‹ Troisième voyage de Cook, ou Voyage à l'océan Pacifique [microforme]Chapitre 47 sur 68 · SES · texte numérisé non relu

SES

in fe Sd de pe re

(*) L'auteur cité dans la note précédente donne quelques détails sur les hostilités qui ont eu lieu entre les Russes et les Naturels du pays.

urs uri-

n0S abi- LA) a les que x, et deux s sur de la avons a lieu

a de court, s cheer patue les e peu

+6, La

atière

le mer es est lelà te es en

détails aturcls

De PRO APE Je Rad au

DE, PRES he FREE

DE COOK. (1778) 273 mettent une seconde de boyaux qui est impénétrable à la pluie, et qui a un capuchon dont ils se couvrent la tête : quelques-uns portent des bottes, et ils ont tous une espèce de chapeau oval, qui offre une pointe sur le devant : ces chapeaux sont de bois et peints en vert ou d’autres couleurs ; la partie supérieure de la coiffe estgarnie de longues soies d’un animal de mér, auxquelles pendent des grains de verre, et l’on voit au front une ou deux figures d'os.

Ils ne se peignent point le corps; mais les femmes se font des piquetures légères sur le visage : les deux sexes se percent la lèvre inférieure, et ils placent des os dans les trous : au reste, il est aussi peu commun de voir à Oonalashka un homme avec cet ornement, que de rencontrer une femme qui ne l'ait pas; quelques-uns portent des grains de verre à la lèvre supérieure, au-dessous des narines , et ils ont tous des pendans d'oreille.

Ils se nourrissent de poisson, d'animaux de.mer, d’oiseaux, de racines, de baies, et même de goésmon. Ils sèchent, pendant l'été, une quantité considérable de poissons qu’iis renferment dans de petites cabanes, et dont ils

font des provisions pour l'hiver : il est probable qu'ils conservent aussi des racires et des baies pour cette saison où les vivres ne sont pas communs. Ce qu'ils mangent est presque toujours cru; ils font bouillir, et ils grillent quelquefois leurs alimens ; mais je n’ai pas vu qu'ils les apprétent d'une autre manière : il est vraisemblable qu'ils ont appris des Russes la première de ces méthodes. Il y en

a qui possèdent de petits chaudrons de cuivre, et ceux

qui n'en ont pa$ se servent d’une pierre plate, garnie sur

les bords d’une argile qui lui donne la forme d’un vase.

J'assistai un jour au diner du Chef d'Oona/ashka; on Tome IIT. 18

Se. Æ

> dé SNE

ed

| ne lui servit que la tête crue d’une graude plie qu'on venoit TRE de prendre. Avant de lui offrir les morceaux, deux de ses domestiques mangèrent les ouies, sans autre préparation qu | que d'en exprimer les glaires : l'un d'eux conpa eusuite la h] | tête du poisson, et la porta sur le rivage de la mer; quand ‘MIRE il l'eut lavée, il la rapporta et il s’assit aux pieds de son î NN maitre : il avoit eu soin de cueillir des herbes qui tinrent Û lieu de plats, ou qu'il répandit devant le Chef; il découpa alors des tranches le long des joues, et il les mit à la portée | 4 du Clef, qui les avala avec autant de plaisir que nous man- JE geons des huitres. Dès que le Chef eut fini son diner, les | | restes de la tête furent dépecés et donnés aux gens de sa Qu LUE suite, qui arrachèrent avec les dents ce qui étoit bon à

| manger, et qui en rongèrent les os.

din Ces Insulaires ne se peignant point le corps, ne sont pas | aussi sales que les Sauvages qui s'enduisent de peintures;

DU LE PE CERN SE Cüna A orme > dr

mais on voit autant d’ordures et de poux dans leurs cabanes. Pour construire leurs habitations , ils creusent en terre un trou oblong, qui a rarement plus de cinquante pieds de lon- | gueur et vingt de large, et dont en général les dimen-

