TROISIÈME VO#AGE
Je me proposois de gagner les Isles Serdwick, d'y passer quelques mois de l'hiver, si nous y trouvions les rafraichissemens nécessaires; demerendreensuiteau Kamstchatka , et de tâcher d'y arriver vers le milieu de Mai. Je donnai des ordres au Capitaine Clerke en cas de séparation; je fixai le premier rendez-vous aux Isles Sardwich , et le second à Perropaulowska, havre du Kamstchatka. ; | |
Nous étions hors du bavre depuis peu de temps, lorsque le vent tourna au Sud-Est et à l'Est-Sud:Est : le soir il noûs avoit portés jusque sur le travers de la partie occidentale d'Ooralashka, où nous eûmes un vent du Sud; nous en profitâmes pour nous étendre à l'Ouest jusqu’à sept heures du matin du jour suivant. À cette époque, nous revirâmes vent-arrière et nous mimes Île cap à l'Est. Le vent avoit alors tellement augmenté, que nous nous trouvions réduits à nos trois basses voiles. Il souffloit en rafales pesantes, accompagnées de pluie, de grêle et de neige.
Le 28, à neuf heures du matin, l'Isle d'Oonalashka nous restoit au Sud-Est à quatre lieues. Nous revirämes vent-arrière, et nous cinglâmes à l'Ouest : l'orage avoit cessé., et sur le soir le peu de vent que nous éprouvions tournoit peu-à-peu vers l'Est, d’où il continua à souffler peu de temps avant de s'établir: au Nord-Est : il devint très-fort et accompagné de pluie. Je portai d'abord le cap au Sud, et comuie le vent inclinoit vers le Nord et le Nord- Ouest, je gouvernai plus à l'Ouest.
Le 29, à six heures et demie du matin, nous découvrimes une terre qui se prolongeoit de l'Est-quart - Sud-Est à l’Ouest-quart-Sud-Ouest, et nous supposâmes que c'étoit l'Isle d'Amoghta : m'apercevant à huit heures que nous ne
y pas les ra- Camste Mai.
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S lorse soir il je occilu Sud; qu’à sept nous r'e- Est. Le us trouit en rade neige.
alashka eyirames ge avoit rouvions à souffler il devint d le cap le Nord-
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DE COOK. (1778) 29t pouvions la doubler, parce que le vent avoit pris de la partie de l'Ouest, je cessai de louvoyer, et j'arrivai du côté d'Oona/askkc , dans l'intention de passer au Nord et à l'Est de cette Isle : je n’osois longer sa bande Sud-Est par un vent si impétueux. Lorsque nous remimes le cap du côté d'Qonalashka, cette Isle se prolongeoit de l'Estquart-Sud-Est un demi-rumb:Sud au Sud-Sud-Ouest, à la distance de quatre lieues. Notre longitude indiquée par le garde-temps, étoit de 191° 17’ et notre latitude de 530 38’: il en résulte qu'Oosa/askka a une position bien différente de celle que lui assigne la carte russe dont on nous avoit donné communication; mais on doit observer que c'est une des Isles dont M. Ismyloff disoit qu’il faut rectifier la position. Il reste des doutes sur l'identité de cette terre avec celle d'Amoghta (1); car après qu'Ismy- Joff eut fait sa correction, sa carte n'offroit aucune terre par ce parallèle ; mais, comme je l’ai déjà dit, elle ne doit pas être réputée exacte.
