RENE CR
‘DE COOK. (1776)' 87 profondeur de la mer fut de vingt-cinq brasses. Nous gouvernâmes ensuite le long de la côte, et nous eùmes la même profondeur d’eau avec un fond de joli sable; lorsque le Cap Digby nous resta dans l'Ouest à deux lieues, la sonde donna vingt-six brasses.
O jeta la sonde plusieurs autres fois sans trouver de fond; mais le vaisseau faisant beaucoup de chemin, entrainoit la ligne avant que le plomb pat toucher. Hors d'état de mouiller ou de débarquer, ainsi que j'en avois envie , je ne voulus pas diminuer de voiles, et je marchai en avant, afin de reconnoître le reste du jour le plus d'étendue de la côte qu’il me seroit possible. Du Cap Digby, elle court Sud-Ouest-quart-Sud, l’espace d'environ quatre ou cing lieues , jusqu’à une pointe basse, à laquelle j'ai donné le nom de Pointe Charlotte , en l'honneur de la Reine d’Angleterre. Cette pointe est la plus méridionale de celles qu’on trouve sur les terres basses.
A six lieues au Sud-Ouest un demi-rumb Ouest du Cap Digby , la côte offre une pointe assez élevée, quej’ai appelée Pointe du Prince de Galles: la pointe la plus méridiopale de la terre de Kerguelen, que j'ai distinguée sous le nom de Cap George, en l'honneur du Roi, git six lieues au-delà, dans la même direction , par 49° 54/ de latitude Sud, et 70° 13” de longitude Est.
Entre la Pointe Charlotte et celle du Prince de Galles, à l'endroit où le terrain au Sud-Ouest commence à redevenir montueux, il y a une entrée profonde, que j'ai appelée le Canal Royal, I court à l'Ouest jusqu’au pied des montagnes qui le terminent au Sud - Ouest. La terre basse dont je parlois tout-à-lheure le borne au septentricn. Il
«y a des Isles à l'ouverture et aussi loin que notre vue pou-
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voit s’étendre; on en trauve d’autres en remontant. À mesure que nous nous avançâmes au Sud, nous observames au côté Sud-Ouest de la Pointe du Prince de Galles, une autre entrée qui donne dans le Canal Royal, et nous vimes alors que cette. pointe est la pointe orientale d’une grande Isle située à l'embouchure du canal que je viens de décrire. Cette entrée offre plusieurs petites Isles, et une en particulier qui est à environ une lieue au Sud de la Pointe du. Prince de Galles.
‘Tout le terrain au côté Sud- Ouest du Canal Royal jusqu'au Cap George, est formé de trés-hautes collines qui s'élèvent directement de la mer, l’ane derrière l’autre : la plupart.de leurs sommets étoient couverts de neige, et elles paroissoient aussi nues et aussi stériles qu aucune
de celles que nous avions déjà vues. Nous n’apergimes |
pas dans l'intérieur du piys ou sur la côte, le moindre vestige d’un arbre ou d’un arbrisseau; et je crois pouvoir assurer que cette terre n'en produit aucun. En examipant avec nos,lunettes le terrain bas des environs du Cap Digby, ils nous parurent ressembler à tous les terrains bas que nous avions rencontrés, c'est-à-dire, qu'ilétoit en partie nu et en partie revêtu d’une sorte de gazon, qu'on décrira tout-à-l'heure. La côte est formée de grèves sablonneuses, sur lesquelles on apercevoit une multitude de penguins et d’autres oiseaux de mer; une quantité immense de nigauds voltigèrent autour de /a Résolution et de Ja Découverte, tandis que nous longions la côte.
Je désirois atteindre le travers du Cap George, afin de mw’assurer si c'étoit la pointe la plus méridionale de l'Isle, et je continuai à cingler au Sud toutes voiles dehors, jus-
qu’à sept heures et demie : à cette époque, je n’eus aucun
DE COOK. (1776) 89 espoir de remplir mes vues. Le vent avoit passé à l'Ouest. Sud-Ouest, c’est-à-dire qu'il avoit la direction dont j'avois besoin pour la suite de mon voyage; j'en profitai, et je m’éloignai de la côte.
