‹ Troisième voyage de Cook, ou Voyage à l'océan Pacifique [microforme]Chapitre 31 sur 68 · TEST TARGET (MT · texte numérisé non relu

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situées plus à l'Ouest , en sorte que l'étendue des terrains bas entre le pied des montagnes et le rivage de la mer, diminuoit insensiblement. Les terrains élevés et les terrains bas étoient éntièrement dénués de bois; mais ils paroissoient couverts d'un gazon vert,sij'enexcepte les montagnes revêtues de neige. Tandis que nous continuions à goyverner le long de la côte, avec une jolie brise de ;’Ouest, la profondeur de l’eau diminua peu-à-peu de quinze à dix brasses, quoique nous fussigns à huit ou dix milles de la côte. À huit heures du soir, une montagne élevée, que nous apercevions depuis quelque temps, se montroit au Sud-Est -quart-Est à vingt-une lieues. Quelques autres montagnes dépendant de la même chaîne, ét beaucoup plus éloignées , nous restoient à l'Est 3° Nord. La côte se proloïfigeoit jusqu'au Nord-Est un demj-rumb-Nord, où elle sembloit bornée par une pointe , au-delà de laquelle nous espérions et nous comptions qu’elle suivroit une direction plus orientale; mais bientôt après, nous découvrîmes des terrains bas, qui s’étendoient depuis le derrière de cette pointe jusqu'au Nord-Ouest-quart-Ouest,, où ils se perdoient dans l'horizon. On apercevoit sur les derrières des cantons d'une assez grande élévation, qui se montroient en collines détachées.

Ainsi l'agréable perspective que nous avions de nous avancer au Nord s’évanouit dans un instant, Je continuai ma route jusqu’ à neuf heures du sgir ; car les ténèbres ne survinrent qu’à cette époque, et alors la pointe dont j'ai parlé plus baut nous restoit au Nord-Est un demi-rumb- Est ; à la distance d'environ trois milles. On trouve parderrière cette pointe une rivière, dont l'entrée sembloit avoir un mille de largeur ; mais je ne puis rien dire sur sa

DB CQO0K..,, (1778) 183 profondeur. L’eau paroissoit. décolorée, ainsi que sur les bas-fonds; au reste un calme auroit pu lui donner le même aspect. Nous jugeàmes qu’elle serpente à travers les vastes terrains applatis qui sont.entre la. chaine des montagnes au Sud-Est et les collines. au Nord-Ouest, Elle doit contenir beaucoup .de saumons , puisque nous aperçümes beaucoup de soubresauts dans les vagués devant l'entrée, et que nous trouvâmes plusieurs de ces poissons dans les mâchoires de la morue que nous avions prise. J’ai donné à cette rivière le nom de Bristol ; son entrée git.par 58° 27” de latitude et 201° 55/ de longitude. : : |

Ayant passé la nuit à courir de petites bordées, le 10, à la pointe du jour, nous cinglâmes à à l'Ouest-Sud-Ouest, avec une jolie brise du Nord-Ouest. À onze heures, la. côte au Nord-Ouest nous sembla bornée par une pointe qui nous restoit au Nord-Ouest:quart-Ouest, et, comme la profondeur de l’eau avoit augmenté de neuf à quatorze brasses, je mis le cap sur la poifite, en ordonnant à Z Découverte de marcher en avant. Le Capitaine Clerke eut à peine fait un mille , qu’il m’annonça des bas-fonds. Notre sonde rapportoit sept brasses : avant que nous eüssic2s reviré de, bord, elle en donnoit moins de cinq, et /& Découverte n'en avoit pas quatre. ,

Nous nous repliâmes au Nord:Est l'espace de trois ou quatre milles ; et n’apercevant qu’une forte marée , ou un courant qui por toit à l'Ouest-Sud-Ouest, c’est-à-dire, vers les bas-fonds, nous mouillâmes par dix brasses, fond de joli sable. Deux heures après, l'eau étoit tombée de plus de deux. pieds, d'où nous conclümes que c’étoit le moment du reflux pour la rivière; dont j'ai paré: on goûta

l'eau en plusieurs endpoits ; clle u’étoit pas la moisi

La

salée qué l'eau de mer commune: nouvelle preuve que nous étions à l'entrée d'une grande rivière.

