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garde-temps, fut de 201° 6 Est; je la déduisis cette seconde fois de celle du Canal de la Reine Charlotte, à Vaide du même garde temps, et je la tiouvai de 200° 56/ Est. J'en conclus que Perreur de la montre marine n'excédoit pas, à cette époque, douze milles en longitude.
Au moment où je w’éloignai de l'Isle d'Æervey , je mis le cap à VOuest-quart-Sud-Ouest, avec une jolie brise de la partie de l'Est. Je voulois me rendre d'abord a Midelborg ou Eooa ; je pensai que si le vent continuoit à être favorable, nous avions à bord assez de provisions pour le bétail, jusqu’à notre arrivée sur cette terre. Mais le Jendemain à midi, ces brises languissantes qui nous avoient fait perdre tant de jours, revinrent, et je fus obligé de cingler plus au Nord, afin de gagner la latitude de l'Isle Palmerston et de l'Isle Sauvage , que j'avois découvertes en 1774, durant mon second Voyage (*), et de pouvoir y relâcher, si la nécessité l'ordonnoit.
Pour ménager notre eau, je me servis de la» ine à distiller, depuis six heures du matin jusqu'à qua. .ures du soir; je me procurois, durant cet intervalle, de 13 à 26 galions d’eau douce. On a fait depuis peu à cette machine des changemens, qu'on appelle des améliorations, mais qui, à mon avis, ont été fort mal imaginées.
Les brises foibles continuérent jusqu'au 10. A cette époque, le vent fut, pendant quelques heures , bon frais du Nord et du Nord- Nord - Ouest. Nous nous trouvions alors par 18° 88” de latitude Sud, et 198° 24/ de lovgitude orientale. L'après - midi, nous eiimes du tonnerre et
(*) Voyez le second Voyage de Cook, Vol. HI de la Traduction frangoise.
is cette sette, à Vaide 0° 56/ Est.
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des rafalles accompagnées d'une grosse pluie, qui nous fournit cing poinçons d’eau douce. Quand cesrafalleseurent cessé, le vent passa au Nord-Est et au Nord-Ouest. Il fut trés-variable jusqu'au lendemain à midi, qu'il se fixa au Nord-Nord.Onest, et devint bon frais avec un ciel serein.
Ainsi, quelque route que je prisse, j'essuyois toujours des vents contraires; j'eus un autre chagrin : je trouvai iq les vents que j'avois espérés, non sans motif, huit ou dix degrés plus au Sud. Ils arrivèrent trop tard; je n’osai me fier à leur durée, et l'événement prouva que j'avois bien fait. *
Enfin, le 13, à la pointe du jour, nous vimes l'Isle Pa/merston, dans VOuest-quart-Sud - Ouest, à environ cinq lieues : nous ne l'atteignimes que le lendemain à huit heures. Je fis mettre à la mer quatre canots, commandés chacun par un officier, trois de Za Résolution et un de da Découverte; et je leur ordonuaide chercher lelieu le plus propre au débarquement, Notre bétail étoit sur-le-point de mourir de faim, et je me voyois forcé de tirer de cette Isle quelques herbages.
L'Isle Palmerston renferme neuf ou dix Islots, placés en cercle , et réunis par un récif de rochers de corail. Les canots examinérent d'abord celui des Islots qui est le plus au Sud-Est. Leurs recherches n’ayant pas eu de succès, ils se rendirent au second, où nous etimes la satisfaction de les voir débarquer. Je fis alors conduire les vaisseaux par le travers de l'endroit où ils étoient descendus, et nous louvoyämes en les atten ant; car la mer se trouvoit trop profonde pour mouiller, Je n’en fus pas affligé: l'Isle étoit déserte.
