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point embarquer de vagues : elle garantit en même-temps de la pluie la partie de leur corps qui est exposée à l'air; car elle est aussi impénétrable à l'eau qu’une vessie. Il faut a tenir toujours humide ou mouillée, sans quoi elle a de la disposition à éclater ou à se rompre. Elle est ainsi que ‘la souquenille ordinaire, composée de peaux, et elle ressemble beaucoup an vêtement des Groënlandois, tel qu'il est décrit par Crantz (*).
En général, ilsne se couvrent ni les jambes, s:les pieds; mais un petit nombte d’entre eux portent des espèces de ‘bas de peaux, qui remontent jusqu'à mi-cuisse, et il est sare d'en trouve un qui n’ait pas des mitaines de pattes d'ours. Ceux qui portoient quelque chose sur leur tête, ressembloient à cet égard à nos amis de Nootka : ils avoient des chapeaux élevés , de paille ou de bois, qui étoient en forme de cône tronqué, et qu'on pouvoit prendre pour une tête de veau marin peinte, .
Les hommes çoupent ordinairement leurs cheveux autour du col et du front; mais les femmes les laissent dans toute leur longueur ; la plupart les disposent en touffe sur le sommet de la tête, et un petit nombre les nouent comme
(*) Voyez Crantz, Histoire du Groënland , Tume L.er, p. 136 à 138; outre les traits de ressemblance que cite le Capitaine Cook, entre les Groënlandois .et les Américains de l'Éntrée du Prince Guillaume, le lecteur en trouvera beaucoup d’autres dans l’ouvrage que je viens d'indiquer, Le vêtement de la peuplade de l'Entrée du Prince Guillaume, tel que le décrit le Capitaine Cook , ressemble aussi à celui des habitans des /sles S'chumagin, découvertes én 1941, par Beh:ing. Voici le passage de Muller : « Leur habillement étoit de boyaux de baleine par le haut du:
>» corps, et de peaux de chien marin par le bas ». Découvertes des Russes, page 274. \
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nous par-derrière. L Les deux sexes ont les oreilles percées de plusieurs trous, dans le-bord supérieur et dans le bof inférieur ; ils y suspendent des paquets de ces coquilles tubuleuses dont les habitans de Nootka se servent pour 18 même usage. La cloison du nez est trouée aussi; ils y placent fréquemment des tuyaux de plumes , ou des orngemens un peu convexes, tirés des coquillages dont je parloïs toutàl'heure, eufilés à un cordon oùi à yne corde roïde, de trois ou quatre pouces de longueur , ce qui leur doré une mine ‘’raiment grotesque ; mais quelques individus des deux sexes ont une parure plus extraordinaire et plus bizarre. Leur lèvre inférieure est fendue ou coupée dar: la direction de la bouche, un peu au-dessous de la partie renflée : cette incision, qu’on fait aux enfans à l’époque où ilstettent encore, a souvent plus de deux pouces de longueur, et par sa contraction naturelle, lorsque la plaie est fraîche, ou par une répétition de quelques mouvemens Particuliers, elle prend la forme des lèvres, et elle devient assez considérable peur que la langue la traverse. Telle étoit celle du premier individu que vis un de nos matelots: il s’écria qu le sauvage avoit deux bouches; et on l’eût cru en effet. Ils attachent dans cette bouche artificielle un ornement plat et étroit, tiré en grande partie d’un coquillage solide où d’un os découpé en pièces semblables à de petites dents, qui descendent presque jusqu’à la base ou la partie la plus épaisse, et qui ont à chaque extrémité une saillie par où elles se soutiennent : la partie découpée en dents est la seule qui se voie. D’autres ont seulement la lèvre inférieure
percée de différens trous; ils y mettent alors des coquil-
lages en forme de clous, dont les pointes se montrent en-
dehors, et dont les têtes paroissent en-dedans de la lèvre , 0 *
comme une autre rangée de dents placées immédiatement ap-dessous de la mandibule inférieure.
Tels sônt les ornemens des fabriques du pays; maisnous trouvâmes ici beaucoup de grains de verre manufactutés -en Europe, la plupart d’un bleu pâle; ils les suspendent à leurs oreilles, autour de leurs chapeaux, ou au trou qu'offre chacune des pointes du bijou qui décore leurs lèvres. À ce premier pendant ils en attachent quelquefois d’autres, et il n’est pas rare de voir cette garniture tomber jusqu'au bas du menton; dans ce dernier cas, ils ne peuvent faire disparoître si aisément leur parure des lèvres : quant à celle qu’ils emploient ordinairement, ils la jètent en-dehors avec la langue, ou ils la prennent dans leur bouche, selon qu’ils en ont la fantaisie. Ils portent dés bracelets de grains, de coquillages d’une forme cylindrique, composés d’une substance qui ressemble à l'ambre. Plusieurs colifichets qu'ils placent à leurs oreilles et à leur nez sont aussi d’ambre. En général, ils aiment si fort la parure qu'ils mettent toutes sortes de choses dans leur lévretrouée: nous vimes un de ces sauvages qui y portoit deux de nos clous de fer , lesquels se projettoientn saillie , et un second qui s’efforça d'y faire entrer ua gros bouton de cuivre.
Les hommes enduisent souvent leur visage d’un rouge éclatant et d’une couleur noire, quelquefois d’une couleur bleue ou d’une antre qui a la teinte du plomb; mais ils n’y traceut pas de figuresrégulières. Les femmes essayent à quelques égards de les imiter, en se barbouillant le menton d’une substance noire Guise termine en pointe sur chaque joue ; mode assez sewblable à eclle qui, au rapport deCrantz(*),
(*) Vol. Lier, p.138,
DE COOR. (1778) 117 est trés-répandue parmi les femmes du Groëndand. [ls ne se peignent point le corps, ce qu'il faut peut-être attribuer à la disette des matières propres à cet usage; car les couleurs qu’ils apportèrent à notre marché, dans des véssies ,
étoient en petite quantité. Au reste, je n'aï janais vu de
Sauvages qui se donnent plus de peine que ceux ci pour
” arner ou plutôt pour défigurer leur personne.
Hs ont deux espèces de canots, l’un grand et ouvert, et l'autre couvert et petit. J’ai déjà dit que nous comptâmes vingt femmes et un homme, outre les enfans, dans une de leurs grandés pirogues. J’examinai attentivement cette em-
barcation, et après Pavoir comparée à la description que
donne Crantz de la grande pirogue, ou de la pirogue des femmes du Groërland, j'ai reconnu qu’elles sont con-
struites l'une et Pautre de la même manière , que les di-.
verses parties se correspondent, que toute A différence consiste dans le forme de l'avant et de l'arrière, et en parti-
culier de l'arrière, qui resserhble un peu #/la tête d’une ba-
leine. La cherpente est composée de minces piècesde bois, par-dessugesquelles on étend des peaux de veaux marins, ou d’autres grands animaux, qui forment lebordage. Je jugeai aussi que les petits canots sont ä-peu-près de là même forme et dela même manière que ceux des Groënlandois(*) et des Esquimaux : quelques-uns de ceux-ci, comme je l'ai déjà fait observer, porteut deux hommes; ils sont plus
larges en proportion de leur longueur’, que les pirogues des
Esquimaux , et l'avant qui se recourbe ressemble un peu au manche d’un violon.
Les armes et les instrumens de pêche ef de chasse sont as romanes (*) Voyez Crantz, Vol, Eer, p. 150.
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