+’ A quatre heures du soir, le vent passant au Sud-Ouest, ous appareillâmes et nous portâmes au Sud. Les canots sondoient en #vant. Lorsque nous dépassämes l'extrémité méridionale du bas-fonds, la sonde ne rapportoit que six brasses'; elle en rapporta ensuite treize et quinze. Nous mouillâmes sur cette dernière profondeur à huit‘heures et demie. Une partie de la chaîne des montagnes qui se montroient sur la côte Sud-Est, nous restoit au Sud-Est un demi-rumb-Sud , et nous avions au Nord-Ouest la terre k plus occidentale qui ft sur l'autre côte. Nous avions vû, pendant la journée, des terrairis élevés au Nord 60° Ouest, dont nous estimâmes l'éloignement de douze lieues. ‘Après avoir mis à la voile, à deux heures du matin du jour suivant, avec une brise légère du Sud-Ouest-quart- Oùest, nous marchâmes au vent jusqu'à nef heures ; ingeant que la marée nous étoit défavorable, nous mouil- Fânies par vingt-quatre brasses. Nous gardâmes ce mouil- Rge jusqu'à une heure; la brume qui étoit survenue le matin se disspant alors, et la marée nous étant favorable, nous appareillämes et nous portâmes au Sud-Quest. Le vent ff très-variable le soir ; et il y eut du tonnerre. Nous ne l’avions pas encore entendu depuis notré arrivée sur la côté ; et même il gronda au loin.

Le vent s'étant fixé de nouveau an Sud:Ouest, le matin du r2, nous gouvérnämes au Nord-Ouest, et à dix heures nous aperçûmes la côte d'Amérique; elle se prolongeoit à midi du Nord-Est:quart-Nord au Nord-Ouest un quart de rumb-Ouest , et'une colline élevée nous restoit au Nord- Out dix lieues. Nous-reconnümes ensuite que c'était

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une Îsle, à laquelle j'ai donné, à cause de sa figure, le nom d’Zsle Ronde. Elle gît par 58° 37/ de latitude et 2000 6” de longitade; à sept milles du Continent. A cinq heures du soir, nous nous étions avancés au Nord, à trois lieues du Continent, et nons revirâmes’de bord sur quatorze -brasses, les extrémités de la côte nous restant à l’Est-Sud-Est un demi-rumb-Est et Ouest. Le vent qi tourna au Nord-Ouest nous permit de parcourir un assez grand espacele long du rivage jusqu’à deux heures du matin, que la sonde rapporta tout-à-coup six brasses : nous étions alors à deux lieues de la côte. Après avoir pris un peu de large, la profondeur de la mer augmenta insensiblement, et à midi la sonde rapporsoit vingt brasses : à cette époque, notre latitude étoit de 58° 13” et notre longitude de 199°. L’Zs/e Ronde nous restoit au Nord 5e Est, et l'extrémité occidentale du Continent au Nord 16° Ouest, à sept lieues. Cette extrémité occidentale est une pointe élevée, à laquelle j'ai donné le nom de Pointe Calme, parcé que nous éprouvâmes un calme tandis que nous fûmes par son travers. Il y a au Nord-Ouest de l’Zs/e Ronde deux ou trois

mondrains qui ressemblent à des Isles: ils peuvent en effet

former des terres détachées ; car de cet endroit nous n’aperçümes la côte que dans l'éloignement.

Le 14 et le 15 nous eûmespeu de vent;la brume fut si épaisse que nous ne pouvions voir toute la longueur du vaissean, et nous fimes peu de chemin. Les sondes rapportèrerit de quatorze à vingt-six brasses. Nous pêchâmes avec assez de succès; nous primes de la morue, et de temps à autres quelques poissons plats. La brume s'étant dissipée à cinq heures du matin dn 16,nousnous trouvâmes plus près de la terreque nous ne le croyions. La Pointe Calme nous

testoit au Nord 72° Est, et nous avions au Nord 3° Est, à trois milles, une autre pointe qui en est éloignée de huit lieues dans la direction de l'Ouest. La côte forme. entre ces deux, pointes une baie qui, en quelques parties, cachoit des terrains situés par-derrière , lors même qu'on regardoit du haut des mâts. Il y a aussi une baie au côté Nord-Ouest de cette dernière pointe, dans l'intervalle qui la sépare d'un promontoire élevé, lequel nous restoit alors au Nord 56° Ouest, à seize milles. À cinq heures, j'ordonnai au Lieutenant Williamson de débarquer sur ce Cap, d'examiner la direction que prenoit la côte par-derrière, et les productions du pays : des vaisseaux, le terrain nous paroissoit très-stérile. Nous trouvâmes ici que le flot portoit avec force au Nord-Ouest le long de la côte. La mer fut haute à midi, et nous mouillâmes par vingt-quatre brasses à quatre lieues du Continent. À cinq heures du soir, la marée nous étant favorable, nous appareillâmes et nous marchâmes à l’aide du flux ; car il n'y.avoit point de vent,

