‹ Troisième voyage de Cook, ou Voyage à l'océan Pacifique [microforme]Chapitre 4 sur 68 · AU AMAR · texte numérisé non relu

AU AMAR

Lonsqu j'abordai à cette Extrée, je lui donnai le nom d'Entrée du Roi George; mais je reconnus ensuite que Jes Naturels du pays l’appèlent Nootka. Son ouverture se trouve au coin oriental de la Baie de l’Espérance , par 49° 33” de latitude Nord èt 233° 12 de longitude Est ; | une chaîne de rochers snbmergés, qui paroissent s'étendre É

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à quelque distance du rivage, couvre la bande Est de cette baie dans l'espace entier qu’on traverse depuis la pointe des brisans jusqu’à l'ouverture de l'Entrée; et il y a près de Entrée, des Isles et desrochers qui se montrent au-dessus de l’eau.

Pour gagner l'Entrée, nous passämes entre deux pointes de rochers qui sont éloignées l’une de l’autre de trois à quatre milles, et dont la position respective est Est-Sud-Est et Ouest-Nord-Ouest. L’'Enirée s'élargit considérablement en- dedans de ces pointes; et elle s’avance dans l’intérieur du pays à au-moins quatre milles, non compris plusieurs branches qu'on aperçoit vers le: fond , et dont nous n’avous pas eu occasion de découvrir la profondeur. Nos

canots, qui traversèrent ces branches presque à l'endroit où elles commencent, trouvèrent que l'eau y devenoit douce, et'il y a lieu ‘de croire qu'elles ne s'étendent pas bien loin. Les collinés qui les bordent du côté de la terre “étoient couvéttes d’une neige très-épaisse, et il n’en restoit aucune tache sur celles qui se montroient pres de la mer où près de l’éndroit où nous mouillions, quoiqu' en général elles fussent beaucoup plus hautes; d'où il résulte un nouvéau degré de probabilité en faveur de ce que je viens de dire. Le milieu de l'Entrée offre plusieurs Isles de diverses grandeurs. Quoique la carte ou le plan ci-joint ne soit peut-être pas d'une extrême exactitude, elle donnera, malgré ses imperfections, une idée plus juste de ces Isles, de leur forme et de leur étendue , qu’une description faite avec des mots. La mer a de quarante-sept à quas:e-vingtdix brasses de profondeur et peut-être davantage, au milieu de l'Entrée, et même tout près de quelques parties du rivage. Elle présente une multitude de havres et d’an-

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DE cook. - (1778) 23 erages; mais nous n'avons pas eu le temps de les relever : l'anse où mouillèrent nos vaisseaux est au côté oriental de l'Entrée, et aa côté oriental de la plus grande des Isles ; ele est à l'abri de la mer , mais elle n’a guères d'autre mérite; car elle est exposée aux vents de Sud-Est, qui y soufflent avec beaucoup de violence; nous apérçümes en bien des endroits Îles ravages qu'ils produisent par intervalles.

Le terrain qui borde la côte de la mer est uni ét d’une moyenne élévation; mais en-dedans de l'Entrée ; il offre presque par-tout des collines escarpées, qui annoncént une formation commune ; car elles se terminent en sommets arrondis où émoussés, et elles présentent sur’ leurs flancs des sillons aigus dé peu de sailie. Plusieurs de ces collines peuvent être réputées hautes, tandis que d'autres sont d’une élévation très-médiocre : elles sont toutes, même les plus élevées, couvertes éntièrement de bois épais jusqu’à leurs somimets; chaque partie des plaines qu’ontrouve vers là mer ést également boisée, I} ÿ a ceperidant des espaces nus sur les flancs de quelques-unes des collines ; mais ils sont en petit nombre , et ils indiquent que ces collines sont en général des rochers; à proprement parlér, élles n’ont d'autre sol qu’une espèce d’engrais d'au-moins deux pieds de profondeur, qui vient du détriment des mousses et des arbres. Leurs fondemens ne doivent done être regardés que comme des rochers énormes d'une teinte blanchätre et grise dans les endroits où ils ont été exposés à l'air, et lorsqu'on les brise, on les trouve d'un gris bleuâtre, comme ces rochers qu'on rencontre par-tout à la terre de Kerguelen. Lés côtes escarpées ne sont pas autre chose ; et les petites anses qu’on voit dans l'Ensrée

ont des grèves composées de fragmens de ces rochers et d’un petit nombre de cailloux. Toutes les anses offrent une quantité considérable de bois qu'y amène le flot,et 4 des ruisseaux d'eau douce assez abondans pour remplir les futailles d’un vaisseau. Les ruisseaux semblent prove- ® pir uniquement des nuages pluvieux et des brumes suspendus dutour du sommet des collines : on ne doit pas en effet compter sur beaucoup de sources dans un pays si plein de rochers, et l’eau douce qu’on voit dans la partie supérieure de l’Entrée est vraisemblablement produite par la fonte des neiges : les Naturels du pays ne nous ont jamais dit que. l’Entrée reçäs une rivière considérable, et M nous n'avons. eu d’ailleurs aucune raison de soupçonner MM qu'il existe une pareille rivière : l’eau des ruisseaux est M parfaitement claire, et elle dissout le savon avec une grande facilité.

Le temps que nous eùmes pendant notre relâche approche beaucoup de celui que nous avions eu en travers L de la côte. Lorsque le vent souffloit des points du compas : ] qui se trouvent entre le Nord et l'Ouest, le ciel étoit beau

et serein; mais si le vent venoit du Sud de l'Ouest, l'at- | ù mosphère s’embrumoit, et il tomboit de la pluie. Le climat, É F autant que nous avons pu le juger, est infiniment plus doux 1 ÿ que celui de la côte orientale d'Amérique, au mème de- ;

gré de latitude. Le mercure du baromètre ne fut jamais au-dessous de quarante-deux degrés, même pendant la nuit, et durant le jour, il s’éleva souvent à soixante. Nous «u'aperçümes point de gelée sur les terrains bas ; la végétation y étoit, au contraire , fort avancée, car je vis de l'herbe qui avoit déjà plus d’un pied de longueur. On trouve, sur-tout dans les bois, le pin du Carade,

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