‹ Troisième voyage de Cook, ou Voyage à l'océan Pacifique [microforme]Chapitre 32 sur 68 · . TROTSIÈME VOYAGE · texte numérisé non relu

. TROTSIÈME VOYAGE

où la mer avoit peu de profondeur, je mouillai sur sept brasses, à environ deux lieues de la cête. L'Isle du Tratneau nous restoit au Sud 51° Est, à dix lieues; et on la voyoit par-dessus la pointe méridionale de la grande terre. à

Peu de temps après que nous eùmes mecillé, le ciel, nébuleux jusqu'alors, s'éclaircit, et nous aperçûmes une baute terre , qui s’étendoit du Nord 40° Est au Nord 30° Ouest; elle \parissolt détachée de la côte au-dessous de laquelle nous étions à l'ancre; celle-ci sembloit courir au Nord-Est. Nous voyions en même-temps une Isle de peu d’étendue au Nord 81° Ouest, à huit ou neuf lieues ; je la nommai Zs/e de King. Nous appareillèmes le lendemain à huit heures, et nous gouvernâmes au Nord-Ouest. Le ciel s’étant éclairci sur le soir, nous vimes la terre Nord-Ouest se prolonger du Nord-quart-Nord-Ouest au Nord-Ouest-quart-Nord, à la distance d'environ trois lieues. Durant la nuit, le ciel fut nébuleux et pluvieux ; il'y eut peu de vent, et nous attendimes le jour en courant de petites bordées. Entre quatre et‘cinq heures du matin du 8, nous découvrimes de nouveau la. terre Nord- Ouest ; nous cûmes bientôt après un calme et un.courant qui nous faisoit dériver vers la côte, et’ il devint nécessaire de mouiller sur douze brasses à deux milles du rivage- L’extrémité occidentale offre une haute colline à pic, située par 65° 36! de latitue et 192° 18” de longitude, Il s’éleva une brise du Nord-Est, à huit heures ; et nous remîmes

à la voile: nous portâmes au Sud-Est, dans Pespoir de

trouver un passage entre la côte au-dessous de laquelle nous avions jeté l'ancre le 6 au soir , et cette terre Nord- Ouest, La seconde rapporta bientôt sept brasses, et nous

DE COOK. (1778) 199 reconnûmes que des terrains bas réunissoient les deux côtes, ainsi que la haute terre qui se montroit par-derrière,

Bien convaincu alors que toute cette côte éjoit continue, je revirai vent-devant et je cinglai vers la partie Nord- Ouest, ay-dessous de laquelle je meuillai par dix-sept brasses. Le ciel étoit épais et il tomboit de la pluie ; mais il s’éclaircit à quatre heures da matin du jour suivant ; en sorte que nous times la terre tout autour de nous. Un rocher élevé ou une Isle escarpée nous restoit à l'Ouest ; une autre Isle, située au Nord de celle-ci et beaucoup plus grande , se montroit dans l’Ouest-quart-Nord-Ouest ; nous avions au Sud-Est-quart-Est la colline à pic dont je viens de parler , et au Sud 320 Est, la pointe qui se trouve audessous. Le pied de cette colline présente des terrains bas qui s'étendent vers le Nord-Ouest, et dont l'extrémité nous restoit au Nord-Est-quart-Est, à la distauce d’environ trois milles. On voyoit par-dessus et par-derrière de bautes terres que nous primes pour une prolongation du Continent. \

Cette pointe, que j'ai nommée Cap du Prince de Galles , est d’autant plus remarquable, que c'est l'extrémité la plus occidentale des parties de l'Amérique connues jusqu'à présent. Elle git par 65° 46’ de latitude et 3910 45” de longitude ; les observations d'après lesquelles nous déterminâmes sa‘latitude et sa longitude, quoique faites en vue du Cap, peuvent contenir une petite erreur , pa””" que le ciel étoit brumeux. Nous crûmes distinguer quelques habitans sur la côte ; et il est vraisemblable que ñaus ne nous trompions pas, Car nous aperçümes au même endroit des élévations ‘qui ressembloient à des échafands, et d'autres que nous primes pour des huttes. Nous vimes

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les mêmes choses sur le Continent, en-dedans de l’Zs/e du Trafneau et sur diverses pariés de la côte.

Nous fümes en calme jusqu'à huit heures dû matin : il s'éleva une brise du Nord, a cette époque, et nous appareillämes ; mais nous fümes à peine sous voile que le vent commença à souffler avec force , qu'il tomba beaucoup de pluie , et que le ciel devint brumeux. Le vent et le courant ayant une direction contraire, les vaguës s’enflérent de

\telle sorte qu’elles pénétrèrent souvent dans le vaisseau.

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Nous eùmes à midi une éclaircie de quelques minutes ; la latitude indiquée plus haui fut déterminée d’après l'observation que nous fimes alors.

Ayant vainement marché au plus près; jusqu'à deux heures de l'après-midi, je pris la route de l’isle que nous avions vue à l'Ouest; je me proposois de mouiller audessous et d'attendre que le vent fût moins impé:r.eux. Mais en approchant de cette terre , nous la trouvämes composée de deux petites Isles , dont chacune n’ayant pas plus de trois ou quatre lieues de tour, ne pouvoit nous procurer qu'un foible abri. Au-lieu de mouiller, nous continuâmes à nous étendre à l'Ouest, et à huit heures nous vimes la terre dans cette direction : elle se prolongeoit du Nord- Nord-Ouest à l'Ouest-quart-Sud-Ouest , et la partie la plus voisine étoit éloignée de six lieues. Je suivis la même route jusqu’à dix heures du soir ; et durant la nuit, je courus une bor dée à l'Est.

Le 10, à la pointe du jour, nous remimes le cap à l'Ouest, vers la terre que nous avions vue la veille au soir ; elle se prolongeoit du Sud 72° Ouest au Nord 41° Est, sept heures 11”, temps où la longitude indiquée par la montre marine étoitde 189° 24”. Entre l'extrémité

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Sud-Ouest et une pointe qui nous restoit dans l'Ouest, à deux lieues, où trouve une grande baie , où nous mouillâmes à deux heures du matin , sur dix brasses , fond de gravier , à environ deux milles de la côte septentrionale. La pointe méridionale de la baie se montroit au Sud 58° Ouest ; la pointe septentrionale au Nord 43° Ouest; le fond de la baie au Nord 60° Ouest , à denx ou trois lieues ; et nous avions au Nord 72° Est , à quatorze lieues , les deux Isles que nous avions dépassées la veille.

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