M. Williamson ne tarda pas à revenir ; il me dit qu'il avoit débarqué sur la pointe et qu'après avoir gravi la plus haute des collines, la partie de la côte la plus éloignée qui füten vue lui restoit à-peu-près au Nord. Il prit possession du pays au nom de sa majesté, et il laissa sur la colline une bouteille dans laquelle on trouvera un papier renfermant les noms des vaisseaux et l'époque de notre découverte. Le promontoire auquel il donna le nom de Cap Newenkham, est une pointe de rocher assez: élevé qui git par 58°. 42” de latitude et 197° 36’ de longitude. Il y a par-dessus on en-dedans de ce Cap deux collines hautes qui s'élèvent l’une derrière l’autre. La plus intérieure ou la plus orientaleest Ja plus élevée. Le pays, dans l’espace

acc.

DE COOK. (1778) 187 que découvrit M. Williamson, ‘ne produit ni arbres ni arbrisseaux. Les collines sont pelées ; mais sur les terrains plus bas on voit de l'herbe et des plantes, dont un trés-petit, nombre étoit en fleurs. Il n’aperçut d'animaux qu'une daine et son faon, et le cadavre d’un cheval marin ou d’une vache marine gissant sur la grève. Une multitude de chevaux marins frappoit nos regards depuis quelques jours.

La côte se prolongeant au Nord depuisle Cap Newenham, ce Cap est la borne septentrionale de la grande baie ou du golfe situé devant la rivière Bristol, que j'ai nommée Baie de Bristol, en l'honneur du comte de Bristol. Le Cap Ooneemak en forme l'extrémité méridionale; il gît à quatre-vingt-deux lieues du Cap Newerham , dans la direction du Sud-Sud-Ouest.

A:huit heures du soir, il s'éleva une brise légère qui se

fixa au Sud-Sud-Est : noys gouvernâmes au Nori-Ouest et

au Nord-Nord:Quest autour du Cap Newenham, qui le lendemain; à midi, nous restoitau Sud-quart-Sud-Est, à quatre lieues. La pointe de terre la plus avancée au Nord semontrôit alors au Nord 30° Est ; la sonde rapportoit dix-sept brasses, et nous étions.à trois lieues.et demie de la côte la plus voisine. Le vent fut très-foible toute l'aprés-dinée, en sorte qu'à dix heures du soir nous n'avions fait que trois lieues au Nord.

Nous portêmesle cap au Nord-Ouëst jusqu’à huit heures du matin du jour suivant : à cette époque, la profondeur de la mer tombant.tout-à-coup à cinq et sept brasses, nous mîimes en panne : un. canot de chacun des vaisseaux alla .sonder ‘en avant, et nous suivimes au Nord-Est. À midi, les sondes rapportoient dix-sept brasses; le Cap

Newenkam tous restoit au Sud 9° Est, à onze ou douze lienes ; l'extrémité Nord-Est de la terre en vue se montroit au Nord 66° Est et la côte la plus voisine à quatre ou cinq lieues de dslanee: notre latitude observés étoit de 59° 16’.

Entre ce parallèle et le Cap Néwenham, la côte est composée de collines et de terrains bas, et elle sembloit former plusieurs baies. À une beure, les canots qui merchoïent en avant, nous avertirent qu'ils trouvoient la mer très-basse : leurs sondes ne rapportoïent que deux brasses, et celles des vaisseaux en indiquoient six. En mettant le cap un peu plus au Nord , nous nous maintinmes ä-peu-près sur la même profondeur jusqu'entre cinq et six héures du soir : les canots s'apercevant que l'ean diminuoit de plus en plus, je fis’ signal de monilér à /a Découverte, qui étoit devant moi. Le Résolution ne terda pas à jeter l'ancre : durant cette manœuvre , le cable rompit à l'étalingure ; ce qui nous obligea Æettliyetuhé autre ancre. Nous étions mouillés sur six brasses, fond de sable, à quatre où cinq lieues du Continent ; le Cap Newenham nous réstbit au Sud, à dix-sept lieues’; les collines les plus ‘éloignées que nous aperçussions dis le Nord , nous restoient au Nord-Est-quart-Est ; mais des tévesloi bas se prolongeoient depuis lés cantons élevés jusqu’au Nord» quart-Nord-Est. IL y avoit en-dehors de ces terrains bas, ün banc de sable et dé pierre qui étoit à sec vers le milieu du jusant. d