Le Cap George nous restoit alors au Sud 53° Ouest, à environ sept lieues ; nous n’apercevions au Sud de ce Cap qu’une petite Isle qui git par le travers de son extrémité; et une houlle du Sud-Ouest que nousrencontrâmes dès que le Cap George eut pour nous cette direction, acheva de nous persuader que la côte ne se prolonge pas plus loin dans cette partie.
Je pris donner une preuve meilleure encore, que: si la grande serre s'étend au Sud du Cap George, ce prolongement n’est pas considérable. Je n’ai qu’à citer la route du Capitaine Furneaux, au mois de Février 1773, lorsque son vaisseau se sépara du mien durant mon second voyage. Son Journal de mer est sous mes yeux, et j'y trouvequ'il coupa le méridien de cette terre dix-sept lieues seulement au Sud de Cap George; il l’auroit bien vu à cette distance par un ciel clair. Il paroît que le ciel fut serein lorsqu'il traversa ce parage; car il ne parle ni de brume ni de ciel gras; au contraire, il dit expressément qu'à cette époque on put faire des observations de latitude et de longitude ; d’où il résulte qu'il auroit di découvrif cette terre, si elle se prolongeoit au Sud plus loin que le Cap George.
Nous sommes donc en état de déterminer, à quelques milles près, l'espace en latitude qu’elle occupe; il ne peut excéder de beaucoup un degré quinze minutes : quant à son étendue de l'Est à l'Ouest, ce point demeure indécis; mais nous savons qu'elle ne s'étend pas à l'Ouest jusqu’à
go TROISIEME VOYAGE soixante-cing degrés, puisqu’en 1773 je la cherchai vainement sous ce méridien (1).
Les Navigateurs François imaginérent d'abord que le Cap Saint-Louis (2) étoitla pointe avancée d’un continent austral. Je crois avoir prouvé depuis, qu'il n’existe point de continent austral, et que la terre dont il est ici question est une Isle de peu d’étendue (3). J'aurois pu, d’après sa stérilité, lui donner fort convenablement le nom d'Zs/e de Ja Désolation; mais pour ne pas ôter à M. de Kerguelen
(t) Si l’on peut compter sur les observations des François, que le Capitaine Cook a marquées sur sa Carte, ou sur celles que M. de Kerguelen lui-même a publiées dans son Journal, cette Terre ne se prolonge pas, à l'Ouest , jusqu’an 68.¢ degré. Le Cap Louis, qui y est représenté comme la pointe La plus occidentale, £e trouve placé à Est de ce Méridien.
(2) M. de Kerguelen ne put croire, au retour de son second Voyage, que le Cap Louis est la pointe avancée d’un continent austral ; car il trouva, durant ce second Voyage, que le Cap Francois git au moins un tiers de degré plus au Nord sur la même Terre. Au reste, on est sir que M. de Kerguelen n’a plus aujourd’hui cette opinion : il le dit expressément, en des termes qui font honneur à sa candeur et aux talens du Capitaine Cook. « La Terre que j’ai découverte est certainement une Isle , puisque » le célèbre Capitaine Cook a passé au Sud, lors de son premier » Voyage, sans rien rencontrer ; je juge même que cette Isle n’est » pas bien grande. ll y a aussi apparence, d’après le Voyage de » M. Cook, que toute cette étendue des mers méridionales est » semée d’Isles et de rochers, mais qu’il n'y a ni continent, ni » grande Terre », Voyage de M. de Kerguelen, p. 92.
(3) M. de Kerguelen, ainsi qu’on le voit dans la derniére note, est d'accord sur ce point avec le Capitaine Cook ; mais il ajoute : « J'en connois environ quatre-vingts lieues de côte, et j’ai lieu de » croire qu’elle a environ deux cents lieues de circuit ».
DE COOK. (1776) gr la gloire de l'avoir découverte, je l'ai appelée la Terre de Kerguelen (*).
M. Anderson, mon Chirurgien , qui, ainsi que je l'ai déjà dit, a beaucoup étudié l'Histoire naturelle , ne laissa échapper aucune occasion, durant notre courte relâche au havre de Noël, d'examiner le pays sous tous ses rapports ; il me communiqua ses observations, et je vais les insérer ici telles qu’il me les a données.