À onze heures, tandis que nous gouvernions au Nord- Est, nous découvrimes dans le Nord-Nord-Est un demiramb-Est, à à ‘quatre lieues , un rocher élevé qui ressembloit à une tour. Il gît par 53 Abe 57 minutes de latitude et 191 degrés 2 mioutes de longitude : il ne se trouvoit point dans la carte d’Ismyloff (2), et il paroît que naus en avions été fort près pendant la nuit. La mér qui étoit très-haute
(1) La carte du Voyäge de Krenitzèn et de LevashefF, fait en 1768 et 1769, qu’on trouve dans les nouvelles Découvertes des Russes, par M. Coxe, page 251 de l'original, indique une Isle
appelée Amuckta : cette Isle n’est pas placée loin de la position
qu'assigne le Capitaine Cook à celle d’Amoghta. (2) Quoiqu'il ne fût pas marqué dans la carte de M. Ismylof,
ne se brisant que contre ce rocher , nous jugeânies qu'il avoit une élévation considérable, Nous diminuâmes de voile à trois heures du soir, après avoir pris une vue d'Oonalashka , et nous serrâmes le vent, parce qu’il ne nous restoit pas assez de temps pour traverser le passage avant la nuit. Le lendemain, à la pointe du jour, nous arrivâmes sous les basses voiles et les huniers auxquels on avoit pris tous les ris : le vent souffloit avec beaucoup de force de POuest-Nord-Ouest, et il étoit accompagné de rafales pesantes et de neige. À midi, nous nous trouvâmes au milieu du détroit, entre Oonalashka et Oonella, et le havre de Samganoodha nous restoit au Sud-Sud-Est à une lieue. Étant, à trois heures du soir, près de l’extrémité du détroit, hors des Isles, et le Cap de Za Providence se montrant à l'Ouest-Sud-Ouest à deux ou trois lieues, nuus gouvernâmes au Sud, sous les huniers auxquels on avoit pris deux ris, et sous les basses voiles. Le vent souffloit de l'Ouest-Nord-Ouest, grand frais, et le temps étoit fort beau.
Le vent passa au Sud le 2 Novembre, et avant la nuit, il devint une tempête-violente, qui nous obligea de mettre en panne. La Découverte tira plusieurs coups de canon, auxquels nous répondimes , sans deviner le but de ce sigoal. Nous la perdimes de vue à huit heures, et nous ne
il se trouve dans celle du Voyage de Krenitzen et de Levasheff. Cette dernière carte s’accorde aussi , pour la position générale de ce groupe d’Isles, avec la carte du Capitaine Cook. Les côtes de l'Isle d'Oonalashka sont dentelées dans l’une et dans l’autre àpeu-près de la même manière. Une parcille conformité est digne d’aitention, puisque les cartes russes de cet Archipel les plus mdernes renferment un si grand nombre Pare , et des erreurs si capitales.
es qu'il mes de ine vue qu'il ne passage r, nous uxquels eaucoup jagné de puvames [la , etle ad-Est à à l'extréovidence s lieues, quels on Le vent
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Levasheff.
énérale de es côtes de l’autre àest digne elles plus des erreurs
DE COOK. (1778) 293 la revimes que le lendemain à huit heures. Elle nous joignit à dix heures ; l'orage ayant cessé, et le vent ayant repassé à l'Ouest-Nord-Ouest, nous fimes de la voile, et nous reprimes notre route au Sud.
Le 6 au soir, par 42 degrés 12 minutes delatitude et 20x degrés 26 minutes de longitude, la déclinaison de l'aimant étoit de 17 degrés 15 minutes Est. Le lendemain au matin, nous nous trouvâmes par 41 degrés ac minutes de latitude et 202 degrés de longitude ; et nous aperçûmes un nigaud ou un cormoran qui voltigea plusieurs fois autour de Résolution. Comme ces oiseaux s’éloignent rarement, si même ils s’éloignent quelquefois à une distance considérable de la terre, je jugeai qu’il y avoit une côte dans les envivons. Cependant nous n’en découvrimes aucune. Lelendemainle vent fut très-foible l'après-midi, et le Capitaine Clerke vint me voir, et m'instruisit d’un accident arrivé à bord de Za Découverte, la seconde nuit après notre départ de Samganoodha ; les écouets de sa grande voile avoient sauté et tué un homme ; ils avoient blessé d’ailleurs son Maître d'équipage et deux ou trois autres-de ses gens. Pour comble de malheur, j'appris que, le 3 au soir, ses voiles et ses agrès avoient été fort endommagés , et qu'il avoit tiré des coups de canon, afin de nous avertir de mettre en panne.
