‹ Troisième voyage de Cook, ou Voyage à l'océan Pacifique [microforme]Chapitre 17 sur 68 · OU · texte numérisé non relu

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prétendu détroit de l'Amiral de Fonte. Quoique je n'ajoute point de foi à des détails, vagues et peu vraisemblables qui se réfutent d'eux-mêmes, je désirois vivement de reconnoitre cette partie de la côte d'Amérique, afin de dissiper tous les doutes; mais je ne pouvois, sans une extrême imprudence , rallier la terre par un temps si orageux, ou perdre l'avantage d’un vent si favorable, enattendant un ciel plus tranquille. Le même jour , à midi, nous étions par 530 22/ de latitude et 225° 14’ de longitude. Le lendemain, 1.7 Mai, n’apercevant point laterre, je gouvernai au Nord-Est à l’aide d’une brise fraiche du Sud-Sud-Est et duSud, accompagnée de rafales et d'ondées de pluie et de grêle. Notre latitude, à midi, fut de 54o 43", et notre longitude de 224° 44’. A sept heures du soir, par 550 20/ de latitude , nous vimes la terre se prolonger du Nord-Nord-Est à l'Est ou à l'Est-quart-Sud- Est, à la distance d'environ 12 à 14 lieues. Une heure

après, je mis le cap au Nord-quart-Nord-Ouest, et le len-

demain, à quatre heures du matin, la côte s'étendoit du Nord-Ouest-quart-Nord-Ouest au Sud-Est, et nous étions à environ six lieues de la partie la moins éloignée (*).

Fonte, par Delisle, publiée à Paris, en 1752. Voyez aussi beaucoup d’autres cartes.

(*) Ce doit être près d'ici que Tsclicrikow mouilla en 1541; car Muller place son mouillage à 56 degrés de latitude. Si cenavigateur russe avoit eu le bonheur de s’avancer un peu. plus loin au Nord, il auroit trouvé des baies, des havres et des Isles, où son vaisseau eût été à labri, et où il auroit pu protéger le débarquement de son équipage. Voyez, dans les Découvertes des Russes, par Muller, p. 248 et 254, des détails sur les malheurs qu’il éprouva à cette partie de la côte d’ Amérique , ct sur les équipages de deux de ses canots qu’il envoya à terre, et qu'il ne revit plus, parce que vraisemblablement les Naturels du pays les massacrérent, Eu

La pointe Septentrionale d'une Entrée, ou d’une ouverture qui ressembloit à une Entrée, nous restoit alors à l'ést-quart-Sud-Est ; elle gît par 56° de latitude. La côte paroissoit très-rompue vers le Nord, et elle sembloit offrir des baies et des havres éloignés seulement de deux ou trois lieues ; s’il n’y a ni baies ni havres, il faut avouer que les apparences nous trompèrent beaucoup. A six heures, comme nous nous rapprochions de la terre, je gouvernai au Nord-Ouest-quart-Nord, selon la direction de la côte; nous avions un vent frais du Sud-Est, avec des bouffées de grêle, de neige et de pluie neigeuse. Nous dépassâmes entre onze heures et midi, un groupe de petites Isles situées au-dessus de la grande terre, à 569 48’ de latitude, et par ke travers, ou un peu au Nord de ces petites Isles, la pointe méridionale d’une grande baie. Un bras qui se trouve dans la partie septentrionale de la baie, sembloit se prolonger vers le Nord, derrière une montagne élevée et arrondie, qui se montre entre cette baie et la mer. J'ai appelé la montagne le mont ÆEdgecumbe, et j'ai donné le nom de Cap Edgecumbe à la pointe de terre qui en sort. Le Cap Ædgecumbe git par 57° 3” et 224° 7! de longitude : à midi, il nous res-

toit au Nord 200 Ouest, à six lieues. £

La terre, excepté en quelques endroits, près de la mer, | N est par-tout montueuse et d'une élévation considérable ; 3 mais le mont Ewgecumbe est beaucoup plus élevé que \ a 1795, les Espagnols ont découvert deux havres très-bons sur cette À P partie de la côte; le premier, qu'ils ont appelé Gualoupe, gît e par 57 degrés 11 minutes, et le second, qu'ils ont nommé de log | L Remedios , par 57 degrés 15 minutes. 1 b

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toutes les autres collines. Il étoit entièrement couvert de neige, ainsi que chacun des monticules élevés ; mais les collines plus basses, et les terrains applatis qui avoisinent la mer n’en offroient point, et ils étoierit revêtus de bois.

En nous avançant au Nord, nous vimes que depuis le Cap £dgecumbe, la côte porte au Nord et au Nord-Est, l'espace de six à sept lieues, et qu'elle forme une grande baie dans cette partie. On trouve quelques Isles à l'Entrée de cette baie, et je l'ai appelée la Bañe des Isles : elle gîit par 57° 20/ de latitude (*) ; elle paroît se diviser en plusieurs bras, dont l’un qui tourne au Sud, communique peut-être avec la baie située au côté Oriental du Cap Edgecumbe, et fait une Isle de la terre de ce Cap. À huit heures du soir, le Cap nous restoit au Sud-Est-derxirumb-Sud; nous avions au Nord 530 Est la Baie des Isles, et au Nord 520 Est, à la distance de cinq lieues, une autre Entrée devant laquelle il y a aussi des Isles. Je continuai à marcher au Nord-Nord-Ouest-demi-rumb-Ouest, et au Nord-Ouest-quart-Ouest , selon le gissement de la côte, à l'aide d’un bon vent du Nord-Est et d’un temps clair.

Le 3, à quatre heures et demie du matin , le:mont Edgecumbe nous restoit au Sud 54° Est; nous avions au Nord 500 Est, à six lieues , une large Entrée, et au Nord 320 Ouest, la pointe de terre qui est la plus avancée au Nord-Ouest, ct qui gît au-dessous d'une très-haute

(*) Il paroît que les Espagnols trouvèrent dans cette baie le port auquel ils ont donné le nom de los Remedios. La latitude est exactement la même, et leur journal fait observer qu’elle est protégrée par une longue chaîne de hautes Tsles. Voyez Miscellanies by Daines Barring'on, p. 5o3 et 5o4.

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