PEN CNET EL

ll sions sont moindres : ils forment sur cette excavation un | toit avec les branches d'arbres que la mer jette sur la } JL côte; le toit est revêtu d'herbes et ensuite de terre , en | | sorte qu’il ressemble en-dehors à un tas de fumier; le milieu offre , vers chacune des extrémités, une ouverture carrée il par oùentre le jour : l'une des ouvertures n’a pas d'autre destination ; mais la seconde sert d'entrée et de sortie, et on trouve au-dessous une échelle ou plutôt un poteau garni de marches entaillées (*). Quelques-unes des cabanes of-

(*) La description que fait M. Coxe des habitations des Natu-

renoit de ses ration uite la quand de son uinrent écoupa portée 1$ manrer, les as de sa it bon à

sont pas Pintures ; cabanes.

terre un \s de lons dimenation un e sur la erre . En le milieu ire carrée as d'autre sortie, et eau garni banes of-

des Natu-

Lorna he vire sl Er:

DE COOK. (1778) 275 frent une seconde entrée au niveau du sol, mais cela n’est pas commun. Les familles (car il y en a plusieurs de logées ensemble ) ont leurs appartemens séparés autour des flancs et des extréiuités de l'habitation; elles y couchent et elles y travaillent, nôn sur des bancs, mais dans une espèce de fossé qui environne le bord intérieur de la maison, et qui est couvert de nattes. Cette partie de la cabane est assez propre; mais je suis loin de pouvoir dire la même chose du milieu, qui est commun à toutes les familles ; car, quoiqu'il soit revêtu d’une herbe sèche, c’est le réceptacle des ordures de toutes sortes, eton y voit le baquet à uriner, dont la puanteur n’est pas détruite par les peaux crues, ou plutôt par le cuir dont il se trouve rempli presque continuellement. Ils placent leurs richesses , c’est-à-dire, leurs habits, leurs nattes et leurs peaux autour du fossé.

Des jattes, des cuillers, des seaux, des pots à boire, des paniers, des nattes, et quelquefois un chaudron ou un vase, composent tous leurs ustensiles de ménage. Ces meubles sont proprement faits et d’une belle forme; cependant nous ne leur avons pas vu d’autres outils que-le couteau et la hache ; leur hache est un petit morceau de fer plat, adapté à un manche de bois crochu. Nous n’avons pas remarqué d’autres instrumens de fer. Quoique les Russes soient établis ici, les Naturels du pays possèdent une quantité de ce métal moinôre, que celle dont nos regards avoient

rels d'Oonalashka et des autres Isles des Renards est en général d’accord avec cele du Capitaine Cook. Voyez les nouvelles Découvertes des Russes, page 149 de l'original ; et l'Histoire des

différens Peuples soumis à la domination des Russes, par M. Lévêque, Tome L.er, p. 4o et 41.

ss < mme Led © pe are

été frappés chez les Tribus du Continent d'Amérique, qui n'avoient jamais vu les Russes , et qui peut-être n’avoient pas eu de communication indirecte avec eux. Il est vraisemblable qu'ils donnent aux Russes tout leur superflu pour des grains de verre et du tabac en poudre ou à fumer; il y.en a peu, si même il y en a quelques-uns, qui ne fument, ne mâchent et ne prennent du tabac, et ce luxe me fait craindre qu'ils ne demeurent toujours pauvres. |

Ïls ne sembloient pas désirer une quantité plus considérable de fer, et ils ne nous demandèrent que des aiguilles , car les leurs sont d'os: au reste, avec leurs aiguilles grossières, ils cousent les bordages de leurs pirogues , ils font leurs vêtemens et des broderies très- curieuses ; ils emploient au-lieu de fil, des nerfs qu'ils découpent de la grosseur convenable. Les femmes sont chargées de toutes les opérations de la couture; elles sont les tailleurs, lés cordonniers, les constructeurs et les couvreurs des canots du pays : selon toute apparence, les hommes travaillent la charpenté sur laquelle on pose les peaux qui * bordent les embarcations. ils fabriquent avec de l'herbe des paniers très-jolis et très-solides : la finesse et l'élégance de la plupart de leurs ouvrages, annoncent un esprit in- - ventif et que la peine ne rebuie pas.