« Aucune des terres découvertes jusqu'ici dans l'un et » l'autre hémisphére , à la même hauteur , n'offre pent-être » un champ moins vaste aux recherches des Naturalistes, » que l'Isle stérile de Kerguelen. La verdure qu’on y aper- » çoit lorsqu'on est à peu de distance de la côte, donne » l'espoir d'y trouver un assez grand nombre de plantes; ” » mais onse trompe beaucoup. En débarquant nous recon-
(*) L’Editeur du troisième Voyage de Cook a fait ici une Note, pour observer que M. de Pagès, Officier de l’un des vaisseaux de M. de Kerguelen, affecte dé ne point nommer le Commandant de l'expédition, Îl lui reproche de ne l'avoir pas même cité dans Ja liste qu’il donne des Navigateurs François qui ont reconnu lHémisphère austral, depuis Gonneville jusqu’à M. Croaat; de vouloir s'approprier la gloire de la découverte; d’avoir mis sur Pune de ses Cartes: Isles nouvelles australes, vues par M. de Pagès, en 1774. On sait d’où vient cette réticence, et j'ai cru devoir traduire seulement en abrégé la première partie de cette Note de l'original. En voici la fin, rendue d’une manière littérale :
« Il faut observer que M. de Kerguelen n’a pu achever la re- # conuoissence de la Terre qu’il avoit découverte; il ne put, ni » dans le second, ni dans le premier Voyage, venir à bout de » mouiller sur la côte. On a vu ; dans ce Chapitre, ainsi que dans » le précédent, que le Capitaine Cook rencontra moins d’obs- » tacles, ou qu’il les surmonta d’une manière plus heureuse ».
( Note du Traducteur. )
» niimes qu'une petite plante peu différente de quelques » espèces de sanifrage , produit cette verdure ; elle croît » en larges touffes dans un espace qui s'étend assez loin sur » les flancs des collines : elle forme une surface assez » grande, et on la rencontre sur de la tourbe pourrie’, » dans laquelle on enfonce, à chaque pas, d’un pied ou » deux. On pourroit, an besoin, sécher cette tourbe et la » brüler; c’est la seule chose que nous ayons trouvée » propre à cet usage.
» Il y a une autre plante assez abondante sur les fon- » drières de la croupe des collines ; sa hauteur est de près » de deux pieds, et elle ressemble beaucoup à un petit » chou qui est monté en graines : les feuilles des environs » de la racine sont nombreuses, larges et arrondies ; elles » se montrent plus étroites à la base, et elles forment une » petite pointe à l'extrémité ; celles de la tige sont beau- » coup plus petites, oblongues et épointées : les tiges, » dont on compte souvent trois ou quatre , offrent de lon- » gues têtes cylindriques , composées de petites fleurs. » Elle a l’apparence et même le goût âcre des plañtes anti” » scorbutiques ; mais elle différe’essentiellement de toute » cette famille, et nous la regardämes comme une pro- » duction particulière à la terre de Kerguelen. Nous la » mangeâmes souvent crue , et sa saveur approchoit alors » de celle du cochléaria de la Nouvelle-Zélande ; mais » elle sembloit acquérir une odeur trop forte quand on la » faisoit bouillir. Quelques personnes de l'équipage ue s’en » apércevoient pas néanmoins, et la trouvoient bone même » danscet état. Si on la transplantoit en Europe, il est vrai- » semblable qu’elle deviendroit meilleure par la culture , et » qu’elle augnienteroit la liste des plantes de bonne qualité
DE COOK. (1776) 93 '» qu'on emploie dans nos cuisines. Ses graines n’étoient » pas assez mûres pour les conserver, et il fallut renoncer » au désir que j'avois d'en porter en Angleterre. » Nous cueillimes, près des ruisseaux et des fondrières, » deux autres petites plantes que nous mangions en salade : » la première ressemble beaucoup au cresson de nos jar- » dins, et elle est très-âcre ; la seconde est trés-douce. » Cette dernière, quoique petite, est digne d'attention ; » elle offre non-seulement des mâles et des femelles , mais » elle est quelquefois androgyne, pour me servir du lan- » gage des Botanistes.