L'un des canots revint à une heure, chargé de co-
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chléaria et de jeunes cocotiers, que notrebétail mangea aver avidité. Il m’apporta un message de M. Gore, qui commandoit le détacement. Cet Officier m’informa qu'il y avoit dans l'Isle beaucoup de cochléaria, de Wharra, de palmiers, et quelques noix de coco. Je résolus de prendre un supplément considérable de ces articles. L’aprésdiner, je me rendis à terre avec le Capitaine Clerke. Nous trouvâmes tous nos gens occupés au travail. Ils avoient débarqué dans une*petite crique, formée par le récif, et un peu plus étendue. que la longueur d’un canot, “sur chacune de ses directions. Des rochers qui se projetoient en saillie, la mettoient à l'abri de l’impé:uosité des vagues. La circonférence de l'Isle est à peine d’un mille, et elle n’est pas élevée de plus de trois pieds au-dessus du niveau de la mer. Elle me parut composée en entier de sable de corail; et d'un peu de terreau noirâtre, détriment des végétauxtombés en pourriture. Le sol , malyré sa maigreur, est couvert d'arbres et d’arbrisseaux de la nature de ceux de Wennoa-Ette, mais moins variés. On y voit quelques cocotiers. Nous aperçümes sur les arbres qui étoient les plus près dela mer, ou un peu dans l'intérieur du pays, un grand nombre de frégates, et d'oiseaux du tropique; nous y rencontrames aussi des boobies de deux espèces, qui faisoient alors leurs couvées,, et qui se montrérent si peu sauvages, qu'ils se laissoient prendre à la main. De petits rameaux d’arbres ; mal assemblés, formoient leur nid. Les oiseaux du tropique déposoient leurs œufs à terre sous les arbres; ils différent beaucoup de l'espèce commune. Ils sont par-tout d'un blanc éclatant, un peu tacheté de rouge; et les deux longues plumes de leurs queues sont cramoisi fonce, ou d’un rouge de sang. Nos
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DE COOK. (1777) 235 gens tuérentune quantité considérable de cesdivers oiseaux. Leur chair avoit un peu de délicatesse; toutefois, comme nous ne prenions depuis long-temps que des nourritures salées, nous la trouvâmes assez bonne. Nous rencontrames une multitude de crabes rouges qui rampoient au milieu des arbres, et nous primes plusieurs poissons, que la mer, en se retirant, avoit laissés dans des trous sur le récif.
Il y a un lac situé en-dedans du récif, et ngus trouvânres, sur la portion du récif en face du lac, un grand lit de corail, qui offroit peut-être une des plus charmantes vues produites par la nature en aucun lieu du monde. S: base était fixée à la côte; mais elle pénétroit si avant, qu’on ne pouvoit la découvrir. Il paroissoit suspendu dans l’eau, dont la profondeur augmentoit si brusquement, -qu’a peu de verges de distance, la sonde auroit donné sept ou huit brasses. La mer étoit absolument calme, et le Soleil, qui brilloit de tout son éclat, montroit à nos regards étonnés les différentes espèces de corail, Nous voyions en quëlques endroits, une foule de jolies stalactites, ailleurs des boules, et beaucoup d'autres formes. Des coquillages qui étoient répandus par-tout, et qui formoient des paillettes des plus riches couleurs, ajoutoient encore à la beauté de ce spectacle. Une multitude de poissons qui se promenoient paisiblement, et sans la moindre apparence de crainte, acheva de nous charmer : on ne peut rien imaginer au-dessus des couleurs jaunes, bleues, rouges, noires, etc., qu'ils étaloient; et l’art ne les imitera jamais. La variété des formes dgs poissons contribuoit aussi à la richesse de cette grotte marine. Nous la regardâmes avec un plaisir inexprimable, et nous éprouvâmes du regret, de ce qu'un ouvrage si extraordinaire est caché dans un
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lieu où les hommes n'auront guéres occasion de lui payer le tribut d'éloges qu'il mérite.
Rien n’annoncoit que ‘des hommes fussent jamais venus sur cette terre, si j'en excepte un petit bordage de pirogue qu'on rencontra sur la grève, et que la mer pouvoit y avoir apporté d’une autre Isle. Mais, cé qui est assez singulier, nous y vimes plusienrs petits rats bruns. Il n’est paseaisé d'expliguer l'origine de ces animaux ; et je suis tenté de’croire qu'ils y sont venus avec la pirogue dont nous aperctimes les débris.
Lorsque les canots furent chargés, je revins à bord: M. Gore passa la nuit à terre avec quelques hommes , afin de reprendre plus tôt ses travaux le lendemain.
La journée du 15 se passa comme celle de la veille. M. Gore cueillit et envoya à bord des provisions pour notre bétail; il nous procura sar-tout des choux palmistes, de jeunes cocotiers, et les rameaux tendres de l'arbre appelé Wharra. Au soute du Soleil, les deux vaisseaux avoient une quantité suffisante de ces articles, et je fis revenir le détachement; mais, comme le vent étoit foible ou nul, je résolus d'attendre un jour de-plus, et d'essayer le lendemain de tirer des noix de coco, pour les équipages, de l'Islesous le vent la plus voisine de nous, où nous voyions les cocotiers en plus grande abondance que sur celle où nous venions de débarquer.