Le 8, le vent souffloit de la partie du Nord en jolie brise, et le ciel étoit clair. Le 9, par 39 degrés et demi de latitude, nous eûmes huit heures de calme : ce calme fut suivi d’un vent du Sud , accompagné d'un beau temps. Tous ceux de mes gens qui pouvoient manier ure aiguille, s’occupèrent de laréparation des voiles, etles charpentiers
réparèrent les canots.
Le 12 à midi, par 38 degrés 14 minutes de latitude et 206 degrés 17 minutes de longitude, le vent repassa au Nord , et le 15, par 33 degrés 30 minutes de latitude, il tourna à l'Est : nous aperçümes alors un oiseau du Tropique et un dauphin : ce fut le premier depuis notre départ d'Oonalshka. Le 17, le vent tourna au Sud, d'où il continua à souffler jusqu’au 19 : l'après-midi de ce jour, un grain subit et une ondée de pluie le rétablirent au Nord , en lui faisant faire le tour du compas par l'Ouest : nous . étions à 32 degrés 26 minutes de latitude et 207 degrés 30 minutes de langitude.
Le vent souffla bientôt avec impétuosité, et il fut accompagné de pluie nous fümes obligés de carguer toutes les voiles, excepté les huniers , auxquels on prit deux ris. Au moment où on abaissa le grand hunier pour y prendre des ris, le vent le déchira depuis le pied äa cordage, et il fat endommagé en plusieurs autres endroits. Cette voile venoit d'être réparée, et elle n'avoit été enverguée que la veille, Nous en établimes une autte le féndéthdi au matin. Ce coup de vert annonça le vent alisé qui, par 25 degrés de latitude , tourna à l'Est et à l'E#Sud-Est.
* Je continuai à gouverner au Sud jusqu’à la pointe du jour du 25 : nous étions alors par.20 degrés 55 minutes de latitude. Les vaisseaux s'éloignèrent à à quelque distance l’un de l'autre, et ils portèrent le cap à l'Ouest : nous nous rcjoignimes le soir et nous infmes en panne. Le lendemain au point du jour, nous découvrimes une térre qui se prolongeoit du Sud-Sud-Est à l'Ouest : nous fimes de la voile et nous gouvernämes dessus. À huit heures , elle s’étendoit du Sud-Est un demi-rumb-Sud à l'Ouest, et nous étions à deux lieues de la partie la plus voisine. Nous crûmes voir
itude et passa au tude, il du Troe départ à il con- Dur, un
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DE COOK. (1778) 295 cette terre se prolonger à l'Est, mais non pas à l'Ouest :
nous fümeés alors convaincus que nous n'avions reconnu
qu'imparfaitement le groupe des Isles Sandwich; car celles que nous avions examinées durant notre route au Nord, se trouvoient toutes sous le vent de la station que nous occupions.
L'intérieur de cette terre offroit à nos regards une colline élevée, en forme de selle, et dont le sommet se montroit au-dessus des nuages. Le terrain s’abaissoit doucément depuis cette colline , et il étoit terminé par une côte de roche escarpée, contre laquelle la mer produisoit un ressac terrible. Voyant que nous ne pouvions doubler l'Isle, j'arrivai vent-arrière, et je longeai la côte à l'Ouest :
nous ne fardàmes .pas à apercevoir du monde en diffé-
rentes parties du rivage , et à distinguer des maisons et des plantations. Le pays paroissoit bien boisé et bien arrosé, et nous remarquâmes plusieurs ruisseaux “à niohli dans la mer.