Je n'ai jamais aperçu d’âtre ou de foyer dans leurs cabanes : elles sont éclairées et échauffées avec des lampes qui sont trés-simples, et qui cependant remplissent trèsbien l'objet auquel on les destine; c’est tout uniment une pierre plate creusée dans l'un des côtés ; ils mettent dans la partie creuse de l'huile mêlée à de l'herbe séchée, qui tient lieu de mêche. Les hommes et les femmes se chauf.

qui ient yraierflu à fu- , qui t ce pau-

onsiaiguiluilles es, ils es ; ils ent de le touleurs , rs des es traaux qui l'herbe égance prit in-

rs Calampes t trèsent une nt dans bée, qui

» chauf-

DE COOK. (1778) 277 fent souvent sur une de ces lampes; ils les placent alors entre leurs jambes sous leurs vêtemens, etils les y tiennent quelques minutes.

Ils produisent du feu par collision et par attrition : quand ils veulent employer la première de ces deux méthodes, ils frappent l’une contre l’autre deux pierres , l'une desquelles a été bien frottée de soufre : s'ils veulent mettre en usage le second expédient, ils se servent de deux morceaux de bois ; l'un est un bâton d'environ dix-huit pouces de longueur, et l’autre un reste de planche ; l'ex” trémnité du bâton est épointée, et après l'avoir appuyé fortement sur la planche, ils le tournent avec agilité comme on tourne une vrille, et au bout de quelques minutes ils produisent du feu. Cette méthode est usitée dans un grand nombre de pays; on la trouve au Kamstchatka, au Groënland, au Brésil, à O-Taïti et à la Nouvelle-Hollande, et vraisemblablement ailleurs. Des savans et des littérateurs ingénieux ont voulu en conclure que les peuplades parmi lesquelles on la voit établie, sont de la même race; mais des rapports que le hasard a fait naître, et qui portent sur un petit nombre de points , n’autorisent pas une pareille conclusion, et les différences qu'on ébserve dans les mœurs où les coutumes de deux peuplades ne suffisent pas pour prouver qu’elles tirent leur origine d’une source différente. Indépendamment de l'exemple que je viens de citer ; il me seroit facile d’en alléguer beaucoup d’autres à l'appui de cette opinion.

Nous n'avons rien vu parmi les Naturels d'Oonalashka, qui ressemble à une arme offensive ou à une arme défensive : on ne peut croire que les Russes. les aient trouvés dans cet état; on imaginera plutôt qu'ils les ont

278 TROISIÈME VOYACE désarmés. Des vues politiques peuvent aussi avoir engagé la Cour de Russie à leur interdire les grandes pirogues ; car il est difficile de penser qu’ils n’en avoient pas autrefois de pareilles à celles que nous avons trouvées chez tous leurs voisins : cependant nous n’en avons aperçu de cette espèce qu'une ou deux, qui appartenoient aux Russes. Nous n'avons pas rencontré sur le Continent d'Amérique de canots aussi petits que ceux dont se servent ces Insulaires; ils étoient néanmoins construits de la même manière, ou leur construction offroit peu de différence: l'arrière se termine un peu brusquement ; l'avant est fourchu , et la pointe supérieure de la fourche se projette en-dehors de la pointe inférieure, laquelle est de niveau avec la surface des flots. Il est difficile de concevoir pourquoi ils ont adopté cette méthode ; car la fourche est sujette à saisir tout ce qu'elle trouve sur son chemin ; et pour remédier à cet inconvénient, ils placent un petit bâton d’une pointe à l’autre. Leurs canots ont d’ailleurs la forme de ceux des Groënlandois et des Esquimaux ; la charpente est composée de lattes très-minces et recouvertes de peaux de veaux marins : ils ont environ douze pieds de long, un pied et un pied et demi de large au milieu, et douze ou quatorze pouces de profondeur ; ils peuvent, au besoiu , porter deux hommes, dont le premier est étendu de toute sa longueur dans l’embarcation, et dont le second occupe le siège ou le trou rond percé à-peu-près au milieu. Ce trou est bordé en-dehors d'un chaperon de bois, autour duquel est cousu un sac de boyau qui se replie ou s'ouvre comme une bourse, et qui a des cordons de cuir dans la partie supérieure. L'Insulaire assis dans le trou serre le sac autour de son corps, ‘et