» L'herbe grossière que nous recueillimes pour notre » bétail est assez abondante en quelques coins de terre qu'on » trouve sur les côtés du Havre de Noël : on y voit aussi » une autre sorte d'herbe plus petite et plus rare. On ren- » contre sur les plaines une espèce de pied d’oie* et une » autre petite plante qui lui ressemble beaucoup. En un » mot, la Flora de la terre de Kerguelen ne va: pas à plus » de seize ou dix-huit plantes, encore faut-il y comprendre » quelques mousses et une jolie espèce de /icken qui croît » sur les rochers , àune hauteur: plus grande que les autres » productions végétales. On n’aperçoit pas un seul arbris- » seau dans toute l'Isle.
» On y trouve un peu plus d’animaux. À parler rigou- » reusement , on ne peut pas les dire habitans de l'Isle ; » car ils sont tous marins , et en général ils ne vont sur la » côte que pour y faire leurs petits et s’y reposer. Les plus » gros sont les veaux de mer, ou, comme nous avions » coutume de les appeler , les ours de mer ; car c'est l’es-
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, (*) Dansl’origival: Goose grass.
» péce de phoques qu'on y rencontre. Ils viennent faire » leurs petits ou se reposer à terre, mais ils ne sont pas en » grand nombre; et on ne doit pas s’en étonner , car on » sait qu'ils préfèrent aux baies ou aux golfes, les ro- » chers qui s’avancent dans la mer , et les petites Isles qui » gissent près des côtes. Leurs poils tomboient àcette épo- » que, et ils étoient si peu sauvages, que nous en tuâmes » autant que nous le voulümes,
» Nous ne vimes pas d’autres quadrupèdes marins où » terrestres ; mais nous trouvâmes une multitude considé- » rable d'obesex, tels que des canards, des pétrels, des » albatrosses , desnigauds , des goëlands et des hirondelles » de mer.
» Les canards sont à-peu-près de la grosseur d’une sar- » celle ou d’un millouin , dont ils différent par la couleur. » Ils se montroient en assez grande abondance sur les flancs » des collines, et même plus bas :on en tua un nombre considérable ; nous les trouvâmes bons, et ils n’avoient » pas le plus léger goût de poisson. Nous en avions rencon- » tré quelques-uns de la même espèce, à l'Isle de Géorgie, » durant le second voyage de M. Cook.
» Le pétrel du Cap ou le pétrel damier; le petit pétrel » bleu , qu’on voit toujours a la mer; et le petit pétrel noir » ou le poulet de da Mère Carey , n’y sont pas nombreux; » mais nous trouvames un nid de pétrel de la première es- » péce, dans lequel il y avoit un ceuf de la grosseur de » celui du poulet. Nous apercimes la seconde espèce, » plus rare encore, dans des trous qui ressembloient à » des terriers de lapins.
» Une autre espèce, qui est la plus grande de tous les » pétrels, et que les matelots nommoient I’ Ose de la Mère
» Carey (1), étoit plus abondante, et si peu sauvage que » nous la tuâmes d’abord sur la grève à coups de bâton. » Ce pétrel est de la grosseur d’une albatrosse , et carni- » vore, car il mangeoit des phoques ou des oiseaux morts, » que nous jetions dans la mer ; sa couleur est brune ; il a » le hec et les pieds verdâtres ; c’est sans doute celui que » les Espagnols appellent Quebrantahuessos , et dont on » trouve une figure de la tête, daps le voyage de Pernetti » aux Isles Malouines(2).
» Nous n’aperçümes sur la côte d'autres albatrosses que » les grises , qu’on rencontre ordinairement ala mer , dans » les hautes latitudes australes. J’en vis une posée sur la » pointe d’un rocher ; mais elles voltigèrent souvent au- » tour du havre, et nous distinguames , à quelque distance » de la côte , la grande espèce, qui est la plus commune, » ainsi qu'une autre plus petite, dont la tête est noire.