Je courus des bordées toute la nuit; et le 16, entre huit et neuf heures du matin, j'allai avec les canots au côté occidental de l'Isle : mon débarquement n'eut rien de difficile. Les hommes qui m’accompagnoient se mirent tout de suite à cueillir des noix de coco, que nous trouvames en trés-grande quantité, Mais, pour les embarqner,
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DE COOK. (1777) 257 nous eùmes beaucoup de peine; car il fallut les porter l'espace d’au-moins un demi-mille sur le récif, et ceux qui firent ce transport eurent de l’eau jnsqu’a la ceinture. Omai, qui étoit avec moi, prit en peu de temps assez de poissons pour donner à diner au détachement, et pour en envoyer aux deux vaisseaux. Nous rencontrames aïs°i une multitude d'oiseaux, et particujièrement des frégates et des oiseaux du Tropique ; en sorte que notre repas fut excellent. Pour rendre justice à Omai, je dois dire qu’ nous étoit d’un très-grand secours dans ces excursions sur des Isles inhabitées. Non-seulement il péchoit, mais il apprétoit encore le poisson , ainsi que les oiseaux qui tomboient sous nos coups. Il faisoit la cuisine selon la méthode de ses compatriotes, c’est-à-dire , qu'il creusoit un four en terre, et qu il cuisoit les alimens avec des pierres chaudes. Nous étions enchantés de son adresse et de sa bonne humeur. Chacun des canots fit deux voyages avant la nuit : je retournai à bord le soir, mais je laissai à terre M. Williamson, mon troisième Lieutenant, avec quelques hommes; je lui recommandai de préparer une autre charge pour les canots que je voulois y renvoyer le lendemain.
Je renvoyai en effet les canots le lendemain à sept heures, et ils revinrent chargés à midi. Je les renvoyai encore chercher une autre cargaison, et je leur remis un ordre qui enjoignoit au détachement de se trouver à bord au coucher du Soleil. Dès que M. Williamson fut de retour avec sa petite troupe, on rentra les canots, et nous fimes voile à l'Ouest, à l’aide d’un léger souffle de vent du Nord, c
Cet Islot est plus grand de moitié que l’autre, et presque enticrement couvert de cocotiers ; la plupart de ces
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arbres offroient d'excellentes noix , et souvent de vieilles et de jeunes noix sur la méme tige. Leur trop grande proxicaité, en plusieurs endroits, nuisoit à leur croissance : en général, les autres productions étoient les mêmes que sur le premier Islot. Nous vimes, sur la grève , deux morceaux de bordage, dont l'un étoit grossièrement sculpié, et une pagaig de forme elliptique. Ces débris venoient probablement de la même pirogue, que ceux dont j'ai déjà parlé ; car les deux Islots ne sont éloignés que d’un demi-mille. Nous rencontrâmes une jeune tortue, jetée depuis peu sur la côte, car elle étoit encore remplie de vers. Il y a moins de crabes que sur le premier Islot; mais nous y apercumes des mouches-scorpions, et un petit nombre d'autresinsectes. Ily avoit beaucoup plus de poissons sur les récifs. Nous y distinguames de grosses anguilles tachetées d’une manière agréable ; lorsque nous les suivious, elles élevoient leurs têtes au-dessus de l’eau, elles ouvroient leur bouche, et elles s’efforcoient de nous mordre. Nous y remarquâmes sur-tout des poissons-perroquets, des Szappers (*), un poisson de rocher brun et tacheté, de la grandeur de Vaigrefin, mais si peu sauvage qu’au-lieu de s'enfuir à notre aspect, il s’arrêtoit pour nous regarder. Si nous avions manqué tout-à-fait de provisions, nous aurions pu en embarquer ici une assez grande quantité ; car lerécif étoit rempli d’une multitude innombrable de ces coquillages, dont j'ai déjà fait mention, et qui pesoient deux outrois livres. Ces coquillages étoient de plusieurs espèces ;
(*) Jen's’ pu découvrir le nom de ce poisson dans les Ictyolo= gistes françois , et j'ai conservé le terme de l'original. (Note du Traducteur.)
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Vous y ramassämes la grosse limace de mer. Durant le flux de la marée, plusieurs requins vinrent sur le récif; nos gens en tuérent quelques-uns ; mais il y avoit alors du danger pour nous de marcher dans l’eau.