J'avois ordonné aux deux Masters de prendre chacun un cahôt et de sonder entre ce banc'et la côte; ils me dirent à à feur rétour qu’on y trouvoit un canal où la sonde rapportoit six ét sépt brasses’, mais qu’il étoit étroit et tor-

DE COOK. (1778) 189 tueux. Nous essayâmes, à la mer basse , d'attacher une hansiére autour de l'ancre que nous avions perdue; et nos efforts ne réussirent pas: ne voulant pas l’abandoneer, tant que je conserverois l'espoir de la relever, je fis continuer les travaux, et enfin nous en vinmes à bbut le 20 au soir.

Sur ces entrefaites, je chargeai le Capitaine Clerke d'envoyer son Master à la recherche d’un passage, dans la partie du Sud-Ouest ; mais on ne trouva point de canal de ce côté, et il parut que la seule manière de se dégager des bas-fouds étoit de revenir sur nos pas. En suivant le canal dans lequel nous étions, il y avoit de la vraisemblance que nous pourrious Mie la côte plus loin : ce canal pouvoit nous mener dans le Nord hors de ces basfonds; mais cette entreprise étoit toujours dangereuse : si elle n’eût pas réussi, nous aurions perdu un temps considérable, et nous étions pressés par la saison. Ces raisons me déterminérent à reprendre la route par laquelle j'étois arrivé et à employer ce moyen de me dégager. .

Un certain nombre d'observations de la Lune, faites par M. King et par moi, ce jour et les quatre jours précédens, et dont chacune fut rapportée au point qu’occupient les vaisseaux, fixèrent la longitude à. 197° 45” 48°

Elle étoit, selon le garde-temps, de. 197 26 48

Notre latitude étoit de........... 59 37 30

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La déclinaison de l'aimant, d’après un ( A. M. de 23034 y 3" termemoyendetrois{ P. M. 22 19 4o boussoles , fut.....:

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Je jugeai que la partie la plus septentrionale de la côte que nous pussions apercevoir de ce point, gît par Goo de

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latitude ; elle sembloit former une pointe basse à laquelle j'ai donné le nom de Skoa/'nesse ( Cap des bas-fonds ).

Le flot porte au Nord et le jusant au Sud. La mer s'élève de cinq ou six pieds, et je crois qu’elle est haute à huitheures dans les pleines et les nouvelles Lunes.

Nous appareillânies le 21, à trois heures du matin, avec une jolie brise du Nord-Nord-Ouest, et nous nous repliâmes au Sud; trois canots marchoient en avant pour nous guider. Malgré cette précaution, notre retour fut plus difficile que notre arrivée, et nous nous vîmes enfin obligés de jeter l'ancre pour ne pas échouer sur un basfond où la sonde ne rapportoit que cinq pieds. Durant notre mouillage , vingt-sept hommes du pays, qui montoient chacun une pirogue, arrivèrént aux vaisseaux, dont ils s’approchèrent d'une manière fort timide ; ils poussèrent des cris et ils étendirent les bras à mesure qu'ils s’avancèr Nous jugeâmes ces démonstrations amicales. Eofin que. jaes-uns s’approchèrent assez pour recevoir des bagatelles que nous leur jetâmes. Nos présens encouragèrent les autres à venir à la hanche de nos bâtimens, et ils commencèrent des échanges avec nous ; ils nous vendirent des fourrures, des arcs, des traits, des dards, des vases de bois, etc. Ils accéptèrent d’un air satisfait tout ce que nous leur offrimes en retour. Ils paroissoient de la même race que les Sauvages que nous rencontrions depuis quelque temps sur la côte. Ils portoient les mêmes ornemens aux lèvres et au nez; mais ils étoient beaucoup plus sales et ils n’étoient pas si bien vêtus, Ils sembloient n'avoir jamais vu d'Européens; ils ne connoissoient pas l'usage du tabac , et nous ne trouvâmes parmi eux aucun article des manufactures étrangères, à moins qu'où ne

