et aux observations de cet estimable Navigateur. C’est assez en faveur de ma Cause, si je montre que les nôtres n’ont pu déterminer la déclinaison de l’aimant à un point de précision tel que celui sur lequel M. Ze Monnier fonde ses argumens: ainsi, ses objections, uniquement fondées sur la supposition que nos instrumens, et même ceux dé

ouvet, pouvoient déterminer la déclinaison de l'aimant avec une trés-grande exactitude , n’auront plus de valeur. .

1.° Nous avons reconnu plusieurs fois que les déclinaisons de l’aimant , observées avec le même compas de route, différoient de 3 à 5 et 6 degrés, et quelque-

(1) Voyez les « Original Astronomice? Observations :»,p. 185, et le Voyage de M. Bouvet, publié par M. Dalrymple, p. 4 et 11. (2) Voyez the Observations, etc., p. u:8, rok

( 84 ) fois méme de 10, uniquement parce que nous avions reviré de bord (1);

2.° La ménte boussole, dans la meme position à tous égards, à peu de milles d’intervalle , mais à deux différentes époques de la journée, donne des déclinaisons qui différent entre elles de 3, 4, 5,6 , et même 7 degrés (2); à

3.° La même boussole, le même jour, et entre les mains du même observateur , dans des’ déclinaisons qui diffèrent entre elles de 5 degrés , lorsque le même Vaisseau est sous voile, ou lorsqu'il est à l'ancre dans une ‘rade (3); :

4 Les boussoles ; faites par le même artiste, employées à la même époque et dans le même endroit, mais à bord de différens vaisseaux, donnent des déclinaisons qui varient de 3, 4 et même 5 degrés (4);

5. Les même houssoles, à bord du même vaisseau, et à peu de milles de la même position , mais à des épopa différentes , donnent des déclinaisons qui varient

e 4,.5 degrés et plus (5);

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