Il étoit de la dernière importance de prendre sur ces Isles un supplément de vivres, et l'expérience m’avoit appris que je n’en viendrois, pas à bout si je permettois à mes équipages de commercer librement avec les Naturels du pays : j'interdis donc le commerce à tout Je monde, exceptéàceux qui $eroient nommés par le Capitaine Clerke et par moi; et même j'enjoignis à ceux-ci de n’acheter que des provisions de garde, ou des rafraichissemens. Je fixai aussi les conditions auxquelles on pourroit recevoir des femmes à bord : je voulois préserver ces Isles de la maladie vénérienne ; mais je ne tardai pas à mapercevoir qu clle ÿ étoit déjà répandue.
À midi, la côte se prolongeoit du Sud 80 Est au Nord
56° Ouest : un terrain plat, qui ressembloit à un isthme, nous restoit au Sud 42° Ouest ; la partie de l'Isle la plus voisine de nous se montroit à trois ou quatre milles; notre latitude étoit de 20° 59/ et notre longitude de 203° 50”. J’aperçus quelques pirogues qui marchoient vers nous, et jé misen panne dès qu’elles furent à la hanche de mon vaisseau : la plupart des Insulaires qu’elles portoient montèrent à bord sans hésiter le moins du monde. Nous les trouvâmes de la même race que les habitans des Isles situées plus sous le vent, avec lesquels nous avions déjà eu des entrevues; et si nous les comprîmes bien, ils étoient instruits de notre première relâche : malheureusement j'en eus une preuve trop certaine; car ils étoient déjà infectés de la maladie vénérienne, et je ne pouvois expliquer ce fait que par leurs communications avec les Isles voisines depuis notre départ.
Ils nous vendirent une quantité assez considérable de sèches, que nous payâmes avec des clous et des morceaux de fer. Ils nous apportèrent aussi quelques fruits et des racines, et ils nous dirent que nous en trouverions beaucoup dans leurs Isles, ainsi que des cochons et des volailles, Le soir, l’horizon étant clair à l'Ouest, nous jugeimes que la côte la plus occidentale en vue, formoit une Isle séparée de celle en travers de laquelle nous étions. Bien persuadés que les Insulaires nous apporteroient le lendemain des productions de leur pays, nous passâmes la nuit à louvoyer , et le matin nous nous tinmés près de la côte. Nous ne reçümes d'abord la visite que d’un petit nombre de Naturels; mais vers midi ils arrivèrent en foule; leur cargaison étoit composée de fruit à pain, de patates, de tarro où de racines d'eddy, de quelques bananes, et de
situées eu des ent innt j'en fectés ce fait es de-
ble de "ceaux et des beaues voeâmes ne Isle . Bien lendea nuit côte.
ombre leur es, de et de
DE COORK. (1778) 297 cochons-de-lait : ils l'échangèrent contre des clous et des outils. de fer. Il est vrai que nous n'avions rien autre chose à leur donner. Les échanges continuèrent jusqu’à quatre heures du soir; voyant à cette époque qu'ils n’avoient plus rien à vendre, et qu'ils n’étoient pas disposés à nous
“fournir d’autres vivres, nous fimes de la voile, et nous
nous éloignâmes.
Tandis que nous demeurâmes en panne, j'observai que les vaisseaux dérivoient à l'Est, quoique le vent fût frais : il dut donc y avoir un courant qui portoit de ce côté. Ceci m’encouragea à serrer le vent, dans l'intention de doubler l'extrémité orientale de l'Isle, et de mettre ainsi devant nous tout le côté sous le vent. Le 30, après-midi, nous étions en travers de l'extrémité Nord-Est de l'Isle, et plusieurs pirogues arrivèrent aux vaisseaux. La plupart de ces embarcations appartenoient àun Chef nommé Terreeoboo, quien montoit une. Il me fit présent de deux ou trois petits cochons, et nous achetâmes quelques fruits des autres Insulaires. Lorsqu'ils eurent passé environ deux heures à la hanche des vaisseaux, ils partirent tous, si j'en excepte six ou huit qui demeurèrent sur mon bord. Une double pirogue à voile ne tarda pas à arriver : nous la remorquâmes toute la nuit. Le soir, nous découvrimes au vent une autre Jsle, qué les Naturels appeloient Owkyhee. Nous apprimes de. plus qu'ils donnoient le nom de Mowee à la terre en travers de laquelle nous avions été pendant quelques jours.