» Il ya beaucoup plus de penguins que d’autres oiseaux; » j'en ai remarqué trois espèces. J'avois déjà vu, à l'Isle » de Géorgie, la première et la plus grande (3); elle est » indiquée aussi par M. de Bougainville (4); mais elle ne » me parut pas aussi solitaire qu’il le dit, car nous en aper- » cûmes des volées nombreuses. Sa tête est ngire ; elle a la » partie supérieure du corps d'un gris de plomb, la par- » tie inférieure blanche, et les pieds noirs. Deux larges » bandes d’un très-beau jaune descendent des deux côtés
(1) Dans l'original : Mother Garey’s Goose.
(2) Fig. 3, planche 8.
(3) M. Pennant lui donne le nom de Patagonian Penguin. Voyez le Genera of Birds; Pl. 14, p. 66.
(4) Voyez son Voyage autour du Monde, p. 69.
96 TROISIÈME VOYAGE » de la tête, le long du cou, et se rencontrent au-dessous
» de la poitrine. Le bec est rougeatre en quelques parties , » et plus long que dans les autres espéces.
» La seconde espèce de penguins n’a guéres que la moi- » tié de la grosseur de la première. La partie supérieure » du corps est d’un gris noirâtre ; elle a sur le haut de la » tête une tache blanche qui s’élargit en s’approchant des
» côtés. Le bec et les pieds sont d’une teinte jaune : M. Son-.
» nerat a publié une figure et une description de cette es- » pèce de penguin et de la précédente (*).,
» Personne de l'équipage n’avoit jamais vu la troisième. » Sa longueur est de vingt-quatre pouces et sa largeur de » vingt ; la partie supérieure du corps et le cousont noirs , » le reste est blanc , excepté le haut de la tête , qui offre » un arc d’un beau jaune, et qui finit de chaque côté en lon- » gues plumesmolles, quel'oiseau dresse comme une crête.
» Les deux premières espèces paroissoient entroupesur » la grève : les plus gros se tenoient toujours ensemble ; » mais ils se promenoient avec les autres qui étoient plus » nombreux, et qu'on voyoit à une assez grande hauteur sur » les flancs des collines. Nous vimes constamment ceux de » la troisième espèce séparés des deux premières , mais » formant des volées nombreuses sur les parties extérieus res du havre. Nous étions au temps de la couvée, et ils » déposoient sur des pierres nues , un seul œuf blanc, et » du volume de celui des canards. Tous ces penguins , de » quelque espèce qu'ils fussent, se montrèrent si peu sau- » vages, que nous en primes à la main autant que nous le a jugeames à propos. |
(*) Voyage à la Nouvelle-Guinée, p. 181, 182; PI, 113, 115
» J'ai vu deux espèces de nigauds , le petit cormoran » ou la corbine d’eau , et un autre qui est noir dans la par- » tie supérieure du corps, et qui a le ventre blanc, le » même qu'on rencontre à la Nouvelle-Zélande , à la » Terre de Feu, et à l'Isle de Géorgie.
» Nous trouvames aussi le Goéland commun, des Hi- » rondelles de mer de deux espèces , et la Poule du Port » Egmont; ces derniers oiseaux étoient peu sauvages et » en grand nombre,
» Il ÿ a un autre oiseau blanc, très-singulier , dunt nous » aperçümes des volées entières autour de la baie. li a la » base du bec couvert d'un bourlet de la nature de la » corne (1); il est plus gros que le pigeon. Il a le bec noir, » et ses pieds, qui sont blancs, ressemblent à ceux du » courlis. Quelques personnes de l'équipage le jugèrent » aussi bon que le canard.
» On jeta la seine une fais, mais nous ne primes que » quelques poissons de la grosseur d’une petite merlus. » L'espèce ne ressembloit en rien à celles que nous con- » noissions. Ce poisson a le museau allongé, la tête armée » de fortes épines, les rayons des nageoires de derrière » longs et très-forts, le ventre gros : son corps n’est pas » couvert d'é scailles, Nous ne trouvâmes en coquillages » qu'un petit nombre de moules et de lepas (2). Nous ra- » massames sur les rochers quelques étoiles et anémones »-de mer.
» Les collines sont médiocrement élevées ; cependant
(1) L’original dit Horny Crust, etil indique en note le Sheat dill de M. Pennant. Genera of Birds, p. 43.
(2) Il y a dans l'original limpets.