gage ues 3 utrechez erçu | aux inent > serts de Je difavant > pro st de cevoir be est in ;et | petit illeurs aux ; ue douze ge au

r;ils

e preation, percé s d'un boyau qui a sulaire ps, et

il ramène sur ses épaules l’extrémité du cordon, afin de le tenir en place: les manches de sa jaquette serrent son: poignet ; ecomine la jaquette serre d'ailleurs le col, et que le capuchon est relevé par-dessus la tête, où il est arrêté par le chapeau, l'eau ne peut guères lui mouiller le corps où entrer dans le canot : il a de plus un morceau d'éponge: pour essuyer celle qui pourroit s'introduire : il se sert d’une pagaie à double pale; il la tient par le milieu avec les deux mains, et il frappe l’eau d’un mouvement vif et régu« lier , d'abord d’un côté et ensuite de l'autre : il doune aiusi une vitesse considérable au canot, et il suit une ligne droite. Lorsque ‘ous partimes d'Egoockskak pour aller à Samganoodga , deux ou trois pirogues marchèrent aussi vite que nous, quoique nous fissions trois milles par heure.

Leur attirail de pêche et de chasse est toujours dans. leurs pirogues, sous des bandes de cuir disposées pour cela. Leurs instruens sont tous de bois et d’os, et bien faits; ils ressemblent beaucoup à ceux qu'emploient les Groënlendois et que Crantz a décrits; ils n’en diffèrent que par les pointes : la pointe de quelques dards que nous vimes ici , n’a pas plus d’un pouce de longueur , et Crantz dit que celle des dards des Groënlandois a un pied et demi. Les dards de quelques autres instrumens d’Oonalashka sont si curieux, qu'ils méritent une description particulière ; mais comme nous en primes un assez grand nombre à bord des vaisseaux, on pourra toujours les examiner et les décrire quand on le voudra. Cette peuplade harpoune le poisson avec une grande adresse à la mer ou dans les rivières ; elle se sert aussi d’hameçons et de lignes, de filets et de verveux : ses hameçons sont d'os, et ses, lignes de nerfs.

On rencontre ici les poissons communs dans les autres mers du Nord, tels que la baleine, le dauphin, le marsouin, l'épée de mer , la plie, la morue, le saumon, la truite, la sole ; des poissons plats, et plusieurs autres espèces de petits poissons ; ily en a peut-être beaucoup d'autres que nous n’eûmes pas occasion d'apercevoir. La plie et le saumon paroissent être les plus abondans ; ils fournissent sur-tout à la subsistance des Naturels ; du-moins, si j'en excepte quelques morues, ce furent les seuls que nous remarquâmes.en réserve pour lhiver. Au Nord du soixantième degré, la mer offre peu de petits poissons ; mais à cette hauteur , les baleines deviennent plus nombreuses,

Les veaux de mer, et tous les animaux de cette famille, ne sont pas en aussi grand nombre ici que dans la plupart des autres mers. On ne doit pas s’en étonner, puisque presque toutes les parties de la côte du Continent, ou des diverses Isles situées dans l'intervalle qui sépare Oonalashka de V Amérique, sont habitées, et que chacune des peuplades les chasse pour s'en nourrir ou en tirer ses vétemens. Àu reste, on troùve une multitude prodigieuse de chevaux marins autour de la glace : il me paroît qu'on ne rencontre la loutre de mer que dans ces parages. Nous aperçümes quelquefois un cétacée qui avoit la tête semblable à celle du dauphin, et qui souffloit comme les baleines ; il étoit blanc, tacheté de brun, et plus grand que le veau marin : c’étoit vraisemblablement la vache de mer, ou le manati.