le

DE COOR. (1778) 19i veuille regarder comme tel un couteau que nous aperçümes entre leurs mains. Ce couteau n’étoif autre chose qu'un morceau de fer adapté à un manche de bois. Cependant ils savoient si bien la valeur et l'usage de cet instrument, qu'ils y mettoient un grand prix et qu’ils nous en demandèrent instamment de pareils. La plupart avoient les cheveux rasés ou coupés très-près ; ils n’en avoient gardé que deux touffes qui pendoient par-derrière ou d'un côté. Leur tête étoit couverte d'un capuchon de fourrure et d’un bonnet que nous jugeâmes de bois. Nous achetâmes une espèce de ceinture, partie de leur habillement; elle étoit de fourrure proprement faite, et chargée d'une garniture flottante qui se passe entre Les cuisses , de manière à cacher les parties voisines. Il y a lieu de croire, d'après cette ceinture, qu'ils vont quelquefois nus, malgré la rigueur du climat; car ils la portent rarement audessous de leur vêtement ordinaire.

Leurs pirogues étoient de peaux, ainsi que toutes les autres que nous avions vues en dernier lieu : seulement elles avoient plus de largeur;tet le trou dans lequel on s'assied étoit plus grand que sur aucune de celles . que j'avois rencontrées jusqu'alors. Le retour des canots qui venoient de prendre dés sondes parut les alarmer, car ils s'en allèrent tous; il est probable qu'ils seroient partis plus tard sans cet incident.

Nous ne fûmes hors des bas-fonds que le 22 au soir: je n’osai pas gouverner à l'Oucst pendant la nuit que je passai en travers du Cap Newenkham, et ke lendemain à la pointe du jour , je portai au Nord-Ouest, en ordonnant à

la Découverte de marcher en avant. Nous n'avions pas fait deux lieues lorsque la sonde ne rapporta plus que six

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brasses. Craignant de trouver moins d’eau encore si je continuois cette route, je cinglai au Sud : le vent souffloit de l'Est en jolie brise. La profondeur de la mer augments peu-à-peu jusqu'à dix-huit brasses ; et quand j'eus cette dernière sonde, je me hasardai à mettre le cap un peu à l'Ouest , et ensuite directement à l'Ouest, dès que j'eus vingt-six brasses.

Le 24 à midi, notre latitude »bservée fut de 58 degrés 7 minutes et notre longitude de 194 degrés 22 minutes. Trois lieues à l'Ouest de cette station, la sonde rapporta vingt-huit brasses, et je gouvernai Ouest-Nord-Ouest : la profondeur de la mer augmenta insensiblement jusqu'à trente-quatre brasses. J'aurois gouverné plus au Nord ; mais le vent ayant passé dans cette direction, je ne le pouvois pas.

Le 25 au soir, nous avions une brume épaisse et peu de vent : nous mouillâmes sur trente brasses par 58 degrés 29 minutes de latitude et 191 degrés 37 minutes de longitude. Le ciel s'étant éclairci un peu à six heures du matin du jour suivant, nqus appareillâmes et nous cinglâmes au Nord, à l’aide d’une petite brise de l'Est : la sonde rapportoit de vingt-huit à vingt-cinq brasses, Lorsque nous eümes fait neuf lieues: dans cette direction, le vent repassa au Nord, ce qui nous obligea de porter le cap plus : à l'Ouest.

En général, le ciel fut brumeux jusqu’à midi du 28: cette époque , le soleil se montra durant quelques ts , et nous en profifimes pour faire différentes observations de lune. Le résultat moyen de ces observations, rapportées au midi, par 59 dégrés 55 minutes de latitude, indiqua la longitude à 190 degrés six minutes, et le garde-

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parlé plus haut.

temps l'indiquoit à 189 degrés 59 minutes. La déclinaison de l’aimant étoit de 18 degrés 4o minutes Est. Nous continuâmes de gouverner à l'Ouest, et la sonde rapportoit trente-six brasses. À quatre heures du matin du jour suivant, noûs découyrimes une terre dans le Nord-Ouest-

quart-Ouest , à Six lieues. Nous portâmes dessus jusqu'à

dix heures et demie ; à cette époque, nous revirâmes

vent-devant par vingt-quatre brasses. Nous nous trouvions.

