‹ Troisième voyage de Cook, ou Voyage à l'océan Pacifique [microforme]Chapitre 16 sur 68 · EE A · texte numérisé non relu

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DE COOK. (1778) 83 vent se tournât plus au Sud et que nous ne fussions en danger d’être poussés trop au Nord. Nous revirâmes de bord et nous nous étendimes au Sud-Ouest avec toutes les voiles que pouvoient porter les vaisseaux. Le vent, par bonheur, ne prit de la partie du Sud que jusqu'an Sud-Est, en sorte que le lendemain, à la pointe du jour, nous étions assez éloignés de la côte.

La Découverte se trouvant trop de l'arrière, je mis en panne jusqu'au moment où elle m'eut rejoint, et je continuai ensuite à me tenir au large, le cap au Nord- Ouest , direction que je supposois à la côte d'Amérique, Le vent souffloit du Sud-Est avec beaucoup de force et en rafales, et le ciel étoit très-brumeux. Il devint un véritable ouragan à une heure et demie de l’après-diner : jugeant alors qu'il seroit extrêmement dangereux de marcher vent arrière, je mis en panne, le cap au Sud, sous la voile de misaine et l'étai d’artimon. Sur ces entrefaites, Za Résolution fit une voie d’eau qui d’abord nous alarma beaucoup. On trouva cette voie sous la fesse de stribord: de Ja soute au biscuit , on enténdoit et on voyoit l'eau entrer dans cette partie. du bâtiment. Nous crümes que l'ouverture étoit à deux pieds au-dessous du niveau des flots; heureusement que nous nous trompions. On recônnut ensuite qu'elle étoit au niveau de la ligne de la flottaison, ét quelquefois au-dessus , lorsque le vaisseau se tenoit droit. Au moment où nous aperçûmes la voie d’eau, la soute au poisson fut remplie d’eau, et les barriques qu’elle contenoit ÿ furent à flot; mais nous attribuâmes ptincipalement cet effet à ce que l’eau n’avoit pu se faire une issue dans les pounpes, à travers les charbons qui étoient au foad de ce

réduit ; car dès l'instant où nous eûmes vuidé l’eau, travail qui nous occupa jusqu'à minuit , et assuré son issue dans les pompes, il parut qu’une pompe suffisoit pour la contenir; ce succès nous fit un grand plaisir. Le soir le vent tourna au Sud, et sa violence diminua un peu. Nous enverguâmes la grande voile , nous portâmes les huniers auxquels on avoit pris tous les ris, et nous nous étendimes à l'Ouest; mais à onze heures l'orage recommença, et nous obligea d'amener les huniers jusqu’à cinq heures du lendemain au matin , que l'orage diminua : nous reprimes les huniers à cette époque.

Le ciel commença alors à s’éclaircir, et pouvant voir à plusieurs lieues autour de nous, je gouvernai plus au Nord. À midi, notre latitude observée étoit de 50° 1”, et notre longitude de 2290 26/ (1). Je mis le cap au Nord-Ouest-quart-Nord avec un vent frais du Sud-Sud- Est, et un beau temps; mais à neuf heures du soir le went reprit avec force, et nous eùmes des rafales accompagnées de pluie. Le ciel continuoit d’être orageux et pluvieux, et le vent souffloit toujours du Sud-Sud-Est et du Sud-Ouest; je suivis la même route jusqu'au 30, à quatre heures du matin: à cette époque, je marchai au Nord-quart-Nord-Ouest , afin de rallier la terre. Je regrettai de n'avoir pu la rallier plus têt, car nous dépassions alors l'endroit où les Géographes (2) ont planté le

(1) Comme les latitudes et les longitudes sont indiquées trèssouvent dans le reste de ce volume, et que les premières sont toufours Nord, et les secondes toujours Est, j'ai supprimé ces deux mots ; afin d’éviter des répétitions inutiles,

(2) Voyez la carte générale des Découvertes de l’Amiral de

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