Je crois pouvoir assurer que les oiseaux océaniques et aquatiques ne sont ni aussi nombreux, ni aussi variés, que dans les parties septentrionales de notre Mer atlantique; ily en a cependant quelques-uns que je ne me souviens

itres ui, jite , èces atres et le ssent ij'en nous Ixanmais uses, mille, à pluisque t, ou épare cha- Du en brodibaroît :s paavoit pmme rrand he de

tes et ariés, lantiviens

DE COOK. (1778) 28r

pas d'avoir vu ailleurs. Je citerai en particulier l'aca monochroa de Steller, dont j'ai parlé plus haut, et un canard noir et blanc, qui me paroît différer du canard de pierre, décrit par Krashennikoff (*). Cei auteur indique tous les autres oiseaux que nous avons rencontrés, si j'en excepte un petit nombre que nous aperçümes près des glaces ; et Martin, dans son voyage au Groënland, a décrit la plupart, et peut-être chacun de ces derniers. Il est un peu extraordinaire que cette mer n'offre pas de penguius communs dans presque toutes Jes parties du monde. Il y avoit d’ailleurs très-peu d’albatrosses , et j'imagine que ce climat ne leur convient pas.

Le petit nombre d'oiseaux de terre que nous trouvâmes ici, sont de la même espèce que ceux d'Europe ; mais il peut y en avoir beaucoup d’autres que nous n’eùmes pas occasion de connoître. Nous en tuâmes un très-joli dans les bois de l'Enérée de Norton ; on m'a dit qu'on.le voit quelquefois en Angleterre, et qu'il y porte le nom de jaseur. Nos gens aperçurent d’autres petits oiseaux dont les espèces étoient un peu variées et les races peu multipliées ; tels que des pics, des bouvreuils , des pinsons jaunes et des mésanges.

Nos courses et nos observations ne s’étant pas étendues au-delà de la côte de la mer, le lecteur ne doit pas espérer que je lui donnerai de grands détails sur les animaux ou les végétaux du pays. Si j'en excepte les mousquites, il y a peu d'insectes , et je n'ai point vu de reptiles, si ce n’est des lézards, On ne rencontre des daims ni à Oonalashka,, ni sur aucune autre des Isles. Les Insulaires n’ont

(*) Aistoire du Kamstchatka , Traduction angloise, p 160.

| je |

pas d'animaux domestiques, pas même de chiens. Les renards et les belettes furent les seuls quadrupèdes qui frappèrent nos regards; mais les gens du pays nous dirent qu'on y trouve aussi des lièvres et les marmottes dont Krashennikoff fait mention (*). Il en résulte que la mer et les rivières fournissent la plupart des subsistances. Les Naturels doivent aussi à la mer tons les bois qu'ils emploient dans leurs constructions; car il n’en croît pas un morceau sur aucune des Isles, non plus que sur la côte adjacente d'Agérique.

Les savans nous disent que les graines des plantes sont portées de différentes manières d’une partie du monde à l'au‘re ; qu’elles arrivent même sur les Isles établies au milieu des mers les plus considérables, et fort éloignées de toutes les terres : pourquoi donc ne trouve-t-on point d'arbres sur cette partie du Continent de l'Amérique, uon plus que sur aucune des Isles qui en sont voisines ? Ces contrées sont certainement aussi propres à recevoir des semences; elles sont aussi accessibles aux divers moyens dont j'ai entendu parler, qu'aucune des côtes qu'on voit abonder en forêts. N’y a-t-il pas des espèces de terrains auxquels la Nature a refusé la puissance de produire des arbres sans le secours de l’art ? Quant aux bois qui flottent sur les côtes de ces Isles, je suis convaincu qu'ils viennent d'#érique ; car si on n’en aperçoit pas sur les côtes du Nouveau-Monde les plus voisines, l’intérieur du pays peut en produire assez pour l'effet dont il s’agit ; les torrens peuvent, au printemps, renverser des portions de forêts eten amener les débris à la mer : d’ailleurs il en

*) Histoire du Kamsichatka , p.99 de la Traduction angloise..