Le détachement qui passa la nuit à terre avecM. Williamson , fut très-incommodé des mousquites, ainsi que celui de M. Gore l'avoit été sur I'[slot précédent. Il tua deux courlis exactement pareils à ceux W@’ Angi. terre, et il vit sur la côte des pluviers (*) ; mais il n’apergut dans les bois qu'un ou deux coucous , pareils à ceux que nous avions vus à WY ennooa-Ette. |
Notre temps fut employé d’une manière utile sur cet Islot ; car nous y primes environ douze cents cocos, qui furent distribués, par égales portions, à l’équipage ; le suc et la noix furent également bons pour notre santé. Les vaisseaux qui seront dans ce parage peuvent, si le vent est modéré, suivre notre exemple, et espérer le même succès. Mais les deux Islots sur lesquels nous débarquames manquent d’eau douce. S'il y en avoit, et s’il étoit possible de pénétrer dans l'espace de mer qu’environne Je récif, et que nous appelames le lac, ce mouillage seroit , pour les bâtimens qui relacheroient, faute de rafraichissemens, préférable à ceux des Isles habitées; car ils y trouveroient une quantité suffisante de poissons ; et les équipages s’y promeneroient sans être inquiétés par personne.
Les neuf ou dix Islots peu élevés ; compris sous le nom d'Isle Palmerston, peuvent être regardés comme les pointes ou les sommets du récif de corail qui les réunit.
(*) Hy a dans l'original : and saw some plovers, or sand pipers. J’ignore si c’est le pluvier criard. (Vote du Traducteur.)
Quoiqu’ils soient couverts seulement d’une légère enveloppe de sable , ils se trouvent, ainsi que je l'ai déjà observé , remplis d'arbres et de plantes, la plupart de la même espèce que celles des terrains bas des hautes Isles de cet Océan.
Les Savans, qui cherchent à expliquer la formation des diverses contrées de la Terre, ne sont pas d’accord sur l'origine des Isles basses. Les uns disent que ces pointes de rochers ou Islots étoient réunies autrefois: qu'elles composoient une seule terre plus élevée, dont la mer, dans la révolution des siècles , a englouti une portion, et que les parties les plus hautes , qui se montrent encore, disparoitront un jour. D'autres conjecturent qu’elles ont été produites par des tremblemens de terre, et qu’elles sont l'effet des convulsions intérieures du globe. Une troisième opipion, qui me paroit la plus vraisemblable, n’y voit que des bas-fonds , ou des bancs de corail qui s’accroissent peu-àpeu. Je n’exposerai pas ici les raisons qu’on emploie pour défendre chacun de ces systèmes ; je me contenterai de décrire les districts de l'Isle Pa/merston, que j'ai examinés.
Un rocher de corail forme partout la base de l'Isle. Le sol est un sable de corail , auquel les détrimens des végétaux se sont mélés en peu d’endroits, de manière à présenter quelqu : chose qui ressemble à du terreau. On peut en conclure, avec beaucoup de vraisemblance, que ces Xslots ne sont pas anciens , et qu’ils ne sont point non plus les restes d’une Isle plus grande, engloutie par l'Océan ; car , dans l’une ou l’autre des deux hypothèses, il devroit y avoir plus de terreau , ou il devroit y rester une portion du sol primitif. Il est facile de prouver d’ailleurs l’accroissement de ces Islots : nous y rencontrames bien au-delà du
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YE COOK. (1777) 241 point où arrivent aujourd'hui les flots, lors même que la mer est le plus orageüse , des rochers de corail élevés, qui nous parurent avoir été troués de la même manière que les rochers de corail qui composent maintenant le bord extérieur du récif ; d’où il résulte que les vagues se portoient autrefois jusqu’ici. J’ajouterai que quelques-uns de ces rochers troués sont presque au centre de l'Islot.