Le 1.er Décembre, à huit heures du matin, Owkyhee se prolongeoit du Sud 22° Est au Sud 1 20 Ouest, et Mowee du Nord 41° au Nord 83° Ouest. Je portai dessus, lorsque je me fus aperçu quenousne pourrionsattcindre Qw/yñce;
298 TROISIÈME VOYAGE ét les Iusulaires de Mowee qui étoient sur mon bord hé voulant ‘pas m'accompagner, ils s'embarquèrent sur leur double pirogue, et ils retournérent à terre. À sept heures du soir, nous étions près de la bande septentrionale d'Owkyhee, et nous lonvoyämes en attendant le jour. Le 2 au matin, nous fûmes surpris de voir les sommets des montagnes d'Owkyhee couverts de neige. Ces montagnes ne paroissoient pas d'une hauteur extraordinaire, et cependant la neige sembloit être ancienne et d’ane ‘profondeur considérable en divers endroits. Lorsque nous fames près de la côte , quelques-ans des Naturels du pays arrivèrent. Ils montrèrent d’abord de latimiditéet beaucoup de circonspection ; mais nous ne tardâmes pas à en attirer plusieurs à bord, et nous les détérminâmes enfin à retourner dans l'Isle et à nous apporter les choses dont nous avions besoin. Peu de temps après que ceux-ci eurent gagné la côte , nous éûmes une compagni: assez nombreuse : Jes Insulaires ne vinrent pas nous voir les mains vides, et nous achetâmes une bonne provision de cochons-de-lait, de fruits et de racines. Nous continuâmes nos échanges avec eax jusqu’à six heures du soir; à cétte époque nous fimés de la voile, et nous nous éloignâmes dans l'intention de sèrrer le vent et de tourner Pfsle. pénales à Le 4 au soir, nous observâmes une éclipse de Lune. M. King fit usage d’une lunette denuit, munie, à l'extrémité de l'objectif, d’un diaphragme dela grandeur d'environ un tiers de l'ouverture ordinaire. J'observai avec la lunette d’un des sextans de Ramsden, qui je crois est aussi bonne qu'aucune autre pour cette observation. Voici le temps moyen des époques auxquelles nous observâmes lun et J’autre le commencement et la fin de l'éclipse.
rémité on un anette bonne lemps un et
DE COOK. (1778) 299 204 4o’ 45/
6h 3/25 commencement ‘ de l'éclipse. . À Longitude ÿ 8h 27 25 fin de l’éclipse.
Terme moyen.......... 204 35 o
Nous distinguâmes la pérnombre au- moins dix minutes avant le commencement et après la fin de l'éclipse. Je me- Surai avec un des sextans de Ramsden, plusieurs fois avant et après le milieu de l'éclipse, la partie de la Lune qui n'étoit pas éclipsée; mais je ne pus déterminer le milieu de l'éclipsé aussi exactement qu'on auroit pu l'avoir par cette méthode. Il est vrai que je ne fis ces observations que comme un essai, sans aspirer à beaucoup de précision, Ilest vrai encore que je pris le plus grand nombre des mesures surun même côté de l’'instrumént, au-lieu que l'aurois dû amenér alternativement les images réfléchies et les images directes en sens contraire, l’ané pat rapport à l’autre ; en comptant lés divisions sur le quart-de-cercle, dans un cas à la gauche, et dans l’autre cas à la droite du premier point des divisions : il est clair que la moitié de la some de ces deux nombres est la mesure véritable, indépendante de l'érrenr du quart-de-cercle : telle est la méthode que je recommanderois.