S Te frapirent dont er et , Les eme as un côte

s sont nde à es au gnées point , non ? Ces r des oyens ») voit rrains e des i flotqu'ils ur les ur du t; les ms de il en

gloise..

DE COOK. (1778) 283 arrivepeut-être des côtes boisées, quoique ces côtes gissent à une plus grande distance.

Oonalaskka offre une grande variété de plantes, et la plupart étoient en fleur à la fin de Juin. On y trouve plusieurs de celles qui croissent en ÆEvrope et en d'autres parties de l’Amérique,et particulièrement à Terre-Neuve; on en voit d’autres qu'on rencontre au Kamstchatka, et que mangent les Naturels des deux terres. Krashennikoff a décrit celles-ci. La saranne ou la racine de lis est la principale ; elle est à-peu-près de la grosseur de la racine de l'ail ; elle est ronde et composée d’un certain nombre de petites gousses et de graines qui ressemblent à du gruau : lorsqu'elle est bouillie, elle a à-peu-près la saveur du salep ; son goût n’est point désagréable, et nous trouvâmes moyen d’en faire un assez bon mets : elle ne semble pas être fort-abondante; car nous ne pümes nous procurer que celle dont Ismyloff nous fit présent.

Les Naturels du pays mangent quelques autres racines sauvages ; par exemple, la.tige d’une plante qui ressemble à l'angelica : ils mangent aussi des mûres de.plusieurs espèces, telles que les mûres de ronces, les baics de vaciet, de camarigne, etc. ; ils se nourrissent encore d’une müre rouge, qu'on appelle à Terre-Neuve, mûre de perdrix, et d’une autre qui est brune et que nous ne connoissions pas. La saveur de celle-ci approche un peu de la saveur de la prune sauvage; mais elle en diffère sous tous les autres rapports : elle est très-astringente lorsqu'on en mange beaucoup : on pourroit eu tirer une eau-de-vie. Le Capitaine Clerke essaya d'en conserver quelques-unes ; mais elles fermentèrent et élles devinrent aussi fortes que si on les avoit laissé tremper dans des liqueurs.

Nous découvrimes quelques autres plantes qui pour. roient devenir utiles ; mais ni les Russes ni les Naturels du pays n’en font usage: tels sont le pourpier sauvage, une’ espèce de pois, une espèce de coch/éaria, du cresson, etc. Chacune de ces plantes nous parut fort bonne à la soupe ou en salade. Les terrains bas et les vallées offrent une quantité considérable d'herbe qui devient trèsépaisse et fort haute. Je crois que le bétail subsisteroit toute l'année à Oonalashka, sans qu’on fût contraint de l'enfermer dans des étables ; et je pense qu'il croîtroit du grain, des racines et des végétaux en bien des cantons : mais les Négocians russes et les Insulaires semblent se contenter, pour le présent , des productions spontanées dela nature.

Les habitans d'Oona/ashka avoient du soufre natif ; mais je n’ai pas eu occasion d'apprendre d’où il venoit. Nous découvrimes aussi de l'ocre , une pierre qui donne

e couleur pourpre et une autre qui produit un très-bon

srt. Je ne sais si cette dernière est connue: dans son état naturel, elle est d'un-gris verdâtre , grossière et pesante : l’huilé la dissout aisément ; mais lorsqu'on la met dans l’eau , elle perd toutes ses propriétés. Elle me parut rare; mais on nous dit qu’elle est plus abondante à l'Isle d'Oonemak. Quant aux pierres qui environnent la côte et les coll.nes, je n’en remarquai point de nouvelles.