La meilleure preuve de l'accroissement des Islots et de la théorie que j’adopte , c’est la gradation insensible qu'offrent les plantes des rivages de ces terres, gradation qui commence à quelques pouces de la marque de la marée haute , et qui va jusqu’au bord des arbres. On voit, de la façon la plus distincte, dans un très-grand nombre d’endroits, et sur-tout sous le vent, ou au côté occidental, que ces plantes ont germé à différentes époques. Je pense qu’elles doivent leur origine à des marées extraordinairement hautes, produites par des coups de vent impétueux de l'Ouest; que ces marées ont répandu du sable au-delà de la ligne où s'arrêtent les marées ordinaires, et qu’ensuite J- vomissement régulier et imperceptible de ces dernières n:. Ses, a jeté assez d'autre sable pour former une barrière contre les marées très-hautes, et empêcher les flots et la tempête de venir détruire les plantes qui commencent à végéter sur les noix de coco, les racines et les graines apportées par les oiseaux , ou poussées par les vagues. Cette transplantation doit arriver très-souvent ; car nous vimes beaucoup de noix de coco , et d’autres semences, qui bourgeonnoient tout près du point où la mer vient aujourd'hui, et dans des lieux où il étoit clair que ces bourgeons ne provenoient pas des plantes qui se trouvoient
plus voisines du centre de l'Isle, et toutes formées. La Tome I." 16
panes 20
multiplication des végétaux augmente rapidement la hauteur d'une terre nouvelle ainsi créée ; car les feuilles qui tombent, et les branches d'arbres qui se détachent de leur tige, se convertissent bientôt en bon terreau noir , sous un climat tel que celui-ci (*).
Il y a peut-être une autre cause qui ne contribue pas moins à l'accroissement de ces Isles , et qui explique comment la mer s'est éloignée des rochers troués dont j'ai parlé plus haut. ll me paroit que le banc de corail et le récif s'étendent de jour en jour sous les flots, d’une manière imperceptible, Les vagues, se retirant à mesure que la largeur et la hauteur du récif augmentent, laissent derrière elles un rocher sec, prêt à recevoir des morceaux de corail brisés, du sable, et les diverses choses nécessaires à la formation d’une terre qui produit des végétaux.
Ainsi , on ne peut guéres duuter que le récif entier ne
(*) Le Journal de M. Anderson offre, sur l'Isle Palmerston, les détails suivaus, qui confirment opinion du Capitaine Cook. « Les arbres trés-nombreux dans le dernier des Islots, sur lequel
nous descendimes, avoient déjà formé de leurs détrimens des
mondrains , que Ja même cause élevera par la suite des temps à
la hauteur des petites collines. Ils se trouvoient en moindre
quantité sur le premier, jui n’offrit aucune éminence, et qui indiqua cependant d’une manière plus sensible l’origine de ces terres; car, tout près de cet Islot, il y en a un second plus petit, » formé sans doute depuis peu; on n’y trouvoit aucun arbre: mais on y voyoit une multitude d’arbrisseaux, et quelques-uns sur des morceaux de corail jetés par la Mer. Je remarquai un peu plus avant une autre chose qui donne une nouvelle force
à cette théorie : je veux parler de deux bandes de sable , de cin- » quaate verges de long, et d’un pied ou dix-huit pouces de haut, » qui étoient sur le sécif, et qui n’avoient pas encore tn arbris-
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DE COOK. (1777) 243 devienne une Isle avec le temps. Je pense que l'accroissement des Islots déjà formés, ou la formation de quelques Islots nouveaux , sur les lits de corail qu'on rencontre dans le lac, et qui doivent s'élever assez pour se montrer audessus du niveau des flots, l'agrandiront peu-à-peu du :ôté de la terre.
Après avoir quitté l'Isle Palmerston , je mis le cap à l'Ouest, afin-d’arriver promptement à Æramooka. Les vents continuérent à être variables, et ils se tiurent souvent entre le Nord et l'Ouest. Nous eùmes des rafalles, du tonnerre et beaucoup de pluie. Ces pluies, en général trèsabondantes, nous procurèrent une quantité considérable d’eau douce. Voyant qu'une pluie d’une heure nous en donnoit davantage qu’une distillation prolongée durant un mois , je fis jeter de côté la machine à dessaller, comme une chose plus incommode qu’utile.
La chaleur, qui étoit grande depuis environ un mois‘, devint beaucoup plus désagréable sous ce çiel constamment pluvieux. Nous ne pouvions ni tenir les vaisseaux à sec, ni ouvrir les écoutilles, et l'humidité m’effrayoit pour la santé des équipages. It faut observer que , depuis notre départ du Cap de Bonne-Espérance, nous n'avions pris des rafraichissemens qu'à la Nouvelle-Zélande , et que, malgré les nourritures sallées, et la vicissitude du climat, je n’avois pas un seul malade.
La nuit du 24 au 25, nous dépassämes l'Isle Savage, que j'avois découverte en 1774 (*) ; et le 28, iv heures
(*) Le second Voyage de Cook, Tome HI de la Traduction francoise, fait la description de l'Isle Sauvage, et raconte de quelle manière les Anglois furent recus par les habitans.
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