* Mais je suis sûr qu'on auroit pu l'observer avec. plus de précision, ‘ét que cette méthode pourra être utile lorsquon se trouvera hors d'état d'observer ou le commeñcement ou la fin de léclipse, ce qui peut arriver souvent. |
Immédiatement après la fin de l’éclipse, nous observâmes la distance de chaque bord-de la Lune, à Poux et à Aries; l’un étant à V'Est et l'autre à l'Ouest. On ne rencontre güères une occasion d'observer avec toutes ces
300 TAOISIÈME VOYAGE
circonstances; mais lorsqu'elles se présentent, il ne faut pas la négliger, car alors les erreurs locales, auxquelles ces observations sont sujettes, se détruisent mutuellement ; au-lieu que dans tous les autres cas, pouréviter les erreurs, il devient nécessaire d'observer le disque entier. Voici le résultat de ces observations.
Par mes distances( à Æries.. 2040 22/ n Milieu Dana À Pollux, 204 20 4 ice au 5" Par celles de { Aries,, 204 27 45 Milieu M. King........ÜA Pollux, 204 g* 12 bot 18 29
Terme moyen des deux milieux... 204 19 47
La montre marine, à quatre heures trente minutes, temps auquel toutes les observations de Lune furent rapportées, indiquoit. ..…...................., 204° 04’ 45°
Le courant qui portoit à l'Est, dont j'ai parlé plus haut, ne se faisoit plus sentir, et nous gagnâmes peu de chose à louvoyer. Le 6 au soir nous avions longé la côte l'es. pace d'environ cinq lieues : nous étions près du rivage, et nous fimes quelques échanges avec les Naturels du pays. Mais ces échanges nous ayant procuré peu de vivres, je m'approchai davantage de la grève le lendemain au matin, et nous reçümes la visite d’un grand nombre d’Insulaires; nous mimes en panne , et nous commerçâmes jusqu'à deux heures de l'après-midi. À cette époque, nous avions acheté assez de cochons, de fruits et de racines pour cinq jours: nous fimes de la voile ensuite et nous continuâmes à louvoyer.
Je m’étois procuré une quantité assez considérable de. cannes de sucre, et ayant æconnu, d'après un essai fait
e faut es ces nent ; eurs, pici le
peu de jours auparavant, qu’une forte décoction de ces cannes donnoit une bière très - potable, j'ordonnai d'en brasser de nouvelles barriques; mais lorsqu'on en servit à mon équipage, aucun des matelots ne voulut en goûter. Comme je n'avois d'autre but en introduisant cette boisson, que de garder nos liqueurs fortes pour les climats plus froids, et que je ne craignois pas le scorbut, tant que nous aurions d’autres végétaux en abondance, je ne me donnai pas la peine de déployer mon autorité, ou de recourir à la persuasion pour les déterminer à en boire. Mais afin de remplir mon objet, je défendis de servir du grog à bord de /a Résolution et à bord de /a Découverte : je continuai à faire usage avec mes Officiers, de cette bierre de canne de sucre; nous y mêlâmes un peu de houblon qui nous restoit, et elle.en fut meilleure. Elle avoit le goût de la bière que produit la drêche nouvelle, et personne , je crois, ne doutera de sa salubrité : mon imprudent équipage prétendit néanmoins qu’elle étoit nuisible à la santé.
Les matelots justifièrent par d'aussi mauvaises raisons Ja résolution qu’ils formèrent immédiatement après mou arrivée dans l'Entrée du Roi George, de ne pas boire la bière de spruce que nous y fimes; mais se souvenant que ce n'étoit pas la première fois qu'on introduisoit cette
. boisson à la mer, ou déterminés par un motif quelconque
à ne pas mettre de l’opiniâtreté dans cette affaire , ils n’es-
-sayèrent point d'exécuter leur projet; je ne l’appris même
qu'ici, lorsque leur ignorance s’opposa aux soins que je prenois de leur santé. Quelque avantageuses que soient aux matelots les innovations sur nos vaisseaux, elles ne inanqüent jamais d'être désapprouvées par les équipages; je des avois vus déclarer que la soupe tirée des tablettes de
H fi :
bouillon potatives, et la fourkrout, étoient des alimens qu'il ne convenoit pas d'offrir à des hommes. Peu de commandans ont introduit sur leur bord plus de nourritures et de boissons nouvelles que moi ; ilest vrai qu'il y en a peu qui aient eu les mêmes occasions de faire de pareils essais, ou qui se soient vus contraints par la nécessité de recourir à de pareils expédiens ; c'est néanmoins en m’écartant de l'usage établi, qu’en général je suis venu à bout de préserver mes équipages du scorbut, de cette maladie terrible, qui a peut-être détruit plus de matelots dans des voyages paisibles , que le fer de l'ennemi n’en a moissonné dans des expéditions militaires.