Les Naturels d'Oonalashka enterrent leurs morts au sommet des collines, et ils élèvent un petit mondrain sur le tombeau. Je fis un jour une promenade dans l'intérieur de l'Isle, et un homme du pays qui m’accompagnoit me montra plusieurs de ces cimetières. Il y en avoit un au bord du chemin qui mène du havre au village ; iloffroit

pour urels voge,

cresonne allées ttrèssteroit int de oit du ntons :

ent se tanées

natif ; venoit.

donne ès-bon ns son et pela met > parut l'Isle côte et

rts au ain Sur érieur oit me un au

offroit

DE COOK. (1778) 285 ün tas de pierres auxquelles les passans ne manquoient pas d’en ajouter une. J'aperçus d’ailleurs plusieurs mondrains de pierres qui n’étoient pas un ouvrage de lanature ; quelques-uns me parurent fort anciens. Je ne sais quelle idée ils se forment de la Divinité et de l’état des âmes après la mort : j'ignore aussi quels sont leurs amusemens; je n'ai rien observé qui pût m'instruire sur ces deux objets.

Ils sont entre eux d'une gaieté et d’une affection remarquables, et ils se sont toujours conduits envers nous avec beaucoup de civilité. Les Russes nous apprirent qu'ils n’avoient jamais eu de liaison avec les femmes du pays, parce qu'elles ne sont pas chrétiennes. Nos gens ne furent pas si scrupuleux, et quelques-uns d’eux eurent lieu de se repentir de les avoir trouvées si faciles ; car la maladie vénérienne n'est pas inconnue ici. Les Insulaires sont d’ailleurs sujets aux cancers ou à une maladie qui en est voisine ; ceux qui en sont infectés ont soin de cacher leur maladie. Il me paroît qu'on ne vit pas long-temps dans cette Isle : je n’ai point rencontré d'hommes ou de femmes dont la figure annonçât plus de soixante ans ; il y avoit très-peu d'individus qui parussent en avoir plus de cinquante. La vie pénible qu'ils mènent abrège vraisemblablement leurs jours.

Depuis l’époque de notre arrivée à l’Entrée du Prince Guillaume, j'ai souvent eu occasion de dire combien les Naturels de cette partie Nord-Ouest de l'Amérique ressemblent aux Groënlandois et aux Esquimaux par la figure, les vêtemens, les armes, les pirogues et les autres choses de cette espèce. Cependant je fus beaucoup moins frappé de ces rapports que de l’analogie entre les dialectes des Groënjandois et des Esquimaux, et ceux des habitans de

l'Entrée de Norton et d'Oonalashka ; le lecteur en jugera, s'il veut examiner la table de mots correspondans que j'ai rassemblés et que j'insérerai dans cet ouvrage(r). Ou observera toutefois, relativement aux mots que nous recueillimes à la partie occidentale du Nouveau-Monde, qu'on ne doit pas trop compter sur leur exactitude; car après la mort de M. Anderson, il se trouva peu de personnes à bord qui s'occupassent de cette matière, et je me suis aperçu souv:nt que les même termes écrits par deux ou trois de nos Messieurs, d'après la prononciation du même Insulaire, différoient beaucoup lorsqu'on les comparoit. Au reste, il y avoit encore assez d’analogie pour m'autoriser à dire que toutes ces peuplades sont de la même race; si cela est, il y a grande apparence qu'il existe au Nord une communicetion quelconque entre la partie occidentale de l'Amérique et la partie orientale, communication cependant qui peut être fermée aux vaisseaux par les glaces ou par d’autres ebstacles : du-moins je le pensai ainsi durant ma relâche à Oonalashka.

Je termingrai les détails que je viens de donner sur les régions du Nord, par un petit nombre de remarques sur les marées et les courans, et par les observations astronomiques que nous fimes au havre de Samganoodha.