alors à une lieue de la côte qui nous restoit au Nord- Nord-Ouest : c'étoit: l'extrémité Sud-Est de l'Isle, et elle formoit un rocher perpendiculaire d'une hauteur considérable ; c’est pour cela que je l'ai appelée Pointe Upright (pointe à pic.). Elle git par 60 degrés 17 minutes de latitude et 187 degrés 30 minutes de longitade: nous apercevions , à l'Ouest de la pointe, une plus grande étendue de côtes, rx une: éclaircie, nous vimes

‘une autre pordion de.terre élevée.dans la direction de l'Ouest-quart-Sud- “Ouest :. celle-ci. paroissoit entièrement séparée de l'autre. Nous: tronvämes, une mültitude ‘in-

croyable d'oiseaux, tous; de l'espèce. duipenguia dont j jai

. Nous ,eùmes, lnniss dinde. à fausses bnisesi, et nous

fues peu de progrès ; le ciel n'étoit pas sasseziclair pour déterminer l'étendue de la terre qui se montroit devant -NOpSe Nous @uppasimes, que : £'est.une.des nombreuses Jsles.: marquées, dans Ja.carte, du nouvel Archipel: Nord, par, M. Staehlin ,et nous nous standions chaque moment ,à en;;voir. davantage.

: Le 3o,'à quatre heures du soir, la us: pic

, LROUS. restoit au. Nord-Ouest-quart-Nord + à six dieuss, Il

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Ouest , et nous gouvernämes au Nord-Est jusqu’à quatre heures du matin du jour suivant: le vent ayant passé à l'Est, nous revirdmes de bord, et nous mîmes le cap au Nord- Ouest. Le vent tourna bientôt après au Sud-Est, et'nous gouvernâmes au Nord-Est-quart-Nord. Nous cdntinuâmes. cette route avec des sondes de trente-cinq à vingt brasses jusqu’au lendèmain à midi. Notre latitude étoit alors de 60 degrés 58 minutes et notre longitude de 191 degtés. Le vent tournant au Nord-Est , je m'étendis d’abord au Nord-Est l’espace de dix lieues; comme je n'apercevois point de terres dans cette direction, je me repliai environ quinze lieues.à l'Est, et je ne trouvai que des morceaux de bois flottant : la sonde rapportoit de vingt-une à dix-neuf brasses. - : |

Nous eùmes des vents légers variables et accompagnés d'ondées de plaie durant la journée du 2; mais ils se fixèrent dans la partie du Sud-Est y et le 3 au matin nous remimes le cap au Nord. Notre latitude observée à midi, füt de 6 degrés 34! minutes ; ét notre longitude de 192 degrés : la sonde rapportoit seise brasses. M. Audéfson , mon chirurgien, attaqué de-la consomiption depuis plus d’un an, mourut entre trois et quatre heures du soir. C'étoit un jeune homme plein de sentiment et d'esprit , et d’une société agréable; il savoit bien son art, et il avoit acquis beaucoup de connoissancés éf d’autres patties. Les lecteurs rétharqueront sans’ doute combien il m’avoit été utile dans le cours du Voyage !'et sila mort rie fût venue le frapper , le public , j'en suis'sûr', duéit recu de lui des Mémoires sur l'Histoire naturelle des pays où nous avons abordé, qui prouveroient d'ütie manière démonstrative , combien il étoit digne dés éloges due je

lui donne ici (*). Peu de temps après qu'il eut rendu le dernier soupir , nous aperçûmes une terre dans l'Ouest, à douse lieues: nous supposâmes que c’étoit une Isle, et je l’appelai Isle Anderson , afin de perpétuer la mémoire d'un homme que j'aimdfs et que.j’estimois beaucoyp. Le lendemain , je fis venir M. Law, chirurgien de /2 Découverte, à bord de 4 Résolution , et je nommai Chirurgien de la Découverte, M. Samuel, premier Aide de Ghirurgien de mon vaisseau,

Le 4, à trois heures du soir, nous aperçümes , unë terre qui se prolongeoit du Nord-Nord-Est au Nord-Ouest. Nous portâmes dessus jusqu'à quatre heures; nous en trouvant éloignés de quatre ou cinq milles à cette époque, nous revirâmes de bord ; comme le vent nous manqua bientôt-après, nous mouillâmes par treize brasses, fond de sable, à environ deux lieues de-la côte, et, selon notre estime , par 64 degrés 2gminutes de latitude et 194 degrés 18 minutes de longitude. En de certains momens,

* nous Yyiens cette terre s'étendre de l'Est au Nord-Ouest,

et une Isle assez élevée se montroit dans l'Ouest-quart-

* Nord-Ouest, à trois lieues. .