Je me tins à quelque distance de la côte jusqu’au 13: à cette époque je ralliai la terre six lieues plus au vent, et après avoir acheté de nouvelles productions des Naturels du pays qui vinrent nous voir, je regagnai le large. Je voulois me rapprocher du rivage le 15, afin d’obtenir des Insulaires des fruits et des racines ; mais le vent souffloit du Sud-Est-quart-Sud et du Sud- Sud-Est, et je crus devoir en profiter pour m’étendre à l'Est , afin de doubler , ou dumoins de recounoître l'extrémité méridionale de l'Isle. Le vent continua à souffler du Sud-Est -quart-Sud la plus grande partie de la journée du 16. Le 17, il fut variable entre le Sud et l'Est, et le 18 il passa sans cesse d’un rumb à l'autre : nous eûmes quelquefois des rafales impétueuses, et d’autres fois un calme accompagné de tonnerre, d’éclairs et de pluie. L'après-midi le vent souffla de l'Ouest durant” quelques heures; le soir il sauta à l'Est-quart-Sud-Est, et nous gouvernâmes au Sud en le serrant de près ; nous portâmes peu de voiles, parce que /a Découverte se trouvoit : à ure certaine distance de l'arrière. La pointe Sud-Est de
limens e comritures yena pareils sité de n’écarout de lie ter- 1s des ssonné
13:à nt, et iturels e voules Inoit du devoir ou due. Le a plus riable rumb uses ,
clairs LS
urant st, et por-
uvoit
st de
DE COOK. (1778) 303 l'Isle nous restoit alors au Sud - Ouest- quart-Sud, à environ cinq lieues, et je fus persuadé que je viendrois à bout dé la doubler ; mais il surviut un calme le lendemain à une heure après minuit , et nous fümes abandonnés à la merci d'une houle du Nord-Est qui nous entraïnoit rapidement vers,la terre : en sorte que long-temps avant la pointe du jour, nous aperçümes sur la côte des lumières qui n’étoient pas à plus d’une lieue. La nuit fut sombre, et nous eûmes du tonnerre, des éclairs et de la pluie.
A tuois beiivs , le calme fut remplacé par une brise du Sud-Estquart-Est, qui souffloit par rafales accompagnées de pluie. Nous cinglänes au Nord-Est, croyant que c’étoit la route la plus propre à nous éloigner dela côte ; si nous avions été en plein jour , j'aurois pris les amures de l’autre bord, Au lever de l’anrore, nous vimes la côte se prolonger du Nord-quart-Nord-Ouest au Sad:Ouest-quart- -Ouest : il y avoit sur lacôte un ressac terrible, qui n’étoit pas éloigné de plus d’une demi-lieue , et il fut clair que nous avions couru le danger le plus imminent. Comme le vent tournoit plus à l'Est, nous n’étions pas encore en sûreté, en sorte qu’il nous fallut travailler asse: :ong-temps pour nous tenir à une distance convenable du rivage. Ce qui rendit notte position plus alarmante, la ralingue de chute du grand hunier sauta, et la voile fut déchirée du haut en bas: les voiles des deux perroquets furent emportées de même, quoiqu'elles ne se trouvassent pas la moitié aussi usées. Nous saisimes un moment favorable, et nous ne tardâmes
-pasà en enverguer de nouvelles ; nous laissâmes ensuite la
terre de l'arrière. La Découverte étant assez loin au Nord, ne fut jamais près de la côte, et nous ne la vimes qu’à huit heures. À
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. Je ne puis m'empêcher defaire observer, à cette occasion, que j'ai toujours trouvé les ralingues de nos voilestrop foibles de matière ou de contexture. Ce défaut a été pour moi, à différentesépoques, la source de beaucoup de peines et d'inquiétudes, et il m’a coûté une quantité considérable de toile à voiles. Je dois ajouter de plus, que les cordages, les toiles et toutes les autres munitions qu’on emploie dans la Marine royale, m'ont paru d’une qualité inférieure à ceux dontse sert la Marine marchande.