La marée n’est considérable nulle part, si.ce n’est dans Ja grande rivière (2).

Le flot vient du Sud ou du Sud-Est, etil suit par-tout la direction de la côte au Nord-Ouest. Nous trouvâmes entre

(1) On la trouvera avec les autres Vocabulaires , à la fin du dernier Volume.

(2) La rivière de Cook.

en junians ge(r).

> Nous [onde, e; car e per- »>etije its par loncia- ‘squ'on nalogie ont de e qu'il ntre la entale, x vais- - moins

sur les es sur 5 astro- La.

st dans

tout la »s entre

du der-

DE COOK. (1778) 267 TEntrée de Norton etle Cap du Prince de Galles, un courant qui portoit au Nord-Ouest; nous 6 remarquâmes sur-tout en travers du Cap, et en-dedans de l'Isle du Tratneau ; mais ce courant se prolongeoit à peu de distance de la côte, et il n’étoit ni constant ni uniforme. Nous ne rencontrâmes au Nord du Cap du Prince de Galles, ni marée ni courant sur la côte d'Amérique non plus que sur celle d'Asie ; nous fines gependant des recherches sur ce point à diverses reprises. Plusieurs de nos Ofliciers inférèrent de là que les deux côtes sont réunies par des terres ou par des glaces : ce qui semble confirmer cette opinion à quelques égards, nous n'y vimes jamais de vagues creuses du Nord, et nous vimes de la glace dans presque tout l'intervalle qui semble les séparer.

Voici les résultats des différentes observations que nous fimes à terre durant notre séjour au havre de Samgan)odha. A

La latitude, d’après un milieu de plusieurs hauteurs méridiennes du Soleil, fut de...... 53° 5 0’

D’aprèsun milieu de vingt suites d'observations de la Lune avec le Soleil, à l'Est La lon- Jde la Lune, fut de...... 193 47 45 gitude). D'aprèsun milieu de quatorze suites avec le Soleil et les Étoiles, à l'Ouest de

la Lune, fut de......... 193 11 ‘45 Terme moyen...193 29 45 * La longitude à laquelle nous nous ANMES +. sereresserrenerere 1930 30/ d'

288 TROISIÈME VOYACÉE

D'aprè un milieu des hauteurs corre:potidantés du Soleil, prises le 12, le 14 et le ar, je reconnus que le garde-temps perdoit sur le temps * moyen 8"8 par jour, et quele21ilretardoitde 13 46/33" 98sur letemss moyen. Ainsi, il retardoit le 4, c'està-dire le lendetiin de notre arrivée, de, 13° 44’ 26" 62, et la longitude évaluée d’après le mouvement journalier qu’il avoit à Greenwich, fut de 13h 23° 53"8..........,...: no 58/ 27" D'après le mouvement journalier qu'il avoit à l’'Entrée de Nootka ou du Roi George, elle fut de 12, 56!

7e RO SN Ed .….. 194 10 6

Le 5o Juin, selon le même mouvement journalier, il indiquai. ..... 193,12 o L'erreur du garde-temps étoit alors de..........,..,,......,:, 048! 0 O.

Son erreur, à l’époque de notre JHIE seconde relâche à Samganoodha; : | 1:

étoit de, ....... REUTERS .…. 0 39! 54 E.

Ainsi l'erreur du garde-temps, "" depuisnotre premier départ de Samganoodha jusqu'à notre seconde arrivée dans ce havre, fut de. .:... o 57 54 Le 12 Octobre, la déclinai- { A. M. 200 19 "ss moyen

son de l’aimant fut, d’après un LA PS milieu de trolhbonholés, de. PM 19 41 27 (igo5o/ 15 Est.

laclinaison té Yaimnilla) extrémité marquée | vers ) 68° 45/{ vers Ÿ6o° 30/ de Panier non mel 5 Re 17

Résultat moyen de l’extrémité PA Nord de l'aiguille............ .. 69° 23’ 30

Page 1