La terre, qui se trouvoit devant nous, et que nous primes pour le Continent d'Amérique , paroissoit basse près de la mer ; mais, dans l’intérieur dupays , elle offroit des collines placées l’une derrière l’autre jusqu’à une hauteur considérable : elle avoit une teinte verdâtre, mais elle sembloit dévuée de bois, et on n'y apercevoit point

(*) M. Anderson paroît avoir interrompu son Journal deux mois avant sa mort. Le 3 de Juin est la dernière hs qu'offre son manuscrit.

de neige. Durant notre mouillage le flot venoit de l'Est, et il porta à l'Ouest jusqu’entre dix et onze heures : depuis cette époque jusqu’à deux heures du matin du lendemain, Je courant porta à l'Est , et la mér tomba de trois pieds. Le flot eut une plus grande foré® et une plus longue durée que le jusant, d'où j'inférai qu'outre la marée, il y avoit un courant de la partie de l'Ouest.

Le 5, à dix heures du matin, nous mimes à la voile à l’aide d’un vent du Sud-Ouest, et nous ne tardâmes pas à mouiller entre l'Isle et le Continent par sept brasses. Je débarquai bientôt après sur l'Isle, accompagné de M. King et de quelques autres Officiers. J’espérois y découvrir la côte et la mer à l'Ouest; mais la brume étoit très-épaisse dans cette direction, et je n’y eus pas une vue plus étendue qu'au vaisseau. La côte d'Amérique paroïssoit tourner au Nord depuis une-pointe basse, que j'ai appelée Pointe Rodnëy; cette pointe nous restoit au | Nord-Ouest un demi-rumb-Ouest, et à trois ou quatre L lieues de l'sle ; mais les terrains élevés qui prenoiéht une direction plus sépiectrionale se montroient goni: plus avant. |

Cette Isle , que j'ai nommée Zs/e du Tratneau » git par 64 degrés: 30 minutes de latitude et 193 degrés 57 minutes de longitude ; et elle a environ quatre lieues de circonférence. La surface du terrain en général offre de E) :. grosses pierres détachées. qui sont, en bien des endroits, couvertes de mousses et de végétaux. Nous comptâmes plus de vingt ou trente espèces différentes de ces végétaux, et la plupart étoient en fleur; mais je n’y. aperçus ni arbrisseaux, ni arbres, non plus que sur le Continent. Un petit terrain bas, près de la grève où nous débar-

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DE COÔK: . (1778) 197 quämes, produisoit une quantité considérable de pourpiers Sauvages, de pois, d’angélique, etc. Nous en remplimes le canot, et je fis mettre ces légumes dans la soupe. Nous vimes un renard, quelques pluviers et divers petits oiseaux, et nous rencontrâmes des cabanes en ruines, construites en

*partie ‘sons terre. Ainsi des hommes avoient été depuis peu sur cette Îsle, et il est clail que les habitans de la côte voisine y viennent pour un objet quelconque; car il y avoit un sentier battu d’une extrémité à l'autre. Nous trouvâmes à peu de distance de la grève où nous mîmes àterre, un traîneau, qui me détermina à donner à l'Isle le nom que j'ai dit nlus haut. Nous le jugeâmes semblable à ceux qu'emploient les habitans, du Kamstchatka, pour faire leurs transports sur la glace ou la neige. Il avoit dix pieds de longueur et vingt pouces de large; il étoit garni de ridelles par le haut et d'os par en bas: sa construction nous parut admirable; ses diverses parties étoient jointes d'une manière très-soignée , les unes avec des chevilles de bois, et‘la plupart avec des courroies ou des lanières de baleine ; ce qui me persuada que c’étoit un ouvrage des Naturels du: pays.

Nous appareillâmes le jour suivant à trois heures du matin, et à l’aide d'une brise légère de la partie du Sud, nous singlâmes au Nord, en inclinant vers l'Ouest ; nous eûñes occasion de déterminer la latitnde , par la hauteur méridienne du Soleil , et de prendre des hauteurs correspondantes le matin et le soir , afin de counoître la longitude par la montre marine. Comme le vent étoit foible et d’ailleurs variable , nous fimes peu de chemin ; et m'appercevant, à huit heuresedu soir, que les vaisseaux se portoieut avec rapidité vers la terre, et dans des endroits

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