C’est, ce me semble, une opinion reçue parmi les divers Officiers de la Marine, que les munitions des magasins dn Roi sont meilleures que celles de tous les autres, et qu’il n’y a pas de vaisseaux aussi bien équipés que ceux de la Marine royale : on a sans doute raison, relativement à la quantité ; mais j'ai bien peur qu’il n’en soit pas de même . quant à la qualité. Il est vrai qu'on n’a guères occasion de vérifier ce point ; car, en général, on les condamne ou on les convertit à d’autres usages, lorsqu'elles ne se trouvent | usées qu’à moitié. Ce n’est que dans des voyages pareils aux nôtres qu’on peut en faire l'essai , puisque notre position nous obligeoit de nous en servir jusqu’à la dernière
extrémité (*).
Lo some)
(*) Le Capitaine Cook peut avoir raison , à quelques égañis , de donner la préférence aux cordages de la Marine marchande sur ceux de la Marine royale, surtout en temps de guerre , lorsqu'une partie des cordages nécessaires à nos escadres est fournie par des entrepreneurs. Mais on sait qu’il n’y a pas de meilleur :ordages que ceux qu’on fait dans les arsenaux du Roi. Ce que je viens de dire est fondé sur l'autorité d’un Officier de la Marine royale, d’un rang distingué, et très-versé dans sa profession ; il recommande en même-temps, comme une précaution indispensable , de donner toujours aux vaisseaux qu’on envoie découvrir de nou-
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Dès que le jour parut, les Naturels arborèrent un pavillon blanc sur la côte; nous jugeämes que c’étoit un signal de paix et d'amitié. Quelques-uns d’entre eux se mirent en mer et nous suivirent; mais le vent fraichit,
et comme je ne pouvois les attendré sans danger, nous les
laissâmes bientôt de l'arrière.
Aprés avoir fait vainement, dans le cours de l'aprèsdinée, une nouvelle tentative pour, doubler l'extrémité orientale de l'Isle, j'abandonnai mon projet, et je tâchai de rejoindre Za Découverte : il n’étoit pas. important de faire le tour de l'Isle ; car nous avions reconnu son étendue au Sud-Est, et c’étoit là ce que je voulois. D'ailleurs, selon ce que nous apprimes des Insulaires, il n’y à point de terre au vent de celle-ci. Cependant, come nous étions près de l'extrémité méridionale, et que le plus léger changement de vent en notre faveur , pouvoit nous faire achever le tour de la terre, je songeai encore à la doubler, ét j je con-
tinuai à louvoyer.
Le 20, à midi, la pointe Sud-Est nous restoit au Sud à trois tele: lé collines revêtues de neige, se montroient à l'Ouest-Nord-Ouest, et nous étions à environ quatre milles de la côte la plis ‘voisine. L'après-dinéé, quelques-uns des Naturels arrivèrent en canots, et ils’ nous apportèrent un petit nombre de cochons-de- ait et de bananes. Les bananes nous firent grand plaisir, car nous w'avions plus de végétaux depuis quelques jours ; mais ce qu'ils nous en donnèrent suffisoit à peine à la consom-
velles contrées, des cordages faits dans les corderies du Roi, et de choisir d’ailleurs avec soin tous les articles qui entrent dns leur équipement,