‹ Troisième voyage de Cook, ou Voyage à l'océan Pacifique [microforme]Chapitre 20 sur 68 · NAT · texte numérisé non relu

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més et d'aller examiner le bras septentrional; j'otdonnai au Master d'emmener deux autres canots et de recorr- , moître un autre bras qui sembloit tourner à l'Est. M. Gore ‘etle Masterrevinrentle soir. Le dernier me rapporta què le bras où je l’avois euvoyé communiquoit avec celui dont nous étions venus en dernier lieu, et que l’un de ses côtés étoit uniquement formé par un groupe ‘d'Isles. M. Gore me dit qu'il avoit vu l'entrée d’un bras dont l'étendue , selon son opinion, se prolongeoit fort loin at Nord- Est , et que vraisemblablement on pourroit y trouver un passage ; mais M. Robert, l'un des Mates, que j'avois chargé de suivre M. Gore et de lever des plans, croyoit avoir vu le fond du bras. La diversité de cé deux opinions , et ce que j'ai déjà dit du flot qui venoit du Sud dans l'Enrrée , rendoit très-douteuse l'existence d’un passage : comme durant la matinée le vent étoit devenu favorable pour regagner la haute mer, je résolus de ne pas employer plus de temps à le chercher dans un endroit La promettoit si peu de succès. Je considérai d’ailleurs, qu'en supposant la terre à l'Ouest étant composée d’Isles , conformément aux dernières’ découvertes des Russes (*), nous ne manquerions pas de nous élever assez avant dans Le Nord ét d'arriver à une haute: latitude dans la saison convenable, si nous ne perdions pas notre temps à examiner trop en détail des lieux où un passage étoit non-seulement douteux, mais invraisemblable. Nous étions alors plus de 520

lieues à l'Ouest d'une partie quelconque de la baie de , é

(*) 11 paroît que le Capitaine Cook fait ici allusion à la carte de M. Stachlin , insérée à la tête de l’4rchipel du Nord, publiée à Londres, en 1774, par le Doctear Maty.

Baffin ou de la baie de Hudson ; s’il y avoit un passage, il devoit se trouver en entier, ou du-moins en partie, au Nord du soixante-douzième degré de latitude (*).

Ayant ainsi pris ma résolution, nous appareillâmes le 18, à trois heures du matin, avec une jolie brise du Nord;

nous marchâmes au Sud, et nous redescendimes l'Entrées,

nous rencontrâmes des fonds de mauvaise tenue, ainsi que le jour précédent ; nous ne tardâmes cependant pas à nous en dégager, et ensuite une ligne de quarante brasses ne rapporta jamais de fond. Nous découvrimes alors une sortie au Sud-Ouest de celle par laquelle nous étions entrés; elle abrégeoit notre chemin, et nous eu profitämes; elle est séparée de l’autre par une Isle qui se prolonge à dixhuit lieues dans la direction du Nord-Est et du Sud-Ouest. J'ai donné à cette Isle le nom de Montagu.

Il y a plusieurs Isles dans le canal Sud-Ouest; celles qui gissent à l'entrée? près de la haute mer, sont élevées et de roches ; mais celles qui se trouvent en-dedans sont basses: comme elles n'offroient point de neiges, et qu’elles étoient couvertes de bois et de verdure, je les ai appelées Lsles Pertes.

Le vent passa au Sud-Ouest et au Sud - Ouest -quart- Ouest, à deux heures de l'après-midi, ce qui nous obligea d'aller au plus près. Je me por d'abord à deux milles de la côte orientale, et je virai ensuite vent devant, la sonde rapportant cinquante -trois brasses. En retournant vers l'Isle Montagu, nous découvrimes une chaine de rochers, dont les uns étoient au-dessus dé l'eau, et les autres sub-

(*) On a dit dans l’Introduction , sur quels motifs le Capitaine Cook fondoit son opinion.

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mergés; ils gissent à cinq milles en-dedans ou au Nord de la pointe septentrionale des Isles Vertes. Nous en aperçûmes ensuite quelques autres au milieu du canal, et plus au large que les 1sles. Quoique la nuit ne fût pas trèssombre, ces rochers me firent croire que la navigation ne seroit pas sûre, et j'attendis le jour en louvoyant au-dessous de l'Isle Montagu; car la profondeur de l’eau étoit trop considérable pour mouiller.

Le lendemain, à la pointe du jour, le vent devint plus favorable, et nous portâmes sur le canal, entre l'Isle Aontägu et les Isles Vertes : la largeur de ce canal est de deux à trois lieues, et sa profondeur de trente-quatre à dix-sept brasses: Le vent fut très-foible durant toute la journée, et à huit heures du soir nous eûmes un calme plat : nous mouillâmes alors par vingt-une brasses, fond de vase, à environ deux milles de l'Isle Montagu. Le calme dura jusqu’à dix heures du matin du jour suivant, qu’il s’éleva une petite brise du Nord à l’aide de laquelle nous appareillâmes : à six heures du soir, nous nous retrouvâmes dans la ha er, et nous aperçümes que la côte se prolongeoit à l’Ouest-quart-Sud-Ouest , aussi loin que pouvoit s'étendre Ja vue.

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